And was that nyght at Sont AÎbona
122 CEONIGQUES D'ËNGLETERRE. [1471]
derant qu^il estoit moult honnourablement adcompaignié de maintz hardis hommes, bienvoeillans et de grant corage, lesquelz, pour nulle resistence qui leur peust estre faite, ne s'espagneroient à la prinse d'ycelle cité : et aussi que, pour lors , ledit Roy a voit plusieurs grans et puissans amis et serviteurs dedens la cité, lesquelz ne luy fauldroient point, par diverses emprinses, à faire ouverture, comme ce ne peult estre descongneu à plusieurs ; aussi, tant pour Famour et faveur que plusieurs portoient au dit roy Edouard, comme pour paour que plusieurs gens avoient, et pour autres diverses grandes considérations*, le Maisre, les Eschevins et moult d'autres honnourables hommes de la dite cité, déterminèrent clerement entr'eulz qu^ilz garderoient la cité pour le roy Edouard, et que, à sa venue, luy ouvriroient les portes sans nulle resistence. Si lui envoierent couvertement unes lettres, esqueles estoit déclarée leur entente et comment ilz voulloienl estre les guides de son plaisir.
L'archevesque d'Yorck, voiant clerement, par la contenance et maintieng de ceulz de la dite cité de Londres, que point ne vouUoient résister au roy Edouard , ains mesmement le assister, luy, congnoissant son aprochement , envoia secrètement devers sa personne, désirant acquerre sa bonne grâce et venir
f . Commjne» dit à ce nijet (I, 259] : c A oeqiiim*a esté compté, trou choies forent caase qoe k yille se tourna des siens. La première , les gens qa*il ayoit es franchises, et k royne sa femme qai avoit en ung Clz. La seconde, les grans debtes qu'il debroit en k Tille, pourquoy les mar* chansy à qui il debvoit, tinrent pour luy. La tiers , plusieurs femmes d*estat et riches bourgeoises de k Tille, dont autresfois il aToit eu grant privaulté et grant accointance , luy gaignerent leurs maria et de leurs parens.»
[i47i] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, zxm. IÎ3
en aulcun bon apointement, promettant par ce moyen faire chose à lui agréable. Et lors le Roy, pour certaines causes et considérations, recheut l'archeyesque à mercy , et arriva devant I/)ndres [sur un jeudy matin], Tonzieme jour d'apvril, et entra dedens, où il fut recbeu du Maisre, des Eschevins , bourgois et autres, moult lyement, sans nulle resistence. Si chevaulcha du long de la ville jusques à TEglise de Saint Pol, et de là au pallaix de Tevesque de Londres', où ledit arche vesque d'Yorck estoit, quy luy requist sa bonne grâce. Et aussi estoit illec logié l'usurpeur Henry, appelé Roy ; duquel il se tint saisy et, avec ce , de plusieurs autres ses rebelles ; puis s'en alla à Westmoustre, où il fist ses priieres dévotement à Dieu , à sa glorieuse Mère, Saint Pierre et Saint Edouard, roy et confesseur. Puis, incontinent aprez ses contemplacions et priieres achevées, il s'en alla devers la royne sa femme, qui longuement avoit esté oudit pallaix de Westmoustre en grant lamentacions et dolleur desplaisante, duquel trouble que en grant paine elle portoit, elle délivra d'un beau filz* qu'elle présenta au Roy en sa venue vers elle, dont il eut grant joye et confort. £t là furent mises en jeu entre le Roy et la royne, au bienviengnant , plusieurs amoureuses paroUes qui longues serroient à raconter.
Quant vint lendemain au matin, le Roy , la royne et tous les leurs tyrerent vers Londres, qui est à demye lieue prez de là ; si se loga à l'hostel madame d' Yorck , sa mère ; et là oy le divin service ce jour et la nuit ensievant , car c'estoit le Vendredy Saint, et
I • Thomas Kemp. Voy. cî-deuns, tome II , p. 318, note 3.
3. Edouard Y, né le ^déoeosbre ii70. {Jrt Je çérifiêr les daiêi^ I, 817.)
124 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1471]
puis se conseilla aux princes de son sang et autres de son conseil des adventures quy povoient advenir.
1321. Comment le conte de Warewic se party de Coaventry pour Tenir combattre le roy Edouard , et conunent il fut descomfy. XXVUI.
Le conte de Warewic, soy disant lieutenant d*Engleterre , ainsi constitué par Tauctorité patente du roy Henry, estant à Conventry, comme oy avez, entendant le roy Edouard estre devant Londres , pensant que les cytoiens luy auroient fait resistence, non sachant la certaineté de son entrée en ycelle , issi hors de Conventry, atout grant nombre de seigneurs, en grant triumphe et puissance. Si prinst son chemin vers Londres, proposant sourprendre le Roy par derrière, et toute sa compaignie, pensant par ce avoir grant advantage : où, se d'aventure on Teust iaissië entrer, comme on fist, il Teust, en sollempnisant la Pasque, prins à despourveu ; mais le Roy, bien adverty de celle venue, et [de leur] faulz, malicieux propos, fist grant dilligence pour rencontrer le dit conte et son armée avant ce qu*ilz venissent jusques à la cité, de laquele il se party atout son ost, le samedy , veille de grans Pasques, xiii* jour d'apvril. Si se mist à chemin envers ses annemis, avecques luy le roy Henry ; car, quelque part qu'il allast, puis qu'il l'eut prins, le menoit tousjours avec luy. Et ainsi chevaulcha tant qu'il vint à une ville qu'on appelle Barnet', à dix mille prez de Londres, que ses estradeurs trouvèrent ceulz du conte, lesquelz ilz chassèrent jusques à leur ost, quy