DES SÉMINAIIU^S AUX SIXIÈME ET SEPTIÈME SIÈCLES
de trois sortes de personnes: les unes n'avaient jamais eu de patrimoines; les autres y avaient renoncé; les derniers conservaient leur patrimoine et en faisaient part à la communauté.
Ce furent ces sortes de communautés qu'on fit revivre dans le w" siècle, comme nous le ferons voir dans la suite (I).
(!) II y a eu dans tous les siècles des tentatives efficaces pour amener, autant que possible, le clergé séculier à vivre en communauté. Dans le xivc siècle, Gérard Groot, né à Deveiiter en Hollande, institua les clercs de la vie fommune. Leur but était de pratiquer la vie des apôtres et des premiers chrétiens, qui n'avaient qu'un coeur et qu'une âme, et n'avaient rien en propre, mettant tout en commun. Ils ne s'engageaient par aucun vœu. Ils étaient soumis aux évèques ; c'est pourquoi ils ne suivaient pas tous les mêmes règlements dans les ditTérentes maisons, car les évéques faisaient tels changements qu'ils jugeaient utiles, selon le besoin des localités.
En 1639, Barthélémy Ilolzauser, né près d'Augsbourg, fonda les clercs séculiers vivant en commun, pour renouveler le ministère pastoral et le mettre à l'abri des dangers qu'occasionnent l'oisiveté et l'isolement. Ils s'engageaient à n'avoir plus d'autre volonté que celle de l'évéque, pour la distribution des emplois, de sorte qu'il pouvait disposer d'eux selon qu'il le jugeait à propos pour le plus grand bien des âmes; la table était commune, les exercices de piété se faisaient en commun, les revenus des bénédces étaient également mis en commun. La fin de cet institut était de former de bons pasteurs pour les villes et les campagnes. Pour pouvoir faire le bien dune manière stable, ils prêtaient un serment qu'ils appelaient conventionnel, par lequel ils s'obligeaient à ne point se séparer du corps de leur propre mouvement. Les revenus, tant casuels que fixes des bénéfices, étaient ainsi administrés : premièrement, on prélevait ce qui était nécessaire pour vivre selon que le requiert la bienséance ecclésiastique, pour
faire des charités raisonnables, assister ses père, mère, frères et sirnrs qui seraient dans le besoin ; secondement, le surplus devait être employé pour l'entretien des prêtres vieux et infirmes, de ceux qui sont mis en pénitence, de ceux qui n'ont pas un bénéfice suffisant à pouvoir assister leurs parents dans la pauvreté. Cette s,ilutaire institution se répandit en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, et même dans un diocèse d'Espagne, celui de Girone.
En 185.">, on a vu revivre, dans le diocèse de Verdun, les clercs réguliers de Notre-Snuveur, fondés jadis par le B. Pierre Fourrier. Mais comme c'est une véritable congrégation religieuse, nous n'avons rien à en dire ici, puisqu'elle ne concerne en rien le clergé séculier.
On peut msttre, parmi les clercs séculiers vivant en communauté, la très-méritante association de Saint-Sulpice, puisqu'elle dirige une paroisse de Paris et plusieurs grands séminaires. En effet, le pieux fondateur, M. Olier, en prenant possession, avec ses ecclésiastiques, de la paroisse de Saint-Sulpice, voulut que toutes les rétributions qui provenaient du casuel et du bénéfice fussent mises en commun, et que chaque ecclésiastique se contentât, selon le désir de l'Apôtre^ d'avoir sa nourriture et de quoi se vêtir. Il ne manquait qu'une chose à la pieuse association de Saint-Sulpice, si riche en vertus et en scieuce théologique, c'était de soumettre ses règles à l'examen et à l'approbation du Saint-Siège. En 1863, Saint-Sulpice a demandé à Rome, à la grande joie de tous ses admirateurs, l'approbation de ses règles, et l'a obtenue, en recevant de Pie IX les éloges les plus mérités. (Dr ANDRÉ.)