Op. cit., p
.'>. AssKMAM, B. 0., III, i)art. I, 323 et suiv.
fi. Ce catalogue a été étudié une première fois par Abraham Ecchel-
DU XIIP SIECLE. 405
de plusieurs des livres d'Ebedjésu : son commentaire sur l'A. et le N. T. ici-dessuSj p. 74) ; le livre sur la vie de Noire-Seigneur sur la terre; le livre contre les hérésies ; le livre des mystères des philosophes grecs et douze traités sur toutes les sciences (ci-dessus, p. 258); des décisions et des canons ecclésiastiques. Mais nous possédons son Nomocanon ci-dessus, p. 167) ; son traité de philosopliie et de théologie, intitulé La perle i ci-dessus, p. 245); son Paradis de l'Eden (ci-dessus, p. 20); une collection de vingt-deux poèmes surTamour de la sagesse et de la science '.
Timothée II, qui succéda comme patriarche des Nestoriens à Yaballaha III en 1318, après avoir été métropolitain de Mossoul et d'Arbèles, est l'auteur de canons, qu'ilrédigeadans le synode tenu Tannée de son élection au siège patriarcal, et d'un livre sur les Sacrements ^.
Nous terminons par les écrivains jacobites.
Jacques bar Schakako •', qui prit le nom de Sévère en devenant évêque, était d'abord moine au couvent de Mar Mattai près de Mossoul. Il avait étudié la grammaire sous Bar Zoubi au couvent de Beit-Kouka dans l'Adiabène ; Kamal ed-Din ibn Younous, un philosophe
iensis à Home en Iti"),'), sous le titre de Hebedjesu, (ractalus conlinens catalogum, etc.; Assémanl en a donné une meilleure édition dans sa Bibliolhera orientalis, t. UI, part. I; lia été traduit, d'après un ms. nouveau, par Badger dans The Neslorians, 11, 361; Badger en fixe la rédaction à raQn(-e 1-208.
1. Ms. 174 du Vatican; ms. Marsh 201 etSGl de laBodléienne. A la Bil)liotlii-que nationale se trouve un poème explicatif du calendrier, attribué à Ébedjésu, Calai. Zolcnbcry, p. l-i8; à Berlin, Calai. Saiiiau, p. l."»8, et à Caml)ridge, Calai. Wriijhl el Cook, p. -290, n" 10, des hymnes pour les uflices sous le nom d'Ébedjésu ; une autre collection d"liymnes à Cambridge, Calai. Wrifjlil el Cook. p. 107, Add. 1977. Sur le commentaire du poème énigmatique de Siméon de Sclianivlava, voir ci-dessus, p. 398. Sur une brève chronologie écrite par Ébedjésu, voir ci-dessus, p. 203; comp. page i)récédente, note 2.
2. As^iÉM.kxi a décrit et analysé ces ouvrages, B. 0., ni, part. 1,567-580. •J. Ce nom étant écrit avec deux Kaf, nous préférons cette pronoa-
ciation à celle de Schakko.
lOtJ LES ECRIVAINS
arabe de IMossoul, renommé à cette époque, lui avait enseigné la dialectique et la philosophie. Bar Schakako mourut en 1241, pendant ime visite qu'il allait faire au patriarche Ignace II. Ses nombreux manuscrits passèrent après sa mort à la bibliothèque du gouverneur de Mossoul ' . Nous avons eu souvent l'occasion de citer ses Dialogues, œuvre encyclopédique sur les sciences enseignées aux Syriens ; nous avons cité également son Livre des trésors, compilation théologique écrite en 1231 et qui renferme d'intéressantes notices scientifiques (voir ci-dessus, p. 280). Le ms. 7193it/c7i duMusée britannique a de cet auteur deux lettres en vers de sept syllabes; la première, dont chaque vers commence et, finit par la lettre /ë, est adressée à Mark Fakhr ad-Daula, fils de Thomas; la seconde, d'une composition aussi artificielle, avec cette différence que la lettre initiale et finale des vers est la lettre lav, est adressée au frère de celui-ci, Abou Tahir Saïd Tadj ad-Daula ^. Les autres écrits de Bar Schakako sont : une profession de foi sur la Trinité et l'Incarnation ; une explication des offices et des prières (ces deux écrits sont cités dans son Livre des trésors) ; une exhortation pour l'ordination des prêtres^.
1. Bauiiebr.eus, Chron. eccL, n. 409-411. Barhebraus dit : •• Il possédait de nombreux volumes qui furent tous reçus dans le demosion du gouverneur de Mossoul. » Le mot Ô7]/u6at.ov signifiait en Syrie « bain public », <' trésor de l'État •, « archives puljliques ». C'est ce dernier sens qu'on doit lui donner ici.
2. La lettre fé est la première lettre du nom Fakiir: la lettre lav est la première lettre du nom Tadj. Dans le Calaloi/uc Rosen sur ce ms., p. 84, BarScliaiiako est désigné sous le nom deJacques, évéque de Tagrit; dans d'autres manuscrits, il est appelé Jacques de Maiplierl<at; ces épitlièles sont inexactes; cet évoque résidait à Mossoul. Sur les fils de Thomas auxquels ces épîtres étaient adressées, voir la notice suivante.
3. Cette exiiortation se trouve sous le nom de Jacques de Maii)herivat dans des ms. du Vatican, de la Laurentienne et de la Bibliotlicque nationale.
Aaron bar Madani, qui avait été nommé évêque de Mardin, sous le nom de Jean, lut élevé à la dignité de f\^ maphrien de lOrient par le patriarche jacobite, /^ Ignace II, en 1232. Son extérieur peu avantageux et son manque d'éloquence déplurent aux chrétiens de Mossoul. Après cinq ans, il se retira à Bagdad, où il jouit de la faveur des trois fils de Thomas, Schams ad- Daula, Takhr ad-Daula et Tadj ad-Daula, médecins influents de la cour du calife Mostansir. A Bagdad, Bar INIadani composa un panégyrique de Mar Aaron en vers de douze syllabes, et il se perfectionna dans la connaissance de la littérature arabe. La considération dont il était entouré dans la capitale des califes l'accompagna à son retour à Mossoul. La mort d'Ignace II en 1252 fat l'occasion d'un schisme, comme le fait se renouvelait fréquemment dans ces temps troublés de l'Église jacobite; quelques évêques choisirent pour patriarche Aaron Angour, qui prit le nom de Denys, les partisans du maphrien élurent Bar Madani. L'accord ne fut rétabli qu'après le meurtre de Denys dans le couvent de Barsauma près Mélitène, en 1261, et Bar Madani gouverna sans rival l'Eglise jacobite jusqu'en 1263 ^ . Les œuvres de cet éminent prélat consistent en de nombreuses poésies ^ ; parmi les plus remarquables on cile un poème sur l'âme, intitulé L'o/seau '^1 un autre sur la voie de la perfection '' ; et un
i. BAïuiEBii-ELS, Chron. eccl., II, 40--iiG; comp. I, 693-743.
2. Le ms. de la. Bodléienne, H un l.ï, en contient soixante, Calai. Payne Smith, col. ;n!)-38^2; d'autres, dans le ms. de lîerlin, Sachau 207, 3, et dans un ms. de la Laurentienne, Calai., p. 108.
3. Ms. du Vat. 20i; Bodléienno, Hwtt. I et Poe. 290, Cal. Payne Smilh, col. 382 et (Jil ; Berlin, Sachau c>\, 8; Cambridge, Add. 2819, Calai. p. 069. Il a été édite par .Manna, Morceaux choisis de lillérature aramécnne, avec une aulre poésie sur la noblesse de l'àme et sa chute, II, p. 332-3 i'i.
4. Un extrait dans le Liber Ihcsauri du P. Cardai», p. GG. Il a été publié par Mansa, op. cil., II, p. 3'tG-3";G.
sur la prise dEdesse et d'autres villes par le sultan seldjoucide Alaad-Din Kaikobad, en 1265. Bar Madani a laissé une liturgie ^ et des homélies en arabe pour les fêtes de Tannée -.
Barhebrœus cite à l'année 1228 le médecin Gabriel d'Edesse qui composa en syriaque des livres de médecine et de philosophie (ci-dessus, p. 274, note 2).
Il nous est agréable de clore ces notices par Barhebrœus dont le nom revient si souvent dans l'histoire de la littérature syriaque. Ses nombreuses œuvres s'étendent sur toutes les branches des sciences; il semble qu'il ait senti venir la fin de la vie intellectuelle en Syrie, et il songea à ériger un monument résumant toute la civilisation passée, plutôt que de créer de nouvelles voies à l'avenir. De là, le caractère impersonnel de ses livres qui manquent d'originalité; Barhebrœus est avant tout un vulgarisateur, mais c'est en même temps un savant encyclopédiste qui a, à son service, une méthode claire et précise, une critique sagace. On doit cependant lui reconnaître un vrai talent d'historien; sa Chronique syriaque et sa Chronique ecclésiastique sont à placer sans conteste au premier rang de ses écrits. Ses poésies sont tournées avec facilité et ne manquent pas de grâce; elles forment un heureux contraste avec les élucubrations métriques des Nestoriens de son époque qui travestissaient l'art d'une manière si pitoyable. On s'étonne que Barhebrœus ait été un si grand écrivain quand on pense aux temps calamiteux pendant lesquels il vivait.
La vie de Barhebrœus nous est connue en détail grâce aux informations qu'il nous a laissées dans ses