‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 101 sur 297 · SOIXANTE · texte numérisé non relu

SOIXANTE

tites heures De se disaient qu'en particulier , ou enfin que ce concile ne parle que des heures et des offices auxquels il veut faire quelque changement. Aussi il ne parle de sexte et de Tépres que par occasion , afin d'en tirer des preuves pour régler les matines.

YI. Mais ce qu'il y a de plus considérable dans ce canon^ c'est l'affectation de ces évéques à imiter les offices des solitaires. Ainsi comme on ne peut douter que les religieux ne récitassent en particulier les offices qu*un obstacle invincible les avait empêchés de chanter avec les autres au cbœur^ il faut conclure la même chose des bénéficiers.

Le concile s'en explique assez clairement, en commandant à celui qui dira moins de douze psaumes à matines , de jeûner ce jour-là au pain et à Teau : a Quicumque minus, quam duodedm psalmos ad matutinum dixerit, jejunet usque ad vesperam, panem cum aqua manducet^ et non sit iUi altéra in illa die ulla refectio. p

Tous ces termes montrent évidemment qu'on n'y parle que d'un particulier. En efiTet, tout un chœur ne peut pas un jour plutôt qu'un autre diminuer le nombre des psaumes, et être puni d'une semblable peine. Ce qui suit montre encore clairement qu'il ne s'agit que des particuliers : a Et qui hoc facere contempserit, una hebdomada panem cum aqua manducet. » Il n'est pas même sans apparence que c*est à la ferveur ou à Tindévotion des particuliers qu'il faut appliquer ces paroles précédentes : a Ut possibilitas habet^ qui facit amplius^ pro se, et qui minus^ ut potuerit. d

Cette liberté ne peut guère convenir qu'à des particuliers en secret. Et quelle apparence 'f a-t-il que l'on punit si rigoureusement ceux qui diminueraient au chœur le nombre réglé des psaumes , et qu'on laissât impunis ceux qui, n'assistant pas au chœur, ne feraient absolument aucune prière? il est vrai que tous les clercs assistaient aux heures du chœur^ et' que leur nombre était grand, comme ce concile même nous apprend, par Tordre qu'il donne (Can. iv), que depuis le balustre jusqu'à l'autel, on n'admette que les clercs qui composent le chœur des chantres : a Pars illa quœ a cancellis versus altare dividitur, choris tantum psallentium pateat clericorum. o Mais il était impossible que de ce grand nombre de clercs il n'y en eût toujours que leurs occupations ou leurs infirmités empêchaient de se

trouver aux offices publics , et il n'est pas croyable qu'on les tint légitimement dispensés de la loi indispensable de la prière.

Les offices publics de l'Eglise n'étant institués que pour porter à la prière tous les fidèles et encore plus les ecclésiastiques , c'eût été une affectation de parade et de pompe^ de faire tant de lois pour les prières publiques, et mettre entièrement en oubli celles qui se doivent faire en secret.

VII. Je ne sais si on pourrait appliquer à cela le canon du concile 11 d'Orléans (Can. xiv) : a Clerici qui ofûcium suum împlere despiciunt, aut vice sua ad ecclesiam venire detrectant^ loci sui dignitate priventur. »

Ce terme d'office était déjà singulièrement consacré aux heures canoniales, comme il a été, et comme il sera encore aisé de le remarquer. Mais il est certain que le concile II de Vaison (Can. i), n'aurait pas si instamment recommandé à tous les curés d'élever dans leurs maisons autant de jeunes lecteurs qu'ib pourront; de leur apprendre le psautier, de leur faire lire FEcrilure, et de les instruire saintement dans la loi du Seigneur, s'il n'a* vait eu dessein que ce fussent là les moyens et les aides les plus propres pour les appliquer à la prière et à Tœuvre de leur salut, afin qu'ils pussent un jour travailler aussi au salut des autres.

« Juniores lectores quantoscumque sine uxore habuerint, secum in domo recipiant, et^ eos quomodo boni patres, spiritaliter nutrientes, psalmos parare, divinis leclionibus insistere^ et in lege Domini erudire contendant, ut et sibi dignos successores provideant, etc. »

VUl. Le même concile 11 de Tours (Can. xix), après avoir déposé les clercs majeurs qui auront violé la continence avec leurs femmes, leur permet néanmoins d'assister aux ofûces avec les lecteurs, a Eo permisso, ut inler lectores in psallentium choro coUigatur. »

Ces paroles^ aussi bien que celles qui ont déjà été rapportées, « Chori psallentium clericorum, » font voir que ce n'étaient encore que les lecteurs, les psalmistes et les autres clercs inférieurs qui chantaient les divins offices. Or, qui pourra croire que l'obligation de la divine psalmodie, qui est la plus Sainte de toutes, ne fût que pour les derniers et les plus jeunes du clergé?

Il faut donc reconnaître que bien que par office ce fussent proprement les clercs mineurs

BE L'OMOIRE BE L*OFFKaE CANOfQAL,

fit

qui fhsseût diargée) de la psalmodie publique, comme n'ayant presque pas d'autre occupation^ les clercs majeurs ne laissaient pas de s'y trouver quand ils n'étaient pas occupés ailleurs, ou de faire les mêmes prières en particulier, après leurs occupations finies^ comme étant les plus étroitement obligés de s'occuper de la prière.

IX. Durant la tenue du concile de Tours à Paris, en Tannée 577, Grégoire de Tours qui y assistait^ et de qui nous en avons rhistoire, dit que Frédégonde l'envoya visiter une nuit dans sa maison, après qu'il y eut dit ses nocturnes ou ses matines : a Ea vero nocte decantatis noctumalibus hymnis, ostium mansionis nostrsB gravibus audio verberrbus cogi, missoque puero nuntios Fredegundis reginœ adstare cognosco (L. V, hist. c. 19). »

Voilà donc un évèque de Tours, qui étant à Paris, y récite, ou y chante en particulier ses heures canoniales, même durant la nuit. Il est si vrai que les ecclésiastiques étaient accoutumés de s'acquitter durant la nuit même de ces devoirs de piété que les laïques mêmes en prirent occasion de célébrer les veilles de fêtes, c'estrà-dire les veillées de la nuit en prières dans leurs maisons, et c'est ce que le synode d'Âuxerre (Can. m, v) défendit aux laïques à cause des désordres qui s'y étaient glissés, c Non licet compenses in domibus propriis, nec pervigilias in festivitatibus sanctorum facere. » Comme il défendit pour le même sujet de boire ou de manger après la veillée des grandes fêtes durant la nuit : « In illa nocte non liçet post mediam noctem bibere (Can. ii). »

Je reviendrai à Grégoire de Tours, quand j'aurai dit ce qui me reste à dire des conciles.

X. Le concile de Narbonne, tenu en Tan 589 (Can. n), commanda de couper les psaumes trop longs, en entrelaçant le Gloria Patri. 11 défendit aux diacres, sous-diacres et lecteurs de quitter leur aube avant la fin de la messe : c Ne diaconus, subdiaconus, lector, antequam missa consummetur, alba se prœsumat exuere (Can. xn). » S'il ne comprend pas les prêtres dans cet ordre, c'est qu'il suppose qu'ils y assistent tous en chasuble. Mais ce concile (Can. xi) parle assez clairement de la récitation de l'office pour les prêtres et les diacres.

« Qui vero diaconus aut presbyter fuerit litteris ineruditus, et desidiose légère, vel implere of ûcium distulerit, et in ecclesia ad omnia utifis non fuerit, ab stipendie rejicieudum et inclinandum, quoadusque curvatus impleat^ et

defendat, quod esse cognosdtur. Âé fuid «vit in ecclesia Dei, si non foeril ad legendum eier* citatus? 0 Ces paroles^ « légère et implere of&cium, s me paraissent assez probablenoent se devoir expliquer de la récitation des divias offl* ces.

XI. Le concile de Hâcon tourna en ridicule les accusations formées contre saint Colomban, sur ce qu'il disait à la messe un plus grand nombre d'oraisons que ne portaient les règles communes , et il jugea que c'était pKitôt le louer que l'accuser, de dire qu'il priait plus Dieu que les autres.

Saint Âvit, évêque de Vienne, a parfaitemeot expliqué et justifié le terme de messe, Mis^a, terme qui a été autrefois employé pour signifier tous les offices de F Eglise. Car ce mot était ordinaire parmi les Romains, dans le palais même des grands, lorsqu'on congédîaii rassemblée, et on Fa pris, ensuite pour TassemUéie même : « In eeclesiis, palatiisque sîve pral»riis missa fieri pronuntiatur, cum populus ab observatione dimittitur. Nam genua hoc noBiinis etiam in ssecularibue autoribiia invenietis (Epist. i). n

XII. Mais il est tempe de revenir à Gcégoiffe de Tours, qui nous apprendra quelque obose de plus important pour notre dessein priacip«l^ qui est de faire voir les fondements de Tancienne obligation des clercs et des béa^ders à réciter le divin office (Hist., L i, c. 31). U dit que dès la première fondation de l'Eglîsa de Bourges, on y apprit aux clercs la psalmodie : « Ex bis ergo pauci admodum credentes^ elerici ordinati, ritum psaliendi suscipiunt (U u, c. 22). »

U dit ailleurs que saint Sidoine Apollinaire, évêque de Ctermont, fit un jour tout l'office par cœur, parce qu'on lui avait soustrait le livre dont il se servait. « Ablato sibi neqsiter libelle, per quem sacrosancta solemnia agere consueverat, ita paratus a tempore cuoctum festivitatis opus explicuit, ut ab omnibus miraretur; » que ce grand homme avait composé un livre d'offices, a de missis ab eo compositis (L. ni, c. 5). » Il parle ailleurs du cfaant perpétuel des psaumes dans le monastère d'Agaunum, ou de saint Maurice, « Psalientium ibi assiduum instituons (L. nr, c. 6). »

Un prêtre orgueilleux faisant une peiatare avantageuse de sa vie, n'oublie pas le chant continuel des psaumes depuis sa jeunesee; « Nostis me ab initio aetaiis meœ semper reli-

gioseTixisse, Yacasse jejuniis, eleemosynis delectatum fuisse, continuatas sœpius exercuisse Tigilias^ psallentio Tero jugi crebra perstitisse statione Docturna. »

Mais il me semble qu'on ne peut rien souhaiter de plus évident que ce qu'il dit de ces deux évoques, qui ayant été relâchés de l'exil que leur yie débordée leur avait fait justement souffrir, vécurent durant quelque temps dans les sentiments et dans les saintes pratiques de la pénitence^ passant le jour et la nuit à réciter le psautier, a In tantum compuncti sunt^ ut viderentur nunquam a psallentio cessare, celebrare jejunia, eleemosynas exercere, librum Davidici carminis explere per diem, noctesque in hymnis et lectionibus meditando deducere. » Ils se replongèrent bientôt après dans leurs premières débauches , et ne récitant plus leur office, ils semblaient avoir oublié Dieu : a Nulla prorsus de Deo erat mentio, nuUus omnino cursus memoriae habebatur, etc. Clericis in Ecclesia matutinas celebrantibus^ hi pocula mis* cebant, etc. (L. v, c. 20). »

On sait que ce terme Cursus, signifiait tout Toffice divin ou les heures canoniales. Cet auteur se sert ordinairement du terme Officium [L. T, c. 32). En parlant d'une église souillée pMT un sanglant combat, et où l'office divin cessa^ a Locus officium perdidit. i>

Le pieux évoque Grégoire, étant à Paris, et logeant près de l'église de Saint-Julien, y allait toutes les nuits chanter ses heures nocturnes vers le minuit : a Nos média surgentes nocte, ad reddendas Domino gratias, etc. In grossi sumns explere cursum, etc. Nobis psallentibus , etc. (L. ix, c. 6). o Ce qui nous montre que les ecclésiastiques qui étaient hors de leurs églises, ne se croyaient pas pour cela dispensés de Toffice divin.

Il dit en un autre endroit qu'lnjuriosus, qui fut le quinzième évéque de Tours , ordonna qu'on dirait à l'avenir tierce et sexte dans l'église; ce qui nous fait croire qu'auparavant on ne les disait qu'en particulier, comme il se pratiquait en plusieurs monastères : a Hic instituit tertiam et sextam in ecclesia dici, quod modo in Dei nomine persévérât (L. x). »

Nous en saurions davantage si les malheurs du temps ne nous avaient fait perdre les livres que ce pieux évéque avait écrits sur le psautier et sur les offices de TEglise : a In psalterii tractatum librum unum commentatus sum, de cursibus ecclesiasticis librum unum condidi

(De gloria Martyrum, I. ii, c. i^ 75, 86). > XIII. Ce même saint prélat parle souvent dans ses ouvrages des miracles de saint Martin^ et de la gloire des martyrs, ou des confesseurs, ou des vies des saints Pères, des vigiles, des psaumes et des hymnes qu'on y chantait , du cours, du chant continuel de quelques églises, des leçons, des passions des martyrs, de la récitation ou du chant d'une partie de l'office ayant la célébration de la messe : <k Lecta igitur passione, cum reliquis lectionibus, quas canon sacerdotalis invexit, tempus ad sacrificium ofTerendum advenit; » des messes du matin, qui supposaient les vigiles de la nuit :a Rénovant solemnia et tota nocte in vigiliis excubant^ mane autem facto dum missarum solemnia celebrarentur (Cap. xc) ; d de la psalmodie continuelle des clercs, en quelque petit nombre qu'ils fussent : a Cum portitores reliquiarum sancti Gregorii ad locumquemdam Lemovicini termini advenissent, ubi jam pauci clerici consertoligneis tabulis oratorio^ Dominum assidue precabantur, mansionem postulant; susceptique bénigne, noctem cum cœteris fratribus psallendo deducunt (C. ci), d

Voilà un petit oratoire où quelques clercs prient continuellement, récitant leur office aux heures du jour et de la nuit.

Il est vrai que cet auteur, parlant d'un prêtre qu'il pensa être noyé , dit bien qu'il avait attaché et pendu à son col le livre des Evangiles, ou son missel, son calice et sa patène, sans parler de son bréviaire (De glor. Confess., c. xxu ). Mais s'il disait tous les jours la messe, comme ces paroles le témoignent, comment le pouvait-il sans avoir auparavant fait la psalmodie ordinaire? Confessons donc que c'est pour cela que les clercs devaient savoir le psautier par cœur, moins pour les offices de TEglise , où Ton avait des livres, que pour la récitation qui s'en faisait en particulier, ou en voyageant, en un temps où les livres étaient plus rares et moins commodes à porter, qu'ils ne le sont dans ces derniers siècles : a Sacerdos pelago operilur , habens ad collum cum evangeliorum libre miniâterium quotidianum, id est , patenulam parvam cum calice ( Ibid., c. xxxi). » Or que les bénéficiers qui voyageaient s'acquittassent fidèlement des heures et de prières canoniales, même durant la nuit, outre les exemples qui en ont été rapportés^ en voici un autre du même auteur : a Quidam presbyter solitarius iter carpens , ad hospitio-

DE L'ORIGINE DE L'OFFICE CANONIAL, etc.

lum cujusdam pauperis Limanici roansionem expetiit : qua accepta, juxta morem sacerdotum Docte ab stalu suo consurgens, orationi adstiiit. 9

Ces paroles , a juxta morem sacerdotura , d sont à remarquer. Elles nous disent clairement que c'était la coutume de tous les prêtres de se lever la nuit pour la prière, même lorsqu'ils étaient en voyage. Combien est-il donc plus certain qu'ils s'acquittaient encore plus ponctuellement des heures canoniales du jour , lorsqu'ils ne pouvaient assister aux assemblées et aux chants publics de l'Eglise ?

Je passe beaucoup d'autres endroits qui serviraient à confirmer les remarques déjà faites , parce que je ne touche qu'en passant tout ce qui ne regarde pas l'obligation des ecclésiastiques à l'office et à la psalmodie (C. xxxvni,

XLVII, LXXI, CVl).

XIV. Je n'omettrai pas ce que dit saint Grégoire de Tours de saint Ambroise , qui ne voulait point que le lecteur commençât les leçons qu'il ne lui en eût fait signe : a Cui celebranti festa Dominicse diei erat ista consuetudo, ut Teniens lector cum libro, non ante légère prae* sumeret, quam sanctus nutu jussisset (De Mirac. B. Hart., 1. 1, c. 5). Après qu'on eût lu la leçon des prophètes , avant qu'on commençât celle de l'Apôtre , il arriva un jour que ce saint évêque s'endormit , et enfin on l'éveilla en lui disant, a Jubeat dominus lectori lectionem légère, » etc. Voilà les bénédictions qu'on donne aux lecteurs pour lire, et [la permission, ou le commandement qu'ils en demandent.

Il distingue ailleurs les vigiles qui sont les nocturnes , des matines , qui sont les laudes , et se disent le matin: a Vigilias implevimus, mane autem facto, signo ad matutinas commoto, reversi sumus dormitum (L. u, c. 1, 49]. Mais, pour ne pas m'éloigner trop de mon dessein principal, ce saint évêque raconte que saint Portien ayant été fait clerc et puis abbé, il vint un join* à la cour du roi Thierry qui passait en Auvergne , pour obtenir de ce prince quelque soulagement aux pauvres (Vitœ Patrum, c. v). Un grand seigneur, un matin, le priant de prendre du vin , il s'en excusa sur ce qu'il n'avait pas encore fait la révérence au roi et qu'il n'avait pas encore récité son office , a Quod nec régi dignum prœbuissetoccursum, et quod bis omnibus potius erat, nec dum adhuc Domino psalmorum decantationem del!>Itam exolvisset. »

Saint Gall, évoque, étant prêt de rendre l'âme (Ibid., c. VI ), demanda ce qu'on chantait à l'église, et l'ayant appris il récita lui seul tout l'office de matines, et l'ayant achevé dit adieu aux assistants , et s'en alla continuer au ciel une louange éternelle, a At ille psalmo quinquagesimo et benediclione decantata , et alleluyatico. » Voilà les laudes composées du Miserere ^ Au Benedicite omnia opéra ^ et des trois psaumes suivants que David même a marqués d'un Alléluia; a Cum capitello expleto ; » voilà le petit chapitre de l'Ecriture qui suit. « Consummavit offlcium totum temporis matutini ; quo jam extremo perfunctus officio , spirilum emisit, etc. d

Saint Grégoire, évêque de Langres, demeurant ordinairement à Dijon près du baptistère, y allait seul toutes les nuits réciter son office, a Nocte de strato suo nulle sentiente consurgens, ad orationemDeo tantum teste pergebat, ostio divinitus reserato, attente psallebat, etc. Psallentium per trium fere horarum spatium audiebatur, etc. Impleto cursu revertens ad lectulum, etc. (Ibid., c. vu). s> Et parlant d'un jeune solitaire : a Cum eodem sene duos vcl très annos faciens , psalterium memoriœ commendavit, etc. (C. xii). » Et ailleurs parlant de saint Nizier, évêque de Trêves : a Lectis lectionibus quas canon sanxit antiquus, oblatis muneribus super altare Dei , ait sacerdos, non hic hodie missarum solemnia consummabunlur , nisi communione privati prius abscedant (C. xvii). »

Enfin on ne peut rien voir de plus clair sur l'obligation des clercs à apprendre le psautier que ce qu'il dit de saint Léobard : a Cum reliquis pueris ad scholam missus , quempiam de psalmis mémorise commendavit, et nesciens se clericum esse tuturum, jam ad Dominicum parabatur innocens ministerium (Cap. xx). »

Tout ce que nous venons de rapporter dans les trois nombres précédents est tiré de Gré< goire de Tours.

XV. Nous ne pouvons omettre ce qui est rapporté de saint Germain, évêque de Paris.

Ses voyages ne l'empêchaient pas de réciter son ofQce, les rigueurs de la saison, la pluie et la neige ne l'empêchaient pas de le réciter la tête nue : a Qui equitans in Itinere, semper de Deo aliquid aut verbo contulit , aut cantavit. Cursum nudo capite dicens, etiamsi nix, aut imber urgeret (Surius, die 28. Mail, c. Lxxvm, lxxix, Lxxxn). » 11 récitait les heures de la nuit dans

Mon orartoirey B^ec les siens qu'il prévenait assez souvent par une longue psalmodie^ ayant que de les éYeiller^ sans que la rigueur du froid pût attiédir les ardeurs de sa dévotion : a Quantam vigiliarum curam semper impenderit, quis enarret, aut quis toleratos algores ardore fidei praedicety etc. Qui celebrata vigilia remeans ad lectulum, quasi nibil egerit, tune primum reliques excitabat. » Dès les trois heures du matin il entrait dans Téglise et n'en sortait point que tout le service ne fût achevé : a Ter-

tia noctis hora ecclesiam iogredieufi, non est egressus uUerius psallentium ab ordine, donec clarescente jam die -decantatus soiemniter cursus universus consummaretur ex canone. »

Toutes ces expressions eoot anciennes et font foi de la vérité de cette histoire.

Il est difficile que ceux qui ne sont point préoccupés, puissent se persuader, après cela, qu'on ne regardât alors le chant ou la récitation des heures canoniales, que conune une dévotion libre et arbitraire (I).

(1) Saint Agilool, motee de Lâiina, monta sur le siège Apiicopal d'ÀTignon en 638. Or, Toid ce qae la Chronologia Lirineruit dit de ce aaint éTÔqne : t Volait bons canoniou et dirina offlda, mysteria deinoepe in eadem eeclesia, eodem modo quo lolent in monaateriia, altérais Tidelicet cantibua recitari : nondam enim in bis parti bas in- ^ueiat iUe Boe, qnaai, aliqnot ante annoa Damaaua, pontifex mazi-

muB, invexertt, poeteaqne Plpinni wx in intimim GtUiam, Boum intulit, cam ^Yenione dia viguisset » L'histoire ecdésiastiqae a en effet conataté que Tosage de chanter k deaz obcsars les messes et lea divins offices, i>ar l'organe de tons les fidèles, commença dans U cathédrale d'Avignon dans U moitié da vue siècle, (Dt Akxulb.)

CHAPITBE SOIXANTE-SEIZIÈME.

ORIGINE DE L'OFnCE CANONIAL XH ESPAGNE ET EN AFEIQUE, ET L^OBIIGATION DE U KAGIIEE AU MOINS EN PAATIGULIER^ AUX SIXIÈME, SfiPIIEMB ET HUITIÈME SIÈCLES.

I. DiTerses remarques rar les parties de Tofflce, et les prouves de Tobligation de le réciter, tirées de saint Isidore, évèque de Séville.

n. m. Antres remarques et autres preuves tirées des conciles d'Espagne. De runiformité des offices^ imitation des moines, et de l'office divin.

IV. Le concile IV de Tolède vent que tonte I^Espagne soit uniforme dans ses offices. L'onité d'un concile national rendait cela presque nécessaire.

V. Ce même concile rétablit les hymnes qae le concile de Biagne avait bannies des offices divins.

Vi. VU. Les conciles nationaux et œcuméniques ayant réglé les cérémonies et les rubriques de Toffice canonial^ au moins en partie, nous devons n'avoir pour elles que des sentiments de respect.

VIII. IX. Nouvelles preuves de l'obligation à réciter l'office divin, tirées du même concile.

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