Muky Xeque
94 GRONIOQUES D'ENGLirmElRE. [1471]
atout ung penon blancq en signe de paix, offrir aa roy, luy suppliant qu'il les laissast vivre en paix et labourer leurs terres , en luy paiant son tribut : ce que le roy leur accorda » et les retint pour ses hommes.
Le buttin fut exstimé à ung mily on de ducas y sans ce quy n'estoit pas venu à congnoissance et sans deux grans trésors qui iurent aprez trouvez soubz terre, quy furent à Jacquelaires et à Morleghet; lesquels Âurent descouvers au roy par le lieutenant du capittaine de la ville; et, en guerredon de ce service, le roy luy donpa ses femmes et enfans, et tous ses biens qui là furent trouvez en grant quantité; car on affenna qu'il avoit assez de vivres pour v ans.
ïje roy donna la capittainerie de la dite ville d'Azflle au conte*, quy paravant fut capittaine d'Alcacer; et celle d'Âlcacer à dom Femant, frère d'ycelluy conte. Et le mardy ensievant, vindrent trois Sarrazins devers le roy, quy luy contèrent comment les habittansde Tangere, sitost qu'ilz sceurent que la ville d'Azille estoit prinse, qu'ilz tenoient estre imprenable, ilz estèrent à grant haste tout quancques ilz avoient en la ville, avec 'leurs femmes et enfans; sy tyrerentvers la montaigne, en prenant le pays de Fez, et demou* roit la ville toute seuUe, les portes ouvertes : à quoy k roy ne voult point adjouster foy. Et le roerquedy, qui fut lendemain au matin , vindrent quatre autres Sarrazins de cheval, par saulfconduit , parler au roy, qui luy aporterent samblables nouvelles, mettant leurs testes en guaige s'il le trouvoit autrement. Et jà le roy plus asseurë , envoia tantost dom Jehan , filz au duc
i. Don Henri de Menetès, comte de Viana.
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de Bei^uge^, par terre, atout v"" hommes à pied, tous arballestrlers et ouivriniers , et environ deux mi] hommes à cheval, et, par mer, xinr craveles, devers celle dite ville de Tangere ; laquele ilz trouvèrent toute seulle, comme ditavoit este au roy. Si entrèrent dedens ycelle, quy estoit toute saine et entière; les maisons bien estoflees de meubles et tous vivres, excepté chars et vins, lelement que assez en avoient pour trois ans; et sy trouvèrent aussi bombardes, canons, pouldres et toute autre artillerie en grant soufBsance. Ainsi que yous oez, se habandonna la ville de T^angere auz Portugalloisy qui mainteffbis paravaut leur avoît donné assez à faire.
Ceulz de la ville de Calez ^ quy est du royaulme d'Espaigne, séant delà la mer, fort doubtans l'yre du my, à cause de certaines emprinses que fait avoient sur aulcunes cravelles du roy chargiés de marchandises, eQvoierent en Portugal vi" quintauz de graines de paradis et plusieurs moriens qu'ilz avoient prins. Et leur marquis, qui tousjours au dit royaulme avoit esté fort coDtraire, envoia offrir au roy, par son scelle , que il TouUoit devenir son homme , et le servir à son povoir en toutes manières possibles.
Âncores aprez ces nouvelles, avec les gallees dfe Venise , arrivèrent certaines naves de Byscayns , qui dirent que ung maistre des nefz de la flotte du roy, quy avoît esté à la prinse de ces deux villes, leiur certiffia que le roy des Fez, sitost qu'il sceut la venue du roy de Portugal , qu'il assambla vi*" hommes de cheval, et de pédestres très grant nombre, pen-