D'ŒUVRES PROFANES
un roi chrétien, mais aussi comme un théologien très versé dans la connaissance des dog-mes '. Ces légendes remontent au commencement de notre ère; Josèphe et saint Jérôme connaissent le récit de Gog et Magog. Mais la version syriaque de ces deux légendes nous conduit plus bas : Gog et Magog y sont identifiés avec les Huns qui envahirent la Syrie en Tannée 826 des Séleucides (514-515 de J.-G.). On y lit aussi au sujet des Arabes : « 11 arrivera, à la fin de 940 ans, un autre roi... » ; cet autre roi semble être IVlah'omet, l'année 940 des Séleucides correspondant à Tannée 628-629 de J. -G. ^ Ges deux légendes forment le canevas d'un petit poème sur Alexandre le Grand, composé très probablement par Jacques de Saroug^. Les manuscrits qui le contiennent l'attribuent à ce prolifique écrivain ', et on n'a aucune raison de contester cette attribution. G'est, il est vrai, une des moins bonnes compositions poétiques de Jacques, mais Tauteur était âgé quand il l'écrivit. Il parle de l'invasion des Huns comme d'un événement récent; cette invasion eut lieu en 514-515, date fournie par la légende en prose ; Jacques avait alors
1. Voir A. Wallis Budge, The life. and exploits of Alexander theGreat heing a séries of elhiopic fexts, Londres, 189G.
2. NoELDEKE, Beitrufje zur Gesc/uchle des Alexando-romans, pense qu'il ne s'agit pas des Arabes musulmans, mais des Arabes antérieurs qui combattaient dans les armées des Perses ou des Romains; l'année 940 aurait été devinée par l'auteur. C'est peu vraisemblable.
3. Publié d'après un ms. de Paris par Knos dans sa Chrcstomathia syr.j Gœttingue, 1807, p. OG. Une meilleure édition, (|uoique encore imparfaite, a été donnée par IUidce, d'après le ms. de l'aris et un ms. de Londres, dans la Zeitschr. fur Assyriologie, VI, 3,"i9-404; traduction anglaise par Budge dans The hislory of Alexander the Grcal, Cambridge, 1889; traduction allemande par A. \VEnER, Des Mar Yakùb Gedicht ûber deii gldubif/en Konig Alexandrâs, Berlin, 1852; par Zi^gerle, Ein ailes syrisches Alexander lied, Briinn, 1882; Ryssel, Archiv f. neuere Sprachen, XC, 1893, p. 83.
■i. Knôs, op. cit., traduit fautivement les mots du titre ^v^oi-^o^^io ^nnv. par métro Jacobitico au lieu de composé par Mar Jacques.