‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 257 sur 291 · XV. De saint Clirysostome · texte numérisé non relu

XV. De saint Clirysostome

XVI. De saint Augustin. Ces Pères avaient pratiqué les austérités monastiques, sans en embrasser l'état, et sans en faire profession.

XVII Saint Antoine ne laisse pas d'être l'auteur de cet institut, quoiqu'il eût été ébauché par d'autres.

1. Les monastères, les prieurés el les abbayes ont un rang si honorable entre les bénéfices,

que nous ne pouvons pas nous dispenser d'en parler et d'en découvrir l'antiquité, leur liaison avec l'état ecclésiastique, et enfin leur dépendance des évoques.

Quant à l'origine des monastères, nous avons déjà assez fait connaître (ju'elie ne peut pas avoir précédé la paix de l'Eglise et l'empire de Constantin. La fureur des tyrans se serait sans doute déchargée sur ces sanctuaires de la piété chrétienne, et si l'histoire avait passé sous silence leur établissement, elle n'aurait pu taire leur ruine. 11 faut donc avouer de bonne foi, avec saint Jérôme et les anciens Pères, que la profession monastique n'eut son commencement qu'avec l'empire de Constantin.

Paul, Antoine et Hilarion donnèrent naissance à cette institution si sainte dans l'Egypte et dans la Palestine, et de là elle se répandit comme un torrent de bénédictions dans tout le

de Sainl-Ruf, eut été nommé cardinal-légat en Suède et en Norvège. Il établit dans les régions Scandinaves plusieurs maisons de son ordre qui furent florissantes jusqu'à l'époque de la réforme. Lorsqu'en 1153, le cardinal Brakespear monta sur le trône de saint Pierre, sous le nom d'Anastase IV, l'ordre des chanoines de saint Ruf s'étendit en Espagne et en Italie. Un document conservé par dom Marteiine [de antiq. rit. Eccles., tome m, p. 99) nous démontre les grandes austérités de cet ordre. 11 est recommandé que, lorsque des novices se présenteront, on leur lasse connaiire l'esprit de la règle : » Et intérim Il prœdiceiuureis paupertas loci, asperitas domus, seventas disciplinas, Il et quantus labor sit, in illius professionis observatione, quam gravis a casus in Iransgres'rione, etc. « Lorsqu'enfin ils avaient revêtu l'tiabit blanc et le surplis canonical, ils devaient s'attendre à une vie bien dure : u Et in omnibus motibus suis signum habere humiUutis, caput a submittere, terram aspicere, meraor esse lUms publicani qui non Il audebat oculos suos levare in ccclum. » En 1210, les Albigeois détruisirent de fond en comble l'église et l'abbaye de Saint-RuI', dont il ne reste plus aujourd'hui qu'un fragment de chapelle et du clocher. Les chanoines-réguliers de Saint-Ruf se transportèrent alors à Valence, où ils possédaient un prieuré. Cette maison, devenue daus la suite un magnifique palais abbatial qui sert aujourd'hui de préfecture, fut le chef d'orure et la résidence de l'abbé général jusqu'en 1773, où une bulle du souverain pontife éteignit et sécularisa l'ordre des chanoines de Saint-Ruf, en mettant leurs biens à la disposition des évéques.

Ou sait qu'il y avait un très-grand nombre de congrégations différentes de chanoines-réguliers, dont les principaux, après ceux de Saint-Ruf, étaient les Préraontrés, les Génovéfains de l'abbaye de Saint-Victor de Pans, les Antonins, les Grandmontains,les chanoines de Sainte-Croix, en Portugal, de Latran el de Saint-Sauveur, en Italie, des Célestes à Venise. Les révolutions, qui ont désolé l'Europe depuis la fin du xvilie siècle, ont détruit partout les chanoinesréguliers. U n'en existe plus actuellement que six monastères en Allemagne, à Klosternenbourg , Neustift , Vorau , Hersogenbourg, Reigersberg, Saint-Polten, ayant en tout environ trois cents membres appartenant, croyons-nous, à l'ordre des chanoines-réguliers de

Saint-Sauveur. Il reste en outre douze abbayes de Prémontrés à Prague, Saaz, Ighau, Reichenberg, Olmùtz, Tepl, Solau, Deutschbrod, Wiltau, Schlaîgt, Géras, Neureusch, ayant en tout trois cent cinquante membres.

En 1819, un décret pontifical unit la congrégation des chanoinesréguliers de Bologne à celle de Latran, et prescrivit que désormais cette congrégation, ainsi unie, s'appellerait l'ordre des chanoiitesréQi/Hers du Saint-Sauveur de Latran. Le cardinal Pacca fut nommé exécuteur de la bulle pour la révision de la règle qui fut solennellement approuvée, en 1840, par le pape Grégoire XVI, après que la sacrée congrégation des évéques et réguliers eut résolu les six questions suivantes qui furent posées : 1" doit-on et comment approuver les nouvelles constitutions des chanoines-réguliers du Saint-Sauveur de Latran, présentées par le P. Vincent Tizzani, vice-procureur général de l'ordre? Affirmative juxta modum; '2o convient-il d'admettre les modifications proposées par le R. P. abbé général? Af/irmative; 3o doit-on ajouter que, pour l'aliénation des biens meubles précieux et immeubles, on doit s'en tenir à l'extravagante Amôirioso', nonobstant ses antiques privilèges? Affirmative; 4o doit-on exprimer que pour l'expulsion des sujets indignes, on doit observer le décret d'Urbain VIII, renouvelé par Innocent Xll? Affirmative; 5o si l'on doit déclarer que pour l'érection de nouvelles maisons dites chanoinies, on doit s'en tenir à la constitution inslaurandœ d'Innocent X? Affirmative; 6o S'il y a lieu à d'autres changements? Ad eminentissimum / rœfer.tum cum Emo ponente.

Tous les canonistes savent que l'extrasagante Ambitiosœ susmentionnée se trouve parmi les extravagantes communes au livre du droit, ayant pour titre : De rébus Ef.clesiœ non atienandis. Elle est du pape Paul il. Elle défend, sous de très-graves censures, d'aliéner, d'hypothéquer, d'inféoder, de grever les biens ecclésiastiques, excepte dans les cas permis par le droit; de vendre et d'aliéner, sous quelque titre que ce soit, les meubles précieux des églises, les objets d'art, que leur rareté, leur valeur ou leur antiquité recommandent, les tableaux, les ornements anciens, les livres rares , les vases remarquables, les reliques, les arbres des jardins qui produisent un revenu.

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