I. Voir plus haut, p. ^^ note
LETTRE D'UN SICILIEN. }i
jours inégales, il n'y a de la persévérance que dans les mauvaises choses, surtout dans Thyver i qui dure ici huit mois, avec toutes les rigueurs de cette saison qui succèdent les unes aux autres, pluyes, neiges, grêles, gelées, frimats, et un tems noir qui cache le soleil les mois entiers. Ce n'est donc pas une grande merveille si les Français s'accomodant à l'inconstance de leur climat sont si remplis de légèreté, et si les Dames portent en même tems un manchon d*une main* et un éventail de l'autre'.
39. Pendant le carême, le peuple court le matin au . sermon avec une grande dévotion, et l'après-dîné à la comédie avec le même empressement. Il y a ici trois théâtres * qui sont continuellement ouverts pour divertir ceux qui aiment ces sortes de plaisirs. Sur l'un, on représente des spectacles en musique, et les deux autres sont remplis, Tun par les comédiens François, et l'autre par des comédiens italiens. Chaque troupe travaille à l'envi pour s'attirer des spectateurs, mais la foule se
I. L'hiver est la saison des pluies, non des frimas, en France.
a. L'habitude de porter des robes dégagées eut pour conséquence l'emploi des écharpes, mandilles ou mantilles espagnoles, des pelisses empruntées aux peuples du Nord, de ^palatines, ainsi nommées de la princesse qui les introduisit en France. L'usage des manchons commença à devenir plus commun, quoique ces fourrures fussent toujours réservées aux femmes de haute qualité.
j. Le luxe des éventails fut aussi porté très loin au zvii* siècle ; dans l'origine, ils étaient formés de plumes. Plus tard on fit desC^ éventails d'ivoire et d'autres matières, qu'on orna de ciselures, de sculptures et de peintures qui avaient quelquefois une grande valeur. ,