‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 191 sur 200 · Ms. du Vat. 97 et · texte numérisé non relu

Ms. du Vat. 97 et

chroniques *. Grégoire Aboul-Faradj était son vrai nom ; il avait reçu celui de Grégoire quand il fut consacré évêque ; son nom de baptême était Jean ; il est le plus souvent désigné par son surnom de Bar Ebroyo ou Barliebrœus, c'est-à-dire le fils de l'Hébreu, parce que son père Aaron, médecin distingué de Mélitène. était un juif converti. Barhebrseus naquit à Mélitène en 1226; sa jeunesse s'écoula dans Tétude -. Lorsque les Mongols attaquèrentMélitène pendant l'été de 1243, Aaron,. retenu parla récolte des grains, ne put fuir en Syrie: il eut l'année suivante l'occasion de soigner et guérir le général mongol qui était tombé malade ; puis il se retira avec ses enfants à Antioche, qui était encore aux mains des Francs. Son fils aîné, Barhebrseus, prit l'habit monacal et se rendit à Tripoli, où il étudia la médecine et la philosophie avec un maître nestorien, nommé Jacques. Au mois de septembre 1246, Barhebrseus, alors âgé de vingt ans, fut nommé évêque de Goubos, près de Mélitène, par le patriarche jacobite, Ignace II; l'année suivante, il passa au siège épiscopal de Lakabin, dans la même contrée. A la mort d'Ignace en 1252, il prend parti pour Denys contre Bar Madani (voir la notice précédente), et Denys le transfère à Alep; mais cette ville appartenant à la faction dissidente de Bar Madani, Barhebrseus dut se retirer auprès de son patriarche dans le couvent de Barsauma : il ne revint à Alep qu'en 1258. Six ans après, en 1264, Barhebrseus fut élevé par le patriarche Ignace III à la dignité de

i. Chron. sijr., éd. BruNS, p. o03etsuiv. : éd. Bedjan, p. 478; Hist. des Dynast., éd. Pocock, p. 'i«6 ; éd. Sauiam, p. 482 et suiv. ; Chron. ceci., II, 431 et suiv.; comp. Assémam, B. 0., II, 244 et suiv.; Abbéi.o«js et Lajiy, Barltebrxi chron. ceci., I, Préface: Noeldere, Oricntalische Skizzcn, Berlin, 18'>2, p. -2o3-273; Wriciit, Sijriac Utcr., -2^ éd., p. 265-281; Cheikmo, Bartiebni'us. l'homme et l'écrivain dans Al-Machricj, 1898, n" 7 et suiv.

2. Il n'étudia pas le grec ni la littérature grecque, comme on l'a prétendu ; NoELDERE, ;. c, p. 2u4, le remarque avec justesse.

maphrien de TOrient, et il conservera cette fonction jusqu'à sa mort survenue en 1286. Depuis son entrée dans les ordres jusqu'à sa mort, Barliebrseus mena une vie agitée, ballottée entre les intrigues des partis politiques et religieux, les calamités des invasions mongoles et les voyages incessants d'Occident en Orient que ses charges lui imposaient. Ce digne prélat sut se faire estimer et honorer de tous, non seulement à cause de sa science éprouvée, mais aussi grâce à son caractère conciliant et modeste. Son frère, Barsauma, qui a continué sa CJironique ecclésiastique, nous a laissé un touchant tableau du deuil que sa mort, arrivée à Maraga, répandit sur tout le clergé de lOrient, jacobitc, nestorien ou arménien. Son corps fut ramené plus tard au couvent de Mar ^^lailai, près de Mossoul, où résidait le maphrien, et où l'on voit encore aujourd'hui son tombeau. Barsauma a rédigé un catalogue des œuvres de son frère '. Nous avons parlé dans notre première partie de la plupart de ses œuvres; nous devons ajouter : un livre sur linlerprétation des songes, qui date de la jeunesse de l'auteur; une liturgie, traduite en latin par Renaudot, Lilurgiœ orient., II, 456; et de nombreuses poésies très estimées des Syriens^.

Nous nous arrêterons ici. Les Tartares ont apporté de l'Orient en Mésopotamie et en Syrie, non pas la lumière, mais le fer et le feu. La prise de Bagdad par

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