Jao({iiet III, mort en juin
2. En «Tril li62, selon Wjrcestre (493), Warwîck rencontra Marie à DomfrieSy pour affaires de mariage, Pinkerton dit (I, 251) que Warwick avait artificienseoient détaché Marie de la cause de Henri YI, en lui proposant d'épouser le nouveau monarque anglais, et que la reine avaii été même à Carlisie pour araneér les négociations*
168 CEONICQUES D'ENGLETERBE.
son cousin, comme dit est, avecques aultres ses lettres patentes S soubz son grant seau, en lui signifiant comment il assistoit au dit roy Henry en toute puissance, avecques tous ses subgetz et amis, en Élisant faire inhibicion à tous ceulx de son royaume que homme ne feust si hardy d'avoir communicacion avecques ceulx du party du dit roy Edouart, ne de taire maixîhandises avecques eulx, ne aucune aultre conver* sacion, avecques plusieurs aultres articles, bien favora* râbles pour le dit roy Henry, contenuz en ses dites lettres.
Item. Et, peu de temps après, vint le conte de Maulevrier, qui aporta à mon dit souverain seigneur pareilles lettres closes et patentes, de par le dit très crestien prince, avecques très cordiale recommandacion et créance : lesquelles lectres, comme disoit le dit seigneur de Maulevrier, estoient proclamées en France publicquement, par son de trompe, en plusieurs bonnes villes, citez et pors de son royaume, l^esquelles lectres, et la publicacion dHcelles, me causoient de plus en plus de montrer ma bonne voulenté au dit roy Henry, son cousin.
Item. Et quant la dite roy ne et les seigneurs de ce royaume virent que le dit très crestien roy de France
i. Chastellain (219) cite cette partie de Pordoimanoe sans en donner la date : « De guerre n'avoît (Louis XI) a nullny, fors tant seuUement que lui meismes 8*en ImûIU an roj Edouart auquel il fit crier et pablier à son de trompe par tont son reaime inimitié mortelle , et que nuls , sur paine de mort, de ceux de son reaime, communicassent ne en marchandise ne anltrement avec les Anglais du parti du dict Edouart. > Le comte de Maulevrier étant porteur de semblable lettre pour le roi d*Écosae, ne put les remettre à ce prince qu'après le mois d^octobre 1462, car ce fut à cette époque que la reine Marguerite revint en Angleterre accompagnée de ce seigneur. (Lehoard, II, 558.)
De mist point à exécution sa dite proclamacion pour le dit roy Henry, comme ses dites lettres portoient, leurs couraiges se refroydirent et leur bon vouloir se changa, et se mirent à complaire au dit roy Edouart et à ceulx de son party, voyant qu'il prospéra de jour en jour en son fait, et Taultre n'avoit point de aide ne confort, fors que, tant seulement, le royaume d*Escoce. Par quoy le dit roy Henry et son conseil se doubtoient à demourer si près des Marches, comme à Edembourgh^ paour que les Anglois et aucuns Escossoys, qui mieulx aymoient le party contraire que luy , ne feissent aucune convencion ou préjudice de luy et de son beau filz, le Prince. Par quoy il desiroit, pour la seureté de sa personne, venir en ma place de Saint Andry, là où il fiit bien recueilly, selon ma petite puissance, et
1. l^^îam Maitland (II, 634) dit qn'aprè» la perte de la bataille de de Tewtoiiy Henri YI, la femme et ton fils s'enfoirent, en premier à Berwick , pois à Edimbourg, où ce malbeurenx prince trooTa un asile honorable. James Kennedy, éréque de Saint-Andrew, fut la personne a laquelle le roi fogitif fut le plus redevable en cette occasion, par l'influence de ce digne et vénérable prélat.
On peut Toir, par la lettre qui suit, que le roi Henri VI était à Edimbourg le 28 mars 1461, ▼. s.
c A très hault et puissant prince nostre très chier et très amé cousin germain de France.
t Très hault et puissant Prince, très chier et très amé cousin germain de France, nous avons esté bien amplement informez par plusieurs fois que tousjonrs vous estes monstre nostre bon cousin et amy , et vous estes tonijours bien encline en toutes les affaires de nous et la recouTrance de nostre dit royaume, i yoz grans coustz et despens, tant de gens, d'argen comme anltrement , dont très fort nous en reputons tenuz à tous.
cNons euTOyons présentement par devers vous plusieurs de nozgens et ambaxadeurs, comme plusàplaiu porrezveoirpar noz aultres lettres que vous rescripTons entre lesquelx noz gens et amluixadeurs y est nostre amé et fleal chanceUier Jehan Fortescn, cheralier, auquel sommes fort atenuz,
170 CRONIGQUES D'EWGLETERRE.
bien réconforté , tant dedens, comme de luy prester or et argent raonnoyé et a monnoyer, et aultres choses à luy nécessaires, en luy faisant aussi bonne chiere comme je luy ay sceu ne peu Êiire : et d'illec* ques le convoyay en une aultre de mes places sur la
car à ses deipeDS nous a tousjonrt entreteon nostre estât et foit plosiean aaltret senrices, dont Iny sommes fort atenuz.Pour lesquelles choses, très hanlt et poissant Prince, très diier et très amé cousin, nous tous prions, tant et si affectueusement que plus povonsque icellny nostre chancellier, en nostre faveur et prières, tous yoeillez favorablement traicter et luy secourir et aider comme à nostre propre personne en tontes les nécessitez et affaires qu'il peut avoir, tant pour nous et noz affaires, comme pour luy mesmes , afin qu'il puisse congnoistre que noz prières luy aient prouffité en aucune manière. Et quant Dieu plaira que nous aions la joissanoe et reoouvrance de nostre dit royaume, nous ferons avecques vous en telle manière que toute vostre noble royalle Magesté n'ara jamais cause de s'en douloir : en vous priant que vueillez tousjours de mienix en mieulx continuer ainsi, comme bien y avons nostre singulière et parfaite confiance, aidant le benoist filz de Dieu, très haalt et puissant Prince, très cbier et très amé cousin , qu'il vous vneille avoir et tenir en sa saincte et benobte garde.
c Donné à Edynburgh , le xxvn« jour de mars.
c HxiraT. s (Signature autographe.)
{Bihl. imp.f Mss., Fonds Baluze, n» 9037', fol. 176.)
La lettre suivante , prise k la même source , semble un appendice naturel à celle qu*on vient de lire.
« Au Roy, nostre souverain seigneur*
c Nostre souverain Seigneur, nous nous recommandons à vostre bonne grâce tant et si très humblement comme plus povons. Et vous plaise savoir, nostre souverain Seigneur, que au jourd'uy sont entrez par congié, en ceste ville de Rouen , le conte de Pennebroc et messire Jehan Foresca, chevalier, chancelier du roy Henry d'Angleterre, lesqnelz sont venus devers nous, et nous ont remonstré que, de par le dit roy Henry, ilz estoient envoiez comme and>axadeurs devers vous, et avoientprinsla charge soubz la confidence du congié gênerai d'akr et venir par vos pays, qu'il vous pleust «octroyer en la faveur dndit roy Henry à tous ses subgiez tenans son party ; mais, pour ce qu*ilz avoient sceu, eulx estant en Flandres, la deffense generaUe faite aux Anglois de non cnlx trouver en
mer, et de là le transmis seurement en son royaume. Et tout ce luy feys, pour Tonneur du dit très crestien roy de France et pour luy complaire, .lequel m'avoit sur ce très gracieusement escjript et requis, et si,
vottre loyninM aans aToîr aavfçondnit ^ ilz «toient townez deren montâgaear de Charolois, qui leur ayoit octroyer, pour leur setuté, oertainet letbres réquisitoires k tons yok justiciers et lieutenans, lesquelles ilz nous monstrerenty ensemble mes lettres missives que nous escripyoit en leur fsTeor mon dit seigneur de Charolois, pour les laisser paMer, ainsi que pores Teoir^ se c'est yostre bon plaisir, par ioelles lettres missives et mesmes par double des lettres réquisitoires de mon dît seigneur de CharoloiSy cy dedens encloses; et nous requeroiem de seurté de aler devers TOUS , disaxis qu'ilz avoient lettres que mon dit seigneur de Charolois ▼DUS etcripToit pour leur fait. Sur quoy , Sire, après que avons debatu la oiatere arec aucuns de vostre conseil estans par deçà, avons remonstré an dit conte et chancellier qne, au regard dé la deflense qui faite avoit esté, elle estoit generalle pour tous les Auglois, tant de eeulx du costé du roy Henry, qne de l'autre part, par complaintes qui tous avoient esté faites des ineonveniens qui estoient advenus et povoient advenir k voz subgiez parconnes et pilleries, pour raisoo de la frequentadon que avoîtnt eue par deçà oeulx du party dudit roy Henry, dont aucuns s'estoîent tournez de Pautre costé, et pour autres causes qui k ce vous avoient men : e puis que ainsi estoit qne la deffenoe avoit esté faite, et par cry publique, qne à nous n'estoit pas de y toucher; mais, toutes voys, que, considéré leur cas et qu'ilz affermoient aler devers vous, et aussi qu'ilz disoient porter lettres de mon dit seigneur de Charolois , ne leur donnerions aucun empeschement , et advisassent à ce qu'ilz avoient à faire. Par quoy, Sire, ilz ont prins le chemin pour tirer devers vous, comme ils dient : et, pour ces causes, envoyons ce message en toute diligence devers tous, afin que en soies advetty avant leur venue, en ensuivant ce qu'il vous a pieu noua escripre et commander, de vous advertir tousjoars de oe qui surviendroit des nouvelles des dits Ânglois pour, ou surplus, ordonner vostre bon plaisir. Nostre souverain Seigneur, nous prions le benobt filz de Dîeaqu^ tous ait en sa saincte garde, et vous doint très bonne vie et longue , et acompllssement de toz très nobles désirs, c Escript à Rouen, le xiii« jour de juing (1462}.
fl Vos très humbles et très obeissans subgiez et serviteurs ,
c L'evesque de Saint Brieuc , Louys d'Estouteville et Jehan Amoulfin. £. Pioart. s
(/^., «/., fol. 177.)
in CRONICQUES D'ENGLETERRE.
savoye bien que le dit roy Henry n'avoit de quoy me recompenser.
Item. Et voyant par le dit roy Edouart la grand division qui estoit entre nous, s'efTorsa de toute sa puissance de nous venir courir sus, pour nous cuider mectre en subjection, et, par especial, tous ceulx qui estoient amis et bien vueillans du dit roy Henry. Et, sur ce, envoya devant luy le traictre de Douglas ^ a tout grant quantité de finance, pour recueillir et souldoyer gens de legier couraige, près des marches; et lequel traictre, par aucuns moyens qu'il trouva et dons qu il donna, assembla grant nombre de meschantes gens qui firent grant dommaige ou pays. Et si estoit bien taillé, à l'aide du dit roy Edouart et de son host, qui estoit pour icelle cause assemblé, d'avoir mis le royaume en voye de perdicion, mesmement veu et considéré le temps de Taage du dit roy, mon dit souverain seigneur, et la division qui estoit ou dit royaume, se Dieu, de sa grâce, n'y eust mis remède. Et tout ce mal et péril fut imputé sur moy, par quoy j'estoye bien taillé d'estre finablement destruit par les gens du pays, pour ce que j'estoye cause de Tinterrupcion des journées devant dictes pour enfraindre les accords qui appoinctés estoient entre le royaume d'Escoce et le dit Edouart^ Et, non obstaut ce que n'estoye pas bien disposé en ma personne, ne accoustumé d'aler en guerre, encores me preparay y aler en personne , avecques mon souverain seigneur, à l'encontre du dit traictre, en grant dangier de noz personnes et de toute sa com-
1. James IX« du nom, comte de Douglas, mort le 15 ayril 1488. (DooaukS, Peerage o/Seotiand, p. 188, i89.)
PIÈCES JUSUnCAHYES. 173
paignie, considérées les choses dessus dictes : et à la parfiDy ainsi qu'il a pieu à Dieu, l'entreprinse du dit roy Edouart fut rompue, et le dit traictre rebouté , et justice faite de son frère et de plusieurs aultres ses complices \
Item. Et après toutes ces choses, nous avons entendu comme le dit très crestien roy de France avoit prins abstinence de guerre' avecques ledit roy Edouart, sans ce que ce dit royaume y fust comprins en aucune manière, de quoy tout le dit royaume en estoit bien esbay et esmerrueillé, veu et considéré la division d'icelluy et le temps de Taage du dit roy, comme dessus est dit, et aussi le grant dangier en quoy le dict royaume estoit en icelluy temps : par quoy il fut advisé et trouvé expédient que j'envoiasse aucuns de mes gens especiaulx, comme de mon propre mouvement, et non point de par le roy ni le royaume, au conte de Warwyk, conduiseur dudit royaume d'Angleterre dessoubz le dit roy Edouart, pour trouver moyen avecques luy d'avoir trêves et abstinance de guerre. Laquelle charge je accomply, et envoyay ung chevalier et ung escuier, lesquelx appoincterent et prindrent certaines abstinances pour aucuns temps, et jour mis
1. Les historiens ne font nulle mention de cette prise d'armes dxdoaard IV contre le jeune roi d^Écosse , ni de la présence du comte de Doutas et de Iti justice «pii fut faite de son firère. Le comte n*en avait plus qu'un seul à ce moment, nommé John lord Balyenj. Cette entr^ise n*a pu aroir lieu que peu après le 15 juillet 1463, puisque, comme on le Toit dans la Pièce justificative III«, le comte de Douglas menait alors orte guerre en Escoehe et se tenait es montaigne de Gabois (Galloway}, et qu'Edouard IV était en chemin Ters le nord, sans âoute pour se joindre au comte, ainsi que le dit i'évéque de Saint- André.
S. Probablement la trére du 27 octobre U63. (Rtmu, V, partie IIL p. 117.)
174 GRONICQUES p'ËNGLETEBBE.
pour faite assembler certain nombre de seigneurs, tant d'un cousté que d'aultre^ pour euk trouver et assembler en certain lieu et temps nommez; c'est assavoir au Neufchas(tel, en Angleterre^ le vi* jour de mars *, au quel jour les Anglois faillirent de venir : et, ce non ob^tant/ je renvoyay les dessus dictes gens de rechief, de mon propre mouvement, par souffrance, toutesfoiÉ, de mon souverain seigneur, lesquelx alors appoinctereut ung jour non doutable, si: comme j'espoir, là où certains seigneurs des dics deux royaumes se doyvent trouver et assembler, comme devant, audit lieu de Neufchastel le xx* jour d'avril prochain- venant à laquelle journée au plaisir de Dieu bon appoinctement se trouvera pour le bien des dics deux royaumes. Et, par adventure, aucuns moyens se trouveront pour avoir longue paix' entre iceulx royaumes, comme expédiant sera veu aux seigneurs qui envoiez seront de tous les dics deux coustez; car en vérité de Dieu, le royaume a souvent esté mis en grand péril de perdieioû, à Toccasion des guerres qui si longtemps ont duré entre les dics deux royaumes, ou temps passé, comme il peut aparoir par maintes raisons qui longues seraient à escripre.
Item. Et, fînablement, pour remonster au dit très crestien roy de France comme j'estoye serviteiu* de son feu progeniteur, à qui Dieu pardoiut, de toute ma puissance; et, se je savoye que mon service luy feust agréable, très volontiers et de bon cuer luy seroye,en pareille forme et manière comme j'esloye à son dict feu
J . Cette date et celle qui toit pronrent éridemment qoit le prâat donna cet instruction» entre le 6 man 4463 (▼• a.) et le 10 anil enirant (1464).
progeDiteur ou mieulx, se mieulx povoye, et devant tous vivans, excepté mon dit souverain seigneur et le bien de son royaume ; et quelque chose qu'il adviengne, je seray et suis tousjours de bon vouloir, et de toute ma puissance m'enploieray et tendray la main que les anciennes aliances des royaumes de France et d'Escoce soient inviolablement observez et gardez, devant toutes trêves, oonfederacions et aliances qui se porroient jamaiz trouver entre les dicts royaumes d'Ëscoce et d'Angleterre, en suppliant et requérant sa haultesse et royale JHagestë qu'il ne vueiUe pancer le contraire en moy, supposé que vouleiitiers je me voulsisse emploier à la bouter pour le bien et transquilité du dict royaume, dont je . suis de la Maison descendu ; car, quant le dict royaumese portera bien, le dict seigneur en ara plus d'amis et serviteurs, et quant il sera en tribulacion el odversitez^ ceulx du dict royaume ne luy pourroient si bonnement faire service comme leurs ancestres ont fait à ses progeniteurs roys de France, pour le temps passé, ne comme lui feroient de leurs propres couraiges, voulentiers et de toute leur puissance, quant il ara besoing d'eulx. Et, par ainsi, je repaie sa haultesse ayant grant trésor eu ce royatimé des loyaulx couraiges'des gens, se sa hauUesse le voul-^ sistbien considérer, si comme je croye fermement, sans doubte, que s|t prudence et discrecion le saura mieulx considérer que je ne sauroye deviser,
{Bib. imp.^ Mss., Fonds Baluze^ n* 9987, foL 19rect. — 21 verso.)
176 CRONICQUES D*ENGLET£RRE.
(Voy. t. n, page 316, note 2.)
Nos Margareta, regina Anglie, fatemur nos récépissé ab iUustrissimo et serenissimo principe cognato nostro germano Francie Ludovico viginti milia libras turonensis monete nunc currentis in Francia, ad quorum viginti milium librarum turonensium solucionem, virtute commissionis et potestatis nobis date a serenissimo principe domino meo rege Anglie, obligamus dicto cognato nostro, per expressum, villam et castrum Calesie sub forma que sequitur, videlicet : Quod quam cito dictus Dominus meus rqx Ânglie recuperaverit aniedictam villam et castrum Calesie, vel aliquis de suis pro eo et in ejus nomine ea recuperaverit, Dominus meus antedictus constituet ibi predilectum fratrem nostrum Jasperem, comitem Pembrochie, vel dilectum consanguineum nostrum Johannem de Fois, comitem de Hendale, in capitaneum, qui jurabit et promittet reddere, tradere et deliberare antedicta villam et castrum Calesie in manus illustrissimi principis cognati nostri Francie antedicti, vel in manus suorum commissariorum infra annum ex tune ventu* rum, vel alias reddere et restituere eidem consanguineo nostro Francie antedicto predictam summam viginti milium librarum infra annum predictum. Ita tamen quod si dicta sumraa viginti milium librarum non fuerit predicto cognato nostro Francie
PIÈCES JUSTIFICilTIVES. 177
aDDum, Ut premittitur, soluta, obligamus nos per présentes, et in vim prefate nostre commissioDis facere tradi et deliberarî predicto cognato nostro villam et castrum Calesie antedicta : cum hoc quod idem cognatus noster solvat domino nostro régi Ânglie antedicto quadraginta milia scutorum ultra viginti milia libras prenominatas. Ac eciam promittimus per présentes quod dominus meus rex Anglie antedictus obligabit seipsum ad omnia premissa ut premittitur ohservanda, et super hiis deliberare Ëiciemus litteras convenientes in manus comitis de Maulevrier, \el alicujus alterius persone, ad complacenciam dicti cognati nostri, apud Dominum meum antedictum pro ea re transmittende. In cujus rei testimonium signetum meum presentibus manu nostra propria subscriptis apposuimus.
Datum apud Caynonem, xxiij' die mensis Junii, anno Domini millesimo cccc"^ Lxif et regni Domini met antedicti quadragesimo.
Marguerte. Manfeld.
Sceau en cire rouge sur simple queue.
{Archives impériales^ TaisoB Dis Chabtis, J. 648, o« 2.)
178 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
(Voy. t. n, pages 316-317'.)
CoppiE DES nrsTRUcnoKS baillées {déchiré) a hessire CoussiNOT* (déchiré) et autres articles dont {déchiré) CHARGE OULTRE SES DITES HTSTRUCTIONS.
Oultre mes instructions. Pour ce que la royne d'Angleterre avoit escript plusieurs lettres au roy Henry et à ceuk de son conseil, les uns par ung nommé Jehan Bron, et les autres par ung nommé Willem Bacquier, qui fut au duc de Xestre, lesquelles lettres contenoient, entre autres choses, qu'elle avoit eu de bonnes nouvelles du duc de Bretaigne et de monseigneur de
1. Voici le passage des Cronicquu auquel la présente pièce justificatÎTe se rattache :
« Doncques, ou mois d'aoust de l'an ucn^le roy Loys de France, Toîant sa cousine , la royne Marguerite , estre venue devers luy en si povre estât.... luy fist délivrer deux mille combatans de bonne estofife, desqudz il fist capittaine messire Pierre de Brezy.... Il s'y porta si sagement que à son commencement qu'il fut entrez en Engleterre , il y conoquist pln> •ieurs places, lesqueles il tint, espérant secours du duc de Sorobreaset, qui apoit promis grans gens de par lui avec une grande et grosse armée d'Escosse , qui ensamble se dévoient joindre avec la dite royne et les François, i
2. Guillaume II Cousinot, seigneur de Montreuil, chambellan de Louis XI , f fut employé successivement par ce prince dans toutes les affaires ardues de son règne , il accomplit également au dehors diverses ambassades. > Il mourut en 1484. (M. Vaixbt db Vihiviuji, Chromiqiu dt la PucelU, p. ââ-32.) H fut fidt chevalier en 1449, i U prise de Rouen, et bailly de cette ville. [Mathikd d'Esgought, X, 190 et 204.)
PIÈCF.S JUSTIFICATIVES . 179
Charoloisy et quHlz estoient tout ung ensemble, et tous fermez et joings pour secourir le roy Henry en tout ce qu'il leur seroit possible : et avec ce, estoit venu devers le dit roy Henry ung nommé Preston, qui demeure avec mon dit seigneur de CharoUois, lequel lui avoit apporté lettres du dit mon dit seigneur de Charolois, bien gracieuses et confortatives^ avec créance de bouche pour lui donner toute l'espérance qu'il estoit possible tant de secours et aide que de bon Touloir qu'il avoit à luy; et qu'il tendroit tousjours son parti sans varier. Et aussi il estoit venu ung navire de Bretaigne à Quicombri^ en Escosse, duquel les Bretons qui estoient dedens, en disoient autant touchant Bretaigne, et qu'ilz avoient charge, de par le duc, de bailler au dit roy Henri tout ce qu'il leur demanderoient de leur marchandise, il fut advisé par le dit roy Henri et ceulx de son conseil que, après ce que j'aurois esté devers le roy, je m'en iroye devers la dite royne d'Angleterre pour ces matières, et lui declaireroie Testât d'Angleterre et ce que monseigneur de Sombresset avoit rapporté; c'est assavoir qu'il avoit le serment et scellé de xvii hommes de Galles des plus grans qui feussent ou pays, lesquelx il nomma au roy Henri, et pareillement luy nomma plusieurs autres qui sont devers le West et devers le Su, qui semblablement estoient tous joings et fermez ensemble pour icellui roy Henry. Et, à ceste cause, avoye chaîne de dire à la dite reyne d'An- , gleterre que, en entretenant les choses qui estoient entre elle et les dits duc de Bretaigne et monseigneur