‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 190 sur 297 · DES APOCRISIAIRES OU NONCES DU PAPE · texte numérisé non relu

DES APOCRISIAIRES OU NONCES DU PAPE

éTèqiie deGésarée en Cappadoèe, qui en était le défenseur. L'empereur fut bien .aise qu'on lui déférât tant d'autorité dans les malières de doctrine : a Annint Imperalor facillime, gaudens se de talibua causis Judicium ferre. »

L'évèque de Césarée , par un motif de yengeance , proposa les trois fameux chapitres dont il savait bien que la condamnation ne déplairait pas moins à Pelage et aux occidentaux. Ils furent tous deux assez malheureux pour réussir dans leur dessein, et s'attirer l'un Fantre une condamnation réciproque.

« Ulud iiquere omnibus credo , per Pelagium diaconum, et Theodorum episcopum hoc scandalum in Ecclesiam fuisse ingressûm. »

Quoi qu'en dijse^ Libérât, Dieu ne. laissa pas de tirer d'un plus grand mal un plus grand bien, et de faire servir les passions des hommes aux avantages de son Eglise , à la condamnation des erreurs et de leurs auteurs , et à Téta* blissement de son invincible vérité.

XIX. Le crédit que Pelage s'était acquis dans sa nonciature de Gonstantinuple, fdt le degré par lequel il monta sur le trône de saint Pierre, après la mort de Vigile. Il fut appuyé principalement de la faveur de l'empereur Justinien, qui avait offert au clergé romain fie faire Pelage pape dès lé vivant de Vigile, et à qui. le clergé avait promis de l'élire , selon ses ordres ,- dès nue Vigile serait mort.

a Restitue nobîs modo Vigilium, et quamdo eum voluerit Deus transire de hoc sœculo, tune Ycstra prœceptione nobis ddnetur Pelagiiis archidiaconlis nosier. » C'est ce qu'en dit Anastase B.blioi' écaire, dans la vie de Vigile.

XX. L'histuire ne nous fournit pas les apocrisiaires que Pelage et s^es successeurs, Jean et Benoit, envoyèrent à Gonstantinople; et nous ne pouvons pas môme assurer s'ils y en envoyèrent toujour9 sans interruption. Pelage II y envoya celui dont parle saint Grégoire ^ quand il dit que son prértécesseur avait envoyé tm apocrisiaire à Ck>n6tantinople, selon la coutume, et lui avait défendu d'assister à la messe du patriarche Jean le Jeûneur, après qu'il eût i|surpé le nom insolentde patriarche universel : ttEt archidiaconum , quem jnxta morem ad vestigia dominorum tran>miserat, noissarumr vobiscum solemnia celebrare prohrbuit (L. iv, ep. 38, 36). i>

Quand il dit que Pelage II avait envoyé son apocrisiaire^ selon la coutume, Je^or^a morem, il

nous donne sujet de croire que ses prédé^sseurs en avaient aussi envové.

XXI. Saint Grégoire fui lui-même envoyé par le niême Pelage, pour faire cette fonction à Gonstantinople, après qu'il Feut ordonné diacre. Il le dit lui-même : « Cum me in Constantinopolitana ciyitate Sedis ApostolicsB responsa constringerent (Epist. ad Leandrum, id praef: Moral.) » Et ailleurs : « Temporequo pro explendis responsis Ecclesise ad principem ipse transmis§us sum, etc. Dnm jussione pontificis mei in Constantinopolitanae urbis palatio, responsis ecclesiasticis deservirem (Diatog.^ 1. m, c. 32, 36). »

Ces termes de saint Grégoire nous apprennent : i"" Que le nom d'apocrisiaire, qui est grec, ou de Responsalis^ qui est latin, marque la charge qu'ils avaient de recevoir les réponses , c'est-à-dire , les rescrils des souverains pontifes, et de les exécuter : ^ Siquidem pro explendis responsis Eccleisise ad principem transmittebantur;» S^que les apoerisiaires aval 'ut apparemment un appartement dans le palais impérial : « Dum inConstantinopolitancB urbis palatio deservfrem. x> Cela paraîtra encore clairement ci-dessous.

XXII. Saint Grégoire étant nonce à CoBstantinople, après une longue dispute contre le patriarche de. Gonstantinople Eutychius, sur la résurrection des corps y et après une longue

"dissension, força enfin ce patriarche de rétracter.-ses erreurs sur ce point de la créance catholique, et l'empereur Tibère, après les avoir ouïs lui-même , fit brûler le livre d'Eutychius.

Jean Diacre (L. i, epîst. 31) a compris sommairement le reste des actes de la nonciature dans ce peu de termes, où il nous renvoie aux lettres que le pape Pelage lui écrivait. «Quanta autem' auforitate niinisterium sui apocrisiariatus impleverit, quantœ reverentis apud Augustos extiterit, quantaqué sollicitudine affiicUe Italise succurri saepius fecërit, si quis plenius nqsse desidcrat, epistolas P^lagii ad eum percurrat. »

Il ne rapporte qu'une de ces lettres, qui , suffit pour nous persuader qu'une des plus pressantes obligations que les papes imposaient * à leurs nonces, était de procurer du soulagement à la.ville de Rome et à l'Italie , et d ubte- nir un [^ui^>ant secours contre les Lombards.

XXUl. Saint Grégoire fut fait pape^ et sa nonciature ne fut pus inutile pour faire con-

DU SECOND ORDRE DES aERCS. — CHAPITRE CENT-HUITIÈME.

sentir Tempereur Maurice à son élection. II envoya son apocrisiàire à Constantinople , et lui défendit de célébrer avec le patriarche Jean, s'il ne renonçait au titre nouveau et ambitieux S!œcumémque.

« Et ante per alios responsales meos, et nunc perSabinianum diaconum/etc. Eum si emendari noilet , Missarum solemnia cum fraternitate vestra celebrare prohibui (L. iv, ep. 38), %

Ces expressions font foi que ces nonces étant diacres > assistaient en fonction de diacres à la messe du. gatriarçhe, et ainsi ils célébraient avec lui /si quelque mésintelligence ne le leur faisait défendre.

Cela est encore plus clair, quand ce pape dit (L. VI, epist. 30) que pour lui il se faisait assister à sa messe par le diacre du patriarche Jean à Rome, mais qu*it ne souffrait pas que le sien assistât ce patriarche à Constantinople : a Mecum feci eos sacra missarum solemnia celebrare, quiasicut meus diaconus ad exhibenda saactamysteria illi non débet ministrare, ita , etc. »

L'évêque de Constantinople avait donc aussi ses apocrisiàires à Rome. Celui de Ravenne voulant «n envoyer un extraordinaire à Constantinople, il demanda à saint Grégoire .qu*il le recommandât au diacre Ahatolius , qui était son nonce près de Tempereur (L. ix, epist. 2).

XXIV. Nous avons parlé ci-devant de la. commission que ce pape donna à son nonce de Constantinople, de juger tous les différends qui naîtront entre Adrien, évêque de thèbes, et Jean de Larisse, son métropolitain, à la juridiction, duquel il l'avait soustrait, à moins que ces différends ne fussent d'une si extrême importance, qu'il fallût les rapporter au Saint- Siège (L. II, ep. vu).

L'empereur avait déjà auparavant délégué la même cause entre ces deux évêques, à Honorât, diacre de Rome, et à Sébastien, officier de l'empire, et après avoir ouï leur rapport, il avait absous l'évéque Adrien.

XXY. Phocas étant parvenu à l'empire, et ayant fait ses plaintes à saint Grégoire, de ce qu'il n^avait point trouvé d'apocrisiaire de sa part dans sou palais, selon l'ancienne coutume; ce pape lui fit entendre que la dureté du règne précédent en avait été cause, et avait donné une si extrême aversion du séjour de Constantinople, aux ecclésiastiques de Rome, qu'on ne pouvait trouver personne qui voulût y aller exercer la noncjature.

a Nam quod permanere in palatio, jQxta an« tiquam consuetudinem Apostolicae Sedrs, diaconum vestra serenitas non invenit, non hoc meae negligentiae, sed gravissimae nécessitât» fuit. Quia dum ministri omnes hujus nostrs ecclesiae tam contrita asperaque tempera cum formidine declinarent, atque retugerent, nulli eorum poterat imponi, ut ad urbem regiam in palatio permansurus accederet (Liber u^ ep. IV, v).»

L'espérance d'un gouvernement plus favorable fit résoudre saint Grégoire à envoyer en même temps un défenseur qu'il créa diacre, pour être son nonce auprès de Phocas : « Unde eum autore Dec diaconum feci, et sub celC'* ritate transmittere studui, qui cuncta, qns in bis partibus aguntur, invento opportune tempère, valeat clementiae vestrae suggerere. Propter quod rogo, ut serenitas vestra ei pias auresi inclinare dignetur. Qualiter enim quotidianiè gladiis, et Longobardorum incufsiooîbus, etc. (Baronius, au. 603, n. 5). »

XXVI. fie ces termes de saint Grégoire il est manifeste : 1" que ces apocrisiàires étaient toujours des diacres, qu'on ordounait exprès pour cela; â** qu'ils demeuraient aetuellement dans le palais impérial de Constantinople ; 3* que les mauvais traitements de l'empereur Maurice obligèrent enfin saint Grégoire à n'en- . voyer plus de nonces à sa cour ; ^ que si ces nonciatures étaient utiles au pape, à l'Eglise romaine et à l'Italie, elles n'étaient pas moins avantageuses aux empereurs, auxquels elles ' étaient comme autant de gages de ramitiê des papes, et de leur soin à maintenir les intérêts de l'empire dans l'Occident ; 5' que la commission de ces nonces ne leur donnait aucu^Q^. juridiction , si elle ne leur était donnée pF une délégation particulière^ coiQme pous l'a* vons remarqué dans quelques c^ singuliers.

XXYIl. A saint Grégoire succéda Sabinien, qiû avait été son apocrisiàire à Constantinople, et à Sabinien Boniface III, qui était ce même apocrisiàire que saint Grégoire avait envoyé à Phocas.

Le pape Martini^ avait aussi fait les fonctions d'apocrisiaire à Constantinople, avant son pontificat, comme le remarque Anastase Bi' bliothécaire. fiais après les cruautés inouïes que l'empereur Constant, monothélite, exerça contre ce saint pontife , ^t les mauvais traitements que les apocrisiàires du pape Théodore avaient déjà reçus à Constantinople de la part

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