‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 37 sur 297 · DE L'HABIT ECCLÉSIASTIQUE DANS L'ÉGUSE · texte numérisé non relu

DE L'HABIT ECCLÉSIASTIQUE DANS L'ÉGUSE

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per quam brachiuin pcKSsit extrahi juxta rem.»

L'auteur de la Yie de saint Benuon, é^êque de Misne, semble faire Burchard, jadis évêque de Misne, auteur de cette distinctiou de chapes chorales pour ses chanoines, a Primus paîlio nigro linea yeste superinjecto illos uti docuit (Apud Surium, die xn. Junii). » Mais ce n'était qu'aux jours de jeûnes qu'on portait ces chapes noires, a Prœcipuœ esurialibus quadragesims diebus. i»

Le concile de Ravenne, en 1317 (Can. iv), donne le choix de la chape ou de Taube dans réglise. a In ecclesils utantur cappis, yel cottis albis. I»

Le concile de Lavaur en 1368 (Can. xiti), obligea les abbés, les prieurs, les prévôts, les doyens , les archidiacres et les chanoines de porter les chapes noires depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, excepté les jours qu'ils portent des chapes de soie : a Déférant cappas nigras, exceptis diebus quibuscappis sericis uti soient.»

Le concile de Bâle (Sess. xxi, c. 3 ; can. xiii) exprima la longueur des surplis qu'on avait commencé d'accourcir, et qui descendaient encore plus basque la moitié des jambes : a Horas canonicas dlcturi, cum tunica talari, ac superpelliceis mundis , ultra médias tibias longîs, Tel cappis, juxta temporum ac regionum di- Tersitatem, ecclesias ingrediantur. » Ce qui fut répété en mêmes termes dans le concile de Soissons , en 1456 , et dans celui de Sens en 1528.

On pourrait douter si ces anciens surplis avaient des manches , tant parce que ce n'étaient que comme des chapes de lin, or les chapes n'avaient point de manches , que parce que c'est la différence que le concile de Narbonne, en 1551 (Can. xl), semble mettre entre le surplis et le rochet : a Presbyteri oranés supparo, aut linea, non manicata veste, sive roqueto induti assistant. »

Le premier concile de Milan (Can. l) ne nous laisse pourtant pas douter qu'au moins dans ritalie le surplis n'eût des manches^ dont la largeur le distinguât du rochet : a Superpellicia iatis sint manicis^ non anguslis instar rocheti. »

V. Le concile de Tours, en 1583 (Can. xni], veut encore que les surplis descendent plus bas qu'à mi-jambe : a Superpelliciis ultra médias libias propendentibus^vel cappis, cujusqueloci servato more. »

Th. — Tome IL

Mais le concile d'Aix, en 1585 , détend absolument les surplis sans manches, et nous apprend parla qu'autrefois ils avaient été sans manches, au moins en quelques églises, conune étant des chapes de lin : « Superpellicea etiam manicas habeant. lUa autem quœ manicis carent, et quœ non superpelliciorum, sed mantilium potius nomine digna sunt, omnino prohibemus (L. m, tit. v, c. 7). »

Il est remarquable que ce concile veut que les chanoines, aux jours qu'ils portent la chape, usent de rochets sous la chape. Enfin, le concile de Mexico blâme les surplis curieusement ouvragés, ou brodés, et si courts, qu'ils ne descendent (^s sous le genou : « Superpellicia recte , aUove eleganti artiflcio elaborata, aut adeo contracta, ut infra genu non dimittantur, ne induant. »

Il nous reste une difficulté à éclairdr sur la lettre du pape Nicolas III , où not s avons vu qu'il avait réglé les ofQces et les habits des chanoines de Saint-Pierre de Rome. Car hors des heures de l'office divin il ne leur permet pas d'être dans l'église sans un habit décent, qu'il exprime en ces termes : a Saltem succas habeant, et super eas chlamydes , ante pectus, vel post coUum annexas. »

Je ne sais s'il ne faut point Hre Saccos , au Ueu de Succas. Au moios il y a bien de l'apparence que ce terme ne signifie autre chose que ce surplis sans manches, qui est encore en usage en quelquer endroits , et que l'on vient de défendre dans le concile d'Aix. Je ne sais si saint Charles ne 1 eût point aussi condamné, puisqu'il suppose que celui dont le prêtre doit se vêlir avant que de prendre l'aube pour cé-> lébrer la messe , doit avoir des manches. (Ada Ecoles. MedioL, pag.740.) Mais enfin ces surplis sans manches sont encore en usage dans plusieurs églises, surtout pour les porter sous la chape.

Il est même fort probable que c'était l'ancieH surplis , comme une chape de lin. Siméon , archevêque de Thessalonique , le représente comme le premier ornement de la cléricature, et comme une chemise de lin : « Propriam ordinis sui vestem habet lector, quae camision vocatur, habetqne phenolii parvi, vel sticharii ex lino figuram. (De sacris ordinat. c. ii.) »

On sait que le mot latjn Camisia signifie l'aube, dont les lecteurs effectivement s'habillent quelquefois. Ce surplis dont saint Charles a souhaité que le prêtre s'habiiiâl avant que de

prendre Taube, me semble D*être autre chose que cette aube commune à tous les clercs, et qu'ils devaient porter, au moins les clercs sacrés, même dans la vie civile. Rathérius faisait le même commandement, quand il ordonnait d'avoir une aube pour le sacrifice, distinguée de la commune. Or le même Siméon , de Thessalonique , parlant du grand pheriolium des prêtres, assure qu'il n'a point de manches et qu'il représente un sac. Le terme latin cotta est demeuré dans notre langue. Car nous appelons une cotte d'armes , et par là même nous faisons connaître, que les surplis descendaient jusqu'à terre.

Un des plus anciens qui ait parlé du surplis, est Etienne de Tournay : « Superpelliceum novum, candidum, talare (Epist. cxxni.) » Il ne différait guère de l'aube s'il couvrait les talons. Honorius l'appelle a vestes albœ, laxaB, talares. » Il ajoute que les sénateurs usaient de ces sortes d'habillements, et que c'est delà qu'ils sont entrés dans l'Eglise : a Hujusmodi vestibus etiam senatores usi sunt, ex quibus in ecclesiasticum usum transierunt (Gemma Animae. 1. 1, c. ccxxxii.) »

11. Rallier (De sacris elect., pag.4070) croit que la tunique de lin, inlinea^ avec laquelle saint Cypriea fut décapité, était la chemise commune et non pas un habillement sacré ou ecclésiastique, puisqu'au temps des persécutions il n'eût pas été de la prudence de se distingtier des païens par les habits. Il importe donc peu de confesser que toutes ces tuniques, chemisis, aubes ou surplis de lin, étaient à peu près de même matière et de même forme, mais la destination en était fort différente.

YI. Je passe du surplis au bonnet, ou à l'aumusse. Le concile de Ravenne, en 1 317 (Can. iv), ordonne aux ecclésiastiques de couvrir Icurtéte: a Pileo, vel birretto, vel armutia oblonga ad aures. » Biais cela s'entend de l'usage commun et non pas des offices divins. Ainsi rhabillement de tête n'était pas différent dans l'église, ou hors de l'église , ni même entre les laïques et les ecclésiastii^ues. Il est probable que le chaperon et l'au musse étaient d'abord la même chose, qu'on appelait c^y:;?///7im, parce qu'il couvrait la tête, ti armutia^ parce qu'il couvrait aussi les épaules. Néanmoins on en fit après [a distinction, puisque le concile de Râle (Sess. xxni, c. 1.) défendit d'assister à Téglise avec le chaperon, obligeant les ecclésiastiques d'y porter leur aumusse ou leur bonnet : a Non ca-

putia, sed almutias, vel burretta tenentes in capite. »

La chronique de Flandre (Cap. cv) parlant de l'empereur Charles IV, quand il vint à Paris et que le roi Charles Y lui alla au-devant hors de la ville, dit a que l'empereur osta aumusse et chaperon tout jus, et le roy osta son chapel tant seulement. » Le continuateur de Nangis dit que : a L'empereur osta sa barrette et son chaperon, et aussi le roy. 9

Il parait de là (Can. xni) 1* Que la barrette et l'aunfiusse étaient la même chose, aussi bien que le chaperon et le chapeau, si ce n'est que ce qu'on appelait alors caputium^ et que nous avons depuis appelé chapeau, servait à couvrir la tête par-dessus l'aumusse. â"" Que les séculiers et les rois même couvraient leur tète d'une aumusse. Ainsi l'aumusse était commune aux laïques et aux clercs (Can. ni).

Le concile de Soissons, en 1456, renouvela le même règlement du concile de Râle. L^ concile de Sens, en 1528, changea les termes en faisant ce statut : < Caputia, almutias, vel birreta tenentes in capite. s Le concile de Cologne, en 1536 (Tit. de Canonicis, c. xiv.) c Sit vestis talaris, sint pilei, qui birreta vocanlur, sint camisiaB. o Le concile de Reims, en 1583 : a Sinesuperpellicio, almutio, etaliis canonicorum insignibus inecclesia comparere, omnino irreligiosum est, etc. »

Il faut néanmoins remarquer que ces termes ne se prennent pas toujours dans le même sens, on les confond quelquefois, et les aumnsses sont enfin devenues le vêtement des chanoines, qui les distingue des autres ecclésiastiques, ce qui est une innovation des derniers siècles.

Voici vraisemblablement ce qui y a donné occasion. Presque tous les laïques ayant quitté toutes les couvertures dont ils avaient coutume de se servir ne se couvraient plus la tcte qu'a^ vec des chapeaux , et réciproquement les couvertures dont se servaient les gens de campagne et les voyageurs avaient passé en usage dans les villes.

Le concile de Tours (Cap. xiii] en la même année : a Rirreta tenentes in capite, vel c<iputia, juxta temporum et regionum diversitatem. » Il y avait donc quelque diversité entre les Eglises, et peut-être même qu'en divers temps on usait de l'aumusse, ou du chaperon. Ce même concile (C. xiv) ne laissa que le bonnet aux curés dans l'église , leur défendant le chapeau : «Cum birrelis, non vero galeris. 9 Ce

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