Ihid., p
8. Le sujet de ce poème semble emprunté aux Actes de saint Eugène dont la rédaction est attribuée à Mikael.
391 LES ÈCRIVALXS
André, l'auteur d'un traité de ponctuation, que Wright place à la fin du X^ siècle (voir ci-dessus, p. 291), clôt la série des écrivains nestoriens de cette époque. 11 composa aussi quelques hymnes, appelées tourgamé. \Sc^ioi.
Chez les Jacobites, la littérature syriaque semble avoir subi une éclipse presque totale : on n'a guère écrit qu'en arabe pendant ce siècle. Nous avons cité ci-dessus, p. 204, la chronique du diacre Siméon, sur la vie duquel les renseignements font défaut.
§ 5. — Le XI" siècle.
Ce siècle est aussi terne que le précédent; la décadence littéraire ne subit plus que de rares arrêts. Après de longs intervalles apparaît quelque savant docteur qui s'efforce de ranimer le feu des études près de s'éteindre, mais ses efforts tourneront le plus souvent au profit de la science arabe.
Les auteurs nestoriens occupent encore le premier rang par le nombre et la valeur de leurs ouvrages.
C'est d'abord Elias I, élu patriarche en 1028, après avoir été évêque de Tirhan; il mourut en 1049. Pendant qu'il était évêque, il s'occupa de travaux grammaticaux (ci-dessus, p. 291); devenu patriarche, il rédigea, dit-on, une collection des synodes nestoriens et des traités de droit civil (ci-dessus, p. 16^ et 175). Amr ibn Matta ' lui attribue une Compilation en vingt-deux chapitres sur les principes de la religion, qui pourrait être identique, comme le pense Wright,
1. \o\t Maris, Amri et Slibso... commentaria, éd. (Iismoxdi, n, îis; AssF.MASi, B. 0., ni, part. I, '203.
DU Xl= SIECLE. 395
avec ses traités de droit; et la composition d'une liturgie '.
Un autre Elias, contemporain du patriarche, Elias bar Schinaya, métropolitain deNisibe, est l'écrivain le plus remarquable du siècle. 11 avait mené la vie monastique au couvent de Mikael à Mossoul, puis au couvent de Siméon sur le Tigre ; il fut nommé évêque de Beit-Nouhadré en 1002, et métropolitain de Nisibe en 1008; il survécut au patriarche Elias 1 -^ ; il fit un recueil de décisions ecclésiastiques et un résumé du traité du patriarche Elias sur les héiilages (ci-dessus, p. 1G6 et 175). Ses autres ouvrages sont : une chronique (ci-dessus, p. 201) ; une grammaire syriaque (ci-dessus, p. 290) ; un vocabulaire arabe-syriaque (ci-dessus p. 299); des hymnes et des homélies métriques, dont quelques-unes sont conservées dans des livres d'offices ^ ; des lettres ''. Elias bar Schinaya écrivit aussi en arabe; nous avons mentionné précédemment son Lù're de la démonstJ^atioii de la vérité de la foi (p. 244) et son Livre de l'éloignement du souci (p. 264, note 3) ; Assémani a analysé dans sa Bibl. orientalis^ t. 111, part. I, 270-272, six de ses dissertations arabes.
Abou Saïd Ébedjésu bar Bahriz était abbé du couvent de Mar Elias à Mossoul ; il fut l'un des candidats au siège patriarcal en 1028, lorsque le sort désigna Elias I"'; il devint ensuite métropolitain d'Arbèles et de Mossoul. Ses ouvrages se composent ; d'une collection
1, Non pas aform of consécration of Ihe altar, comme traduit Wriciit, Syriac liter., -2" éd., p. '233.
•2. Caud.vhi, Liber thesauri, p. 84, fixe sa mort à l'année 1056.
3. Ms. du Vat. 90, 01 et 18i; Berlin, Sachau 64, 10. Une homélie avec la rime unique a7i et sans olaf a été publiée par Cardaiii, LiOer thesauri, p. 83, conip. ci-dessus, p. 21, note 1.
4. Le ms. syr. Vat. 129 contient les lettres adressées aux évoques et au peuple de Bagdad pour protester contre l'élection du patriarche .lésuvab bar Ézécliiel.
a. Maris, Amri et Slibx... commentaria, éd. Gismondi, II, 08.
de Lois et sentences judiciaires (ci-dessus, p. 175); et d'une explication des offices de l'Kglise.
Parmi les écrivains jacobites, on cite Jean de JMaron, auteur d'un commentaire sur le livre de La Sagesse (ci-dessus, p. 67); il mourut vers 1017. Ce Jean de Maron avait étudié à Edesse sous Mar Mekim. Il fui professeur d'abord au couvent de Goubos, construit depuis peu de temps près de l'Euphrate, aux environs deMélitène; puis au couvent que le moine Elias bar Gagai fonda auprès de Mélitène, et il alla terminer ses jours dans le couvent d'Aaron, non loin d'Édesse, où il avait passé sa jeunesse •.
j . Marc bar Kiki, archidiacre de l'église des Jacobites ^'\^-'^ à Mossoul, fut nommé en 991 maphrien sous le nom d'Ignace. Ses mauvaises mœurs luT aliénèrent l'esprit du clergé; il s'enfuit en 1016 à Bagdad, où il se fit musulman; devenu l'objet du mépris universel, il tomba dans une profonde misère ; il revint ensuite à résipiscence ^; il composa alors sur sa chute un poème dont Barhebraeus nous a conservé quelques vers ^.
Jésu bar Schouschan fut élu patriarche jacobite sous le nom de Jean X, en 1058, par le parti qui se refusa à reconnaître l'élection d'Athanase Haye ou Athanase VI. En butte aux outrages de ses ennemis, il abdiqua et se retira dans un couvent. A la mort d'Athanase (1064), il fut nommé de nouveau et conserva son siège jusqu'à sa mort arrivée en 1073 '. Jésu bar Schou-
1. Voir BakhebrjEcs, Chron. eccl., I, 403-407. Les éditeurs de cette chronique, p. 404, note 2, se demandent si Assémani n'a pas confondu avec ce personnage Jean Maron, auquel il a consacré un long article dans sa B. 0., 496-520.
2. Cf. Michel le Syrien, C/i>-o«. livre XIII, chap.v; BAr.HEBn.Eus, Chron. eccl., II, 257; 287-289; Éliasde Nisibe, dans B.ethgen, FraQmente,lO:> (trad., 453).
3. Chron. eccl., II, 289. Le P. CAr.D.uii les a réimprimés dans son Liber thesauri, p. 140; celui-ci fixe la mort de Marc bar Kiki à 1030 ou lOio.