Berty, Tr^s îlots de la Cité
qu'il y avait une chaussée entre Tobjet de la donation de Mathieu de Beaumont et Toratoire de Saint-Denisde-la-Chartre, et qu'il fallait appliquer cette donation à l'église Saint-Symphorien-de-Parisiaco-Carcere, qui n'a jamais xx>rté le titre de Saint-Denis; mais il observe qu'au-dessus du maître autelles vitraux représentaient, selon Du Breul, saint Denis et sainte Catheline (Catherine). On connaît le sentiment de Berty sur les traditions, rien ne contredit celle qu'il constataau Xiil* siècle. Le texte de Cholet nous fournit un dernier argument en faveur de Saint-Symphorien, puisqu'il nous apprend que Mathieu de Beaumont et la comtesse sa femme y avaient été inhumés. Le doute ne paraît donc plus possible.
Avant d'être décapité, saint Denis fut incarcéré, où? Hilduin, au rx« siècle, nous dit que ce fut dans la prison de Paris, dite de Glaucin, — in carcert Glaucini — et il invoque non une circonstance merveilleuse, mais un fait qu'il impose comme admis universellement, une tradition qu'on peut supposer au moins vieille d'un siècle. Le livre des Gestes de Dagohert psLtle d'une porte de Paris, çiù£ posica esc juxtà carcerem Glaucini; or les découvertes les plus récentes permettent d'affirmer que l'enceinte gallo-romaine passait très près de l'église Saint-Symphorien ; de plus, qu'une des deux portes de la Cité en était proche. On peut donc présumer, conclut Berty, à défaut d'une démonstration rigoureuse qu'on peut bien rarement obtenir en pareille matière, que la chapelle Sainte-Catherine est le même édifice que la prison de Glaucin, et par suite que la tradition relative au cachot de saint Denis, remontant authentiquement au delà du ix« siècle, est vraiment fondée. Qu'au xvi«. Du Breul ait attribué à Saint-Denis-de-la-Chartre ce qui appartenait à Saint-Symphorien, on le comprend par l'inattention, le vocable du premier édifice, sa disposition même; néanmoins, il n'y a rien qui détruise^les
chartes fore claires de iao6 et de 12079 ^^^ excluent l'existence simultanée de deux traditions contradictoires, étant d'ailleurs plus anciennes que les premiers documents où la crypte de Saint-Denis-de4a-Chartre est indiquée comme prison de Tévèque de Paris. Si l'on accepte la tradition, c'est à Saint-Symphorien qu'il faut l'appliquer.
Aussi M. Cocheris, le nouvel éditeur de LebeuF, se range-t-il à l'avis de Berty, archéologue et architecte : « Or l'église ou chapelle de Saiht-Symphorien affectait a la forme d'un carré régulier d'environ onze mètres « de côté; nous y trouvons, dit ce critique, une der- « nière preuve, non sans importance, dans les dimen- « sions si étrangement restreintes et la forme si insolite « de ce petit monument, dont le plan avait tout d'uiie < prison et rien d'une chapelle. »
VI. Montmartre. — Pour la première fois nous sortons de la ville. Sans égard pour le silence de Grégoire de Tours, et malgré l'avis contraire de l'abbé Lebeuf, mais appuyés sur la tradition, nous retrouverons à Montmartre le lieu du supplice de saint Denis. L'auteur des Inscriptions chrétiennes de la Gaule sera notre guide pour cette station, comme Berty Ta été pour la précédente dans la recherche de la vérité. Hilduin, le premier, a désigné Montmartre comme le lieu du supplice de l'apôtre de Paris : quorum memoranda et glorio^ sissima passio é regione urhis Parisiorumj antea mons Mercurii,,.,, nunc vero mons Martyr um colatur^,. Une charte du roi Robert confirme cette tradition^. Deux églises sous le vocable de saint Denis y existaient du temps de Louis le Gros ^.
Habitué par l'étude à compter avec les traditions.