I . Sofiblksliirey éridemment
194 GRONIGQUES D'ENGLETERRE.
el que tous leurs voisins estoient prés. U leur a mandé quy se retiroient chacun à son hostel, et quy n*estoit pas encores temps de besoigner« mes il leur fera assavoir quant mestier en sera.
Ausy, Sire, ce monseigneur de Varouic retient encore avecques luy maistre Robert Neuville jusques à tant qu'il est parlé et conclue avec son (irere le comte de Northonbelant ; lequel fera, comej*entemps, jeudy prochain, et après ilz vous envoyra à toute haste avecquez seu que vous savés, et je demoure par deçà, et enteteudray, au mieuU que je pourray, le fer au feu; mes ne lessés point pourtant de entretenir monseigneur de Bourgongne et de empeschier, en ce que vous pourrés, le mariage. Et cela rompu, il n'y a femme ny enfant de Engleterre quy ne courent sur luy, et me semble que vous avés bonne occasion de le faire; car, par le traicté d'Aras, il est obligé au contraire, quy ne se peut marier ne là ny alieure, ne de faire aulcunes bendes ny aliances quy soit contre de vous ne de vostre royaulme.
Ausy, Sire, depuis naguieres le duc de Bretaigne a envoyé de par deçà au roy d'Engleterre, en luy offrant de quatorze ou quinze places quy disoit qu'il avoit ganié sur vous en la duché de Normendie, moyennant, toutefoys, que on luy envoya troys mille archiers pour luy aider à delTendre ses dites places et son pays, et, sy on ne luy bailloit les dits archiés, qu'il metrat ses places en la main de monsieur vostre frère; et je vous assure que sesy est véritable; car moy mesme ay veu le double des* laictres que monsieur de Varouic luy a monstrees.
Ausy, Sire, monsieur de Varouic s*en part demain
PIÈCES JUSnFICATTVES. 19S
de une place où il a tenu sa Teste de Noël, nomë CherchaozS à un mil de Hiorc, et va sur la frontière de Escosse où son frère le comte de Morthonbrelane se doit rendre au devant de luy et tous les gens de frontière, et a ententiou, se le roy se tire plus devers le Morth, de se deflendre de luy. Ces de tout estre maistre ou varjet, et m'a assuré que tout tant quy a esté par le présent, monsieur Tamiral quy le tendra , et sur mon arivé (ame?) je croy quy n'y a en se monde plus envers vous plus loyal homme qu'il a esté ; mes il est très long en ses besongnes et bac (bien?) ung peu lâche, mes l'eure est venue quy ne pourra plus dissimuler.
Aujourduy, il est venu ung de ses gens devers le roy d'Escosse, quy luy aporte lettres quy s'aproche devers la ville de Yarouic, qui est droictement sur la frontière d'Escosse, et là, le roy d'Escosse se rendra, et parleroient ensemble de plusieurs matières pour le bien d'eulx deulz, et me envoie ativement devers ledit roy affin quy se haste de venir audit Varonic. Sire, je me tiendroy tousjours avec mon dit seigneur et ne Toiray point jusques atant que je voye la fin ; mes. Sire, sy vous plaist, vous me voyrés par mon pourseant porteur de ceste que quelque chose pour venir par deçà sy voit les nouvelles que je verroye par deçà, je le vous faire assavoir, car je retiens ung messagiers tout prest de vous envoyés, en priant le
1 . Ce nom de Heu, éridemment altéré, ressemblerait assez, en tenant compte de la corruption qne le mot a pu subir en passant d'nne langae dans nne antre par Tintermédiaire d'une personne qui a cherché à reproduire les sons ({u*eUe a cru entendre, à Churehkouse : mais exbte-t-il, art-il existé une place nommée Churhhonse? Nous ne trourons à la distance indiquée d'York, que Dringhouse.
196 CRONICQUES D*£NGLET£RRE.
benoist filz de Dieu quy vous tienne en sa sainte garde, et vous dointe très bonne vie et longue.
EscriptàCherenlon*,lexvi*jourdejanvier(l467,v.s.) Vostre humble et très obéissant subjet et serviteur.
P. Mkwt Pkny. »
{BibL imp.j Mss., Suppl. fr.^ n"* 2875", pièce 3. Le Grand, t. xvi.)
( Voy. t. m y page 41 , note i )
Instructions de ce que le rojTj nostre seigneur a charge et ordonné à très rex^erend père en Dieu Loys de Harecourt^ patriarche de Jherusalem^ evesque de Baj-euXy Tanguy du Chaslel^ vicomte de La BeUierCj gouverneur de RoussiUon^ Guillaume de Menypeny^ seigneur de Congressaultf YveZj seigneur du FoUj chevaliés et chambellans du roi nostre dit seigneur^ maistre Nicole Michel^ docteur en théologie^ penitancier et chanoine des églises de Baieux et Conflan^ Guillaume de Cerisar, greffier de la court de Parlementy tous conseillers du roy^ de faire et beson* gner particulièrement avec monseigneur conte de fVarenychy auquel il les a expressément chargéeulx adresser pour toutes les malieres pour lesquelles il les envoyé en Angleterre.
pREMiEREBiENT. Apres la présentation des lettres et salutacions acoustumees , diront à mon seigneur de
i. Sherrington ?
PIÈGES JUSnnCATIVES. J97
Warvych que le roy le remercie tant affectueuseineiit qu'il peut des bons et favorables termes qu'il a tenu et tient envers le roy et ses subgetz , depuis qu'il est veu en sa prospérité; de laquelle le roy a esté et est aussi joieux que de. chose qui lui peust en ce monde avenir; car il n'y a homme vivant auquel le roy ait plus d'amour et confiance qu'il a en mon dit seigneur de Warewych; lequel il tient et repute le meilleur amy qu'il ait au monde et son propre pare , et peut estre certain que le roy, tant qu'il vive, portera et soustendra mon dit seigneur Warevych, les siens et sa querelle, sans jamais l'abandonner pour chose qui puisse en ce monde avenir.
Item. Diront que incontinent veues les lettres de mon dit seigneur de Warevych, le roy a mandé par tous les lieux de son royaume où il a pavires, pour iceulx faire armer et advitailer pour aller servir à l'entention de mondit seigneur de Warevych et ja y en a bien grant partie sur mer.
Item. Et, semblablement, par ses lettres patentes le roy a fait faire commandement à tous marchans et autres du pais de Normandie qui sont puissans de ce faire , de incontinent charger blez et autres vivres et iceulx envoyer à Calais, afin qu'il n'y en ait faulte. Et, en oultre, a envoyé gens tous exprès pour en faire la diligence et y contraindre tous eulx qui pour ce seront à contraindre, et afin qu'il n'y ait faulte , le roy a fait asseurer tous les marchans et autres qui porteront vi^ vres au dit Calais que ce, par rencontre d'ennemis ou autrement, ilz les perdoient sur le chemin, de les rembourser et restituer de leurs per^^^ tellement y a le roy pourveu qu'il croit que j; ^ mené à
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Calais une bonne quantité^ et à euk ne autres qui tiennent le party de mon dit seigneur de Warevych ne fauldra de chose qu'il puisse.
Item. Et dès sitost que le roy a sceu la victoire de mon dit seigneur de Warvych et que le royaume d'Angleterre tenoit son party, il a fait crier et publier partout que tous les marchans et autres du pais d'Angleterre tenans le party du roy d'Angleterre Henry et de mon dit seigneur de Warvych qui vouldroient venir au royaume de France, y feussent benignement reoeuz, recueilliz et traictez en aussi grant faveur que ses propres subgectz, et avec ce que de toutes les denrées et marchandises qu'ilz ameneroient, acheteroient et chargeroient en tous les pais que le roy tient en sa main, ils feussent tenuz francs et quictes d'icy à deux ans de toutes traictes, péages, passaiges et autres trehaz qui seroient deuz tant au roy que à autres, par moien desquelles choses les gens de tous estatz du royaume d'Angleterre pourront congnoistre que, en tenant le party de mon dit seigneur de Warevych, ilz pourront plus prouditer, et leur fait de marchandise et autrement se pourra mieulx et plus seurement con* duire.
Item. Diront à mon dit seigneur de Warevych que le roy est et sera toujours en la voulenté et propos de toutes les choses qu'il lui dist derrenierement qu'ilz parlèrent ensemble à Angiers. Et, en especial, le roy veult et désire procéder et avoir bonne amour et aliance avec tous ceulx que mon dit seigneur de Warevych advisera, tant envers le roi d'Angleterre Henry que autres, tous ainsi et en la forme qu'il verra estre à faire.
item. Et après diront à mon dit seigneur de Ware- ?ych que, en suivant ce que le roy lui a nagueres fait savoir par Poiclou, il envoyé présentement par de là ses ambassadeurs dessus nommez, et combien qu'ilz aient lettres adrecans au roy d'Angleterre charge de le visiter lui remonstrer la joye et consolation que le roy a de sa prospérité; et aussi le remercier des bons tenues qu'il a tenuz et fait tenir aux subgetz du roy, pareillement lui remonstrer les grans services que lui a fait mondit seigneur de Warevych et comme il est tout le moyen et fondement de sa ressourse, et que sur toutes choses il le doit amer et entretenir. Toutefoiz, les dessus dicts ont espresse charge de monstrer toutes leurs instructions à mon dit seigneur de Warevycb et cterement lui dire toute l'entencion du roy et ne y faire chose quelconque ne y tenir autres termes ne paroUes, fors telz qu'il advisera.
Item. Et la principale cause pourquoy le roy envoya ses ambaxadeurs par de là , c'est pour plus à plain savoir de Testât et disposition de mon dit seigneur de Warevych, et pour conclure et appoincter avec lui tout ce qui est à faire pour le bien des matières, lesquelles le roy a remis et remect entre ses mains et en sa conduicle.
Item. Et pour venir à ta matière, les dits ambaxadeurs ont charge et puissance de par le roy de traicter et conclure avec le roy d'Angleterre et mon dit seigneur de Warevych aliance especialle contre le duc de Boui^noigne, et que ta dite aliance soit telle et si bien et aeurement faicte, que nulle des parties ne
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de Bourgoiogne, ne en tenir paroUe pour quelconque chose qui puisse avenir, Tun sans l'autre et sans le sceu et Texpres vouloir et consentement Tun de Tautre; mais seront chacune des parties tenues de poursuivre toutoultre, conduire et continuer la guerre jusques à la fin de la conqueste du dit duc de Bourgogne et de tous ses pais, terres et seigneuries, et que cellui qui premier aura achevé de son costë, partant
ne laisse ladite guerre, mais soit tenu dealer avecques toute sa puissance aider et secourir à l'autre jusques toute la conqueste soit achevée, et de ce seront faictes lettres et scellez d'un costé et d'autre , les plus fors et les plus exprès qu'on pourra adviser.
Item, Aussi ont charge et puissance lesdits ambaxadeurs de conclure et appoincter quelle partie et porcion chacun aura de la conqueste qui sera faicte sur le dit duc de Bourgoigne, et feront ouverture que mon dit seigneur de Warevych ait pour sa part les pais etf seigneuries de Hollende et de Zellande.
Item. Et affîn que les matières se puissent mieulx et plus seurement conclure sans delay, le roy a chargé expressément les dessus dits ses ambassadeurs de promectre , appoincté et accorder pour et au nom du roy tout ce que par mon dit seigneur de Warevych et eulx sera advisé touchant les terres et seigneuries que tient ledit duc de Bourgoigne, et ont plaine puissance d'en faire et bailler lettres et seuretez toutes telles qu'il verra estre à faire.
Item. Et pareillement ont charge de pratiquer et appoincter à queles despens se] souldoieront les gens qu'on mènera pour faire la dicte conqueste , et, sur ce point, semble que les gens d'armes de France doi-
Teiit estre souldoiez par le roy et à ses despens, et les gens d'armes d'Angleterre doivent estre souldoiez par les Anglois , veu mesmement la part qu'ilz auront en la dicte conqueste. Et aussi, en ce faisant, ilz defferont le dit de Bourgongne qui s'est declairé et monstre Formel ennemy du roy d'Angleterre et de mon dit seigneur de Warevych.
Item. Les dessus dits adviseront et pratiqueront avec mon dit seigneur de Warevych comment et en quelle forme se fera et conduira ladite guerre, laquelle semble estre à conduire par l'une des trois manières cy après declairees. La première, de faire venir descendre les Anglois par le pais de Caux , et joindre toutes les puissances ensemble^ tant de France que d'Angleterre, pour faire dès le premier perdre les champs au duc de Bourgongne, et puis pourront départir comme l'en ad visera. La seconde, que le roy face la guerre de son costé devers la Picardie, et mon seigneur de Warevych et les Anglais descendent à Calais vers Saint-Omer ou es marches d'environ, et que le roy envoyé cinq ou six cens lances pour joindre avec mon dit seigneur Warevych . La tierce, que les puissances soient en trois parties : c'est assavoir, le roy, en une partie, devers Compiengne et Noyon : monsieur le grant maistre, en une autre partie, devers Caux , et mon dit seigneur de Warevych et toute sa puissance devers Calais et Saint Omer.
Item. Et de l'autre costé le roy de France a ordonné que mons' le conte Daulphin , mons' le conte de Perigort, mons^ le conte de Comminge et autres grans seigneurs soient devers la duché et franche conté de Bourgongne avec si grant puissance de gens
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d*annes que le dit de Bourgongne n'en saurait tirer UDg homme.
Item. Aussi appoincteront avec mon dit seigneur de Warevych combien de gens chacune des parties mènera pour le fait de la dite guerre^ et, sur ce point, semble que chacun en doit mener tout le plus qu'il pourra , afin de lui faire dès le premier perdre les champs, car son peuple se mectra en rébellion et incontinent se mectront contre lui.
Item. Conclurront et appoincteront le jour, le temps que chacune des parties sera preste et sur les champs pour marcher afin que de tous costez la guerre soit faicte en ung mesmes temps, et il n*y aura point de faulte que le roy ne soit prest, de son costé , au jour et temps qui sera entreprins , et traieteront que ce soit le plus brief que faire se pourra, en remonstrant à mon dit seigneur de Warevych qu'il est besoing de ainsi le faire pour plusieurs causes.
Item. Et se, entre deux, quelque ung voioit son advantaige sur ledit de Bourgongne, le roy ne vouldroit pas que mon dit seigneur de Warevych le delayast, et aussi, s'il y voit son bon, il ne le délaiera pas de sa part.
Item. Les dessusdits adviseront avec mon dit seigneur de Warevych les grans personnaiges du royaume d'Angleterre qu'il fault gaigner et entretenir pour le bien de toutes les matières, et sur ce pratiqueront les moiens qu'il semble à mon dit seigneur de Warevych qu'on y doit tenir, soit pour leur donner des terres et seigneuries de la dite conqueste, ou autrement.
Item. Et en ce, et en toutes les autres choses dessus dites, le roy ne veult ne entend faire si non ainsi que mon dit seigneur de Warevych conseillera, et
PIÈCES JUCTIFIGATIVES. S03
pour ce le prie qu'il advise à tout, et afin qu'on puisse tout conclure par delà, et qu'il n'y faille point retourner, le roy a donné toute plaine puissance et commandement à ses dits ambaxadeurs d'y faire, promectre et accorder tout ainsi que par mon dit seigneur de Warevych sera advisë, et non autrement.
Item. Diront à mon dit seigneur de Warevych que le roy le prie tant affectueusement qu'il peut qu'il le advertisse le plus au certain qu'il pourra de tous les traictez faiz par le dit de Boui^ongne avecques le dit Edouart, tant par aliances que autrement, et de toutes les machinacions et entreprinses qu'il a faictes contre le roy, et mesmemeut touchant le traictë par lequel Edouart devait bailler audit duc de Boui^ongne la duchié de Normandie moiennant qu'il lui devoit aider à conquester Guyenne, et certaines autres choses accordées entre eulx , et generallement de toutes autres choses qu'on trouvera avoir esté faites et machines contre le roy et le royaume par le dit duc de Bourgongne ou autres subgetz du roy, mesmement depuis le traictié de Peronne : et aussi que se l'on peut recouvrer queliconques lettres signées de la main du dit duc de Bourgongne , d'aucuns de ces secrétaires, seellees de son seel auctentique par notaires ou autrement, et semblablement des autres subgetz du roy, qu'il les yueille envoler au roy pour mieulx l'advertir de tout.
Item. Et, avec ce, les dessus dits s'enquerront par tous les moiens qu'ilz pourront de toutes les choses que le duc de Bourgongne et autres subgetz du roy ODttraicté, machiné et conspiré avec ledit Edouart et autres Anglois ou prejucdice du roy et mesmement
204 CRONIOQUES ITENGLETERaE.
depuis ie temps dudit traictié de Peronne, qui fut le
dix ou unziesme jour d'octobre mil nn uvm.
Fait aux Montils lez Tours, le un* jour de novembre, l'an mil cccc soixante dix.
Signé : Lots. /. Bourré.
(Biùi. imp., Mss., fonds Baluze, 9037^, 186-188.)