‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 15 sur 128 · W^orcester · texte numérisé non relu

W^orcester

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hommes de leur parti, qui se (râpèrent es gens du roy, quy, voiant cest iiKX)nvenient, guaigna ung pont, lequel fut reconcquis sur luy par les dessus dis. Pour laquele cause , le roy, adfin d'eschiever ce dangîer, adverti que Warewic estoit si prez de lui atout bien L mille hommes, considérant comment les dis seigneurs, frères de Warewic, letrahissoientWillainement

I . Voici un document relatif à cette trahison, intitulé : a La Traison laicte en Angleterre au roy Edouard d'Angleterre, comme Ta escript monsieur le bailly de Dijon, qui est en Flandres, k monsieur le président des parlemens de Bourgongne, et ressenes à Dijon le xxti^ jour d'octobre mil mt' XXX. 3

Le samedy, xiii« jour d'octobre, sont venus à Hesdin devers monseigneur deux gentilz hommes du roy d'Angleterre, qui ont affermé pour Tray que le roy estoit à la Haye, avec luy monsieur d'Elscales, frère delà royne, monsieur d'Astingues, son premier chambellan, qui a espousé l'une des seurs du conte de Verwich, et plusieurs autres grans seigneurs, le tout au nombre de deux mille hommes, anglois.

Dirent à mon dit seigneur les dits gentilz hommes que le roy meist set gens d'armes aux champs pour combatre le dit de Verwich, qui estoient en plusieurs parts ; et pour les assembler ordonna le roy au seigneur de Montagn, frère du dit conte de Verwich, ouquel il se fyoit très fort, qu'il assemblait toute son armée, et lui bailla la charge de son avant garde, où estoit une grant partie de son armée. Et le roy demeura pour oyr messe en une ville ditte d'Oxestre et bien petite compaignie ; car il se fyoit du tout ou dit seigneur de Montagu, lequel s'en vint contre le dit roy en la plus grosse flote* de tons ses gens d'armes, ausquelz il deist: c Messieurs, n'estes vous pas contens de faire ce que je feray, et de tenir le party que je tiendray, et vivre et moryr avec moy ? » lesquelz dirent tous que oy. Et lors il leur dit, hault et cler : c J'ay changié maistre, et suis de présent au roy Henry et à monsieur de Verwich, et vous adverty que ceulx qui tiendront ce party, je les feray tous riches; et ceulx qui tiendront le party du roy Edouard, je leur feray trancher les testes. » Et alors tous crièrent : « Vive le roy Henry ! » Et, incontinent, le dit de Mon-

* Flotb, troupe y réunion, « Les gens à chenal, que les Anglois auoient mis au bois dessus dit, saillirent tajlotâ. ■ (Jutenal des Ursirs, Histoire de Chartes Kl ; Paris, 4663, in-fol., p. 815.) ■>- « Et en estoient ia nounelles en plasienrs garnisons etjloten de gens d'armes. » {Le Jouuencet , fol. x, Terso.) Sainte^Palajre^ à qui nous empruntons ces ezem|4es de Temploi du mot flote, en cite encore plu- '

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en prendant party contraire , se tyra hastivement en la viDede Hepshuye*, où il trouva, d'aventure, navire. Si passa en Hollandes^ luy adcompaignié de son frère, duc de Ciocestre, du conte de Rivière, seigneur de Scalles, sou serouge, le seigneur de Hastinghes, le seigneur de Duras et autres. Si vint arriver à la Haye% ouquel lieu fut envoie par le duc de Bourguoigne le seigneur de LaGruthuse, prince de Steinhuse, pour lors gouverneur du dit pays de Hollande , qui honnourablement le recheut, comme bien faire le scavoit; et là le festoia bonne espace parmy ledit pays de Hollande y et si au gré du dit roy se conduisi , que grandement depuis s'en loa, comme bien y parut; car il

tagu et tes gens marchèrent en ordonnance contre le roy Edouard qnî «Toit très petite compaignie et coidoit qae le dit de Montagu Tint poor lai , jusques il congneut que les archiers dudit Montagu tirèrent contre lui et ses gens, et fut contraint, quant il congneut la desloyaulté du dit de Montagu et sa traison, d'abandonner tout et se tirer, pour soy sauver, contre le port nommé Pouret, où il trouva des navires qui attendoient le conte de Verwich pour le sauver, ou cas qu'il eust eu le pire de la bataille : et les avoit fait tenir le dit conte tous prez pour le recevoir, s'il en avoit nécessité. Lors se bouta dedans et se feist mener en Hollande avec les dessus dits, et se noyèrent plusieurs de la compaignie du roy qui ne penrent entrer es dits navires. Le roy Edouard avoit encores le duc de Ciocestre, son frère, qui estoit des siens, et le conte de Northunberllant, qui avoient moult grosse compaignie de gens d'armes et venoient au secours du roy ; mais le conte de Verwich et le dit de Montagu firent par tout publier que le roy estoit mort, pa^ quoy chascun print son party. t (Bibl. imp,, Mss , no 3887, fol. 85.)

1. Ipswich, sur la rivière d'Orwell , à 69 milles de Londres, dans le comté de Suffolk. Les historiens disent à Lynn. Cette dernière ville est située sur la rivière d'Ouse, à 70 milles de Londres , dans le comté de Norfolk.

2. f Le roy Edouard d'Angleterre arriva à la Haye le 1 1 octobre (1 470), le duc de Bourgogne Iny fit donner cinq cens escus d'or de quarantehuit gros pièce, par mois, pour son entretien, outre plusieurs antres sommes de deniers et dons qu'il luy fit avant son départ pour l'Angleterre. » {Chronique scandaUuse; voy. Lbnolbt, II , 196.)

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luy eslargy, ainsi que digne de plus grant honnour et prééminence , la contée de Wincestre ^ en Engleterre*.

1. Voir le curieux récit de son arrivée en Angleterre, et de sa création de comte de Winchester, dans Arehaeologia Brit., XXVI, 275-284.

2. Ce chapitre dill^ tellement dans le manuscrit n» 433, Fonds Sorhonne^ que nous croyons devoir le rapporter ici comme variante :

« Ou dit an ixx, environ la fin de septembre, le conte de W^arvich se parti du pays de Normendye à toutte son armée de mer, et s*en alla descendre en Angleterre, sans ce que Tannée du duc de Bourgongne quy tenoi^t la mer, et deyoient guetter sur luy, luy baillaissent quelque empeschement. Et dist on qu'il se party sy secrètement, par temps de bruyne, sy que leurs ennemis ne les povoient Teoir. Hz arriTerent en Angleterre à ung port de Dartemue, et de ce pon s*en ala W^arvich à Londres, où il fu recheu à moult grant joye ; et tost appres il fist le peupple assambler, et leur remonstra, en grant samblant d'humilité, qu'il avoit mal fait d^avoir dehoutté le roy Henry, et pour en avoir pardon il a envoiet à Romme : lequel pardon il a obtenu, par telle condition qu'il avoit promis de remettre icelluy roy Henry en sa majesté royale, et de en deboutier le roy Edouard, et que, pour ce faire, il estoit revenus ou pays. A la Yerité, il aToit promis ce faire au roy Loys de Frauce....

Quant le roy Edouard, qui lors estoit à trois journées de Londres pour assambler gens d'armes, sceult que Warvich estoit retourné au pays, et comment ceulx de Londres l'ayoient honnourablement recheu, il se parti et tira Ters Londres, toutte sa puissance aTccq luy, pour combatre son anemy ; et Warvich s'en yssy aussy de Londres pour le combattre. Dont advint, à l'approcier les ungs des aultres, que le frère de Warvich, marquis de Montagu, quy menoit l'advantgarde du roy Edouard, se tourna avecq Warvich, et y mena toutte celle avantgarde et aultres pluiseurs à son exemple, et ne demourerent avecq Edouard que ung petit nombre de Dobles hommes quy luy conseillierent qu'il se sauWast le plus tost qu'il ponrroit, disans que le pluspart de leur armée estoit tournée avecq Warvich à rencontre de luy.

Quant le roy Edouard eubtbien entendu et pensé sur le conseil que on luy donnoit, et voyans que ses gens es quelz il se fyoit le plus Tavoient ainsy habandonné, et doublant, se son anemy le tenoit, qu'il le feist morir, incontinent il se parti et tyra vers la mer ; trouva bateaulx esquelz il se boutta, et se fist passer en Hollande, aveucq luy le seigneur de Scalles et pluiseurs antres.

Quant le duc de Bourgongne en fu adverty, il envoya tantost devers luy, et par son premier maistre d'ostel luy envoya de l'argent et le fist in 4

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1309. CkNnment le conte [de] Warewic mist hors de la tour de Londres le roy Henry, et le 6st de rechief couronna' roy. XVI.

Tantost aprez le roy Edouard party d'Engleterre, comme oy avez, le conte de Warewic et sa compaignie tyrerent à Londres , où ilz misrent le roy Henry

réconforter le mieulx qa'il peult. En ce pays de Hollande le tind le roy une espace de tempt ; et, entretant, le conte de Warvich fist en partie toot che qn'il Tooloit partout le royalme d'Angleterre ; et fist mettre à déliyrance le roy Henry, quy longuement eubt esté prisonnier ou chastel de Londres, et le remist en son premier estât royal, hounouré et obey du peupple comme devant.

Le XX® jour de novembre, ou dît an lxx, le duc de Bouf^ongne estant à Hesdin, messire Bauduin, bastard de Bourgongne, son frère, se parti soudainement de Tostel du duc et s'en alla en France derers le roy, luy m* seulement, portant ung arbaleste comme pour aler traire aax bestes sauvages : ce qu*il faisoit souvent et voulentiers. Le lendemain au matin, se partit aussy de Hesdin ung gentil homme de l'ostel du duc, nommé Jehan d'Arson, panetier du duc de Bourgongne, et maistre d*ostel de messire Anthoine, bastard de Bourgongne, et gouverneur de messire Philippe, son filz. Cestuy d'Arson estoit natif de fiourbonnoys, et estoit très bien en la grâce du duc de Bourgongne. Encoires ung pou devant, ▼m jours, s'estoit ainsy tiré devers le roy le seigneur de Moussures, che- Talier, chambellan du duc et cappitaine du duc en Amiens : lequel, renonçant au service du duc et à la dicte cappitaine rye, envoya lettres au duc par lesquelles il le remercyoit des biens qu'il luy avoit fais.

La cause pourquoy Bauduin le bastard se partit ainsy, fn, selon commune renommée, pour ce que ung chevalier, nommé messire Jehan de Chassa, que eut esté filz d'un nommé Benetru, quy s'estoit tiré devers le roy environ ung an devant, avoit anlcuns secrets pariemens ayencq ceulx cy par lettres quy leur envoioit , et par messages. Ce Benetm, son père, avoit esté serviteur du duc Philippe, et, par faire le folastre, avoit eu grans biens de luy, sy que deux filz qu'il laissa trouvèrent grans biens appres sa mort, et estoit l'un, baîHy de Bruges ; et l'aultre , estoit chevalier, seigneur de Monnet, nommé comrounemente messire Jehan de Chassa. Cestuy chy, qui estoit prodigue, estoit à Tanière et en debte ; et, pour tant, s'en estoit alez à la court du roy, puis pou de temps devant les aultres, et leur envoioit lettres par ung cousturier quy eut esté son serviteur. Que les lettres oontenoient, je ne le scay encoires, mais l'on disoit communément qa'ik tendoient à faire morir le duc de Bourgongne par

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bors de la tour. Si le allèrent de reehief couronner en Teglise de Saint Pol, et fut retenu pour roy depuis le jour saint Michiel de cest an j jusques au jour de Pasques ensievant de nii^ lxxi. Pendant lequel tampz toutes choses estoieni conduites en Engleterre soubz la main du conte de Warewic'; et setenoit le dit roy Henry

empoîsoimeinent, par cop de dagne, ou par trait d'arbalestre ; et que le roy leur ayoit promis grans biens à faire ; mais, touttesyoyes, commune renommée n'est pas toujours à croire. Une fois advint que ce consturier, aonspedioDné de porter ces lettres, fut envoyé quérir à Saint Orner, pour ce qu'il avoit baillié les lettres que Chassa eut envoie à messire Bauduin à ung garchon, pour les porter à Hesdin, et le garchon, cuidant adreschier à mesiire Bauduin, adrescha à messire Anthoine, son frère, aussy bastard de Bourgongne, premier chambellan du duc, lequel lut ces lettres, présent ledit Bauduin, quy se percent, et s*en alla, comme dit est, luy troinme devers le roy, tout le plus tost qu*il penlt. Et le roy le rechupt bonnoorablement, le tind de sou hostel, et luy donna bonne pensyon. Quand doncqœs messire Anthoine eut venes ces lettres, il le alla dire au duc, et disoit on lors qu'il avoit les lettres arses, et que le duc n'en fut pas bien content. Le garchon dist que le cousturier luy avoit ces lettres bailliés à Saint Omer, où il estoit, pour les baillier à messire Bauduin, et plus avant n^en scavoit. Le cousturier fut envolez quérir à Saint Omer, et fut amenez devers le duc à Hesdin, quy le tind illec longuement prisonnier, pour tousjours tendre à scavoir la vérité de celle besongne : et, quy ne fait à taire, icelluy messire Bauduin, auparavant, estoît très bien en la grâce da doc son frère, et avoit grans revenues anuelement, que le duc Phelippe, son père, luy avoit laissiés et données, et sy prenoit de pensyon, tons les ans, sur le duo Charles, xvinc francs, et se luy donnoit par coortoisye, tous les ans, de nu à vi mille francs ; il estoit natif de LÛle, de par sa mère, femme de petit lieu. Tost appres le partement de ce bastard, le duc envoya devers le roy Luxembourg, son heranlt ; lequel il y alla moult enuiz, doubtant la fureur du roy, quy estoit périlleux à courouchier. Neantmoins, il porta au roy les lettres du duc quy estoient poingnans, comme Ton di»t, et ne luy fist, le roy, quelque maL Ains s'en revint sain et sauf icelluy heranlt, plus joyeux qu'il n'y alla. »

i . c Le dict de Warwyo, qui estoit homme cruel là où il estoit à son desieure, fist des grans outrages beaucoup en Londres, et par especial sur oenlx lesquels savoit estre du party de Eduard, et en fit exécuter tyranniquement ; usa de volentés en la maison des grans marchans; et n'y avoit ne justice, ne règle, ne ordre en tout le royaulme ; tout y alloit

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en rtiostel de Tevesque de Londres. Àdont Hsi^e dit conte de Warewic forgier monnoie d'or en Engleterre , où estoit d'ung costé empraint ung roy en une nef, et de l'autre ung ymage de saint Michiel, et y avoit escript : Henricus^ Dei gracia^ Rex Anglie et Francie , dominus Hyhernye , et les appela on angeles d'Engleterre.

Tantost aprez la restitution du roy Henry, fut prins le conte de Deuxestre * qui n'alla pas avec le roy Edouard, lequel conte amené à Londres, fut incontinent decapitté.

1310. Comment le roy [de] France envoià sommer ceulz d'Amiens qu'ilz le rendissent en son obéissance , et de la responce que ceulz d'Amiens firent; et comment ceulz de Saint Quentin se rendirent François. XVII.

Durant ce tempz, le roy de France envoia devant Amiens une grant compaignie de gens d'armes, et fist sommer à ceulz de la ville qu'ilz se meissent en leur obéissance, qui estoit leur souverain seigneur, délaissant le duc de Boui^oigne. En laquele cité estoit lors le seigneur de Creveceur ', bailly d*ycelle et

ce dessus dessonbs : les marcbans preod*oinines s*en espoentoient ; les nations esUanges s*en lameutoient et s'en feussent Tolentiers enftiis; mes ne pooient. Tout y alloient contre poil et contre ongle; y avoit ung roy assis en chaiere ; autant y cust fait ung sac de laine que Ton traine par les oreilles. Estoit une ombre eu un paroit, et un seigneur comme cil que l'on buffetle as yeux bendés. Les commandemens se faisoient de par Ij, et les exécutions se faisoient contre iy et encontre son honneur : le roy y estoit subgect et muet comme ung veau couronné, et le subgect y estoit gouyenieur et dictateur du royauloie, et faisoit à son roy la moe : tel gouvernement y avoit il en Londres et non mieux en Calais. » (Chas- TKLLAIN, 486-487.)

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