DE L'HABIT ECCLÉSIASTIQUE DANS L'ÉGLISE
mot birretum avait apparemment déjà pris la MgnificatîoD de boonet carré, et aiasi le terme de caputium pourrait bien signifier ou Taumusse ou le capuchon de la chape chorale en hiver.
Cette conjecture peut se fonder sur le concile de Bourges, en 1584 (Titul. xn, c. m) : c Horas caoonicas dicturi, cum tunica talari, fiuperpelliceis mundis , almutiis, pileis quadratis^ vel cappis nigris pro temporum et re^ gtonum dlversitate utantur. d
VU. Si nous n*aYons pu remonter bien haut pour découvrir l'origine de ces habillements de tête propres à TEglise, c'est que l'usage n'en est nullement ancien.
Ce fut en l'an 1243, que les religieux de TEglise métropolitaine de Cantorbéry impétrèrent du pape Innocent IV, le privilège de couvrir leur iête d'un bonnet, pendant les divins offlcet, parce qu'y ayant assisté jusqu'alors tête ime , ils en avaient souvent contracté de fâcheuses maladies.
c Vestris supplicationibus inclinati , vobis utendi pileis , vestro ordini congruentibus , cum divinis interfueritis officiis, concedimus liberam facultatem, ita tamen quod in lectione evangelica, et elevatione corporis Domini Jesu Christi^ et in aliis débita reverentia observetur (Rainald. an. 1^3, n. 41.) »
Il y a donc quelques endroits de l'office divin où les ecclésiastiques .doivent être découverts, savoir pendant la lecture de l'évangile et à Té* lévation du corps de Notre-Seigneur.
Cette exception se trouve remarquée dans les constitutions du légat du Saint-Siège dans le concile de Nicosie en Chypre, en Tan 1313^ pour tous les prêtres qui célèbrent : a Post ablutiooem manuum niliil omnino teneant in capite propter frigus, vel aliud : nam facerent jnagnam irreverentiam, atque intolerabilem sacramento (n. 132). »
Si le pape traite ici les clercs plus doucement que le légat du Saint-Siège, c*est apparemment parce que les clercs, auxquels le pape écrivait, habitaient un climat très-froid et trèsmalsain; au lieu que le légat du pape écrivait aux habitants de Tile de Chypre^ qui est un climat fort doux et fort tempéré.
VIII. La mitre des évêques ne fut pas non plus d'abord un ornement propre et particulier pour les offices divins. Innocent 11^ après avoir donnné une audience favorable au saint évêque d'Irlande, Malacbie, prit la mitre de dessus
sa tête, et la mit sur cdle de ce saint prélat : a Tollens mi tram de capite suo, ifnposuit c^piti ejus. ]» Baronius rapportant ces paroles de Bernard dans la vie de saint Malacbie, y remarque fort bien que le pape avait toujours la mitre quand il donnait audience : « Hos namque erat, nonnisi mitratos Romanos pontifices ad audientiam admittere petentes audiri. (Baronius an. 1137, n. 35.) d
Cela se confirme par la lettre des Arnaldistes de Rome à Conrad , roi des Romains , où ils l'assurent que le pape a fait sa paix avec ie prince de Sicile , en lui accordant le sceptre et l'anneau , la dalmatique , la mitre et les sandales : a Concordiam inter Siculum et papam hujusmodi esse accepimus. Papa concessit Siculo virgam et annulum , et dalmaticam, et miiram atque sandalia. (An. 1144 , Otho Frising. de gestis Frid. 1. ii, c. 28.) »
IX. Quand Benoit IX accorda aux Polonais la dispense du prince Casimir, diacre et religieux de Cluny, pour lier plus étroitement toute cette nation à l'Eglise, il les obligea de porter, toutes les fêtes de Notre- Seigneur et de la Sainte Vierge, non pas une étole , mais un linge blanc pendant à leur col^ à la façon d^une étole. a Panno linteo albo in stolœ modum dependente cervicem exomare (Baronius, an. 1041^ n. 11). »
Ce sont les paroles de Longin dans son histoire de Pologne, qui dit aussi que ce pape obligea en même temps les Polonais de couper leurs cheveux selon la coutume des autres nations latines. Il faut s*en tenir là sans s'arrêter à la chronique de Cluny, qui veut que c'ait été la tonsure des moines de Cluny et l'étole des diacres, a Perpétue portarent tonsuram ad modum Cluniacensium, et in signum diaconi stolam ad modum diaconi déferrent (Bibl. Clun., pag. 1616). »
Les Polonais firent depuis relâcher cette double obligation en fondant un monastère de l'ordre de Cluny (Voyez ci-devant c. xlu, n. 9).
X. Quant à l'étole, il semble qu'on l'ait affectée plutôt à Tadministration des sacrements qu'à exercer ou faire remarquer la juridiction. Le concile de Rouen, en 1072 (Can. v), défend aux prêtres de donner le baptême s'ils n'ont l'aube et l'étole. a lodutus alba et stola. d
Les ordonnances synodales de Rouen (Synod. Rotom., pag. 22i, 450), tant anciennes que nouvelles, font assister les curés au synode
U DU SEœND ORDRE DES aERGS. — CHAPITRE CINQUANTE-TROISIÈME.
avec l'étole. II est yrai que la lettre synodale de Rathérius, é^êque de Vérone^ à ses curés, leur commande de porter toujours rétole, cNuUus sine stola in itinere incedat (Conc* tom. 9, pag. 1272). Mais Tétole semblait signifier dans cet endroit les habits propres aux ecclésiastiques. Aussi il suit immédiatement après, » NuUus induatur yestimentis laicalibus. » Tout au plus Tétole serait propre à un curé, mais elle ne serait pas une preuve de sa juridiction, puisqu'il la porte hors de sa cure même. In itinere.
Les constitutions synodales d'Eudes, évéque de Paris, et celles de plusieurs autres de ses successeurs font assister les curés aux synodes de l'évêque en aube et en étole au temps de Pâques, en surplis et en étole en automne (Tom. X, Couc, p. 4801 ; Synodicum, Paris, 3, 256, 294). Le concile de Bude, en 1279 (Can.xix), leur donne aussi Fétole dans les synodes. Le synode de Cologne, en 1280, donne Tétole dans le synode aux abbés, aux prieurs, aux archi-
prêtres et aux doyens seulement. Le synode de Ntmes, en 1284 (Cap. i)^ n'en donne point non plus aux curés.
Le premier concile de Milan, en 1565, ordonna que les sacrements fussent toujours administrés en surplis et étole : « Sacerdotes in sacramentorum ordinatione semper superpellicium et stolam adhibeant. »
Le concile V de Milan, en 1579 (Cap. x), prescrivit aux confesseurs réguliers de n'entendre les confessions qu'en surplis et en étole. Le concile de Rouen, en 1581 (Can. xxxii), fit assister les curés au synode en surplis et en étole. Celui de Reims , en 1583, fit le même statut Le concile d'Aix, en 1585, renouvela le décret du concile V de Milan.
Les usages des diocèses peuvent être divers, et il peut y en avoir où Tétole est une marque de juridiction. Mais ce que nous venons de dire suffit pour croire que le nombre n'en est pas grand , au moins il n'est pas le plus grand.