‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 16 sur 297 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

C'est ainsi que ce saint homme pratiquait admirablement et faisait pratiquer à son clergé ce quil avait fait ordonner dans le canon du IV" concile de Carthage, que nous venons d'alléguer. Possidius ne dit pas que saint Augustin ou ses clercs fussent vêtus comme les moines , aussi il ne Tavait jamais été, et quoique le séminaire où il vivait en commun avec ses clercs soit quelquefois appelé un monastère par luimême et par les auteurs du même temps, nous montrerons dans la suite qu'on n'y faisait nullement profession de la vie monastique, quoiqu'on en pratiquât les vertus. Nous dirons plus bas, que les vêtements communs de saint Augustin et de son dergé, étaient a Linea et byrrus. »

Il dit ailleurs lui-même, que les habits de lin étaient sous ceux de laine, et que la seule tunique de laine paraissait dehors. « Lana carnale aliquid, linum vero spiritales signiflcat, quia in ordiue vestimentorum interiora sunt

linea Testimenta , lanea Tero exteriora (Vide Serai. 217, de temp., et 45, de Diversis). » Un peu plus bas il donne le nom de tunique à cet habit de laine.

XVII. Pontius, diacre de saint Cyprîen, nous a appris quels étaient les habits de ce saint évêque, en nous décrivant comment il s'en dépouilla en se présentant au bourreau qui allait le décoller : « Expoliavit se byrro, et dédit carniflcibus. Dalmaticam vero tradidit diaconibus, et stetit in lineis^ expeclans spiculatorem. »

La discussion exacte de ces habits nous arrêterait trop longtemps , et nous aurions de la peine à en donner un éclaircissement qui satisfit les plus curieux. Mais sans approfondir la chose, on ne peut guère douter que Thabît de dessus, qui fut le premier dont il se dépouilla^ ne lui fût commun avec tous les laïques, puisqu'il le donna lui-même aux bourreaux, et que les auteurs profanes parlent tous du môme habit, en marquant les vêtements communs entre les Romains.

Ajoutons à cela la maxime également sage et pieuse du même saint Cyprieu, que les chrétiens devaient faire connaître la profession qu'ils faisaient d'une vertu éminente, par la sainteté de leur vie, et non pas par la singularité de leur habit : <x Nos qui philosophi, non verbis, sed factis sumus : nec vestitu sapientiam, sed veritate prœferimus (Cyprian. De bono patientiœ] . i>Tertullien assure que tous les chrétiens ne diffèrent en rien des païens pour les habits, et les autres choses différentes : a Homines vobiscum degentes, ejusdem victus, habitus, instructus (Tertul. Apolog.,

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