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XII. Leur avilissement dans la France

L Saint Boniface, archevêque de Mayence, donne le nom de litres et de celles aux églises. « Per titulos et cellas nostras, plusquam triginta ecdesias vastaverunt. »

Le terme de celle est ordinairement réservé anx petits monastères. Les monastères avaient des oratoires domestiques, selon le concile de Francfort : « De monasterio, ubi corpora sanctorum sunt, ut habeat oratorium intra clauslrum, ubi peculiare ofûcium, et diuturnum fiât (Epist. IV ad Steplian. 11. Pap., can. xv). » Il est encore bien plus certain que les monastères des filles n'avaient que des oratoires domestiques , puisque les canons déclarent si souvent que ni les laïques, ni les clercs n'y pourront entrer, et que le prêtre même en sortira après avoir célébré la sainte messe (Concil. Gall., toni, u, p. :25-2). Voici un capitulaire du même Charlemagne.

« Ut nullus in monasterio puellarum, vel ancillarum Dei intrare praesumat, nec presbyter, nec diaconus, nec subdiaconus, vel clericus, aut laicLis, nisi tantum presbyter ad missam celebrandam , qui, missa celebrata, statim exeat (Ibidem, c. v). »

C'était une espèce de bénéfice pour ce prêtre dont révêque disposait comme de tous les autres. « Juxta quod episcopus ipsius parochiœ ibidem ordinarit, » Mais comme ces prêtres ne pouvaient pas résider dans ces monastères, ils étaient attachés à d'autres églises, d'où ils venaient célébrer la sainte messe dans ces oratoires de religieuses.

Voici ce qu'en dit le concile de Mayence (Cap. xxvi), célébré en 813. « Ut presbyteris per monasteria puellarum opportuno tempore liceat missarum solemnia celebrare, et iterum ad proprias ecclesias redire. »

II. Mais enfin on se résolut de donner une église et une maison au prêtre, au diacre, au sous-diacre, et aux autres clercs qui servaient les religieuses, afin qu'ils y célébrassent les divins offices, outre la messe qu'ils allaient chanter dans l'oratoire domestique du couvent, pendant laquelle les filles mêmes chantaient en chœur (Conc. Tur. III, c. xxix). C'est la constitution du concile d'Aix-la-Chapelle (Cap. xxvu) dans la règle des chanoinesses.

« Presbyteris qui in monasteriis puellaribus

missarum solemnia celebrare debcnt, extra monasterium sil locus et ecclesia, ubi cum ministris suis habitent, et divine servitutis obsequium expleant; et nonnisi slatuto tempore monasterium ingrediantur puellarum, et cum eis diaconus tantum et subdiaconus , et non amplius ibi immorentur, nisi in missarum celebralionibus adsauctimoniales publiée (aciendis. Quibus rite celebratis illico foras egrediantur, sanclimoniales nam(|ue vélo ante posito, ut moris est , horas canonicas et missarum solenmia célèbrent. »

On conjecture aisément de là que si les églises des religieuses sont depuis devenues publiques, c'a été parce ([ue Ton a transféré leur messe solennelle et leur chœur de l'oratoire domestique dans cette église extérieure , qui n'avait été destinée d'abord qu'au clergé qui les servait.

III. Il y a même bien de l'apparence que de ce clergé destiné à servir les monastères de religieuses, il s'en est quelquefois formé des chapitres et des paroisses, comme il paraît encore en tant d'endroits. 11 s'est aussi formé de petits chapitresde quelques cellesqui relevaient des abbés. Car quoique les celles fussent ordinairement habitées par un petit nombre de moines qui relevaient d'une abbaye, il y en avait néanmoins qui n'étaient que pour des chanoines, c'est-à-dire pour de simples ecclésiastiques qui ne laissaient pas de vivre dans la dépendance des abbés réguliers.

Cela se voit fort clairement dans un statut des abbés de France assemblés avec leurs moines à Aix-la-Chapelle, en 817. « Ut abbatibus liceat habere cellas, in quibus aut monachi sint, aut canonici, et abbas provideat, ne minus de monachis ibi liabitare permittat, quam sex (Cap. XLiv). B

Il y a grand fondement de croire que ces celles n'avaient été originairement que pour des moines, et que ces moines s'étant facilement relâchés, à cause de leur petit nombre et de réloignement de l'abbé, ils prirent premièrement la vie et ensuite le nom même des chanoines. Mais on ne peut douter que plusieurs bénéfices et prieurés simples ne soient enfin provenus de ces celles de chanoines, et même de celles des moines, lorsqu'étant au-dessous du nombre de six, on leur substitua des ecclésiastiques, comme nous le ferons voir dans la suite de cet ouvrage.

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