Voy. ci-dessus, tome II, p. 377, note
[1470] SIXIÈME PARTIE, UYRE VI ^ xvi-xyu. 53
capittaine, avec luy aulcuDs chevalliers et gentilz hommes, par le conseil desquelz ceuk d'Amiens respondirent auz gens du roy qu'ilz estoient prestz d'obeyr à luy, moyennant qu'il feist tant envers le duc de Boui^uoigne qu'il leur quittast le serment que fait lui avoient par le gré du roy, voire mestnes par son commandement , dont ilz avoient ses lettres patentes ; car autrement ne le povoient faire son honneur saulve ne la leur : laquele responce oye par les gens du roy, ilz se retrayrent.
Quant ceste chose vint à la congnoissance du duc de Bourguoigne , quy lors estoit à Hesdin , il envoia par le seigneur de Crequy ' remercyer ceulz d'Amiens , et si envoya à ung gentil homme, nommé Jacques de Husson, G escus, et à vi de ses archiers, chascun ung marc d'argent , pour ce que, en parlant auz Francob à celle sumination faire, ilz prindrent paroUes à lui et le navrèrent , si le cuiderent avoir tué, se n'eussent esté ses archiers qui le saulverent des dis François.
Le VI* jour de jeuvier, au dit an, vindrentles François devant la ville de Saint Quentin ' pour sonuner les manans d'ycelle : c'est à scavoir le seigneur de Sains , le seigneur de Tenelles ' et plusieurs autres.
i . Voy. ô-detsot, tome I, p. 306, note 1 .
2. Le conDéuble de Saint-Paal entra dans la TÎHe de Saînt-<)nentLa le 10 décembre 1470. {Chronique scandaleuse; Yoy. Lkkolkt, II, 88.)
3. La pièce solyante contient tous le» renseignements qu'on peut désirer nr le seigneur de Tenelles.
c Èpitaphe é^Artus de Longueval, fils de Jeanne de Montmorency,
ArtDsde Lfngnrral fut jadis cberalier, Da tris cfanttien roy Cbamberlan, Coiueillcr. Reiuiat de Longoeral, cberalier, fat son père, Et de MonUnorency dame JeaoDe, sa mère. En scigncorie il tint la terre de TcncUes,
54 CROMGQUES DENGLETERRE. [4470]
Tous lesquelz, sans contredit ', entrèrent en la ville du gré des manans, especialement du commun, qui à
De Muitton les Ponthieo et planeurs autres belles,
Bigny et Gntibas, et Tauvilliers aossy,
Le Plessis Cacfadea, Aveleige, Cissy.
Son beaa père et lay tinrent d* Amiens le baillage
Bien soixante et dix ans * : ce fut assez bel aage.
Jamais ne varia ; troys roys servit en France,
Gharies, Louis et Chailes, leaument, à amour firance.
D'estrangers et privez il fut bien renommé;
Des babitans d'Amiens par ses vertus aymé.
Par libéralité, vaillance et pru^ommie
n ost acquis cy bas renommée infinie.
Puis le grand Plasmateur de la machine ronde.
Plein de âge et de vertu, le tira de ce monde
Le dernier jour d'aoust, dont mains eurent malaise.
En Tan mil quatre cens et quatre vingts et seize.
Or gist ce corps cendreux en ce bas monument,
La journée atendani du dernier jugement ;
Priant ses bons amis, le peuple ambianois.
Pour luy faire prière envers le Roy des roys. »
(Bihl, imp., lias.. Fonds de Campt, n« 43S.)
1 . D y CD eut bien quelque peo, d'abord ; maii ce fat plutôt affaire de forme qu'opposition réelle. Arthur de Longueral c leur monstra le mandement qu*il avoit du roy de luy rendre la ville et le mettre en sa main come lieutenant du roy en cheste partie, à quoy cheus de la ville responderte qu'il n*estoite point à che conseiUié que d*eu$ rendre ne la ville sanblablement se non à la personne du roy ou de Mgr le conestable quy representoit le roi et estoit son lieutenant gênerai par tout le roîaume de Franse, laquelle response le dit de Longheval ne print pas trop bien en gré, et deut dirre alors au regart de Mgr le conestable, qu'il n'en fraproit ja cop qui vauzit ; come il me fu dit d*eim borne de bien qui l'ayoit ensi oi dirre et recorder à Saint Quentin mymes, dedens dens ou trois jours après la rendission : laquelle reuponse du dit de Ijongeral avoit esté reportée à Mgr le conestable qui Pavoît très mal pris en gré. Nient mains on ala querrir Mgr le conestable à Hen où il estoit alors, et vint i Saint Quentin où on li fit ouvrerture et obéyssanse ou non du roy tout à sa vollenté. » (Hathot, II, 156*157.)
* n fut nommé bailli d'Amiens, au lieu de Renaut deLongueval, son père, par lettres de Charles VU, données au Chastelier le 6 juillet 4466 (BibL imp„ BIss., Fonds GaignièreSf n« 774 , p. 4 27) , et mourut, comme Tépitapbe va nous rapprendre, le 31 août 4496. 11 tint donc le hail/iage pendant quarante ans. Ainsi La Moriière s'est trompé en disant que le seigneur de Tenelles fat créé bailly d* Amiens en 4 470 : à cette époque il Pétait déjà depuis 4 4 ans. Son remplaçant dans œt o(> fice, Raoul de Lannoy, fut reçu le 22 juin 1497. (Archives de V Empire, pAALUourr, Matinées, reg. LV1I, fol. 298.)
[1471] SIXIÈME PARTIE, UVRE YI, xvii. 55
leur venue cryerent : Noël ! et firent grant Teste. Laquele compaignie de François estoient des gens au conte de Saint Pol , connestable de France, quy lors se tenoit à Hem, en Vermendois, à un lyeues de Saint Quentin. En ceste ville estoit le bailly du dit lieu , appelé messire Jehan de la Viesvilie , et aulcuns autres du party de BourguoignCy qui n'y peurent mettre remède; carie commun envolèrent devers le connestable pour avoir son advis, et il leur conseilla qu ilz se tenissent du party royal, leur promettant, ou nom du roy, qu'il les feroit tenir francz et quittes de tous débites et exactions par l'espace de xvi ans. Et lors tous ceulz de la ville, moyennant celle promesse , renoncherent au serment que fait avoient au duc de Bourguoigne , promettant de obeyr au roy, et mesmement misrent dedens leur ville une grosse compaignie de François; et puis, deux jours aprez, y entra le connestable, sicque ilz forent leans plus de iiiï" lances ; mais le bailli de Saint Quentin eut deux ou trois jours d'indusse pour retraire luy et ses biens où il vouldroit*
En ce mesmes tempz, le roy Edouard d'Engleterre, adcompaignié de vu ou vjii ses plus privez seullement, se party de Hollande et s'en vint en la ville d'Aire^, où le duc de Bourguoigne alla prestement qu'il le sceut devers luy, où ilz furent deux ou trois jours devisans de leurs affaires ; puis se partirent l'un de l'autre, car le duc s'en alla à Hesdin. Mais tantost aprez , à scavoir le vn* jour de jeavier ou dit an , se
I. c Le mercredy, 3 janyier (1470, ▼. s.), le duc partit de Hesdin et alla k Aire, où il trouva le roy d'Angleterre ; il y resU le 3, en partit le 4 après disner, et reyint à Hesdin. » (Voy. Levgxjit, II, 197.)
56 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [U7i]
retrouvèrent ensamble ou chastel de Saint Pol, ouquel
lieu furent une nuit conferans de leurs besongnes. Si
fut lors renommée que le duc lui avoit preste une
grosse somme de deniers, et si luy devoit faire finance
de navire pour retourner en Engleterre , là où il avoit
la phispart des nobles hommes du pays qui desiroient
son retour, lesquelz tenoient ancores son party, es-
pecialement ou pays du North , [ouquel se tenoit le
II* frère du roy Edouard, qui estoit duc de Clocestre],
puis 8*en vint le roy Edouard à Lille, et de là à Bruges.
En ce tempz , ou mois de jenvier, trespassa de ce
monde le duc de Callabre ^, filz du roy de Cecille, lequel laissa ung filz que on nomma le marquis du
Pont •.
1311. Comment le duc de Bourguoigne envoya unes lettres au conte de Saint Pol; et de la responoe qu'il en fist. Gomment le duc fist une grant assemblée de gens d'armes, et ausû fist pareillement le roy. XYIU.
Aprez que la ville de Saint Quentin fut ainsi rendue auz François , comme dit est , par le conseil du conte de Saint [Pol], lors connestable de France , le duc de Boui^uoigne envoia Thoison d'or' devers ledit connestable, luy mandant, par ses lettres, qu'il le venist servir, comme promis lui avoit, selon le contenu de son scelle , présent plusieurs notables tesmoingz , et