‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 150 sur 297 · V. Les canons de ce concile dissiperont in · texte numérisé non relu

V. Les canons de ce concile dissiperont in

failliblement tous les doutes, et lèveront toutes les difficultés qui pourraient rester. Car les Pères de ce concile (Can. vi), défendent d'ordonner des prêtres , des diacres, ou quelque ecclésiaFtique que ce soit, sans l'atlacber et l'assujétir au service d'une église, ou dans la ville, ou dans un village, ou dans une cha|»elle des martyrs, ou dans un monastère. » i^i v^omç

Il y avait donc des prêtres , des diacres , et d'autres ecclésiastiques qu'on ordonnait nonseulement pour les églises des villes et des villages , mais aussi pour les oratoires consacrés aux martyrs, et pour les monastères ; et ils étaient tous indifféremment obligés de résider et de servir dans ces lieux, auxquels ils étaient comme consacrés.

VI. Ce même concile {Can. viii) soumet indispensablement à la juridiction de l'évêque, les clercs qui ont la conduite des hôpitaux et

des monastères, ti xXn^ouX tûv irrwx.tûÂv, xm r&v p£v0i9-

TT.piuv. Enfin, ce concile (Çan. x),ordunne que les clercs qui ont été transférés d'une église à une autre, ne puissent plus loucher aux revenus de leur première église, ou des chapelles des martyrs, ou des hôpitaux qui lui sont soumis. Ces hôpitaux sont de deux sortes dans ce canon, les uns pour les pauvres, les autres pour les

passants : irrcùxttûw, ii Çtvo^'oy^fctwv.

vil. Le concile I" de Tolède (Can. v) blâme les prêtres, les diacres, les sous-diacres et les autres clercs qui n'assisteront pas à l'office divin qu'on célèbre dans l'église d'une ville, ou d'un château, ou d'un village, ou d'un hameau : a In loco in quo ecclesia est, aut caslello, aut vico, aut villa , » s'ils se trouvent ou présents, ou peu éloignés de ces lieux.

VIII. Ces châteaux, où ce canon permet de célébrer les saints mystères, étaient apparemment des lieux fréquentés par un nombre considérable de peuple, car le concile de Laodicée (Cap. LVHi) avait défendu de dire la sainte messe dans les maisons des particuliers. « Quod non oportet in domibus oblationes celibrari abepiscopis vel presbyteris. » On pourrait néanmoins répondre que ce concile ne parle que des maisons de la ville, et non pas de celles de la campagne.

IX. Car saint Chrysostome a employé les plus pressantes exhortations pour obliger les personnes de qualité de bâtir et de doter des églises, ou des chapelles dans leurs maisons de campagne, et d'y avoir un prêtre, un diacre.

DlLh bASlLlUUES ET DES CHAPELLES, btg.

ou d'autres ecclésiastiques pour y célébrer le terrible et saint sacrifice tous les dimanches, pour 7 chanter Tofflce du matin et du soir, pour y bénir la table, pour y instruire les enfants et les domestiques; enfin, pour y attirer par leurs prières toutes les bénédictions du cieL Ce Père ne se contente pas de les y exhorter, il en fait un commandement; il ne Teut pas qu'on ait égard, ni qu'on s'en excuse sur la proximité d'une autre église; enfin il juge que les aumônes mêmes ne doivent pas être préférées à une œuvre si sainte et si nécessaire.

a Oro ac supplico, et gratiam peto, imo et legem pono, ut nuUus qui habet villam, appareat, carere ecclesia. Ne mihi dixeris, prope est, in vicinia est, magnus est sumptus, non magnum commodum : Si quid habes insumendum in pauperes, illuc insume. Melius illuc, quam ibi. Educa magistrum, educa diaconum et saeerdotalem ordinem, etc. Venerabilis erit et presbyter postea, et ad securilatem agri conducet. Preces illic perpetuae propter te, laudes et synaxes propter te; oblatio per singulos dies Dominicos. Quale est matutinis Yespertinisque hymnis prsesentem esse, et simul prandentem sacerdotem videre, etc. An parum est in sanctis oblationibus nomen tuum referri, et quotidie pro villa preces ad Deum fieri? (In Acta., hom. xyiii] d

Enfin ce saint et éloquent Père les presse de se joindre au moins deux ou trois pour bâtir et pour renter une de ces églises dans leurs maisons des champs, a Et si quidem très fuerint domini, in commune conférant : si autem unus, et aliis vicinis suadeat. b

X. n est sans doute que ce conseil ou ce commandement de saint Chrysostome fut l'origine d'un fort grand nombre d'églises et de bénéfices à la campagne, ou quoiqu'on ne célébrât Tauguste sacrifice que les jours de dimanche, on y chantait néanmoins tous les jours, au moins au soir et au matin, les louanges de Dieu, et les fidèles y assistaient. C'est de ces sortes de lieux qu'on peut entendre les canons des conciles de Calcédoine et de Tolède qui ont été rapportés.

XI. Le même saint Chrysostome nous apprend ailleurs que les chapelles des martyrs et les cimetières étaient la même chose, parce que c'était le lieu où les corps des martyrs étaient ensevelis, et où ils dormaient du sommeil des justes, en attendant le jour tant dé-

Th. — Ton, n.

siré de leur résurrection glorieuse. A quoi il faut ajouter que les fidèles avaient une extrême passion de se faire enterrer auprès des saints martyrs, afin de participer à leurs mérites et aux sacrifices qui se faisaient sur leurs tombeaux : a Cujus rei gratia in hoc martyrio congregamur? quia hic mortuorum multitudo sita est. Ob id etiam ipse locus coemeterium appellatur ; ut discas mortuos qui hic siti sunt, non mortuos esse, sed somno consopitos esse etdormire (Tom. v, serm. xn, pag. 482). »

Socrate dit que les fidèles d'Alexandrie fuyant la communion de rjévêque arien Georges , firent leurs assemblées et leurs prières dans un cimetière (Socrate, 1. u, c. xxm).

XII. Saint Augustin a écrit un livre merveilleux sur ce même sujet : De cura pro morims gerenda^ où il reconnaît que la piété de ceux qui se faisaient enterrer dans les Basiliques des Martyrs^ n'était pas sans fondement , parce qu'il n'y a nul doute qu'ils n'aient part aux prières et aux sacrifices qui s'y font même en général pour tous les morts (Cap. iv,v, etc.). Ce même Père donne le nom de Cimetière aux mémoires ou aux oratoires des martyrs (Epist.

LXUI).

XIII. Saint Jérôme parle aussi des Basiliques des Martyrs et des sacrifices qu'on y offrait par toute la terre. Car voici comme il réfute Vigilance, qui s'était insolemment emporté, aussi bien qu'autrefois Eunomius, contre cet usage de l'Eglise : a Haie facit ergo Romanus episcopus, qui super mortuorum hominum Pétri etPauli, secundum nos ossa veneranda, secundum te vilem pulvisculum offert Domino sacrificia, et tumulos eorum Christi arbitratur altaria? Et non solum unius urbis sed totius orbis errant episcopi, qui cauponem Vigilantium contemnentes , ingrediuntur basilicas mortuorum (Adversus Vigilan.). »

Le respect pour ces basiliques des martyrs était si extrême, que saint Jérôme témoigne qu'il n'osait lui-même y entrer, lorsqu'il pensait que la pureté de son âme avait été souillée par les moindres fautes et les plus vénielles : a Ego confiteor timorem meum , quando iratus fuero, etaliquid mali in animô meo cogitavero, et me noctumum phantasma deluserit, basilicas martyrum intrare non audeo. Ita totus et corpore et animo perhorresco. »

Ainsi, quoiqu'Optat eût assuré, dans son troisième livre, qu'on avait commencé d'ensevelir dans les églises : a Cum aliqui in basilicis

306 DU SEœND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE QUATRE-VINGT-TREIZIEME.

sepeliri cœpissent, etc., » il semble taire connaître, dans le sixième^ qn'il y avait des cimetières proches des basiliques pour la sépulture des fidèles. Car il reproche aux donatistes de n*aYoir usurpé les basiliques que pour se rendre maîtres de tous les cimetières : a Ad hoc basilicas invadere Yoluistis, ut vobis soliscimiteria Tindicetis, non permittentes sepeliri cor-> pora catholica. »

Voilà comme le respect empêchait plusieurs de se faire enterrer dans les basiliques des martyrs.

XIV. L*oratoire portatif de l'empereur Constantin ne doit pas être oublié, puisqu'il y avait un nombre considérable d'ecclésiastiques qui y faisaient le divin office, et qui accompagnaient toi^ours ce pieux empereur dans toutes ses campagnes. Eusèbe, Socrate, Sozomène et Théodoret en ont parlé comme d'un trophée de l'Eglise qui triomphait de ses ennemis (Socrate, 1. 1, c. xiv).

XV. Voici une autre sorte d'oratoire fort surprenante. Théodoret dit que le solitaire Marcien, faisant briller de toutes parts les rayons de son incomparable vertu, plusieurs lui bâtirent des oratoires, arvu^ç eùx-mpiouç, pour l'y attirer : ce que le saint ayant appris, il fit jurer trois de ses confidents d'enterrer son corps après sa mort, et de n'en découvrir le lieu à personne ( Hist. Relig., c. m). Ainsi son sépulcre étant demeuré inconnu l'espace de cinquante ans, les oratoires qu'on lui avait préparés furent consacrés, les uns aux apôtres^ les autres aux martyrs, dont on y porta des reliques.

Le saint solitaire Haron ne fut pas si heureux à donner des preuves de son humilité même après sa mort. Car après une longue contesta-

tion entre les peuples divers qui prétenduent d'emporter son corps, ceux des villages voisim l'enlevèrent et lui bâtirent un temple magnifique, <rmx^ (liftoTov , où ils s'asscmblaicut pour célébrer ses louanges et recevoir ses bimifaits(Ibid. c. xvi).

Jacques exerça sur le haut d'une montagne toutes les éminentes vertus d^un parfait solitaire (Ibid. , c. xxi). On lui bâtit avant sa mort une grande chapelle dans le village voisin ; et Théodoret même lui prépara un sépulcre. Ce saint religieux en étant averti fit promettre à Théodoret qu'on l'enterrerait sur sa montagne ; Théodoret y fit transporter son tombeau, et afin que les pluies et la gelée n'en gâtassent pas la pierre, il y bâtit une petite chapelle. Jacques, pour ne pas souffrir que ce fût là son mausolée, y assembla des reliques des prophètes, des apôtres, et des martyrs, pour habiter avec les saints après sa mort, et pour ressusciter un jour en leur compagnie. <r Cum sanctorum populo habitare cupiens, et cum eis resurgere (Ibid. , c. xxiv). 9 Zébinas se fit admirer durant sa vie par ses austérités, et après sa mort par les fréquents miracles qu'il faisait dans un grand temple qu'on lui avait

bati^ arvixbv (lE'jftaTov.

XYI. Saint Jérôme dit que le lieu de la sépulture de saint Antoine fut inconnu, selon les ordres qu'il en avait donnés, de peur qu'on n'y bâtît une église, a Ne Pergamus qui in illis locis ditissimus erat, sublato ad villam suam sancti corpore, martyrium fabricaret. » On rendit à ces admirables solitaires les mêmes honneurs qu'aux martyrs, parce qu'ils furent les martyrs de la pénitence (In vita Hilarionis).

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