AssÉMAM. C. 0., m, part. I
V. L'n si)écimen dans le ms. du Vatican \'M. .">. C'est-à-dire Jésus o\i le Christ a triomphé.
il fonda le couvent de Beit-Rabban-Zekajésu ou, par abréviation, de Beit-Rabban; il est cité comme auteur d'une liistoire ecclésiastique (ci-dessus, p. 204)^
§ 3. — Les Monophysites.
La littérature nestorienne ne nous est connue que par ses grandes lignes, et il est difficile de la juger par ses œuvres mêmes qui nous sont parvenues en si petit nombre. Elle ne brilla pas cependant du même éclat que la littérature monophysite et elle n'eut pas des écrivains de la valeur d'un Jacques de Saroug, d'un Philoxène de Mabboug, d'un Sergius de Rescliaina ni d'un Jean d'Asie.
Pendant que le nestorianisme se propageait en Perse, favorisé par les rois Sassanides, le monopliysisme gagnait successivement du terrain chez les Syriens occidentaux, à l'ombre de VHénotique de Zenon dont il se couvrait. L'hérésie d'Eutychès avait trouvé en Syrie un défenseur dans la personne de l'archimandrite Barsauma, vénéré comme un saint pour sa piété. Celui-ci avait assisté au second concile d'Flphèse ; il fut condamné comme hérétique par le concile de Chalcédoine ; sa mort eut lieu en 458 -.
On est en droit de ne pas compter parmi les écrivains syriaques Siméon le stylite (-J- 2 septembre 459), que les Monophysites réclament comme un de leurs
1. Sur Abraham, abbé du couvent duMoiil Izla, voir ci-ilessus, \^. 108: sur son successeur, Dadjésu, voir p. 1G9.
•2. Baruebr^ls, Chron. eccL, I, IGl-lGj, 179, 181 : AssicMANt, B. 0., II, -2-0. Sa vie, écrite par son disciple Samuel, existe dans itliisieurs ms. du Musée britannique, \VRiGriT. Catal., p. 1123; coniii. B. 0., II, 2JC. Ce monopliysito ne doit pas être confondu avec son contemporain nestorien. Barsauraa de Nisibe, dont nous avons parlé sous le paragraidic lirécédenl.
saints, et leur prétention semble justifiée par les trois lettres qui existent sous son nom, avec des Préceptes et averlissemenls adressés aux Frères '. Mais la question est de savoir si ces écrits sont authentiques, car Siméon était illettré ; il dictait sans doute ses lettres à l'un de ses disciples-. Sur les Actes syriaques de ce saint, voir-ci-dessus, p. 147.
Jacques de Saroug appartenait décidément à la confession monophysite, la question a été tranchée par la publication de la correspondance échangée entre cet évêque et les moines du couvent de Mar Bassus près d'Apamée^. Cette correspondance montre Jacques hostile, dès sa jeunesse, à la doctrine dyophysite enseignée à Edesse, où le futur évêque de Saroug faisait ses études. Elle nous le montre encore se ralliant d'abord à VHènotique de Zenon et devenant ensuite un monophysite convaincu. Jacques était au nombre des évéques qui consacrèrent Jean de ïella, un fervent monophysite, sous Justin ''. On possède trois biographies de ce célèbre syrien : l'une écrite par Jacques d'Édesse •' ; la seconde est anonyme ; la troisième est un long panégyrique en vers, attribué à un de ses disci- I pies du nom de Georges'"'.
1. Au Musée britanni((ue, Calai, de Wright, p. 9'H, n'- H'.i; p. 08G, n" 33; p. HoS, col. 1; à Cami)ri(l8e, Catal. de Wright et Cook, p. 84!). i.
2. Voir NoKLDEKE, Orientalische Skizzen, Berlin, 18<J"i, p. -233. Les trois lettres ont été publiées par G. Toruey, avec une traduction anglaise. The Lettersof Simeon the slylite dans le Journal of Ihe American or. Society, vol. XX, 1899, p. 252. M. Torrey admet que les lettres sont apocryphes.
3. Éditée avec une traduction française par l'abbé P. Martin, Zeitsrkr. der deul. morg. Gesell., \xx, p. -217 et suiv.
4. VoirKLEYN, Het Levcn caii Joh. van Telia, Lcidc, 188-2, vu et 31; ZixGEr.Li:, Zeiischr. fur Katliot. TheoL, XI, 9-2-108; Guidi, La lettera di Simeonr va^covo di Brth-Arscham, Préface.
fi. Voir l'abbc P. Mautin, L c., p. 217, notes. Le texte de celte biographie a été publié par Assé.mam, B. 0., I, 28(i. (i. Les trois biograi)liies ont été éditées jiar Aiïdeloos, De vita et scri-
Jacques naquit à Kourlam sur l'Euphrate, probablement dans le district de Saroug. Il devint chorévêque de Haui'a, dans le même district. C'est de cette ville qu'il écrivit des lettres de consolation aux chrétiens de Nedjran et aux habitants de la ville d'Edesse menacée par les Perses \ et probablement les lettres dogmatiques adressées aux moines du couvent de ^lar Bassus-. En 519, il fut nommé évèque de Batnan, principale ville du district de Saroug; il était alors âgé de soixante-huit ans: il mourut deux ans après en 521. Sa vie, consacrée à l'étude et écoulée loin des polémiques christologiques qui agitaient l'Orient, ne fut pas troublée par les persécutions que Justin I exerça contre les Monophysites après avoir aboli l'édit d'union de Zenon, et dont furent victimes Sévère d'Antioche, Philoxène de Mabboug et Paul d'Edesse. La lettre de condoléance que Jacques adressa à ce dernier •' se réfère aux violences que Paul subit au mois de novembre 519, lorsqu'il fut emmené prisonnier à Séleucie de lOronte ''.
Les nombreuses lettres de Jacques de Saroug existent en grande partie dans les ms. Add. 14587 et 17163 du Musée britannique. Nous venons de parler de ses lettres aux moines du couvent de Mar Bassus, aux chrétiens de Nedjran, aux habitants d'Edesse, à Paul d'Edesse"'. Nous citerons une autre lettre à Etienne bar
ptis s. Jacobi. Des extraits du panégyrif|ue ont été imprimés par le P. CAiiDAiiidans son Liber thesauri, p. 37. Bickell, Bibliothrk dcr Kirc/ienrûter, n" "iS, donne de bonnes raisons pour que l'auteur de ce panégyrique ne soit pas un disciple de Jacques, mais Georges de Saroug, un auteur du Vin= siècle.
1. "Wright, Catal., p. 520, n"' l.ï et 10; et ci-dessus, \>. IW.
2. L'abbé P. .Martin, I. c, p. 22i, noie 3, i)lace la corres|)ondance de ces moines avec Jacques entre 514 et."jl8, alors <iue celui-ci était cliorévéque.