‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 219 sur 291 · III. Des séminaires dans la maison des curés · texte numérisé non relu

III. Des séminaires dans la maison des curés

IV. Utilité admirable du séminaire de la maison ou de la ville épiscopale, pour y appeler tous les curés de la campagne par bandes, les uns après les autres, pour y être instruits et embrasés d'une ardeur nouvelle.

V. Règlements pour les séminaires des jeunes gens dans les monastères.

VI. Tous ces séminaires étaient les mêmes que les écoles. VU. Les plus nombreux étaient ceux des monastères.

Vill. Et le nombre des enfants de la première qualité y était fort grand.

I. Il y avait deux sortes de séminaires , comme l'on a pu reconnaître par ce qui a été dit ci-dessus. Les uns étaient dans les monastères, les autres dans les évêchés.

Hincraar dit qu'il fut nourri dès sa plus tendre enfance dans un monastère , avec l'habit des chanoines, c'est-à-dire des clercs; qu'il en fut tiré pour entrer dans le palais de l'empereur Louis ; mais qu'enfin s'étant résolu de renoncer à toutes les vaines espérances du siècle , il entra dans le monastère de Saint- Denis , qui avait embrassé depuis peu la réforme ; cet auteur nous montre évidemment par là qu'il y avait dans les monastères des séminaires d'ecclésiastiques.

« Qui in monasterio, ubiab ipsis rudimentis infantias sub canonico habitu educatus, indeque eductus, in palatio Domni Ludovici impe-

DES SÉMINAIRES SOUS L'EMPIRE DE CHARLEMAGNE

ratoris non modico tempore mansi. Conversis auleni ad regularem vilain et hahitum fratribus in monasterio Sancli Dionysii, ubi niilritiis fueram , in illud , sœculum iugiens , sine spe, vel appetitu episcopatus, aut alicujns prœlationis , diutius degui (Hincmar., tom. ii, pag. 304). »

Il paraît clairement que les jeunes enfants étaient nourris dans les monastères, avec l'habit ecclésiastique, comme dans des séminaires, pour se former à la vie cléricale, ou à la profession monastique.

II. Quant aux autres séminaires qui étaient dans la maison même de l'évèque, on ne peut pas les représenter en termes plus formels que le concile 111 de Tours (Anno 813, can. xii) , lorsqu'il ordonne que ceux qu'on destine à la prêtrise passeront auparavant un temps considérable dans le palais épiscopal pour y être instruits des devoirs du divin sacerdoce, et pour être éclairés et examinés de plus près et plus à loisir, avant que d'être élevés au comble d'une si haute et si sainte dignité.

« Sed priusquam ad consecrationem presbyteratus accédât, maneat in episcopio, discendi gratia officium suum tandiu, donec possint et mores et actus ejus animadverti : et tune si dignus fuerit, ad sacerdotium promoveatur. »

III. Les premiers de ces séminaires étaient pour les jeunes enfants, dans lesquels on ébauchait les premiers traits de la piété chrétienne et de la vie cléricale ; les seconds étaient pour les clercs plus avancés en âge, et qui avaient déjà fait quelque progrès dans la vertu ; auxquels par conséquent on préparait des dignités et des charges plus hautes dans l'Eglise. On peut encore mettre dans le premier rang les séminaires des jeunes clercs, que les curés de la campagne formaient dans leur maison, et dont ils se servaient dans le service divin de leur paroisse.

Théodulphe, évêque d'Orléans, ordonne à ses curés d'amener avec eux au synode deux ou trois de leurs clercs : « Necnou duos, aut très clericos, cum quibus missarum solemnia celebratis, vobiscum adducite, ut probetur, quam diligenter, quam studio se Dei servitium peragatis (Capitul. Theodulph., c. iv),»

C'était donc tout ce qui regardait le service divin dont ces jeunes clercs devaient être instruits dans la maison des curés de la campagne.

IV. Voici une autre utilité des séminaires que les évêques entretenaient dans leur palais ou

au moins dans leur ville épiscopale. Tous les curés de la campagne y étaient appelés par tour et par bandes, les uns après les autres, afin de laisser toujours dans les paroisses autant de ministres qu'il en était besoin pour Tadministration des sacrements et pour la célébration des divins offices. L'évèque, ou par lui-même, ou par l'organe des personnes savantes, enseignait à ces curés, assemblés auprès de lui, toutes les vérités et toutes les pratiques les plus essentielles et les plus importantes, pour s'acquitter saintement de leur divin ministère, par de fréquentes conférences touchant les saintes lettres, les canons, les offices divins , la pratique des sacrements, leurs prédications, leur vie et leurs mœurs.

C'est ce qui fut ordonné dans lescapitulaires de Charlemagne . « Statutum est, ut omnes presbyteri parochiœ ad civitatem per turmas et per hebdomadas ab episcopo sibi constitutas conveniant discendi gratia : ut aliqua pars in parochiis presbyterorum remaneat, ne populi et Ecclesiae Dei absque officio sint; et ahqua utilia in civitate discant, ut meliores ad parocliias demum et sapientiores atque populis utiliores absoluti revertantur. Et ibi ab episcopo, id est in civitate, sive a suis bene doctis ministris bono animo instruantur desacrislectionibus , et divinis cullibus, et sanctis canonibus, quie prœdicare et facere debent, etc. (L. vi, c. 1G3). »

Ainsi ces séminaires de la maison ou de la cité épiscopale servaient à former les prêtres et les curés, avant qu'on leur confiât cet ordre divin et cette charge si pénible, et à les soutenir dans la suite de leur administration , par ces fréquentes retraites (ju'ils venaient faire par troupes, pour se renouveler dans l'esprit et dans la ferveur du sacerdoce.

V. Quant aux séminaires des monastères, Crodogangus n'a pas oublié, dans sa règle des chanoines, tous les règlements nécessaires pour bien conduire ceux qui étaient en la disposition des chanoines réguliers.

Le concile d'Aix-la-Chapelle, tenu en 816 (Cap, cxxxv), sous Louis le Débonnaire, a emprunté les propres termes de cette règle en cet article, aussi bien qu'en plusieurs autres. Rien n'importe plus que de donner un bon et sage directeur à cette jeunesse , dont l'âge bouillant s'emporterait facilement à des excès. Il ne suffit pas de réprimer la chaleur et les emportements de leurs passions, il faut les ins-

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