‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 217 sur 291 · DES CONGRÉGATIONS. — CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

DES CONGRÉGATIONS. — CHAPITRE CINQUIÈME

« Mos Scdis ApostoliCiT est, ordinatis cpisco- aussi bien que Tadmirable Aidan, (nii avait pis pnrccpta tradere, utin omnistipendio(nio(l établi la demeure de révrujue et de tout son accedit, (luatuor debeant fieri portiones, etc. clergé dans le plus fanneux des monastères Sed quia fralcrnitas tua mona?teriiregiilis cru- d'Angleterre, avec l'abbé et les moines, sur dita, seorsuni fieri non débet a clericis suis in les(|U('Is aussi l'évêque avait unedouceetaiu)a- Ecclesia Angloruni banc débet convorsalioneni ble surintendance. « Si (juidem a temporibus instituere, qu;e initio nascentis Ecclesia^ luit anticpiis in insulaLindis furnensium episcopus Patribns nostris, in quibus nuUus eorum, ex cum clero et abbas solebat manere cum mollis (|ui possidebant, ali(iuidsuum esse dicebat, nachis, qui tamen et ipsi ad curam episcopi sed erant eis onmia communia. Si qui vcro familiariter perlinerent. Qnia nimirum Aidan, sunl clerici extra sacros ordines constituli, qui qui prinuis ejus loci episcopus fuit , cum mose continere non possunt, sortir! uxores debout, uacliis illuc et ipse monacbus adveniens, moet stipendia sua exterius accipcre. Quia et de nacbicam in eo conversationem institnit, ((uoiisdem Patribns novimus scriptum, quod divi- modo et prius beatus pater Augustinus in debatur singulis, prout cuique erat opus : de Canlia fecisse noscitur, scribenteei reverendiseorum (luociue stipendio cogitandum at(iue simo i)apa Gregorio, quod et supra posuimus providendum est, et sub ecclesiaslica régula (L. iv, c. lxxxvu). »

sunt tenendi, ut bonis moribus vivant, et ca- lîède dit ailleurs : « Una eademque babitatio

nendis psalmis invigilent, et ab onmibus illi- utrosque simultenet, etc. Omnes loci ipsius

citis et cor, et linguam, et corpus Deo aulore anlistites usque liodie sic episcopale exercent

conservent. Communi autem vita vivcntibus oflicium, ut régente monasterium abbate, om-

jam de faciendis portionibus, vel exliibenda nés presbyteri , diaconi , cantores, lectores ,

hosi)italitate,etadimplendamisericordia, nobis cœtericiue gradus ecclesiastici , monaclucam

quideritloquendum, cumonmequod superest, per oniniacum ipso episcopo regulam servent

in causis piis ac religiosis erogandum est, (Beda, in vita sancti Cutberti, c. xxi). »

Domino docentc, quod sui)erest, date eleemo- IX. Quant à l'Italie, dont le pape ordonnait

synam (Beda, 1. i, c. 27). » plus conuuunément les évêques, il est fort

VIIl, Après cela on ne pourra plus douter probable que les séminaires et les congréga-

que rétablissement de la vie commune entre lions ecclésiastiques y étaient plus rares, puis-

les ecclésiastiques n'exclue le partage des biens qne saint Grégoire vient de nous assurer (|ue

de l'Eglise , et ne les conserve tous dans la les papes, entre les règlements qu'ils prescri-

communauté. On ne doutera pas non plus que vaient aux évêques en les ordonnant, leur ap-

TEglise anglicane ne suivît ce modèle de la prenaient à partager en quatre portions les

perfection évangélique des clercs dans son ré- revenus de leurs églises, et que ce partage pré-

tablissement par l'admirable et religieux Au- suppose que les clercs ne vivaient pas en com-

gustin, qui répandit sur son clergé les plus munauté ni entre eux, ni avec leurs évoques,

purs rayons des vertus monastiques. Il est vrai que le saint évêque de Verceil

Qui peut douter que le célèbre Théodore ne Eusèbe avait fait une sainte alliance entre la

soutînt une discipline si sainte, lui qui avait vie monastique et la profession cléricale : mais

sucé le lait de la piété et de la vie régulière ce qui a été ci-devant rapporté du pape Céles-

dans les monastères d'Orient, et que le pape tin, fait bien voir que les papes n'avaient pas

Vitalien chargea de l'archevêché de Cantorbéry, extrêmement favorisé ce mélange de ces deux

d'où il gouverna si saintement toute l'Eglise professions saintes, mais différentes.

d'Angleterre? Ce fut lui qui porta sur le trône Saint Grégoire, qui signala les commence-

épiscopal le célèbre Céadda , dont le même ments de sa conversion par la fondation de six

Bède témoigne qu'il avait toujours avec lui un monastères en Sicile , et d'un septième à Rome

séminaire de saints ecclésiastiques : « Fecerat où il se consacra lui-même à Dieu , ne se con-

sibi mansionem , non longe ab Ecclesia, in tenta pas, lors(iu'il fut monté sur le trône apos-

qua secretius cum paucis , id est, septem sive tolique , de faire cette sainte union de la vie

octo fratribus, quoties a labore et ministerio cléricale avec la régulière dans l'Angleterre,

verbi vacabat, orare ac légère solebat (L. 4 , 11 la fit, et la fit éclater sur le plus grand théà-

c. vui, ni). » tre du monde, en vivant lui-même dans son

Céadda avait aussi été tiré d'un monastère , palais à Rome, comme dans un monastère avec

DES SKMINAIRES AUX SIXIÈME ET SEPTIÈME SIECLES. .i8r>

une compagnie de clercs, et une troupe de quit.Videbanturpassim cumerudilissimisclerisaints moines, dont l'agréable confusion eût cisadlia^rere ponlilici religiosissinii monachi;et été capable, si elle eùttroiivé assez d'iniit.iteurs, in divcrsis jn-ofcssionibus habebalnr vita comde remettre l'ordre et la discipline dans toutes munis: ita ut talis esset tune sub Gregorio pelés églises du monde. nés urbem Romanam ecclesia , qualem banc

Jean Diacre assure que ce saint pape écarta fuisse sub Apostolis Lucas, et sub Marco evan-

tous les laïques de son palais, et n'y admit que gelista pênes Alexandriam Pbilo commémorai

des clercs et des religieux: « Cfoterum pru- (Ibid., c. 1:2). »

dentissimus rector Liregorius remotis a suo XI. Cette réunion de la profession religieuse

cubiculo sa'cularibus , cloricos sibi prudentis- avec la vie cléricale neflorissaitpas moins dans

simos consiliarios familiaresque delegit , inter les séminaires d'Afri(|ue, où le grand et incom-

quos Petrum, etc. Monacborum vero sanctissi- parable saint Augustin avait autrefois donné

mos sibi familiares elegit, inter quos, etc. L. n, connuencementà tant de congrégations ecclé-

c. 11). » siastiques, dont son séminaire d'Hippone avait

Il nomme quelques-uns de ces illustres été comme la pépinière,

clercs, qui composaient la sainte famille de ce La cruelle persécution des Vandales n'avait

saint pape : Pierre, diacre, qu'il fait disputer pu empécber que les évèques d'Afrique ne

avec lui dans ses dialogues ; Emilien, notaire, fissent d'abord ou des séminaires, ou des mo-

qui recueillit sous lui les quarante liomélies nastères, dans le lieu même de leur exil, et au

sur les Evangiles ; Patérius, notaire, qui a fait milieu des plus affreuses solitudes. C'est ce

ces excellents recueils de ses ouvrages; Jean, que Ferrand Diacre raconte de l'évèque Fauste

défenseur, qui alla en Espagne rétablir Févé- dans la vie de saint Fulgence : « In eodeni

que de Malaga injustement déposé, et con- proinde loco, ubi relegatus tenebatur, mona-

damner justement àla même peine les évèques sterium sibi construxerat, in quo spiritualiter

qui avaient été les auteurs de cette injuste dé- vivens apud omnes Christianos honorabilis

position; le moine Marinien, qui fut depuis habebatur (Vita Fulgent. c. iv). »

évêque de Syracuse et vicaire du Siège aposto- Saint Fulgence fut son disciple, et ensuite

lique en Sicile; Augustin et Mellitus, qui furent son imitateur, surtout après avoir été fortifié

les apôtres d'Angleterre, Claude, abbé du mo- de l'exemple, tant du saint évêque de Syracuse

nastère de Classe, qui composa tant d'ouvrages Eulalius, « Qui virtute discretionis super onuna

sur les recueils qu'il avait faits des discours de decoratus, monacborum professionem singula-

ce pape, quoiqu'il s'écartât quelquefois de la riter diligebat,babensetiam ipse monasterium

justesse de ses sentiments. « Qui de Proverbiis, pro[)rium, cui semper adluerebat, quoties ab

de Canticis canticorum, de Prophetis, de Libris ecclesiasticis actibus vacabat, » que de Févêque

Regum , deque Heplafeucbo, papa disputante, Rufinien d'Afrique, qu'il trouva aussi exilé en

multa licet, non eodem sensu composuit. » Sicile, et vivant connue un religieux dans la

X. Voilcà le plus llorissaut séminaire et la plus solitude, « Vitam monacbi laudabiliter gerens

excellente école de la science ecclésiastique et (Cap. xu, xuO. »

des vertus religieuses qui fut jamais. Ce saint Aussi saint Fulgence, après sa promotion à

pape en était et le supérieur, et le tbéologien, l'épiscopat, conserva toutes les saintes pratiques

et le directeur; il sanctifiait son palais parla du cloître, et se bâtit aussitôt un monastère :

pureté des vertus claustrales, il n'omettait « \ec ita factus est episcopus, ut esse desisteret

rien dans l'Eglise des fonctions ecclésiastiques; monacbus : sed accepta [)ontificis dignitate,

les plus saints religieux et les plus savants ec- professionis praMeritœ servavit integritatem ;

clésiastiques lui étaient attacbés, comme à leur servata vero professionis integritas plus ornavit

père et à leur maître commun , et vivant en pontificis dignitatem. In nullo loco visus est

communauté avec lui, ils faisaient revivre à sine monacbis habitare. Propterquodacivibus

Rome le siècle d'or de l'Eglise naissante à Jéru- Ruspensibus boc primum beneficium ordina-

salem sous les apôtres, et à Alexandrie sous tus eitiscopus postulavit, ut fabricando mona-

Févangélisle Marc. sterio locum congruum darent (Cap. xvui, xix,

« Cum quibus Gregorius die noctuque ver- xx). »

satus , nibil monasticic perfectionis in palatio, La vertu de saint Fulgence était trop écla-

nibil pontificalis instilutionisiuEccIesiadereli- tante pour n'être pas persécutée. Son double

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