Voyez ci-destus, p. 14, note i
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tion devers luy et son royaulme que paravant n'avoieni este ; et de rechief, à leur mesmes requeste, avoit amplié et ralongié son dit pardon et grâce à plus long jour que devant : pourquoy, et veues les belles promesses et messageries que depuis n^a gueres lui avoient envoiees, tant par escript comme autrement, il s'esmerveilloit grandement qu'ilz delaioient tant leur venue devers luy, et que luy envoioient tele responce pour excusation; mais, puisque ainsi estoit qu'il leur avoit envoie ses semonces, ainsi que dit est, par ledit Jaretiere, dont il esperoit avoir responce ce jour mesmes se ilz vendroient ou non, toutesvoies, adfîn qu'il leur aparust plus clerement de sa vouUenté , il délivra de rechief audit messire Richard deux lettres soubz son privé seel , adreschans auz duc et conte, lesqueles il luy charga expressément les leur délivrer.
Or, advint que le lundy , xix* jour dudit mois de marc, [devant nonne] , vindrent devers le roy, audit lieu de Lancastre, Russort^ et sire Willame Pare' por* tans lettres de credence de par les dis duc et conte; laquele credence s'acordoit en efTect au raport et messagerie du dit sire Richard venant de par eulz, expressément disans qu'ilz ne voulloient pas venir, se ilz n'avoient seureté de séjourner et retourner : et aussi voulloient avoir le pardon dessusdit du roy , en la fourme devant dite : et, quant à la sceureté , ilz entendoient que le roy feist soUempnel serment à eulz , et eulz à luy. Sur quoy le roy eut advis de tous les seigneurs et nobles hommes estans avec luy, tant que public-
i. Cett probablement le m^me penonnage qae RnfFolt, nommé mi peu plut haut. Voyez page 19, et la note 2. 2. Voyez ci-dessns, tome II, page 408, note I.
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quement, il respondy tout hault qu'il les vouUoit traider comme roy doit traitier ses subgectz et lyeges hommes, et non pas comme ses anchiens anuemis de France , lesquelz ne vouldroient requerre si estroite sceureté pour venir en sa royalle présence : disant, oultre, qu'il esperoit estre en leur ramembrance que puis n'a gueres leur avoit fait pardons generaulz, et, aprez yceulz, ayoient insurrections et rebellions esté faites en sa conté de LincoUe et la contrée d'environ, tant contre luy que au préjudice de la chose publicque de son dit royaulme, desqueles ilz estoient les drois provoqueursy causeurs et conspirateurs d'aulcuns leurs complices. Pour quoy, s'il estoit libéral de son dit pardon, veu les hayneuses accusations dont ilz estoient chargiés, sans premiers oyr leurs excusations sur ce, il porroit tourner en trop maulvaiz et périlleux exemple d'autres ses subgectz en cas samblable , ou péril de sa personne ou du bien commun de son dit royaulme. Toutes lesqueles choses le mouvoient de les appeler à venir, pour eulx excuser et déclarer leurs dites excusations; et se ilz povoient les encoulpe» mens prouver estre faulz, il en serroit aussi joieux que eulz mesmes, et les recepvroit vouUentiers en sa bonne grâce et faveur. Et supposé que ainsi ne le seussent ou peussent faire, ancores ne vouldroit il pas mettre arrière ou en oubly la proximité de sang dont ilz lui atenoient , ne aussi l'anchienne amour et affection qui , de long tempz , avoit esté entre ' eulz ; ains leur voldroit estre piteux et monstrer toute bénignité : et, en tant que sedicieux et faulz languages par leur moyen estoient semez ou pays du North et autre part, pour esmouvoîr ses subgectz à l'encontre de lui, disant
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qu'il ne voulloit pas tenir ses grâces et pardons par luy ottroiez et donnez ainsi que dit est, il dist, se eulz ou aulcuns d'eulz, ou autres chevalliers de son royaulme voulloit dire ou maintenir ledit language, lui en sa personne, comme chevallier, se ofiroit de faire bon le contraire, et qu^ilz disoient faulsement sur lui. Et, oultrece, commanda au dit sire Guillaume Pare, et Rufibrt, que ilz deissent aus dis duc et conte que se ilz vouUoient venir devers luy ainsi , et en la manière contenue en ses semonces, il se tendroit de ce content et plaisant; mais se ilz, aussi, ne le vouUoient faire, ains estoient refusans pour leurs démérites obstinées et desnaturé gouvernement , il les reputoit et declaroit telz que raison le voulloit , et les loix de son royaulme le requeroient, chargant oultre aus dis messages, comme nobles et qui lui dévoient porter feaulté et lygeance, que se , aprez le raport par eulz fait aus dis duc et conte, en la manière par luy à eulz enjoincte, ilz les trouvoient obstinez, ilz les laissassent et retournassent vers luy en acquitant leurs lygeances devers luy, et luy acquiter et assister à rencontre d'eulz et autres : et qu'ilz donnassent commandement et charge à tous chevalliers et escuyers ou autres ses subgectz , estans en la compaignie des dis duc et conte, sur paine de leur lygeance, que ainsi le feissent. Sur quoy les dis Pare et Ruflbrt, doubtans qu'ilz ne deussent point estre soufTers ouvrir les dis commandemens du roy , luy requirent humblement qu'il pleust à sa bonne grâce envoier avec eulz ung sien officier d'armes, nommé La Marche : ce que le roy leur accorda. Si partirent de luy, et s'en allèrent devers ledit duc de Clarence et le conte de Warewic,
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ausquelz iiz firent leur message; à quoy ne prindrent quelque regard, anchois furent totalement refusans d'obeyr, et demourans en leurs obstinations. Si se traînent vers leur compaignie en LautregierS esperans d'ycelle accroistre, et que, de là et d'Yorc, ilz levéroient si grant puissance que fors assez serroient pour combattre le roy et son armée.
1302. Ancores des grans tromperies que chassoient tousjours à faire yceulz duc et conte à Tencontre de la per* soune du roy. IX.
Le mardy matin , le roy, qui n'estoit point adcertené comment les dis duc et conte se vouldroient gouverner envers lui, se prépara et mist auz champz, en noble arroy et ordonnance de battaille, advanchant sa baniere vers Cestrefeld' ; et quant les chevaulcbeurs devant eurent esté venus à Rotberhain * pour prendre leurs logis, celle nuit se loga le roy illec, où il eut nouvelles certaines [du département] d'iceulz duc et conte; pourquoy, par sa baultesse et aussi par le conseil des barons et seigneurs de sa compaignie , il eut délibération qu'il ne les porroit continuelement poursievir atout son grant ost, pour ce que les devant dis, avec leur compaignie, avoient consumé et degasté les vivres avant eulz, et si estoit ce pays de soy mesmes sterille, qui ne povoit soustenir une si grant multitude que le roy menoit sans avoir nouvel rafreschissement ; et pour ycelle cause, le roy quy se voul-
1 . Us allèmit à Manchester, dans le Lancasbire. {FeniCs original Lettert^ n, 39.) 3. Chesterfield.