XIV INTRODUCTION
de mai 1688. Marana est encore l'auteur d'ua ouvrage sur les révolutions du xvii« siècle, qui parut sous ce titre : Entretiens d'un Philosophe ^vec un Solitaire sur plusieurs matières de morale et ^érudition [Paris j 1696, in- 12). Ce livre, dont il parle comme d'un ouvrage qui était en état de paraître en .1683, ne parut qu'en 1696, après la mort de Fauteur. Oa promet dans la préface plusieurs autres pièces de Marana, qui avait, dit-on, laissé quantité de manuscrits. On ignore ce qu'ils sont devenus *.
c On ne peut disconvenir que Marana ne fût ua esprit vif, orné d'une infinité de belles connaissances, qu'il avait acquises par une application constante à l'étude. Histoire, morale, théologie, physique, politique, tout est de son ressort, tout lui paye une sorte de tribut dans le cercle des connaissances qu'il avai c parcouru. Mais son imagination était plus brillante que forte. Il saisit toujours le côté agréable des sujets dont il parle : il les effleure tous et n'en approfondit aucun. Bien plus occupé de plaire au commun des lecteurs que de satisfaire ceux qui exigent partout de l'exactitude et une vérité sévère dans les faits, il adopte sans scrupule quantité d'anecdotes incerr taines, dès qu'elles ont quelque chose de piquant. Aussi ce serait se tromper que de le regarder, dans
I. Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (fonds italien, n® 990) possède cet ouvrage de Marana.
INTRODUtTION. xv
l'histoire du dernier siècle, comme un garant sur la foi duquel on peut compter. Son vrai talent était le style épistolaire, dont la liberté, égale à son génie, le débarrassait d'une gêne méthodique qui Teut mis trop à Tétroit. Quoiqu'il soit aisé de voir qu'il avait une lecture étendue de tous les bons auteurs de l'antiquité, il esc cependant facile de remarquer que Plutarque, Sénèque, les deux Pline et Velleius Paterculus étaient ses auteurs favoris.
« On trouve un Mémoire sur la vie et les ouvrages de Maranuj composé d'après ses ouvrages par Dreux du Radier, dans le Journal de Verdun (septembre et octobre 1754) ; j'en ai extrait ce que je viens de dire de cet homme singulier. »
Après une biographie aussi complète d'un personnage qui a tenu un certain rang parmi les littérateurs du siècle de Louis XIV, et qui a laissé des ouvrages encore consultés de nos jours, on ne s'attendait pas à apprendre que Marana est un mythe. Voici pourtant ce que l'on est exposé à rencontrer, et ce n'est pas sans étonnement que nous avons lu les lignes suivantes :
« Marana (Jean-Paul), pseudonyme de Jean-Baptiste Primi Visconti, comte de Saint- Majole. Les événements les plus considérables du règne de Louis le Grand^ écrits en italien par Marana^ et traduits en français par *** (Pîdou de Saint-Olon), Dédiés â