‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 109 sur 291 · VI. L'auteur ancien de la vie d'Alcuin fait la · texte numérisé non relu

VI. L'auteur ancien de la vie d'Alcuin fait la

Th. — Tome II.

même dislinclion i>our la messe, et dit (jue VII. Ces vérités ne se découvrent pas moins

tous les dimantlies ce pieux et savant diacre clairement dans les livres de Rcginon, et dans

célébrait la messe avec son prêtre en parlicu- les articles dont il montre (|ue les évèijues

lier jusqu'à l'heure de tierce, après quoi il se ou leurs ministres doivent s'en(|uérir dans leurs

rendait à. la messe solennelle, outre les messes visites,

qu'il célébrait tous les jours de la semaine. « Si clericum habeat presbyter, (pii cum eo

« (xdebrabat omni die missaiiun soleni- psalinos cantet.Si nocturnis liorisad matutinas

nia, etc. Dominica porro die, nullo uuquam laudes persolvendas omni nocte surgat. Si pri-

lem|tore, postquam lux inclioasset a|)parere, se niani, tertiam, sextam, nonarn certo tempore

tradebat sopori, sed velociter levitice se prœ- signo ecclesi;e denuntiet, et cursum debitum

parans, suo cum Sigulpbo presbytère, missa- caidet. Si tempore staluto, id est circa boram

rum celebrabat solemnia specialium, us(jue tertiam diei missam celebret ; et post b;pc

boram tertiam. Et tune ninùa cum reverentia us<|ue ad médium diem jejunel, ut bos|)itibus

publicam inlrabat ad missam. » atcjue peregre venientibus, si necesse fuerit.

Ces deux exemples font connaître la distinc- possit missarum cantare (L. i de Eccles. Dis-

tion des offices et des messes qui se disaient en cipl., c. xxvi, xxvii, xxviii, xxxui). »

particulier et en public par les mêmes per- Je ne m'arrête pas à. ces deux messes en un

sonnes qui s'acquittaient de ce double devoir jour, qui commençaient à s'établir par cette

de piété. 11 y a bien plus de sujet de croire que nécessité, mais je remarque 1" que dans toutes

ceux qui ne s'en acquittaient pas en public se les paroisses de la ville ou des cbamps on

jugeaient indispensablement obligés de le faire cbantait tout l'ofûce canonial, quand il n'y

en particulier. Si les curés mêmes étaient obli- aurait eu que le curé et un seul clerc avec lui ;

gés de dire en secret leurs heures canoniales, 2" qu'ils chantaient même les offices delà nuit;

nonobstant leurs occupations si pressantes et 3" que les offices de la nuit s'appelaient déjà

si inévitables, et nonobstant qu'ils dussent du nom de matines, parce qu'encore qu'on se

peut-être encore les chanter en public dans levât la nuit, néanmoins c'était en sorte que la

l'église, que faut-il juger des autres bénéficiers? fin de l'office de la nuit se rencontrait avec la

Le même Alcuin n'exjjrime pas moins nette- naissance du jour,

ment la diiférence de ces deux sortes de divins Dans les anciens formulaires de l'instruction

offices, dans la lettre qui sert de i)réface à la que Tévêque doit faire à ses curés dans son

vie de saint Waast, qu'il a écrite. H commande synode, ces obligations ne sont pas oubliées,

àl'abbé Radon de ne j)ointsoulîrir quesesreli- «Omni nocte ad nocturnas surgite. Cursum

gieux se dispensent des heures du chœur, vestrum horis certis decantate, etc. (Baluzius

« Nullus horis canonicis se divinis subtrabat in Append.ad Regin., p. (503, 007, OU). »

laudibus, ne propter aliquam negligentiam Vlll. L'auteur de la vie de saint Odon, abbé

cujuslibet locus in conspectu Dei vacuus inve- de Cluny, se plaignant du relâchement des

niatur. » Mais après cela il lui déclare son obli- moines de saint Martin de Tours, dit qu'ils ne

gation, quelque part qu'il aille, de réciter tout le se levaient ])lus qu'à la pointe du jour pour

divin service avec ses clercs : « Et (luocumcjue chanter les offices de la nuit : « Ad laudes

vadis, clerici servitium Dei jdeniter peragant. namque nocturnas, ne aliquo pedem modo

Tecum eantsobrietateornati(Epist. xxxii, l). » olîenderent , cum luce diei surgebant (Bibl.

Il était en eifet bien difficile que tous les Clun., p. 42). »

ecclésiasti<iues et surtout les chanoines des Mais le même saint Odon noiis apprend dans

églises cathédrales vivant en communauté, et la vie de saint Gérald, comte d'Aurillac, qu'il a

se croyant obligés d'assister à toutes les heures écrite, ce que nous devons croire des ecclé-

du chœur, comme il paraît par les lettres du siastiques, puisque ce comte n'ayant pu un jour

même Alcuin : « Nec ali(iuis se a canonicis de dimanche entendre la messe , assembla

horis, a communione sanctœ orationis, sua» tous les ecclésiastiques qui l'accompagnaient,

negligens salutis separet, » ne se crussent récita avec eux tout le i)sautier, et s'accoutuma

obligés, par une conséquence nécessaire, de le reste de sa vie à réciter presque tous les

satisfaire à ce devoir de piété et de religion en jours le psautier.

particulier, quand ils n'avaient pu le faire en «Est quod ad laudem Dei faciamus, ne diem

commun. sanctam inaniter expendisse videamur. Dixerat

DE L'OBLIGATION DES BLNÉFICIEKS A CHANTEIl, etc. 2i3

liiuc, et psalteriiim a capite, iiil mortalesonans arche\c(]iie réciter chaque jour deux sortes

cuni eisdem jjercucurrit. Ex bocjam sibi con- d'ottices dillérents , quand on aura appris de

suetudinem statuil , ut psalterium pêne quoti- l'auteur de la vie de saint Udalric, évêque

die recitaret (Ibid., c. lxxhi). » d'Augsbourg, que ce saint prélat joignait tous

Le moine Ignace remarque que le saint pa- les jours à l'office canonial , celui de la Sainte

triarche de Constantinople Taraise dans les Vierge, celui de la Croix, celui de tous les

extrêmes langueurs de sa dernière maladie, Saints, outre plusieurs autres psaumes, -et

faisait éclater les flammes de sa charité en celé- deux ou trois messes qu'il chantait ordinaire-

brant tous les jours le divin sacrifice ( Surius ment,

die Sri.Febru. c. xlvi). » « Cursus quotidianus cum matriculariis in

Siiint Ludger, évèque de Munster, étant ap- choro ejusdem matriculœ caute ab eo obser-

pelé au palais de l'empereur par des ordres vabatur, quandocumque ei domi manendum

réitérés de s'y rendre, ne laissa pas de conli- alia; occupationes consenserunt. Insuper auteni

nuer et d'achever la récitation de ses heures unum cursum in honorem sanctœ Maria' geni-

canoniales qu'il avait commencées, et fit après tricis Dei, et alterum de sancta Cruce, terlium

cela trouver bon à l'empereur qu'il eût préféré de omnibus Sanctis, et alios psalmos plurimos,

l'honneur et le service de Dieu a celui des hom- totumque psalterium omni die explere solitus

mes. « Autistes dum consuetudinariis ex more erat, nisi eum impediret aliqua inevitabilis ne-

psalmis et orationibus instaret, dixit se peraclo cessitas. Missas autem très, velduas, aut uiiam

officio divino secuturum, etc. Oinnipotentis secundum spatium temporis cantare (juotidie

servitium intermittere,inconveniens judicavi, non desiit, si inlîrmitas corporis, aut aliquod

etc. (Surius, die 2G Martii, c. xxxii). » studium bonum ei non subtraxit ^Surius, die A

On récitait donc , ou on chantait en particu- Julii, c. m, iv, v). » lier le service divin , même en voyageant par C'était durant la nuit qu'il célébrait une parla campagne, comme il est remarqué ensuite tie de ces ofûces. « In nocte primum sonante du même saint: « Dum in itinere esset, noctu signo surrexit, et prcTdictos cursus maxima stans dum matutinas laudes cum clericis ca- cautela complevit. » En carême il ajoutait l'ofneret, etc. » tîce des morts, « usque dum signum ad vigi-

Le saint confesseur Nicétas avait appris le lias mortuorum sonaret, etc. »

psautier dès son enfance , et après cela il fut Lorsque cet admirable prélat allait pav les

tonsuré: « Psalterium memoriie mandavit, champs faisant sa visite, il montait sur un cha-

cumquc illum in ecclesia pater totondisset, riot avec un chapelain pour avoir plus de li-

etc. (Surius, die 2 April., c. v, xiii). » Ce fut berlé de se séparer de la compagnie des sécu-

aussi son principal exercice dans le monastère liers , et de donner toute la journée à la

qu'il gouverna depuis, de réciter tous les jours psalmodie. Il se faisait toujours accompagner

tout le psautier et d'en chanter une partie. « To- par un nombre d'ecclésiastiques assez considé-

tum psalterium quotidie pronunliabant, quo rable pour pouvoir célébrer avec eux le divin

expleto ad eorumdem psalmorum vicissim ca- service avec décence.

nendorum ordinem se parabant, ita ut nun- « Sedebat in solio super carpentum compo-

quam omnino a Dei gloria celebranda ipsi sito, de humerulis plaustri in ferro pendente,

vacarent. » et cum eo unus clericus de capellanis ejus, (jui

Le saint martyr et apôtre des Russes, Boni- cum eo tota die psalmos decantasset. Non ideo

face, parcourait les provinces en psalmodiant, quando in primis tali modo pergere cœpit,

et parce qu'il avait passé de la vie monastique quod non ad hue caballicare potuisset, sed ut a

à l'épiscopat, il récitait chaque jour l'office des populis secjuestraretur, ne a cantatione psal-

religieux et celui des ecclésiastiques. « Pedesler morum eorum colloquiis ineptis impediretur.

ibat, jugiter psallens , et cœteros longe praece- Comitari vero semper cum illo aliquos suos

dens, etc. Postquam consecratus est archiepis- presbyteros prudentissimos et de capellanis

copus , quotidie observabat et monasticum tantum, ut quotidie servitium Dei dévote per-

pariter, et canonicum in celebrandis horarum ficere potuisset, prfecepit. »

officiis ordinem (Petrus Damian. in vita sancti Saint Bernard, évêque d'Hildesheim, se ren-

Romuald.,c. xviii). » dait avec une assiduité admirable à tous les

IX. On sera moins surpris de voir un grand ollices du jour et de la nuit avec ses chanoi-

nés : «Fiirliv;i'orationi, donec clerici ad inatiilinos liNiiiiios c'onsurgcienl, \acabat. Hyiiiuis expletis, inultoties psainiodiain in diurnuiii usque crepusculum extendebal. Deinde aliqnaiituliim pausans, corpusculum recreabat, donec iteruni diluculo canonicum cursuni prinue hora' persolvebat, etc. (Surius, die "20 Novell)., c. v). »

X. La règle que Tévêque Crodogangus prescrivit aux cbanoines, c'est-à-dire à tous les ecclésiastiques de son temps, après avoir marqué toutes les heures et toutes les parties de roflice divin, remarque ensuite l'obligation inévitable de les réciter en particulier, quand on n'a i)U se rendre au chœur avec les autres^ et de les réciter aux mêmes heures.

« Si longe ab ecclesia aliquis fuerit, ut ad opus Dei per horas canonicas occurrere non possit, agat opus Dei, cum tremore divino, ubi tune fuerit (Cap. xxiv). Et plus bas: «Quicumque ex clero in itinere cum episcopo vel cum alio proficiscuntur; ordinem suum, inquantum iter, vel ratio permiserit, non dimittant. Et non eos debent prœterire horœ constitutœ, tam de ofliciis divinis, quam aliunde (Cap. xxxvii). »

Le capitulaire d'Ahyton, évèque de Bàle, prescrit aux curés le chant quotidien des offices du jour et de la nuit, selon l'ordre romain. « Ut horas canonicas, tam nocturnas, (|uam diurnas nullatenus praetermittat. Quia sicut Romana Ecclesia psallit, ita omnibus ejusdem propositi viam tenentibus faciendum est (Spicileg., lom. vi, p. 698). »

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