CHAPITRE NEUVIÈME
DES CHAPITRES SOUS L*EHPIRE DB GHARLEMAGNB.
I. On appelait chanoines ceux qui avaient pour règle les canons de l'Eglise ; et on donnait le nom de réguliers à cenz qui
'^soivaientla règle de saint Benoit.
II. Pépin et Ctaarlemagne commencent à presser tous les ec« clésiastiques de vivre en communauté dans des cloîtres, et à suivre la règle de Tévèquede Meta^ Grodogangue.
lil. Les conciles font des ordonnances pour cela.
IV. L'exécution ne put s*en Taire aussitôt dans tontes les Eglises, faute de revenus temporels.
V. Ressemblance de ces congrégations de cbaooines avec les abbayes de moines.
Yi. Il se forma des congrégations de chanoines hors des cathédrales, par le relâchement de quelques moines, à qui on permit de se séculariser et de vivre en chanoines.
VU. Preuves qu'il y avait des congrégatitns de chanoines, outre les chapitres des cathédrales et les communautés de moines.
VUI. NoQvelles preuves de ce qui a été avancé dans le nombre sixième.
IX. La règle de Grodogangue fut commune aux chapitres des cathédrales et aux chanoines des collégiales ; aussi bien que celle du concile d'Aix-la-Chapelle^ sous Louis le Débonnaire.
X. Nouvelles instances pour mettre tous les chapitres en communauté.
XL L'évèque y vivait avec les chanoines.
Xn. Ce chapitre vivant en communauté avec l'évèque^ faisait son conseil, et était vraiment le même que l'ancien clergé, qui gouvernait les diocèses avec l'évèque et sous l'évêque.
Xin. Nouvelles preuves de cela.
XIV. Fondation de nouvelles collégiales^ outre celles dont il a été parlé.
I. Il 7 a eu deux sortes de chapitres, les uns composés de chanoines , les autres de moines ; ceux-ci dans un monastère, sous la direction d'un abbé, et ceux-là vivant aussi en communauté^ sous la puissance de Tévêque.
Le concile de Vernon (Can. xi), sous le roi Pépin, en 755, distingue admirablement ces deux sortes de communautés religieuses. « De illis hominibus, qui dicunt quod se propter Deum tonsurassent^ et modo res eorum vel pecunias babent, et nec sub manu episcopi sunt , nec in monasterio regulariter vlvunt * placuit ut in monasterio sint sub ordine regu-
lari , aut sub manu episcopi sub ordine canonico. »
On ne peut pas donner la qualité de réguliers aux chanoines, dont il est parlé dans ce canon, puisqu'ils sont opposés aux moines, à qui la qualité de réguliers y est affectée : ces termes : « Regulariter vivunt, sub ordine re-
gulari , » ne conviennent qu'aux mom&. ù qui vient de Tobservance de la règle de mi Benoît; les chanoines tiraient leur nom del profession qu'ils faisaient de vivre selon te canons. C'est là le véritable sens de ces prôles , a Sub ordine regulari, sub ordine canonico. D
Voilà la véritable origine du nom de cb* noines pendant le siècle de Charleraagne, cff dans les siècles précédents, il est plus ttusemblable que ce nom était attribué à tous ceux qui étaient écrits sur la matricule de l'église, qu'on appelait aussi de ce d«d Mxm; comme en étâait les bénéflcicrs,fiifin, voilà le sens primitif de ce terme de réguliers, qui a été depuis étendu au delà desesandeones bornes.
Si j'ai confondu les monastères aveclcs chapitres, c'est parce que plusieurs chapitres ont été composés de moines qu'on avait substitocs à la place des chanoines dont la conduite n'avait pas paru assez édifiante. J'en donnerai les exemples ci-après : remarquons toujours m que le même concile fait mention de clercsqnj vivaient sous la discipline de leur abbé, et (jm étaient aussi immédiatement soumis à l'éTêqne diocésain. Par ces derniers on peut entendre avec quelque fondement les moines, qui avaient passé dans le clergé, et qui dépendaient encore en quelque manière de leur abbé , et dont on pouvait considérer les maisons comme dtf monastères. C'est peut^tre de ces compap"® de clercs qu'il faut entendre un autre can^ du môme concile. « Ut clericî ^^^^^^^ sint, nisi pro causa Ecclesiarum, o^^ episcopo suo, vel abbate (Can. xvï). »
II. Charleraagne garda la même distin^ des moines et des chanoines, mettant au n^ des chanoines absolument toupies eccw^ tiques qu'on commençait de <^^^^^^^^ une douce et sainte violence, à vivre e munauté. . ^^
« Canonici observantia ^^"'^Jj,!»!^ chi proposito consecrationis, e^. o"""