‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 195 sur 291 · DES LÉGATS PENDANT LES CLNQ PREMIERS SIÈCLES DE L'ÉGLISE. MO · texte numérisé non relu

DES LÉGATS PENDANT LES CLNQ PREMIERS SIÈCLES DE L'ÉGLISE. MO

sideret, et sontenliam suam expromat. Et quo- de Nicée, ou de Sardi(iue, et maintenir le droit

niam difficile est, ut communi ac synodico des appellations au Saint-Siège. Faustin assista

decreto aliqui illinc mitUintur, ipse sua auto- depuis aux conciles d'Afrique, prenant ordi-

rilate in ista causa usus, viros eligat, ad hoc nairenient la première place après l'archevêque

accommodes, ut mansuetudine et facilitate dt; Carlhage Aurèle , et prenant dans les sous-

ingenii eos, qui dislorti et ohli(iui ajmd nos criptions la qualité de légat de l'Eglise Ro-

sunt,corrigant, apteacdispensatoricsermonem maine. Les évêques d'Afrique n'avaient nulle,

attemperantes, omniaque secum habeutes, qua? connaissance du concile de Sardique, quoique

in Arimino gesta sunt, ad ea rescindenda, quœ Gratus, archevêque de Carthage, y eût assisté,

illic per vim gesta sunt (Epist. lu). » Ainsi ils n'avaient garde de comprendre que

X. Ces deux dernières sortes de légations le pape avait cité les canons de Sardique sous

étaient jointes avec une juridiction fort éten- le titre de Nicée, parce que tous les canons

due. Mais la dernière était demandée par les étant assez souvent mis de suite après ceux de

évêques des églises où elle était destinée ; ce Nicée, on les citait quelquefois sous le nom

qu'on ne peut dire de celle de Lucifer de Ca- du concile de Nicée (Conc. African., c. iOl et

giiari et d'Eusèbe de Verceil. seq.).

Le concile de Sardique (Can.vi) laissa la C'est comme Grégoire de Tours a cité un ca-

liberté au pape d'envoyer les légats dans les non du concile de Gangre sous le nom de Ni-

provinces pour juger la seconde instance de la cée. C'est comme on a appelé les canons apos-

déposition des évêques qui auraient appelé des toliques, et les constitutions apostoliques. C'est

conciles provinciaux : « Ut de latere suo pre- comme on a appelé les canons arabiques ca-

sbyterum mittat. » nons de Nicée : parce que les siècles postérieurs

Le pape Gélase traita Acacius, évèque de ont quelquefois ajouté, en suite de quelques

Constantinople , comme l'auteur des excès règlements des apôtres et des canons de Nicée ,

étranges qui se commirent dans les églises pa- les nouveaux règlements et les nouveaux ca-

triarcales d'Alexandrie et d'Antioche, parce nons qui se faisaient de temps en temps, qu'il n'avait pas usé de l'autorité que le Saint- Les Africains ne pouvant donc encore goûter

Siège lui avait déléguée pour les prévenir, ou les appels au pape, bien moins ceux des prêtres

pour y remédier. « Cur tanto tempore cum qui étaient néanmoins assez probablement

ista gererentur, vel gerenda cognosceret, non fondés sur le canon de Sardique, qui leur per-

ad Sedem Apostolicam, a qua sibi curam illa- mettait d'appeler au primat voisin ; ils écrivi-

rum regionum noverat delegatam, referre ma- rent au pape Célestin , que les légats que le

turavit (Epist. xui) ? » Saint-Siège envoyait dans les provinces n'é-

• L'empereur Léon avait commencé de de- talent autorisés d'aucun canon des conciles :

mander au pape Léon (ju'il envoyât des légats « Nam ut aliqui tanquam a sanctitatis tuœ

à Constantinople, pour y remédier aux effroya- latere mittantur, nulla invenimus Patrum sy-

bles emportements des Eutychiens dans l'O- nodo constitutum ; » qu'ils espéraient que sa

rient, surtout dans les Eglises d'Antioche et sainteté rappellerait au plutôt l'évèque Faus-

d'Alexandrie. Ce pape obéit à cet ordre del'em- tin: « Nam de fratre nostro Faustino , securi

pereur : « Pra'ceptioni vestra? in eo adnitar sumus, quod eum probitate ac modcratione

obedire, ut aliquos de fratribus meis dirigam , tuœ sanctitatis , salva fraterna charitate, ulte-

etc. (Epist. Lxxviu, c); » et envoya les évêques rius Africa minime patiatur. » Domitien et Géminien. Enfin , ils marcjuèrent à sa sainteté qu'ils la

Les papes suivants jugèrent à propos de conjuraient de ne plus envoyer de ses ecclé-

commettre pour cela l'évèque même de Cons- siastiques pour exécuteurs de ses sentences,

tantinople , mais son excessive condescendance avec un faste et une terreur plus propre aux

pour les hérétiques attira enfin sur lui les puissances séculières qu'aux ministres de

foudres du Saint-Siège. J.-C. « Executores etiam clericos vestros , qui-

XI. Les évêques d'Afrique furent ceux qui busqué [tetentibus nolite mittere, noliteconce-

témoignèrent le plus d'aversion des légats que dere, ne fumosum typhum sœculi inEcclesiam

le pape leur envoyait sans leur consentement. Christi videamur inducere. » Zozime leur envoya Faustin , évêque de Po- Xll. Ces exécuteurs des mandements et des

tenza, pour leur porter les canons du concile décrets apostoliques étant ecclésiastiques, pou-

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valent bion passer pour des déléjjfués ou des Léon lui adressa ses lettres pour la convocation

nonces, avec une juridiction limitée à une seule d'un concile uni\ersel en Espa}^ne, au moins

cause. Si Faustin n'a eu séance (ju'aprèsAurèle, d'un concile provincial en Galice, contre les

évécpie de (lartliajje, si Lusèbe de Verceil n'eut pri«cillianisles, et pour y présider avec deux

séance qu'après saint Atlianase dans le concile autres évé(iues (jue ce pape nomme Hydacius

d'Alexandrie, c'est apparemment que leur et Ceponius. « Eis concilium synodi {^eneralis

commission n'était point une pleine légation, indiximus, etc. Saltem in uno Galliciai con-

étant limitée à une seule cause. veuiant sacerdotes, (|uibus congregatus H\da-

11 en faut dire autant de Julien, évoque de cius et Ceponius imminebunt, conjunctacum

Cos, qui n'eut aussi séance au concile de Calcé- eis instantia tua (Ep. xc.ui). »

doiue, qu'après quinze ou vinj^l des premiers Le concile i de Drague nous apprend que

évèques, quoiiiu'il y souscrive comme légat du ce concile universel fut tenu. 11 estdit, dans la

pape, en niêuies termes que les autres trois préface de ce concile de Drague, que le pape

légats du pape qui présidaient au concile. Léon envoya ses lettres au synode de Galice

En effet, d'où pourrait venir que Paschasin par Turibius, notaire du Saint-Siège, Per Tiiri-

et Lucentius, évèques, et Honiface prêtre, tous hiuni sedis siuRiiotarium. 11 est tout à fait liors

trois légats du |)a|)e, })résidassent au concile d"ap|)arence que l'évèque d'Astorga Turibius

avant tous les ])atriarcbes ; et (jue Julien étant ait été nommé par ce concile notaire du Saint-

aussi évoque et légat du pa[)e, n'eût j)lace Siège. C'était un vrai notaire de l'Eglise

qu'après les patriarcbes, et quelques métropo- Romaine nommé Turibius, par qui saint Léon

litains, si ce n'est que la légation des premiers envoya sa lettre à Turibius, évèque d'Astorga,

était pleine et extraordinaire , ce qui ne se qui lui avait écrit par un de ses diacres. Selon

pouvait dire de celle de Julien, qui était ordi- la commission du pape, l'évèque Turibius de-

naire et limitée en un seul point ? vait au moins présider au concile provincial

XllI. Il n'en fut pas de même de Turibius, de Galice, avec deux autres évèques, évèque d'Astorga en Espagne. Le pape saint

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