‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 120 sur 200 · Assémani, B. 0., III, part. I · texte numérisé non relu

Assémani, B. 0., III, part. I

l'introduction de l'arabe comme langue populaire, et de donner la clef des termes techniques grecs conservés dans les versions syriaques. Ce n'étaient pas de vrais dictionnaires de la langue, mais des compilations, plus ou moins étendues, de gloses syriaques expliquées quelquefois en arabe.

Le célèbre Honein, qui traduisit tant de livres grecs, rédigea le premier lexique syriaque. Cet ouvrage était vanté pour son exactitude et pour sa méthode ; il passa dans les compilations postérieures où il perdit son individualité^. Son titre, Explication de mots grecs en .syi'iaque'^ , l^vom-, ^ud: \èôa^ w^oa, indique qu'Honein avait surtout en vue ici les mots grecs ; il avait traité des mots syriaques dans son De sequilitteris dont nous avons parlé précédemment.

Nous avons dit ci-dessus, p. 272, que Gabriel Boktjésu avait été considéré à tort comme l'auteur d'un lexique.

Zacharie de Merv^, qui vivait à la fin du IX^ siècle, compléta l'œuvre lexicographique d'Honein au moyen de nombreuses additions que Bar Bahloul cite fréquemment. Ces additions étaient, paraît-il, mal disposées et souvent contradictoires avec les gloses d'Honein. Pour remédier à cet inconvénient, un disciple d'Honein, le médecin Jésu bar Ali, composa, à la demande du diacre Abraham, un nouveau lexique en utilisant les gloses de Honein et de Zacharie de Merv. Dans la préface de son glossaire, il confesse que son livre est encore im-

1. Bar Bahloul avertit dans la prélace de son lexique, que les gloses qu'il y a insérées sans nom d'auteur sont empruntées au lexique d'Honein.

2. Voir iMMAXL'Ei. LoEW, Zeitschr. der deut. morg. Gesell., XL, p. 764, et Aramœischc P/lanzcnnamcn, Leipzig-, 1881, 17, note 2.

3. Sans doute le même qu'Abou Yaliya al-Marwazi, un éminent méderin de Bagdad, qui écrivit en syriaque sur la logique et d'autres sujets. Wright, Syriac litcraturt, 2" éd., ji. 215; couip. ci-dessus, p. i'Jo. Le nom de Zacharie lui est donné par Bar Bahloul dans la préface de son lexique.

parfait, et il prie Abraham et les autres lecteurs qui remarqueraient des lacunes, de le compléter. Abraham ne faillit pas à cette tâche ; parmi les nombreux manuscrits de Bar Ali conservés dans les bibliothèques de l'Europe, quelques-uns portent, après la préface, une note relative à ces additions et intitulée nlrjQocfOQia; d'autres, au contraire, n'ont pas cette note et oftrent un texte plus proche de l'original. A la dernière catégorie appartient le manuscrit de Gotha dont G. Hoffmann a publié la première partiel II est à souhaiter (jue cette édition soit achevée.

Henanjésu bar Seroschwai. évêque de Hira vers 900, est l'auteur dun quatrième lexique syriaque. Bar Bahloul qui donne des gloses de ce lexique à chaque page de sa compilation, le juge dans sa préface très exact et l'appelle le complément d'IIonein.

La plus volumineuse compilation de cette sorte est le lexique de Bar Bahloul-, espèce d'encyclopédie dans laquelle l'auteur a réuni les différentes œuvres de lexicographie avec de nombreuses notices tirées des écrits syriaques sur les sciences naturelles, la philosophie, la théologie et l'exégèse biblique. Le principal mérite de Bar Bahloul est de citer exactement ses autorités. Son ouvrage nous est parvenu, il est vrai, considérablement interpolé, et il n'est pas rare d'y trouver cités des auteurs d'une époque postérieure, comme Barhebraeus, par exemple, qui est du XlIP siècle. Bar Bahloul, en arabe Aljou'l-Hassan ibn al-Bahloul", était originaire

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