DES HABITS DES CLERCS A L'AUTEL
orario utroque humero circumseptus, sicut et tempore ordinationis suae dignoscitur consecratus ; ita ut de udo eodemque oratio cervicem pari ter et utrumque bumerum premeos^ signum in suo pectore praeferat crucis (Caa. m, iv). »
IX. Ces dernières paroles nous montrent que la figure^ la disposition, la couleur et la matière des habillements sacrés ne laissé pas de contenir des significations mystérieuses, quoi-
. que l'origine de leur usage soit venue de quelques rencontres et de circonstances bien diverses. L'étole, par sa blancheur^ convient à la pureté des anges.' Lorsqu'elle voltigeait sur Tépaule du diacre^ elle marquait leurs ailes et leur activité.
L'étole croisée sur Testomac des prêtres, leur apprend à porter l'amour de la croix dans le plus profond de leur cœur. Si elle entoure leurs épaules, et pend également de part et d'autre, cela marque leur confiance et leur fermeté inébranlable dans la pratique des vertus sacerdotales , parmi les adversités et les prospérités du siècle, a Sacerdos orario utroque humero ambiatur, scilicet ut qui imperturbatus praecipitur consistere, inter prospéra * et adversa,. virtuium semper ornamento utrobique circumseptus (Ibidem), b
L'Eglise est un monde nouveau et mystérieux, doQt il est bien plus véritable que du monde matériel, que les moindres parties qui le composent^ ont une éloquence muette, mais claire et intelligible pour faire entendre les merveilles de réternité.
X. Je finirai ce chapitre par une relation édifiante de la manière toute sainte dont Ferrand, diacre, dit que saint Fulgence s'habillait pendant son épiscopat.
La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher des austérités delà vie monastique, a Non ita factus est episcopus, ut esse desisteret monachus (In ejus vita, cap. xviu). p Jamais il ne I><orta d'habit de prix ; il n'eut jamais qu'une tunique,' il ne se servit jamais de l'étole des évêques* Il ne quitta jamais la ceinture des moines. 11 n'usa jamais des souliers ni des chaussures des clercs. Il n'eut jamais de chasuble précieuse, et n'en soufl'rit point à ses moines. 11 ne craignit point de porter à Taulel
la même tunique avec laquelle il avait couché, étant persuadé que la sainteté du terrible sacrifice de l'Agneau céleste demande plutôt le changement des cœurs que des habits.
a Nusquam pretiosa vestimenta quœsivit.
Una tantum vilissima tunica^ sive per œstafem, sive per hiemem est patienter indutus. Orario quidem sicut omnes episcopi nullatenus utebatur, pellicio cingulô tanquam monacbus utebatur, etc. Nec calceamenta suscipiens clericorum, etc., casulam pretiosam^ vel superbi' coloris^ nec ipse habuit^ nec suos monachos habere permisit^ etc. In qua tunica dormiebat^ in ipsa sacrificabat; et in tempore sacrificii mutanda esse corda potius quam vestimenta dicebat; d
C'était Tamour de la pureté et l'horreur des impuretés même involontaires des songes qui jetait quelquefois les saints religieux dans le scrupule de porter à l'autel la même tunique avec laquelle ils avaient reposé la nuit. Saint Fulgence en usait autrenient, parce que sa pureté n'était pas même susceptible des suggestions ou des illusions impures. Au reste, cet amour, non-seulement de là modestie, mais de la pauyreté que ce saint prélat faisait éclater, même dans les ornements du sacrifice, nous apprend excellemment que si la somptuo» site des habillements sacrés honore la religion et édifie les peuples, l'éclat de la pauvreté a encore quelque chose de plus brillant et de plus édifiant aux yeux purs des âmes éclairées.
Hais, soit qu'on honore Dieu par la magnîfi* cence des ouvrages admirables dont il est le créateur, soit qu'on révère J.-C. par des marques éclatantes de la pauvreté évangélique, on afTecte et on a toujours afTecté de mettre quelque difTérence entre les habillements consacrés à Tautel et ceux de l'usage civil, quoiqu'il y en ait eu plusieurs qui ont pMsé de l'usage commun au service des autels.
Ainsi Jean , diacre , a eu raison de dire dans la vie de saint Grégoire , que saint Jean , l'apôtre, n'a pu exercer un si long pontificat sans avoir des ornements propres à son divin sacerdoce, a Per tôt annos pontificium gerens et solemnia frequentissime celebrans sine saoerdotibus esse vestibus nequaquam potuit (L. iii^ c. 59). 9
54 DU SECOND ORDRE DES aERCS, ~ CHAPITRE QUARANTE-HUITIÈME.