‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 140 sur 200 · U 'lUADUCTIOXS · texte numérisé non relu

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d'Alexandre eut, au contraire, une grande vogue en Orient; les Orientaux croyaient y lire Thistoire véridique du héros marqué du sceau de Dieu. Quant aux contes de Kalila et Dimna et aux récits de Sindbàn, ils y voyaient des livres de morale.

L'histoire fabuleuse d'Alexandre le Grand, mise sous l'autorité de Callisthène, se répandit de l'Egypte, son lieu de naissance, dans les autres pays que le conquérant macédonien avait soumis à son joug. L'ancienne version syriaque du roman de pseudo-Callisthène ' ne procède pas directement du grec; elle a passé par un intermédiaire pehhvi, M. Nœldeke l'a prouvé-, et elle ne peut être placée plus bas que le VIP siècle. La recension grecque de pseudo-Callisthène dont elle dérive remonte évidemment plus haut. Les deux légendes qui se sont greffées sur le roman primitif — la légende de la source de vie et la légende de la porte d'airain à la frontière de Gog et Magog — ne sont pas incorporées dans le texte syriaque, mais sont ajoutées à la fin du livre et elles forment un récit à part. 11 est même assez singulier qu'elles aient été insérées dans certaines recensions grecques'^, car le roman est purement païen, tandis que dans les deux légendes, Alexandre est un roi juif ou chrétien conduit par Dieu. La version éthiopienne a fusionne' le tout, et le roi de Macédoine y parle, du commencement à la fin, non seulement comme

1. Publiée par A. \Vallis Budgk, Tlie Instory of Alexandcr the Greal. Cambridge, 1889, avec une introduction et une traduction anglaise; traduction allemande par Ryssel, Archiv /'. neuere Sprachcn, XC, 18it3.

•2. Beitrdgc zur Geschichte des Alexanderromans, Vienne, 1890, dans le vol. xxxvill des Mémoires de l'Académie des sciences de Vienne.

3. Dans l'édition grecque de pseudo-Callisthène imprimée par Mùller à la suite de l'iiistoire d'Arrien dans la collection Didot [Arriani Anubasis et Indien, Paris, -IS""), la légende de la source de vie se trouve dans le livre H. cliap. .'fT-39, mais seulement d'ai)rès G, elle manque dans A et B; la légende de la porte d'airain, livre III, cliap. 20 et i'J, est donnée d'après B et C, mais A ne l'a pas.

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