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Aussi, il y avait à Rome une école ou un collège et une compagnie de notaires, dont le chef ou le primicier avait soin des chartes et peut-être même de la bibliothèque. Le sousdiacre x\rateur, ayant présenté son poème au pape Vigile, ce pape le donna en garde au primicier des notaires. « Surgentio viro venerabili, primicerio scholse notariorum, in scrinio dédit Ecclesiœ collocandum. »
Ce poème, quicomprendrhistoireapostolique en deux livres, fut lu en quatre reprises en présence du pape et de plusieurs personnes habiles du clergé, des religieux et du peuple, dans l'église de Saint-Pierre; l'auteur même le récitant, l'auditoire en interrompit la lecture par ses applaudissements, et demanda si sou-
:iOG Di: SECOND ORDRE DES Cl.ERCS. — CHAPITRE CENT-OCATRIÈME.
vent (lu'on relût les plus beaux endroits, (pi'oii daire de l'empereur. On y nomme Menas, lec-
n'en put lire (jue la moitié d'un livre à clia(|ne teur du Siège A|)ostolique et secondicier des
fois. notaires, Secundicerius notarioruyn ; Acace et
Cela nous rappelle le souvenir de la récita- Cliristodore, diacres et notaires de (^onstanti-
lion autrefois si fréquente de tant d'excellents nople. Le même Cliristodore i)orte aussi le nom
ouvrages dans l'ancienne Rome, si l'on |)eut de secrétaire, owseTafic;.
donner de l'excellence aux ouvrages profanes, Enfin, il paraît par les actes de ce concile
qui ne servent qu'à repaître la vanité des que l'office de notaire était ordinairement
hommes. Mais cela nous fait plus utilement allecté aux diacres dans l'Eglise orientale ,
remarcjuer les longues lectures des livres saints quoique dans l'Occident cette fonction fût pour
qui se faisaient autrefois avec beaucoup plus de les moindres clercs. Le promoteur du cin-
ferveur que dans ces derniers siècles (Bibl. Pa- quième concile universel était aussi Diodore,
trum, tom. vni, p. 70). Nous en avons déjà archidiacre de Constantinople et primicier des
parlé ci-dessus, et il faut ajouter que le chan- notaires (Collai, i, ii).
gement de la langue vulgaire a peut-être autant Dans le VP concile général (Act. 8, 10), on
contribué au changement que nous remar(|uons nomme Etienne diacre et notaire, et l'archi-
que le refroidissement de la piété des fidèles, diacre y est appelé chartophylace. D'où on
Il faut aussi reconnaître de bonne foi que si i)0urrail conjecturer (jue la dignité de cliarto-
dans les offices divins on ne fait jjIus ces Ion- phylace ayant acciuis un nouvel éclat, et des
gués lectures en langue vulgaire, les instruc- pouvoirs extraordinaires, le premier des diacres
lions et les prédications sont aussi incompara- aima mieux en être qualifié que du nom de
blement plus fréquentes qu'elles n'étaient dans i)rimicier des notaires. Il faut néanmoins de-
les premiers siècles. meurer d'accord qu'on nomme dans ce concile
Cette digression pourra paraître un peu (Act. 2) un lecteur qui était aussi notaire,
longue, mais non pas absolument hors d'œuvre XIY. Cassiodore apprend quelle était l'impor-
ni désagréable. Néanmoins, il est temps de la tance de cette dignité dans l'empire, et de ce
finir pour revenir à nos lecteurs et à nos no- qu'il en dit on peut conclure combien elle était
laires. considérable dans PEglise. Les notaires étaient
XIII. Les auteurs de la vie de saint Césaire , effectivement les confidents du secret et comme
archevêque d'Arles , nous apprennent une les secrétaires d'Etat. « Notarii honor lune
autre charge des notaires, au moins dans dabalur egregiis, dum ad impériale secretum
l'Eglise d'Arles, qui était de porter la crosse de taies constet eligi, in quibus reprehensionis
l'évèque : « Clericus cui cura erat baculum vitium nequeat inveniri (Variarum 1. i, ep. iv;
illius portare, quod notariorum officium erat. 1. vi, c. 10). »
(L. n, c. 1:2). » Le formulaire de la création des notaires
La vie du confesseur saint Magne, disciple exprime admirablement la sagesse, le secret et de saint Colomban. nous apprend que les abbés la fidélité incorruptible que leur ministère avaient aussi une crosse qui est aussi appelée demande. « Non est dubium ornare subjectos CffWîôî^/a (Apud Surium dieOSeptemb.,c. xn). principis secretum; dum nuUis œstimantur On se servit de celle de cet abbé après sa mort, necessaria posse commilti, nisi qui fuerint fide pour délier en son nom celui qu'il avait lié magna solidati. Régis consilium solos decet durant sa vie. Mais, dans ces petits emplois, scire gravissimos. Imitari debent armaria, (|uae ces jeunes ecclésiastiques tiraient de si grands continent monumenta chartarum. Ut quando avantages de la doctrine et des saints exemples ab ipsis aliqua instructio quœritur, tune Iode leurs prélats, qu'ils se rendaient capables quantur, totum autem dissimula re debent , des plus grandes charges de l'Eglise. quasi nesciant scientes. »
Dans le concile de Constantinople (Act. 1), XV. Les chanceliers n'étaient pas encore
sous Menas, entre les clercs qui y assistèrent, reconnus entre les officiers de l'Eglise latine,
on nomme deux diacres, deux notaires et quel- Saint Grégoire écrivit à Vénantius , chancelier
ques sous-diacres. Le promoteur du concile d'Italie, pour lui conseiller de rentrer dans le
était Euphémius, diacre de Constantinople et cloître dont il était sorti. Il parle dans un autre
primicier des notaires. Il y est aussi fait inen- endroit du chancelier d'un ex-préteiir. Il dit
tion de Théodore, tribun, notaire et référen- ailleurs qu'un exarque d'Afrique lui avait
DES CHANCELIERS, NOTAIRES, etc.
envoyé son chancelier pour traiter d'une affaire. « Suimi ad nos pro eadem causa canccllarium dcstinarat (L. i, ep. 33, G7; 1. v[, op. 2). »
Cassiodorc parlant de cet office purement séculier, dit qu'il tirait son nom du chancel, ou du balustre , où ceux qui étaient élevés à cette dignité se tenaient pour écouter, ou pour introduire ceux qui demandaient audience du magistrat. « Militiam domesticam cancellorum decus altribuit, ut consistorii nostri sécréta fideli integritate custodias , per te praîsentatus accédât (Varior., 1, n, c. G). »
Les historiens et les lois nous apprennent que ce n'étaient originairement que des notaires ou des secrétaires, à qui on donna ensuite de la considération et de l'éclat par les emplois importants qu'on leur confia (Vopiscus, in Caerino). »
Les ecclésiastiques ne commencèrent à s'ingérer dans cetoflice séculier (luevers le temps de Charlemagne, et le concile II de Chàlon, en 813, le leur interdit aussitôt. « Preshyteros cancellarios publicos esse decrevimus inliihendum (Can. xliv).» 11 est vrai que celte défense n'étant faite qu'aux prêtres , on souffrait que les autres clercs inférieurs exerçassent cet office, qui n'était toujours qu'un office public.
Saint Ouen fut chancelier de Dagobert avant que d'être évéque. On l'appelait référendaire. « Referendarius dicebatur , ad quem (mblice conscriplionesreferebantur,utpereumannulo, seu sigillo régis confirmarentur. » Ce sont les termes de l'auteur de sa vie.
La suite de cet ouvrage fera voir une infinité de chanceliers qui étaient en même temps évéques.