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[itkli] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, xxvi-xxvu. 121
dilligence et puissance lui resistaissent ; rescrîpvant mesmement à son frère, Farchevesque d'Yorck, illec estant , qu'ilz la tenissent contre le Roy deux ou trois jours, en promettant que, là en dedens, venroit atout grant puissance pour combattre ledit Roy, supposant oultreement le destruire, et tous les siens.
Adont ledit archevesque, esmeu et encoragié par les lettres de son frère, le joesdy, ix* jour d'apvril, assambla à Saint Pol de Londres tous ceulx qu'il scavoit tenir le party de son dit frère, tous en armes selon ce que à luy appartenoit , qui en nombre ne passoient pas v ou m^ hommes^ : laquele chose esmeut Henry, soy disant roy, monter à cheval et chevaulchier, adcompaignié des dis seigneurs, gentilz hommes et autres, proposant que, pour soy monstrer en tel arroy, provocqueroit les cytoyens, manans et habittans de Londres venir vers lui pour conforter et ayder sa partie. Mais les gouverneurs de ladite cité, voians ceste fachon de faire , s*assamblerent en conseil, ouquel fut considéré le petit nombre que ce roy Henry avoit ; par quoy ilz ne peurent prendre nul corage de venir vers lui, ne fortiffîer son party. Mesmement coDsideroient que se aulcunement lui eussent i^oullu faire assistence, non obstant leur povoir, qu*il ne leur estoit pas bien possible de résister au roy Edouard en sa venue, qui fort aprochoit la cité*. Et, aussi, grant nombre des plus honnourables de ladite cité estoient plainement disposez de favoriser le roy Edouard, et lui ouvrir les portes à sa venue. Consi-
1 . c In ail, passed nat in nombar TJ or yijn men. » i. M And waa that nyghi at Seint Âlbons. «
122 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [ikli]
derant qu'il estoit moult honnourableroent adcompaignië de maÎDtz hardis hommes, bienvoeiUaiis et de grant corage, lesquelz, pour uulle resistence qui leur peust estre faîte, ne s'espagneroient à la priuse d'ycelle cité : et aussi que, pour lors, ledit Roy avoit plusieurs grans et puissans amis et serviteurs dedeos la cité, lesquelz ne luy &uldroient point, par diverses emprinses, à faire ouverture, comme ce ne peult estre descongneu à plusieurs; aussi, tant pour Famour et faveur que plusieurs portoient au dit roy Edouard, comme pour paour que plusieurs gens avoient, et pour autres diverses grandes considérations^, le Maisre, les Eschevins et moult d'autres hounourables hommes de la dite cité, déterminèrent cleremententr'eulzqu'ilz garderoient la cité pour le roy Edouard, et que, à sa venue, luy ouvriroient les portes sans nulle resistence. Si lui envolèrent couvertement unes lettres, esquel^ estoit déclarée leur entente et comment ilz voulloient estre les guides de son plaisir.
L'archevesque d'Yorck, voiant clerement, par la contenance et maintieng de ceulz de la dite cité de Londres, que point ne voulloient résister au roy Edouard , ains mesmement le assister, luy, congnoissant son aprochement, envoia secrètement devers sa personne, désirant acquerre sa bonne grâce et venir
i. Gommynes dit à ce sujet (I, 259) : c A ce qui m'a esté compté, trob choies furent cause que la yiile se tourna des siens. La première , les gens qu'il ayoit es franchises, et la royue sa femme qui ayoit eu ung filz. La seconde, les grans debtes qu'il dehyolt en la Tille, pourquoy les marchans, à qui il debvoit, tinrent pour luy. La tiers, plusieurs femmes d'estat et riches bourgeoises de la yille, dont autresfois il ayoit eu grant privaulté et grant accointance , luy gaignerent leurs maris et de knn parens.»
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en aulcun bon apointement, promettant par ce moyen faire chose à lui agréable. Et lors le Roy, pour certaines causes et considérations, recheut Tarchevesque à mercy , et arriva devant Londres [sur un jeudy matin], l'onzième jour d'apvril, et entra dedens, où il fut recbeu du Maisre, des Eschevins , bourgois et autres, moult lyementy sans nulle resistence. Si chevaulcha du long de la ville jusques à l'Eglise de Saint Pol, et de là au pallaix de l'evesque de Londres *, où ledit archevesque d'Yorck estoit, quy luy requist sa bonne grâce. Et aussi estoit illec logié l'usurpeur Henry, appelé Roy; duquel il se tint saisy et, avec ce, de plusieurs autres ses rebelles ; puis s'en alla à Westmoustre, où il fist ses priieres dévotement à Dieu , à sa glorieuse Mère, Saint Pierre et Saint Edouard , roy et confesseur. Puis, incontinent aprez ses coutemplacions et priieres achevées, il s'en alla devers la royne sa femme, qui longuement avoit esté oudit pallaix de Westmoustre en grant lamentacions et dolleur desplaisante, duquel trouble que en grant paine elle portoit, elle délivra d'un beau filz* qu'elle présenta au Roy en sa venue vers elle, dont il eut grant joye et confort. Et là furent mises en jeu entre le Roy et la royne, au bienviengnant , plusieurs amoureuses paroUes qui longues serroient à raconter.
Quant vint lendemain au matin, le Roy , la royne et tous les leurs tyrerent vers Londres, qui est à demye lieue prez de là ; si se loga à l'hostel madame d'Yorck , sa mère ; et là oy le divin service ce jour et la nuit ensievant , car c'estoit le Yendredy Saint, et
i. Thomas Kemp. Voy. ci-dessas, tome n , p. 218, note 3.
2. Edouard Y, né le «décembre 1470. {Jrt Je vérifier Us dates, I, 81 7 .)
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puis se conseilla aux princes de son sang et autres de son conseil des adventures quy povoient advenir.
1321. Gomment le conte de Warewic se party de Conventry pour venir combattre le roy Edouard , et comment û fut descomfy. XXVIII.
Le conte de Warewic, soy disant lieutenant d'Eng^eterre , ainsi constitué par l'auctorité patente du roy Henry, estant à Conventry, comme oy avez, entendant le roy Edouard estre devant Londres , pensant que les cytoiens luy auroient fait resistence, non sachant la certaineté de son entrée en ycelle , issi hors de Conventry, atout grant nombre de seigneurs, en grant triumphe et puissance. Si prinst son chemin vers Londres, proposant sourprendre le Roy par derrière, et toute sa compaignie, pensant par ce avoir grant advantage : où, se d aventure on Teust laissië entrer, comme on fist, il Teust, en sollempnisant la Pasque, prins à despourveu ; mais le Roy, bien adverty de celle venue, et [de leur] faulz, malicieux propos, fist grant dilligence pour rencontrer le dit conte et son armée avant ce quMlz venissent jusques à la cité, de laquele il se party atout son ost, le samedy , veille de grans Pasques, xiii* jour d'apvril. Si se mist à chemin envers ses annemis, avecques luy le roy Henry; car, quelque part qu'il allast, puis qu'il l'eut prins, le menoit tousjours avec luy. Et ainsi chevaulcha tant qu'il vint à une ville qu^on appelle Barnet^ à dix mille prez de Londres, que ses estradeurs trouvèrent ceulz du conte, lesquelz ilz chassèrent jusques à leur ost, quy