DE L'ANCIEN TESTAMENT. 'SI
chrétien incontestable semblent bien prouver que les | auteurs de la Peschitto étaient des Juifs convertis. Dans \ Isaïe, VII, 14, la version syriaque porte : « Voici que ^ la Vierg-e concevra », et rend par vierge le mot hébreu *y^ que la tradition juive entend d'une Jeune femme. Ce i changement est d'autant plus frappant que dans d'autres f endroits, le syriaque conserve le même mot que l'hébreu. On cite encore, à l'appui de cette opinion, d'autres , versets des Prophètes et des Psaumes.
Comme les Septante, la Peschitto n'est pas une œuvre faite d'un seul jet. Les livres qui la composent ont été traduits à différentes époques ; on commença par ceux dont le besoin se fit sentir plus tôt, tels que le Pentateuque, les Prophètes et le Psautier. Les Chroniques, Esdras avec Néhémie et Esther ne faisaient pas primitivement partie du canon de l'Église syriaque. Dans les anciens ms., ces livres sont distincts des livres protocanoniques'. Au IV'- siècle, la série des traductions des livres bibliques était complète ; elle comprenait même des livres apocryphes, comme l'indiquent les citations dAphraate et de saint Ephrem. \
Quoique la Peschitto procède de l'hébreu et reflète la tradition targoujnique, l'influence des Septante s'y fait sentir plus ou moins grande suivant les livres bibliques. Cette influence est sensible dans le Pentateuque et dans Josué-, plus sensible encore dans le Psautier " et les Prophètes''. Pour le Psautier, on ne saurait.
i. Wright, Syriac literature, -2" éd., Londres, 1894, p. 4-5.
2. Perles, Meletemata Peschittoniana, Breslau, 1859; Holzinger, Das Buch Josue, Leipzig, 1901, p. xiv.
3. Frédéric Berc, The influence of the Septuagint upon the Peschitla i'saifer, New-York, 189"i; comparer Opi'E?iHEiM,Z>i'e sijr. Uebersetzung des fuenflen Bûches derPsahnen, Leipzig, 1891 ; IUetiigen, Untersuchunrjen ûber die Psalmen, Kiel, 1878, et Jahrbûchcr fin' prolest. Théologie, VIH, 405 et suiv., 593 et suiv,
4. NESTLE pour Isaïe et les douze petits propliètes; Cornill pour
comme l'ont démontré MM. Nestlé et Bœthgen \ invoquer dans ce sens les titres des Psaumes. Ces titres n'étaient déjà plus compris avant notre ère. en ce qui concerne les notes musicales qu'ils renferment, et les auteurs de la Pescliitto les avaif^nt laissés de côté. C'est à Théodore de Mopsuesle qu'on doit les nouveaux titres du Psautier que l'on trouve dans les ms. etles éditions syriaques ; du reste, ces titres varient suivant les ms.
I Les livres qui ont subi le moins cette influence sont : \ Job, qui suitdeprèsletargoum-, les Chroniques, Es- ' dras, Néhémic et Esther. qui furent traduits plus tard. On avait aussi compris dans cette catég-orie les Proverbes, dont le texte, dans la Pescliitto, présente une , ressemblance frappante avec celui du targoum ; mais M. Pinkuss^a établi, en rapprochant un certain nombre de passages, les rapports qui existent, également pour ce livre, entre la Peschitto et les Septante. D'un autre côté, ilne fait plus de doute aujourd'hui que le targoum des Proverbes dépend de la Peschitto ; l'opinion qui faisait dériver la Peschitto du targoum est complètement abandonnée.
Comment expliquer l'influence des Septante sur la Peschitto? Certains critiques ont fait une double conjecture sans se prononcer dans un sens plutôt que dans un autre : ou les auteurs de la Peschitto étaient versés à la fois dans la connaissance de l'hébreu, de l'araméen et du grec, et se servaient pour leur traduction des
Ézécliiel ; Ryssel pour Micl)ée;SEBOEK, Die syrische Uebersetzung der zwôlf kleinen Propheten, Brcslau, 1887.
\. NESTLE, Thcol. Lileraturzeil., 187G, roi. 283: Baetiigen, Zeitschr. f. die alttestamentliche II issenschafi, 1885, p. (10 et suiv.
2. Comp. Stesij, De syriaca libri lobi interprelalione, Helsingf'ors, 1887; Ma>dl, Die Peschittho zuHiob, Leipzig, 18i)2.
3. Die syrische Uebersetzung der Proverbien, lians la Zeitschr. fur die alttest. IVissenschaft, t. XIV, 1894, p. 65-141 et 161-222.