DU PALLIUM DES ORIENTAUX
tur, atque etiam ipso habitu illud omnibus ostendii^ se boni illius ac magni pastoris imitatorem esse^ qui gregis infirmitates sibi ferendas proposuit (L. i, ep. il6). »
Les actes de Métropbaoe et d'Alexandre, rapportés par Photius^ dans sa bibliothèque (Cap. Gcxxxvi), rapportent que Métropbane» évoque de Bjzance, déclara pour son successeur le prêtre Alexandre, absent^ en la présence et à la prière de Tempereur Constantin, mit son pallium sur l'autel et commanda qu'on le lui gardât, a Pallium, tt(M<poptov, sacrœ mensas deponit, prsecipiens illud successori servari. :»
IL ^ Libérât dit que Fancienne coutume d'Alexandrie était que celui qui devait succéder à révêque défunt veillât sur son corps, mit sur sa téfte la main droite du défunt^ et après ravoir enterré se revêtît du pallium de saint Marc, après quoi il était intronisé. « Consue* tudo est Alexandrie, illum qui defuncto succedit, excubias super defuncti corpus agere, manumque dexteram ejus capiti suo imponere, et sepulto manibus suis, accipere collo suo beati Marci pallium^ et tune légitime sedere (Breviarii, c. XX). »
Ce même auteur remarque que le pape Félix ayant fulminé la sentence de déposition contre le patriarche Acacius, de Constantinople , il ne se trouva qu'un religieux du monastère des Acœmètes, qui eut le courage de Tattacber à son pallium lorsqu'il s'avançait pour célébrer la messe, après quoi il se retira, a Cbartam damnationis dum ingrederetur ad celebranda sacra I suspendere in ejus pallio et discedere (Cap. xvui). i>
Enfin cet auteur (C. xxni) dit que Pelage, DDnce du pape à Constantinople vint par ordre de Tempereur, à Gaze, où il déposa Paul, évéque d'Alexandrie, en lui ôtant le pallium. a Et auferentes Paulo pallium, deposuerunt eum^ et ordinaverunt pro illo Zoilum. i> On peut voir d'autres exemples pareils dans cet auteur.
IIL Justinien ayant élevé Eutycbius au pa* triarcat de Constantinople, il fut ordonné en recevant le pallium et se revêtant tout ensemble de la persomie de J.-C. portant son troupeau fugitif sur son dos^ et donnant la paix à son peuple. « Ovis errantis typum super bumeros toliity in sedem sublimem ascendit, in solio sedet, atque pastorum principem Christum in •œlos revertentem imitatur, dicens, pax omnibas (Surius^ c. xix, ixvi. Aprilis 6). n
Ce saint prélat fut ensuite banni de son siège
et il passa auparavant toute la journée prosterné devant les autels avec son pallium ; <x Constitit ante altare, solitisque yestibus et superhumerali indutus, quod semper secum habebat, usque ad vesperam, precationibus incubuit. »
Ces paroles, a quod semper secum habebat, » semblent insinuer que ce saint patriarche portait toujours son pallium, comme nous avons déjà remarqué que saint Césaire portait même par la ville, en se promenant, sa chasuble ; et le concile de Liptines a donné aux prêtres les chasubles comme rbabiUement ordinaire.
lY. Car il faut concevoir le pallium, Tomophorion et la chasuble, comme un habillement qui embrassait et environnait tout le corps, dei^uis le col jusqu'aux talons, sans mancbes et n'étant ouvert que pour y passer la tête , en la même manière que les anciennes chasubles de cent ou deux cents ans nous le font paraître^ et telles que seraient encore nos chapes , si elles étaient fermées par devant. La plus grande différence des chasubles communes et de celles qui servaient à l'autel^ du pallium des évéques et de la chasuble des prêtres^ venait de la somptuosité des unes et de la simplicité des autres.
Coostaos étant venu à Rome, au temps du pape Vitalien, o£Fï*it à l'autel des ornemente enrichis d'or et de broderie, qui servirent à la messe. Celui qui a écrit la vie de ce pape, leur donne le nom de pallium. c Obiulit super altare pallium auro textile, et celebrataB sunt misss. p Dans la vie du pape Agathon^ il est dit que le YP concile général déposant l'hérétique monothélite, Macarius, patriarche d'Antioche, lui fit ôter son étole : a Orarium auferri prsecepit, etc. Orarium abstulit. o Mais il en vaut mieux croire les actes du concile même, qui assurent qu'on lui ôta son pallium. « Nudetur circumposito ei pallio (Act. vm). »
Y. Saint Germain , patriarche de Constantinople, n'a pas oublié le pallium dans la description qu'il fait de tous les ornements sacerdotaux : a Humerale, «»|M<popiov, est pontiQcis, ad exemplum stolse Aaron, quam gestabant légales pontifices, sudariis longis lœvo humero circumponentes, ad significandum jugum mandatorum Christi . Humerale autem quo episcopus circumdatur, signitiôat ovis pellem, quam errantem cum Dominus invenisset super suis humeris assumpsit, etc. Habet autem et cru-
ces, quia Christas snper faumero ipse quoque gestavit crucem (In Theoria rerum Eccl.)- *
Ces dernières paroles nous apprennent que les Grecs avaient déjà parsemé de croix leur pallium, et lui avaient donné le nom de iroxu-
VI. Mais ce que ces paroles nous font remarquer de plus considérable, est que le palHum dans la Grèce était commun à tous les évêques et n'était apparemment réservé ni aux patriarches, ni aux arclievéques, ou aux métropolitains. Saint Germain et Isidore de Damiette disent simplement et généralement que le pallium est l'ornement le plus éclatant des évoques, qui se met par-dessus tous les autres, qui les distingue des ordres inférieurs^ et qui les revêt en quelque manière de la personne du souverain pontife et du Pasteur éternel J.-C.
Il n'est pas aussi sans apparence que les évêques grecs usaient du pallium à tous les divins offices, et qne les Latins n'ayant reçu le pallium que plus lard et par le bienfait du pape, ils Tout reçu aussi avec des limitations que nous allons remarquer, mais que nous montrerons en même temps avoir été rehaussées par des avantages très-considérables.
VU. On pourrait néanmoins douter si les évêques grecs usaient du pallium dans tous les offices. Isidore de Damiette assure qu'ils le quittaient, même dans la messe solennelle , pendant qu'on lisait l'évangile, comme déférant cet honneur au souverain Pasteur, qui est alors présent et fait entendre lui-même sa divine voix à ses chères ouailles. « Dum ipse verus pastor per adorandorum evangeliorum apertionem accedit, tum assurgit episcopus, et imitationis habilum deponit, Dominum ipsum ])astoralis artis ducem et Deum et herum ad« esse significans (L. i, ep. 136). »
Saint Grégoire ayant défendu à Tévêque de Kavenne, d'user du pallium hors des jours et des offices solennels destinés à cela, pour adoucir la peine que cet évêque témoignait ressentir de cette limitation, ce saint pape écrivit à son nonce, à Constantinople, qu'il s'informât si les métropolitains de l'Orient qui avaient trente ou quarante suffragants, en usaient autrement, a Sicubi iste usus est, ut in letaniis cum palliis ambulent. Absit ut per me Ravennatis honor Ecclesiœ in aliquo inmiinui videatur (L. 1^ ep. 15). b
Ce pape qui avait lui-même été nonce à ConstanUnople avant son pontificat, et qui y
avait bien pu remarquer toutes les différences de la discipline des deux Eglises, était persuadé que les mêmes limitations de Tusage du pallium étaient reçues dans l'une et dans l'autre Eglise. Nous n'avons pas la réponse qu'il reçut de son nonce, mais puisque ces limitations n'ont pas été ôtécs, on peut bien en conclure que les églises d'Orient étaient en ce point dans le même usage que celles d'Occident, puisque ce pape protestait qu'il ne voulait rien refuser à l'évêque de Ravenne de oe qui était en usage parmi les métropolitains d'Orient. Le concile VIII œcuménique nous rendra cette limitation des lieux et des temps bien plus certaine, comme il paraîtra dans la partie suivante de cet ouvrage.
VllI. On pourrait encore douter si les patriarches orientaux n'envoyaient point aussi le pallium à leurs métropolitains, comme les métropolitains le donnaient aux évêques dans leur consécration. Saint Grégoire envoya le pallium aux évêques de la première Justinienne, de Corinthe, de Nicopolis, qui étaient métropoles dans les provinces orientales du ressort du patriarcat d'Occident, et où la discipline était apparemment un peu plus approchante de celle de l'Orient (L. nr, epist. 7, 8, 55, 56; L v, ep. 7).
Le même pape, pour régler les prétentions de l'évêque de Ravenne sur l'usage du pallium, lui écrivit qu'il s'informerait par son nonce de la coutume des. métropolitains du patriarcat de Constantinople , comme s'il supposait que ces métropolitains recevaient le pallium du patriarche de Constantinople, comme celui de Ravenne le recevait du pape. Enfin, nous dironsailleurs que Photius, patriarche deConstantinople, envoyait encore des palliums aux évêques de son parti, pour les lier toiyours plus étroitement à ses intérêts.
EX. Hais ce qui ne peut pas être mis en doatet c'est que le pallium était donné dans l'Orient, aussi bien que dans l'Occident , avec quelque dépendance de l'empereur, au moins durant quelques siècles. Le pallium était originairement un habit impérial, dont les empereurs chrétiens, par un efl'et de piété singulière, avaient voulu honorer la royauté du sacerdoce; fest pourquoi on leur rendit durant un temps considérable cette déférence, et conune cette reconnaissance de leur bienfait. Libérât dit qu'Antime se voyant déposé du siège patriarcd de Constantinople^ par le pape Agapet,