‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 213 sur 291 · VII. Autres preuves tirées de saint Jérôme · texte numérisé non relu

VII. Autres preuves tirées de saint Jérôme

VIII. Nouvelles preuves que saint .\ugustin ne fut jamais moine.

IX. Des communautés purement ecclésiastiques, où l'on ne renonçait point aux biens patrimoniaux.

I. Celui qui pourrait disputera saint Augustin avec plus d'apparence la gloire d'avoir allié la vie cléricale avec la réforme des monastères, est le grand et célèbre Eusèbe, évêque de Verceil.

Néanmoins, si nous examinons de près ce que saint Ambroise a écrit sur ce sujet, nous reconnaîtrons que cet illustre confesseur ne s'étudia nullement à garder ce tempérament et cette médiocrité où s'arrêta depuis saint Augustin ; mais il passa outre, et ne se contentant pas de donner à son clergé quelque teinture, et comme une image des vertus des solitaires, il leur en lit prendre l'habit, la profession et l'état, les chargeant en même temps des fonctions sacerdotales.

Ainsi il faut dire que saint Augustin laissa son clergé dans l'état ecclésiastique, et n'ajouta à la vie et à la piété cléricale que la vie en commun et la désappropi iation ; au lieu qu'Eu-

iTR

DES COXGRFX.ATIONS. — CHAPITRE OIATRIÈME.

scbe de Verceil établit l'étal et la profession inonasti(|iics dans son Eglise. L'un apprit à ses ecclésiasti(jiiesà imiter (|iit'I(iue chose des vertus monastiques, dont les laïques se rendaient anssi fort souvent les imitateurs; Tautre leur lit entièrement embrasser la profession monasticjue, sans renoncer aux fonctions du clergé.

II. Ecoutons saint Ambroise : « In Ecclesia Vercelensi duo [»ariter exigi videntur ab episco|)o, mouastcrii continentia, et disciplina EcclesiiT. Ihrc enim priiuus in occidentis partibus diversa inter se, Eusebius sancta? memoria? conjunxit, ut et in civitate positus instituta monachorum teneret, et Ecclesiam regeret jejunii sobrietate (Epist. lxxxu). »

Voilà manifestement la profession monastique, imtituta Monachorum , dans le clergé de V'erceil.

Il dit plus bas : «îLtc duo in atlentione Cliristianorum devolione prœstantiora esse quis ambigat, clericorum officia et instituta monachorum. »

Il n'oublie pas l'abstinence^ les jeûnes, le travail, la prière continuelle des moines; il assure que c'est dans ces sainis et pénibles exercices de la vie monastique que saint Eusèbe acquit cette force et cette patience infatigables qui le rendirent victorieux de ses persécuteurs. « Eusebius prior levavit vexillum confessionis. Hœc patientia in sancto Eusebio monasterii coaluit usu,et durioris observationis consuetudine, hausit laborinn tolerantiam. »

Ni saint Augustin^ ni Possidius n'ont rien dit de semblable en parlant des clercs du monastère d'Hippone ; ils n'ont parle que de la vie en communauté, et de la désappropriation. Quant au reste, leur vie était la même que celle des autres ecclésiastiques, aussi bien que leur habit.

Saint Ambroise parle presque en mêmes termes dans un autre endroit. « In hac sancta Ecclesia eosdem monachos instituit, quos clericos, etc. Ut si videris monasterii lectulos, instar orientalis propositi judices (Serm. lxix). » C'est évidemment attribuer au chapitre de Verceil et la profession des moines, et toutes leurs austérités.

III. Quand saint Ambroise dit en ces deux endroits que saint Eusèbe imita et introduisit dans l'Occident ce qu'il avait vu dans l'Orient, il fait voir clairement qu'il établit des moines dans son chapitre. Les mona-tères avaient commencé, et s'étaient admirablement multi-

pliés dans l'Orient , avant qu'on en vît dans l'Occident: mais en tout l'Orient il n'y avait pas une seule église où les ecclésiastiques vécussent en communauté, et fissent voir dans leur discipline une image de la vie religieuse.

IV. Saint Rasile, à la vérité, parle en quelque endroit des chanoines qui vivent en com-

lUUnauté C •Jrfô; tÙ»; £v xo'.vo*iîo) xavcvutoù;. Mais

c'est des cénobites (ju'il jtarle, c'est-<à-dire, des moines (jui vivaient en commun, au lieu que les autres vivaient seuls et séparés. Et c'est dans ses constitutions monastiques qu'il en parle, oi^i il donne des préceptes admirables à ces deux sortes de moines, qu'il distingue trèsexactement (Cap. xvui, Constit. Monast. Et epist. Lxui, cccxcu .

11 les appelle chanoines, y.avMixcy,- , comme observateurs fidèles de la règle qui s'appelle canon, /.*vwv : /.a'y.w; tÎv xavc'va tcù P'.oy S'iaçuXâaaovreç . Enfin, il le soumet à un supérieur autre que l'évê- (}ije, Tû x.i()r,-;oj;j.£vw TTE'.Ocajvoi, ce qu'il ne ferait pas, si ç'eussent été des ecclésiastiques semblables à ceux de saint Augustin , vivant en communauté avec leur évêque.

Saint Basile, dans sa lettre ccclxxi, dit qu'il avait bâti à Césarée une fort belle église, joignant une maison libre pour révè(|ue seul, et des logements plus bas pour les serviteurs de Dieu, Td; ôîpa-sjTzl; toj Osoj : c'étaient des moines, et saint Basile remarque lui-même que sa maison était séparée de la leur. Lorsqu'il n'était encore que prêtre et grand-vicaire, il avait aussi une compagnie de moines dans sa maison.

V. Saint Epiphane a excellemment représenté la foi et la police de son temps, dans son traité de l'exposition de la foi catholique. Il dit qu'on ne conférait le sous-diaconat et les autres ordres supérieurs qu'à ceux qui avaient conservé la virginité et l'intégrité de leur corps, -7.:6=v...; (Cap. xxi) ; ou au moins à des moines, av;â^oj(î'. (Cap. xxui); ou enfin à des gens (|ui gardassent continence du vivant de leurs femmes ou après leur mort; il dit ensuite qu'il va des moines qui font leur séjour dans les villes, et d'autres qui demeurent dans des monastères et en des lieux écartés.

De ces deux endroits de saint Epiphane, nous pouvons conclure : 1" Que dans l'Orient on tirait ordinairement les plus saints d'entre les religieux pour les élever aux ordres et aux dignités ecclésiasticiues.

:2" Que ces moines qui habitaient dans les

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