X. Des chapelles qui relevaient des chapitres
XI. Des chapelains des oratoires domestiques; Tévèqne lei donnait.
ym. Leur avilissement dans la France.
L Saint Boniface^ archevêque de Hayence, donne le nom de titres et de celles aux églises. < Per titulos et cellas nostras, plusquam triginta ecclesias yastaverunt. i>
Le terme de celle est ordinairement réservé aux petits monastères. Les monastères avaient des oratoires domestiques, selon le concile de Francfort ; a De monasterio, ubi corpora sanctorum sunt^ ut habeat oratorium intra claustrum, ubi peculiare officium, et diuturnum fiât (Epist. IV ad Stephan. IL Pap., can. xv). »
Il est encore bien plus certain que les monastères des filles n'avaient que des oratoires domestiques , puisque les canons déclarent si souvent que ni les laïques, ni les clercs n'y pourront entrer, et que le prêtre même en sortira après avoir célébré la sainte messe (Concil. GalL, tom. ii, p. 252). Voici un capitulaire du même Charlemagne.
a Ut nullus in monasterio puellarum, vel ancillarum Dei întrare prœsumat, nec presbyter, née diaconus, nec subdiaconus, vel clericus, aut laicus, nisi tantum presbyter ad missam celebrandam , qui, missa celebrata, statim exeat (Ibidem, c. v). »
C'était une espèce de bénéfice pour ce prêtre dont révêque disposait comme de tous les autres, a Juxta quod episcopus ipsius parochise ibidem ordinarit. » Mais comme ces prêtres ne pouvaient pas résider dans ces monastères, ils étaient attachés à d'autres églises, d'où ils venaient célébrer la sainte messe dans ces oratoiles de religieuses.
Voici ce qu'en dit le concile de Mayence (Cap. xxvi), célébré en 813. a Ut presbyteris per monasteria puellarum opportuno tempore liceat missarum solemnia celebrare^ et iterum ad proprias ecclesias redire. »
II. Hais enfin on se résolut de donner une église et une maison au prêtre, au diacre, au sous-diacre, et aux autres clercs qui servaient les religieuses, afin qu'ils y célébrassent les divins offices, outre la messe qu'ils allaient chanter dans l'oratoire domestique du couvent, pendant laquelle les filles mêmes chantaient en chœur (Conc. Tur. III, c. xxix). C'est la constitution du concile d'Aix-la-Chapelle (Gap. xxvu) dans la règle des chanoinesses.
a Presbyteris qui in monasteriis puellarlbus
missarum solemnia celebrare debent, extra monasterîum sit locus et ecclesia, ubi cum ministris suis habitent, et divinœ servitutis obsequium expleant; et nonnisi statuto tempore monasterium ingrediantur puellarum, et cum eis diaconus tantum et subdiaconus , et non amplius ibi immorentur, nisi in missarum celebralionibus ad sancti moniales publiée faciendis. Quibus rite celebratis illico foras egrediantur, sanctimoniales namque vélo ante posito, ut moris est , horas canonicas et missarum solemnia célèbrent, o
On conjecture aisément de là que si les églises des religieuses sont depuis devenues publiques, c'a été parce que Ton a transféré leur messe solennelle et leur chœur de l'oratoire domestique dans cette église extérieure , qui n'avait été destinée d'abord qu'au clergé qui les servait.
m. Il y a même bien de l'apparence que de ce clergé destiné^ à servir les monastères de religieuses, il s'en est quelquefois formé des chapitres et des paroisses, comme il parait encore en tant d'endroits. Il s'est aussi formé de petits chapitres de quelques celles qui relevaient des abbés. Car quoique les celles fussent ordinairement habitées par un petit nombre de moines qui relevaient d'une abbaye , il y en avait néanmoins qui n'étaient que pour des chanoines, c'est-à-dire pour de simples ecclésiastiques qui ne laissaient pas de vivre dans la dépendance des abbés réguliers.
Cela se voit fort clairement dans un statut des abbés de France assemblés avec leurs moines à Âix-la-Chapelle, en 817. a Ut abbatibus liceat habere cellas, in quibus aut monachi sint, aut canonici, et abbas provideat, ne minus de monachis ibi habitare pennittat, quam sex (Cap. XLiv). »
Il y a grand fondement de croire que ces celles n'avaient été originairement que pour des moines, et que ces moines s'étant facilement relâchés, à cause de leur petit nombre et de réloignement de l'abbé, ils prirent premièrement la vie et ensuite le nom même des chanoines. Mais on ne peut douter que plusieurs bénéfices et prieurés simples ne soient enfin provenus de ces celles de chanoines, et même de celles des moines, lorsqu'étant au-dessous du nombre de six, on leur substitua des ecclésiastiques, comme nous le ferons voir dans la suite de cet ouvrage.