‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 91 sur 146 · I. Kîrkodbright · texte numérisé non relu

I. Kîrkodbright

i80 CRONICQUES D*ENGLETERRE.

de CharroUoiSy elle voulsist tendre à troys fins cy après declairees.

La première, qu'il y eust bonne amour et bonne aliance entre les dits duc de Bretaigne et monseigneur de Charollois ; et que par vertu du povoir cpe la dite royne d'Angleterre avoit elle y comprensist le dit roy Henry, se jà ne Tavoit fait, en telle forme et manière comme elle adviseroit à faire pour le mieulx, et qu'elle en baillast telles seurtez comme les autres Youdroient avoir; et le dit roy Henri les ratiffieroit.

La seconde fin à quoy la dite royne d'Angleterre devoit tendre, estoit que icelle dame trouvast fasson, par le moien du roy de Secille et des dits duc de Bretaigne et monseigneur de Charollois , que tous les seigneurs de France voulsissent supplier au roy qu'il ne prensist aucunes trêves ne appoinctement avec le roy Edouart.

La tierce fin estoit que la dite dame trouvast moien avec mon dit seigneur de CharoUoys qu'il envoiast aucun secours à Bambourg' d'artillerie ou de vitailles, et que le roy de Secille y envoiast des canonniers et des culuvrynes, et avec ce que icelle dame trouvast quelque fasson pour avoir ung peu d'argent pour entretenir ceulx qui estoient au dit de Bambourg et es autres places.

Et, d'autre part, que la dite dame envoiast devers le duc de Bretaigne, et que moy mesmes y vousisse aller pour ceste cause : c'est assavoir pour trouver manière

1 . Cette place fîit rendue par le duc de Somerset, le 34 décembre 1463. Voj. cî-deuus, tome II, p. 387 , note i.

qu'il envoiast en Galles mons de Pennebrok \ avec quelque armée, et ne (ust elle ores que de mille ou v^ hommes, et que en faisant ces choses et donnant à faire au roy Edouart par les deux boutz du royaume, avec les faveurs que le dit roy Henri avoit dedans le dit royaume, le dit roy Henry ne faisoit point de doubte que le peuple ne se levast de tous costez et qu'il ne le remist sus ainsi qu'il estoit auparavant; et avoit ferme espérance le dit roy Henry, veu ainsi que lui avoit esté mandé auparavant, que le dit duc de Bretaigne feroit pour luy ce que dessus est dit, et toutes choses qui luy seroient possibles, et en ce ne mectoit aucune difficuté*.

{Bibl. imp.y Mss.^ fonds Baluze, n'9037', fol. 184.)

1 . En 1462, le comte de Pembroke. était en Irlande , essayant de procorer assistance à Henri VI. {Fenn's Uttert^ t. 1 , 266, note.)

2. Cette pièce ne porte aucune date; mais, selon tonte apparence, ces instructions doivent avoir été données durant le court séjour que la reine Marguerite fit en France; c'est-à-dire entre le 16 avril 1461 (v. s.), et le mois d'octobre 1462. (Pihkkbtov , I, 249, 250.)

Le 16 août 1462 , Louis XI écrivait au vicomte de Ponteaudemer ; c Comme puis n'ag;ueres , par certains appoinctemens faits entre nous , d'une part , et très haute et puissante princesse nostre très chère et très amee cousine la royne d'Angleterre, pour et an nom de très haut et puisant prince le roy Henry, son mary, nous bous soyons déclarez de porter et fiiYoriser la part de nos ditz cousin et cousine à FeDContre de Edouard de la Marche , subject rebelle et désobéissant envers nostre dit cousin, soy efforçant de luy oster sa seigneurie, pour la reoouTrance de laquelle nostre dite cousine se soit disposée s'en retourner deyers son dit espoux en grande diligence, pour le passage de laquelle, et de sa compagnie , nous vous mandons que vous vous transportiez par tous les ports de mer de Normandie et de Picardie , et faictes commandement à tous maistres de navire que ils vous baillent les navires que leur requerrez, et i tous matelots et mariniers que ils viennent servir, etc.

c Donné à Rouen, le 16 d'aoust 1462. » (Lkhgut, II, 373.)

182 GRQNIGQUES D'ENGLETERRE.

Yl

(Voy. t. n, pages 31 0-31 9 ^)

(T Mon souverain Seigneur, tant et si humblement que plus puis je me recommande à vostre bonne noble grâce. Et vous soit plaisir de scavoir, mon souverain Seigneur, que, depuis mes dernières lettres que vous ay envoyées, j'ay esté à Guisnes devers Richart Witel pour oyr de toutes nouvelles touchant les matières que scavez : duquel, obstant Tatente de monseigneur de Lannoy en Angleterre, lequel passa la mer le xvu* jour de ce mois, je n'ay peu riens scavoir de luy sinon ce qu'il vous pourra apparoir par une lettre que M' de Warvich luy a rescriptes que vous envoie, ensemble la copie d'icelles translatés d'anglois en firanchois de la main dudit Richart Wite], cy dedans enclose. Outre plus, m'a dit le dit Witel vous dire et avertir les nouvelles qui s'ensuit.

Premier, que l'ambassade d* Espagne qui estoit nagueres partie de devers le roy d'Angleterre, est retournée par devers luy .

i. La pièce se rapporte aa passage suÎTant des Cronieques : c Et si n'eurent nulz secours des escochiers les dis François , lesquels, se ilz eussent ce sceu , ne feussent pas si longuement demourez es places par eulz concquises , comme Brambourg^ Benric en Galles , Amunchie ,

Onrem et planté d*autres forteresses , fut ordonné le conte de Wa-

rewic, à une puissance de gens d*armes et de trait, aller assegier et reooncquerre les places que les dis Francob aboient prinses. Et, de fait» les reconcquiftt toutes. »

PIÈCES JUCTIFIGATIVES. 48»

Item. Est le roy d'Angleterre délibéré, ces Pasques passées ou tost après, aler mettre le siège devant Bandebourg* où est le roy Henry, et deux autres places de son obéissance.

Item. Est le peuple d'Angleterre mal content de ce que ung nommé Pierre Cousinot, qui est vostre subget et de vostre royaume est au dit lieu de Bandeboui^ à l'aide et tenant le party du dit roy Henry.

Item. Est conclud que monseigneur le chancellier d'Angleterre vendra sans quelque faulte à la convention qui se doit tenir pour l'apaisement des differens, combien que le dit Witel m'a dit que M. de Lannoy pourra si bien besongner par de là qui ne sera besoing de tenir la dite journée.

Item. M'a monstre le dit Witel unes lettres qu'il vous a pieu luy envoier touchant ung nommé maistre Estienne, nagueres détenu prisonnier au dit lieu de Guisnes, et, avec ce, la déposition par luy faite sur plusieurs poins et articles qu'il dit avoir esté interrogiez luy estant au dit lieu de Guisnes, par le dit Witel, dont le contenu en icelle : il se donne grant merveilles, et m'a chargié vous dire qui n'est besoing que de ceste matière en escripviez au roy d'Angleterre pour Texcusation des chaînes baillées par ledit maistre Estienne, et congnoist bien que ce ne sont que menchounes et choses controuvees, en quoy faisans semble audit Witel que icelluy maistre Estienne est digne de grant pugnition.

D'autre part, mais je n'ay point charge du dit Witel

1 . Bamboroagh fat reprise le SS aTril 1464 par le comte de Wanrick. (La6AaD,n,560, 561.)

184 CRONIGQUES D'ENGLETERRE.

le VOUS dire, moy estant au dit Guisnes, auquel lieu j'ay séjourné sept ou huit jours, sont venus aucuns de Calais pour deviser et composer à y faire deux boeuvres pour la fortification de la dite place, à la façon desquels l'on besongne journellement à grant diligence. Et si a aussi nouvellement venu es dits lieux de Calais et de Guisnes beaucoup de menu artillerie, comme ceux de la place m'ont dit ; font aussi grant provision de bled, doubtant avoir le siège, les trêves passées, dont ils voudroient bien estre assourez du contraire; car ils dient qu'ils n'ont, quant à présent, que deux chiefs en Angleterre, dont M' de Warwich en est F un, et le second ay oublié le nom. Et, pour leur donner bon couraige, leur respondeis que le cas advienne qu'ils ne se scaueront où bouter; car, de prime face, vous avez vos garnisons à Gravelines, à Ardre, à le Montoire, à Fresnes, à Hardenthun et à Boulongne, qui sont toutes places voisines et frontières de leur pays, dont ils ne furent gueres joyeux, et, au propos, me respondirent ung mot que ne vous puis dire sinon de bouche : ce que feray moi estre par devers vous.

Item. Se sont partis, jusques au nombre de xxx ou XL hommes de guerre de^ la garnison de la dite ville de Calais, et s'en vont, tant soubz M' le Bastard comme autrement, sur le Turcq ^

Item, Quant au Besgue de Bizemont, il se tient en un village qui s'appelle la Rouge Moustier, à une

i . c An dit an soixante quatre, le ^ingt unîesme jour de mai, Antoine, bastard de Bourgogne..., accompagnié de..., se partirent dn dit Eea(de TËsduse) et sbglerent en mer sur les ennemis de la foi chresûenne. » (DuGLuoQ, XIV, 341.)

iieue de Gaines, qui est terre Eoglesse, et d'illec ne se part, pour doubte d^estre aprehendé, et se garde fort, car, à ce que j'ay peu scavoir, il est assez adyerty. Item. Je vous envoyé ung advis dont il vous pleut moy chargier, vous esfans à Saint Riquier^, pour instituer et faire acheter en vostre pays de Picardie.

Mon sou vain Seigneur, j'ay esté adverty que M' d'Auxy vous a demandé, ou a intention de demander, vostre bostel en ceste ville d'Âbbeville, qui est le lieu ouquel, a cent ans, vos receveurs de ceste vostre conté ont accoustumé faire leur résidence, et à ceste cause s'appelle Hostel de la recepte, ouquel mes prédécesseurs en office ont demouré et demeurent quant à présent, et en icelluy ont eu et ay aussi en garde tout le trésor des Chartres et registres de vostre dit comté de Pontieu, vous suppliant, en toute humilité, mon souverain Seigneur, me entretenir en mes droits, libertés et franchises qui appartiennent à mon dit office, selon la fourme et teneur de mes lettres de receveur, à cause de mon estât de vostre officier et receveur de vostre dit comté. Et combien que mon dit s' d'Auxy ait par cy devant tenu la dite maison, toutesfois il en rendoit à mes dits prédécesseurs, chacun an, par manière de louage, xx ou XXV frans, dont messeigneurs de vos finances sont bien du tout advertis, considéré aussi les grands ouvrages et mises que ay faites à reparer et remettre à point le dit hostel. Si vous supplie de rechief, mon souverain Seigneur, attendu ce que dit est, moy avoir en

I. Lonis XI était dans cette Tille le 19 déoeaibre précédent, 1483. H •'agit ici da rachat des Tilles de la Somme.

186 CROmCQUES lyENGLETERRE.

ceste partie pour recommandé, et moy commander vos hauts et nobles plaisirs pour les faire et accomplir à mon povre et petit povoir, comme faire doy, à l'aide de Nostre Seigneur, ouquel je prie, mon souve* rain Seigneur, qu'il vousdoint entier accomplissement de vos désirs.

Escript en vostre ville d'Abbeville, le dernier jour de mars (1463)^

I^ dit Richart Witel m'a chargië, après ce que aurez veues les lettres de mon dit seigneur de Warwich, de les luy reporter ou envoyer. »

{Bib. imp.^ Mss., SuppL fr.^ n* 2875", pièce 188. Legrand, t. xn.)

VU

(Voy. t. II, page 344, note 2.)

Lettre de IVilliam Menjrpenjr^j ambassadeur de France auprès d Edouard, au roi louis XI.

a Sire, maistre Robert Neuville et moy primes terre à Sandevic en Angleterre le jeudy devant Noël, car le

i . En f 464y le premier jour de rannée tombait le 1*^ aTril.

2. Diyers actes et quittances existant au Cabinet généalo^qae de la Bibliothèque impériale nous montrent Guillaume de Menypenny snccessÎTement qualifié (15 jnillet-SO octobre 1439) écuyer d*écnrîe de c Loys, fils du roy de France , daulphin de Viennois; » (36 mars 1496* • 16 janvier 1457) cheralier, conseiller et chambellan du Roi, seigneur de de Congressault ; (10 octobre 1473) sénéchal de Xaiutonge «au lieu de Patris Foucart, deoedé; i (34 janvier 1474) seigneur de Mcnypenny, de

PIÈCES JUSnnCAHYES. 187

vent nous estoit sy fort contraire que nous ne pouvions aller par mer, là où estoit monseigneur de

Gncresmiltet d'Aubin, ^îoontte d'Anville. Une quittance de lei gages pour Toffice de sénéchal de Saintonge est datée du 22 noirembre 1479. Cest le dernier document dans, lequel nous apparaisse son nom.

NoDS croyons utile de rapporter en son entier l'acte suivant , dans lequel sont yidimées des lettres patentes du roi Charles VII relatives an seigneur de Concressault.

t A tons cenlx qui ces présentes lettres yerront, OliTier Sainton, garde du scel royal estahli et dont l'on use aux contratz en la Ville, chatellenie et ressort de Tours, salut. Sayoir faisons que les nottaires cy dessoubz escriptz nous ont certifBé, soubz leurs saings manuels, aToir an jour d'ny TeUy tenu, leu de mot à mot et diligemment regardé unes lettres patentes du roy nostre sire, scellées en simple queue et cire jaune, arec une atache de Messeigneurs les generaulx conseilliers sur le (ait et gon* Temement de toutes ses finances attachés ausdites lettres soubz l'un de leurs signetz en dre Termeille, icelles lettres et atache saines et entières en soel et escripture, desquelles subsequamment les teneurs s'ensuyrent.

c Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, à noz amez et feaulz les geueranlx conseilliers par nous ordonnés sur le fait et gouTemement de tontes noz finances, salut et dilection. Nostre amé et féal conseillier et chambellam Guillaume de Menypegny, cheyalier, seignedr de Gongressault,nons a fiait remonstrer que puis aucuns ans en ca il fut par nous en- Toyé avec antres noz conseilliers ou paîs et royaume d'Escosse pour certaines grans matières qui très grandement touchoient le bien de nostre royaume et de la chose publique d'icelluy, au retour duquel voyage ilz lurent par certain graot orage de vent et par la tourmente de la mer portés sur la coste d'Angleterre , et illec rompi leur navire et perdirent tous leurs biens, et avec ce furent prins et emprisonnés par noz anciens ennemis et adversaires les Angloys et par eulx longuement detenuz et mis à très grandes et excessives finances, et mesmement nostre dit conseillier exposant, pour laquelle paier il a employé tout le sien, et , ce non obstant, n'y a peu fournir, mais en doit encores grant somme de reste, pour senreté de laquelle il a baillés certains ostaiges entre les mains desdits Angloys, qui y ont jà longuement demouré à sa très grant charge et despence , et ne luy seroit bonnement possible de paier sadicte finance ne de tirer sesdits ostaiges sans nostre aide, ainsy qu'il nous a fait dire et remonstrer, requérant humblement que attendu qu'il estoit allé ondit voyage par nostre ordonnance et commandement et pour le bien de la diose publique de nostre royaume, et que, se il n'avoit sur ce aide de nous, il serait contraint à retourner tenir prison en Engleterre et illec finer ses

188 CRONIGQUES lyENGLETERRE.

Varvic; et, de là, primes notre chemin jusques à Londres, où nous trouvasmes le conseil de mon dit

jours en poTietté et mûere, il nons plaise sur ce lay impartir nottre grâce. Ponroe est il que Nous, ces choses considérées, bien recors dudit voyage fidt par ledit exposant oudit royaume d'Escosse, qui fiit par nostre ordonnance , et pour le bien de la chose publique de nostre dit royaume , considérant aussi que quant aucun de noz serriteurs a esté ou est prins par nosdiz ennemis , luy estant on service de la chose publique , est bien raisonnable chose que par nous luy soit aidié, audit sire de Congressault, pour ces causes et par l'adviz et deliberadon d'aucuns des gens de nostre conseil , avons donnée et donnons par ces présentes la somme de quatre mil escus d'or à présent aians cours pour luy aidier à paier sadicte finance et raencon et retirer sesdiz ostaigesdes mains de nos ennemis les Auglois, èicelle somme de quatre mil escus d'or avoir et prendre par descharge du receveur gênerai de noz finances en la manière cy après declairee, c^est assavoir sur chascun minot de sel qui sera vendu es greniers à sel establia de par nous à Angîers, Saumur, Ghinon, Tours, Blois, Orieans, Suly, Gien, La Charité, Gosne, Nevers, Disise, Mente, Yenville, Chartres, ChasteaudunetàVendosmelasomme de dix deniers tournois onltre nostre droit de gabele et celui du marchant, et voulons que le sel qui sera Tendu csdiz greniers soit vendu à la dite creue, à commencer du jour que ces présentes seront mises à execucion jusques au premier jour d'octobre prouchamement venant , et dudit premier jour d'octobre jusques en ung an après ensuyvant, et avec ce semblable somme de dix deniers sur chascun minot de seel qui sera vendu en noz greniers de Normandie à commencer du jour que expireront certaines noz lettres de certain ootroy que avons fait pour pareille cause à nostre amé et féal conseîltier Guillaume Gousinot, chevalier, bailli de Rouen, sur le sel vendu en nosdiz greniers de Normandie jusques ad ce que ledit sire de Congressault soit entièrement paie et parfonmy de ladite somme de un mil escus d'or, laquelle somme il aura et prendra par descharge de noz receveurs generaulx selon l'ordre de noz finances, c'est assavoir de ce qui se livrera sur lesdiz greniers de nostre pais de Normandie par deschaige de nostre receveur gênerai de Normandie, et ce qui se lievera es autres greniers dessus diz hors Normendie de mautre Mathieu Beauvailet. Sy vous mandons et enjoingnons par ces présentes que, en faisant nostre dit conseil* lier exposant jouir et user de nostre présent don et octroy, vous &ictes vendre le sel esdiz greniers à ladite creue de dix deniers toumoû oultre chascun minot , et ioelle creue bailler par les greuetiers desdiz greniers à nostre dit oonseillier exposant en la manière dessus desdairee , jusques à fin de paie de ladite somme de mj". escus : et pour ce qui sera be-

PIÈCES JUSnnCATIVES. i89

seigneur de Varvic, quy estoit là demouré pour entretenir ceulx de la citez, et estoit avecques eulx monsei-

tomg aodit exposant fidre apparoir de nostre présente Tolenté et ordonnance en cfaascnn desdix greniers, nous yonlons que an Tidimus desdictes présentes, fait sonbz scel royal, plaine foy soit adjonstee comme à ce présent original. Donné à Saint-Paer, on Danlphiné, le xxTJ« jour de mars, Tan de gnoe mil ococ cinquante et six, a^ant Pasqnes, et de nostre règne le xxxt*. Ainsi signé, par le roy, le duc de Bourbon, le comte de Donoys, le sire de Loheac, Tadmiral, le sîre de la Forest, maittre Pierre d'Oriole et autres presens. J. de La Loxax.

c Les genetaulx conseilliers du roy nostre sire sur le fait et gonremement de tontes ses finances, Tcnes par nous les lettres dndit sire, ans* quelles ces présentes sont atachees sonbz Tun de noK signetz , par les quelles et pour les causes plus à plain contenues en icelles, ledit seigneur a donné à messine Guillanoie de Menypegny, cberalier, tire de Gongressanlt, la somme de quatre mil escus d*or à présent aians cours pour ^Iny aidier à paîer sa finance et raencon qui luy conyient paîer aux AngkûSy desquels il fut prins prisonnier aTec autres conseilliers du roy en letonmant de derers le roy d'Esoosse , on ih estoient allez par l'ordonnance dndit seigneur et aussy pour luy aider à retirer des mains desdiz Anglois certains ostages qui y sont pour luy, à icelle somme de quatr? ■ûl escus d'or avoir et prandre par descharge du recereur gênerai de SCS finanrrs en la manière cy après declairee, c'est asaaroir sur chasmn minot de sd qui sera Tendu es greniers à sd establis de par icellni seigneur i Angîcrs, Sanmnr, Chinon, Tours, Blois, Orléans, Suly, Gien, La Cliarité, Gone, Ncrcrs, Dîaise, Mente, Tenrille, Chartres, Qias» teaudun et à Ycndosme la soaune de dix deniers toomob onkre et pardessus le droit de gabek appartenant audit seigneur et cellni du marchant, à commencer du jour que Icsdites lettres seront aûses à excecncion jnsques an premier jour d'octobre proochainemcnt Tenant , et dndit premier jour d'octobre jusqnes à nng an après en snyrant, et aTcc œ scai-> blable somme de dix deniers toumoi<» sur cfaaicon minot de sel qui sera Tendu es greniers dndit seigneur on pais de Normendie k eonmanerr du jour que expireront certaines antres lettres d'iceilni seigneur de certain octroy par luy lait pour pareille caïue à osessire Goillauow Coosinot, cfaeralier, bailli de Rouen , sur le sel Tendu esdiz greniers de Bforoseodie par descharge dn rcccrenr gênerai dndit pais de Korasendie; et ce qui se liercn es antres greniers deaini diz hors Konnendie de asaistre Ma» diien BeauTallct, lumutous rcnterinement eC aceompliMesaent 6etàat% en mmdint aux greneticss desdiz greniers dcssosdtz que ladite iblievenlct icelle baillent ci ddÎTrent audit seigneur de Om^t^

190 GRONICQUES D*ENGLETERRE.

gneur de Yenloc et maistre Thomas Quent, lesquieulx me demandèrent se il estoit vray que l'ambassade de Bourgongne estoit allée devers vous et devers vostre firere et le duc. Je leur dit que ouy ; quant j'avoye veu à Honnefleu messire Olivier de la Marche et d'autres du conseil dudit duc de Boui^ongne. Us me respondirent que c'estoient les meillieurs nouvelles qu'ils povoient avoir pour le bien de mon dit seigneur de VarviCy et aussy me conseilloient, come qu'il fust, que je passasse par là où estoit le roy d'Engleterre ; come je (itz pour beaucoups de raisons, et le trouvé en une ville nommée Coventre, qui estoit bien à quatre journées, où monseigneur de Yarvic tenoit sa Teste deNouel. En oultre, me dit monseigneur de Wenlof et messire Thomas Quent, que le roy avoit eu nouvelles que' les dits embassadeurs s'en aloient devers vous. Plus fort, disoient que le roy de Cecylle, le duc de Bourgongnç et monseigneur le comte du Maine estoient joins ensamble, et tous à une voulenté de apaiser les debas et questions qui estoient entre vous et vostre frère, et toutz vos aultres parens et suges du royaume de France ; et aussy dissoient que ils avoient entendu que on parloit très foret du mariage de une de Madames vos fiUes et du prince de Galles : de quoy

Malt par la manière dessus declairee i fin de paiement de ladite somme de qaatre mil escas d'or, tont ainsi et par la forme et manière que ledit seigneur le Teult çt mande par icelles lettres. Donné soubz nosdiz sigoetz le XIX* jour d'ayril Tan de grâce mil cccc cinquante sept après pasqaes. Jinii signé : Lb Coiutb.

c Donné à Tours, par manière de Tidimus , soubx le soel rojal establi et dont l'en use aux contractz dessusdiz, le xxj« jour de janrier Van mil cccc cinquante sept.

c G>llacion faicte. c J. Tsuii. Lb Qubitx. »

PIÈCXS JUSTinC^nVES. 19l

tous estoient, par de cà, les ^us effraies que oncques gens Tuirent ; en disant par tous les tavernes de Londres, et partout le pays avec que il faloit coupe la teste à tous ces trestres quy avoient conseillé leur roy de laisser de apointer avecques vous , et de prendre aliance avecquez le duc de Bourgongne.

Aussy, Sire, par leur conseil, je m'en allé par là où estoit le roy : lequel, incontinent que je fus arivé, m'envoya quérir pour parler à luy, et m'enquist des nouvelles de vous, en me demandant se avoye aucunes laitre à luy adresantes.

Au regard des nouvelles, luy respqndy que, Dieu mercy , estoit le roy en bonne prospérité, et que faisiés très bien vos besognes et que vous [avoie] laissié aussy bien accompagnié de seigneurs et gens d'armes que ODcquez fust Roy de France.

Au regard des lettres, luy respondit que n'en envoyé à luy adresantes et que m'en aloye à mon pays pour aucunes de mes affaires. M'enquist se en avoye aucunes adressantes à monseigneur de Varouic : luy dit que ouy. — Me demanda se aucunement savoye du contenu de icelles : luy dit que bien pensoie que aucunement, ne contenant que avoiés grant merveilles que ils n'avoit envoyé devers vous touchant la responce que il debvoit faire sur la proposition de vostre desrainiere enbassade, considéré que par vos enbassadeurs il vous avoit averty et ausy par ses laittres que en toute diligence il vous envoyret enbassade pour vous faire responce sur icelle proposition.

Me respondy que son entention estoit de vous envoyer gens bientost, par l'avis et conseil de mon dit seignieur de Varouic, pour besongner avecques vous :

i92 CRONIGQUES D'ENGLETERRE.

en quelle manière, Sirène ne le sorois dire ; mes bien me dit, en jurant un serment qu'il a acoustumë, par la mercy Dieu, que il vous aideroit encontre vostre frère, présent son chambellant et les sires d'Escelles et V ou VI autres, en disant que il savoit bien que vostre dit frère n'estoit que ung fol, et que les'seigneurs le vouldroient avoir entre mains pour gouverner le royaume à leur voulenté. Je luy respondy que se ne seroit pas son proffit que ainsy (ust que il eust le gouvernement du royaulme; car luy et tous les seigneurs se joindroent ensemble pour vous deffaire. Ainsy que je puis entendre, il me semble qu'il n'est pas bien seur de aulcunes promesses à luy faictes par aucuns des seigneurs de vostre royaulme, combien que mon dit seigneur de Bour^ongne luy ait comprins, par ung sien secrétaire venu depuis que je suis arrivé, que, touchant la conclusion du mariage dudit de Bourgogne et la seur dudit Roy, il luy fera, sur la fin de ce présent moys, plaine responce, son enbassade retournée de devers le Pape, et en disant que luy duisië (nuisié?) fort touchant la dispensation à la court de Rome.

Sire, se aulcun moyen se peult trouver, devers le Pape, de différer la dite dispensation du dit mariage, je n'en fais nulle doubte que, au plaisir de Nostre Seigneur, vous ne metés tout cest royaume d'Engle^ terre encontre le dit seigneur de Bourgongne ; car luy presuposera que tous ses fais ne sont que dissimulations, et, par ce moyen, destruirés en toult ceuls qui, par desà, ont tenu son party. Sire, il me semble, soubs^ correction, que par telz moiens que bons vous semblera et deveriés faire entretenir le dit monseigneur

PIÈCES JUSTinCATIVES. 193

de Bourgongne sans rien cofoclure; car se ainsy le faictes, pour ce^ sans aulcuue double, venir au dessus

de vos besongnes ; car depuis a ledit monseigneur

de Bourgongne en grant jelosie, seulement pour le

trêve quy de vi moys et l'enbasade quy de fran

devers vous et vostre frei'e et le duc.

Âusy, Sire, landemein des trois Roys, le roy d'En* gleterre envoya ung mesagier devers monseigneur de Varouic, et luy menda qu'il vint devers luy, lequel, par grant délibération de son conseil, respondit tout court qui n'y entreroit jà, jusques à tant que voz mortelz aaemis, quy estoient entour luy, Tussent dehors, comme le trésorier Herbert, d'Escelles et le seigneur de Sodovic (Oudeville, autrement Widwille), et sy a envoyé devers le dit roy son enbasade; c'est assavoir M'* Seroup, sire Oualtre Oisele, son cbambrelanc, maistre Guillaume Âpres, son maistre d'ostel, quy est borgne.

Ausy, Sire, le jour de Tan, une partie du commun du parti de Quent (Rent) sont levés et allés à une place que tient le tresorié, père de la royne, s^u dit pays de Quent, et ont abatu ses parques et tué tous ses daims qu'il y avoit dedens; et avoit entention, le lendemain, de assembler plus largement de gens et de le piller; mes ses gens s'en furent de nuit avecquez les meilleurs besoignes qu'il avoit dedans. Âusy, à ung aultre pays, nommé Surforchier', sont levés bien trois cens arcbiers et ont fait ung capitaine come Robin .... (Riddesdale) et ont envoyé devers monseigneur de Varouic pour savoir se il estoit temps de besongnier.

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