DES LÉGATS PENDANT LES CLNQ PREMIERS SIÈCLES DE L'ÉGLISE. MO
sideret, et sontenliam suam expromat. Et quo- de Nicée, ou de Sardi(iue, et maintenir le droit
niam difficile est, ut communi ac synodico des appellations au Saint-Siège. Faustin assista
decreto aliqui illinc mitUintur, ipse sua auto- depuis aux conciles d'Afrique, prenant ordi-
rilate in ista causa usus, viros eligat, ad hoc nairenient la première place après l'archevêque
accommodes, ut mansuetudine et facilitate dt; Carlhage Aurèle , et prenant dans les sous-
ingenii eos, qui dislorti et ohli(iui ajmd nos criptions la qualité de légat de l'Eglise Ro-
sunt,corrigant, apteacdispensatoricsermonem maine. Les évêques d'Afrique n'avaient nulle,
attemperantes, omniaque secum habeutes, qua? connaissance du concile de Sardique, quoique
in Arimino gesta sunt, ad ea rescindenda, quœ Gratus, archevêque de Carthage, y eût assisté,
illic per vim gesta sunt (Epist. lu). » Ainsi ils n'avaient garde de comprendre que
X. Ces deux dernières sortes de légations le pape avait cité les canons de Sardique sous
étaient jointes avec une juridiction fort éten- le titre de Nicée, parce que tous les canons
due. Mais la dernière était demandée par les étant assez souvent mis de suite après ceux de
évêques des églises où elle était destinée ; ce Nicée, on les citait quelquefois sous le nom
qu'on ne peut dire de celle de Lucifer de Ca- du concile de Nicée (Conc. African., c. iOl et
giiari et d'Eusèbe de Verceil. seq.).
Le concile de Sardique (Can.vi) laissa la C'est comme Grégoire de Tours a cité un ca-
liberté au pape d'envoyer les légats dans les non du concile de Gangre sous le nom de Ni-
provinces pour juger la seconde instance de la cée. C'est comme on a appelé les canons apos-
déposition des évêques qui auraient appelé des toliques, et les constitutions apostoliques. C'est
conciles provinciaux : « Ut de latere suo pre- comme on a appelé les canons arabiques ca-
sbyterum mittat. » nons de Nicée : parce que les siècles postérieurs
Le pape Gélase traita Acacius, évèque de ont quelquefois ajouté, en suite de quelques
Constantinople , comme l'auteur des excès règlements des apôtres et des canons de Nicée ,
étranges qui se commirent dans les églises pa- les nouveaux règlements et les nouveaux ca-
triarcales d'Alexandrie et d'Antioche, parce nons qui se faisaient de temps en temps, qu'il n'avait pas usé de l'autorité que le Saint- Les Africains ne pouvant donc encore goûter
Siège lui avait déléguée pour les prévenir, ou les appels au pape, bien moins ceux des prêtres
pour y remédier. « Cur tanto tempore cum qui étaient néanmoins assez probablement
ista gererentur, vel gerenda cognosceret, non fondés sur le canon de Sardique, qui leur per-
ad Sedem Apostolicam, a qua sibi curam illa- mettait d'appeler au primat voisin ; ils écrivi-
rum regionum noverat delegatam, referre ma- rent au pape Célestin , que les légats que le
turavit (Epist. xui) ? » Saint-Siège envoyait dans les provinces n'é-
• L'empereur Léon avait commencé de de- talent autorisés d'aucun canon des conciles :
mander au pape Léon (ju'il envoyât des légats « Nam ut aliqui tanquam a sanctitatis tuœ
à Constantinople, pour y remédier aux effroya- latere mittantur, nulla invenimus Patrum sy-
bles emportements des Eutychiens dans l'O- nodo constitutum ; » qu'ils espéraient que sa
rient, surtout dans les Eglises d'Antioche et sainteté rappellerait au plutôt l'évèque Faus-
d'Alexandrie. Ce pape obéit à cet ordre del'em- tin: « Nam de fratre nostro Faustino , securi
pereur : « Pra'ceptioni vestra? in eo adnitar sumus, quod eum probitate ac modcratione
obedire, ut aliquos de fratribus meis dirigam , tuœ sanctitatis , salva fraterna charitate, ulte-
etc. (Epist. Lxxviu, c); » et envoya les évêques rius Africa minime patiatur. » Domitien et Géminien. Enfin , ils marcjuèrent à sa sainteté qu'ils la
Les papes suivants jugèrent à propos de conjuraient de ne plus envoyer de ses ecclé-
commettre pour cela l'évèque même de Cons- siastiques pour exécuteurs de ses sentences,
tantinople , mais son excessive condescendance avec un faste et une terreur plus propre aux
pour les hérétiques attira enfin sur lui les puissances séculières qu'aux ministres de
foudres du Saint-Siège. J.-C. « Executores etiam clericos vestros , qui-
XI. Les évêques d'Afrique furent ceux qui busqué [tetentibus nolite mittere, noliteconce-
témoignèrent le plus d'aversion des légats que dere, ne fumosum typhum sœculi inEcclesiam
le pape leur envoyait sans leur consentement. Christi videamur inducere. » Zozime leur envoya Faustin , évêque de Po- Xll. Ces exécuteurs des mandements et des
tenza, pour leur porter les canons du concile décrets apostoliques étant ecclésiastiques, pou-
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valent bion passer pour des déléjjfués ou des Léon lui adressa ses lettres pour la convocation
nonces, avec une juridiction limitée à une seule d'un concile uni\ersel en Espa}^ne, au moins
cause. Si Faustin n'a eu séance (ju'aprèsAurèle, d'un concile provincial en Galice, contre les
évécpie de (lartliajje, si Lusèbe de Verceil n'eut pri«cillianisles, et pour y présider avec deux
séance qu'après saint Atlianase dans le concile autres évé(iues (jue ce pape nomme Hydacius
d'Alexandrie, c'est apparemment que leur et Ceponius. « Eis concilium synodi {^eneralis
commission n'était point une pleine légation, indiximus, etc. Saltem in uno Galliciai con-
étant limitée à une seule cause. veuiant sacerdotes, (|uibus congregatus H\da-
11 en faut dire autant de Julien, évoque de cius et Ceponius imminebunt, conjunctacum
Cos, qui n'eut aussi séance au concile de Calcé- eis instantia tua (Ep. xc.ui). »
doiue, qu'après quinze ou vinj^l des premiers Le concile i de Drague nous apprend que
évèques, quoiiiu'il y souscrive comme légat du ce concile universel fut tenu. 11 estdit, dans la
pape, en niêuies termes que les autres trois préface de ce concile de Drague, que le pape
légats du pape qui présidaient au concile. Léon envoya ses lettres au synode de Galice
En effet, d'où pourrait venir que Paschasin par Turibius, notaire du Saint-Siège, Per Tiiri-
et Lucentius, évèques, et Honiface prêtre, tous hiuni sedis siuRiiotarium. 11 est tout à fait liors
trois légats du |)a|)e, })résidassent au concile d"ap|)arence que l'évèque d'Astorga Turibius
avant tous les ])atriarcbes ; et (jue Julien étant ait été nommé par ce concile notaire du Saint-
aussi évoque et légat du pa[)e, n'eût j)lace Siège. C'était un vrai notaire de l'Eglise
qu'après les patriarcbes, et quelques métropo- Romaine nommé Turibius, par qui saint Léon
litains, si ce n'est que la légation des premiers envoya sa lettre à Turibius, évèque d'Astorga,
était pleine et extraordinaire , ce qui ne se qui lui avait écrit par un de ses diacres. Selon
pouvait dire de celle de Julien, qui était ordi- la commission du pape, l'évèque Turibius de-
naire et limitée en un seul point ? vait au moins présider au concile provincial
XllI. Il n'en fut pas de même de Turibius, de Galice, avec deux autres évèques, évèque d'Astorga en Espagne. Le pape saint