‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 134 sur 297 · VII. Exemples des peuples d'Orient · texte numérisé non relu

VII. Exemples des peuples d'Orient

Vlli. Rapport de la prière avec la continence des clercs.

L Pierre Damien s'entretenant un jour dans le palais épîscopal de Ravenne, avec une personne de qualité, et lui donnant diverses instructions de piété , n'oublia pas celle qui fait le sujet de ce discours, que tous les fidèles de- Talent tous les jours rendre à Dieu ce tribut religieux des heures canoniales. « Tandem ad hoc processit oratio, ut assererem, canonica septem horarum officia ab omnibus cbristianis fldelibus Deo quotidie quasi quoddam servitiitis pensum debere persolvi. »

Il fit depuis un petit ouvrage sur ce sujet, qu'il envoya à la même personne pour soutenir ce qu'il avait avancé, et il l'intitula des heures canoniales^ De Boris Canonicis.

Il y a fait voir que ces paroles de l'Ecriture^ et ces préceptes de prier sept fois le jour et de prier sans cesse, s'adressent à tous les fidèles et non pas au clergé séparément, et que c^est par les heures canoniales qu'on s'acquitte de cette obligation.

Après cela il convie tous les fidèles à réciter Foffice, soit aux champs, soit à la ville, en récitant les psaumes propres, si on a un psautier, ou en réitérant plusieurs fois un même psaume si on n'en a point ; enfin en disant plusieurs fois l'Oraison Dominicale , si Ton ne sait pas lire. « Nimirum si sunt psalmi, numerus impleatur; si unus tantum, prout canon postulat, iteretur. Quod si expers es omnimodo litteraruai, sola Oratione Dominica poteris implore quod optas (Cap. vu). »

Mais ce savant et pieux écrivain ne craint point après tous ces tempéraments, de dire que

ce n'est pas un service gratuit, mais un devoir nécessaire, et une dette qu'il faut nécessairement acquitter, a HaBC itaque christianse servitutis officia, non obsequium, sed debitum députa, et non voluntati, sed necessitati prorsus ascribe. »

II. Il est difficile après cela que cette dévotion n'ait régné longtemps dans Tltalie.

Le père du grand saint Charles disait son office tous les jours à genoux (Giossano, L i., c. 1). Mais le commun des fidèles s'était déjà bien ralenti de cette ancienne ferveur, lorsque saint Charles même, dans son concile IV de Milan en 1576, se contenta d'averiir les peuples que le concile IV d'Orléans avait autrefois commandé à tous les fidèles de prier plusieurs fois chaque jour, et d'ordonner aux évéques de faire tous leurs efforts pour rétablir la prière du soir et du matin, soit dans Téglise, ou en particulier, et dans les champs même (Conc. Med. IV, c. xxiv).

m. Si nous passons en Allemagne nous y apprendrons que l'empereur Lothaire entendait tous les matins trois messes, témoin Léon d'Ostie dans la chronique du Mont-Cassin. « Nempe sub imperii chlamyde cœlesti miiitabat régi. Nam ut ipse testis sum, in expeditione constitutus, summo diluculo missam pro defunctis, dehinc pro exercitu, tertiam postremo diei missam audiebat (Chr. Cassin.,

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