‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 20 sur 200 · DE L'ANCIEN TESTA31ENT · texte numérisé non relu

DE L'ANCIEN TESTA31ENT

une version qui n'a plus ce caractère, mais qui se distingue par son infidélité Une autre main semble

avoir revisé le tout en mettant d'accord le syriaque avec le grec : nombreuses sont les traductions qui s'écartent de l'hébreu pour se concilier avec le grec... Malgré ces défauts de toute nature, le syriaque l'emporte généralement sur le grec, lorsqu'il serre de près le texte et ne se livre à aucune fantaisie', »

Au sujet du livre de Tobie, il y a lieu de rappeler que la version syriaque que nous possédons est composée de deux morceaux différents : l'un, i-vii, 11, est tiré de l'Hexaplaire ; l'autre, vu, 12-xiv, 15, provient d'une source que les ms. ne désignent pas^.

A la fin du V^ siècle, lorsque les Syriens orientaux devenus nestoriens se séparèrent des Syriens occidentaux, le texte de la Peschitto était définitivement constitué, car on ne constate pas de variantes notables dans les versions qui avaient cours chez les uns et les autres.

Les travaux critiques sur la Peschitto ^ sont basés

1. M. Norbert Peters, op. cit., p. Gl, § 0, ne considère pas comme démontrée la thèse de M. Israël Lévi admettant plusieurs traducteurs.

'2. Ceiiiani, Le edizioni... del Vccchio Test., dans les Mémoires du R. Islilulo Lombardo. XXI, 2, p. 2-2; Field, Origenis Hex. fragmenta, Oxford, 1873, I, p. i.xviii, note 3; Noeldkke, Monalsbericlde der Berlinor Akademie der U'issenscliaften. 1870, p. 46.

3. Nous ne pouvons donner ici la longue liste de ces travaux; nous avons cité plus haut quel(^ies-uns des plus récents, et les plus anciens n'iillVent qu'un intérêt rétrospectif. On trouvera cette liste dans l'article de M. Nestlé, Syrische Uebersetzungen dans la Real-Encyklopedie fur protest. Théologie und Kirche, 3' éd. ; ajouter encore : SciiMiDT, Die beiden syrischen Uebersetzungen des I Maccabaeerbuclies dans laZeitsclir.fiir die alttestam. Wisscnschaft,i^ii~ ■,'TECUES,.Syrisch- IIebr. Glossar zu den Psalmea naclt der Peschila, ibid., 1897;Schwautz, Die syr. Uebersetzung des erslen B. Samuelis, lîerlin, 1897; Bac.mvnn, I)ic Verivendbarkeit der Peschita zum Buvli Ijob, dans la Zeitschr.f. alttest. \Vissensrh..,\\\\\,^Qa: XIX, 288: Cua.ies, Ê^ws liber die Peschita zu den Proverbien, dans Jewish Quart. Review, XIII, 8(i; Eurint.eh, Die Bcdeutung der Peshillo f. die Textkrilik des Ilohenliedes dans Biblisclie Sludien, VI, 117; Lazaiius, ztir syr. Uebersetzung des Bûches der Richler,

sur lédition de Samuel Lee ou sur l'édition d'Ourmia et sur quelques ms. particuliers.

L'édition Lee, faite en 1823 pour la Société biblique anglaise, en vue des chrétiens du Malabar, est la reproduction du texte imprimédans la PolyglottedeWalton, quoique Samuel Lee ait consulté quelques manuscrits. Wallon, de son côté, n'avait fait que réimprimer le texte publié par Gabriel Sionita dans la Polyglotte de Paris ; il y ajouta les livres deutérocanoniques.

Le texte dont se servent les Syriens orientaux a été imprimé à Ourmia en 1852 par la Mission américaine. La Mission catholique en a donné également une édition à Mossoul en 1887.

Les éditions concordent entre elles, quoique l'ordre dans lequel sont classés les livres bibliques soit différent dans les deux recensions, l'orientale et l'occidentale. L'édition d'Ourmia a l'avantage de donner un texte entièrement vocalisé qui reproduit la prononciation orientale.

Les livres deutérocanoniques ont été publiés séparément par Paul de Lagarde ' , d'après la Polyglotte de Londres et des ms. du Musée britannique'-*.

Le manque d'une édition critique de la Peschitto se fait vivement sentir, et il est à souhaiter qu'une œuvre aussi utile pour l'exégèse biblique soit bientôt entre-

Kircliliain, 1901; Holtzmann, Die Peschitta zu der If'eisheit, Fribouig en Bnssau,l!)û3 ; KAMENET7.KY,D/ePesc/i«Ua;i</fo/iefe//i,dansla Zeitschr. n f.altlrst. tf'issensch., XXIV, 181. J" I i. Libri Vet. Test. apoa~yphi syriace, Le\\)y.\g. iSG[. / '2. M. Ceriani, qui a tant fait pour la critique des versions sjriaques de la Bible, a publié une reproduction pliotolitliograpliique du cod. Ambrosianus (un ms. jacobite du .VP siéclcj (|ui contient non seulement les livres protocanoniques, mais aussi les livres deutérocanoniques: Translatio syra-pescitto vet. Testamenti , vol. I, 4« part., Milan,

Le Musée britannique possède un ms. écrit à Amid en 404, qui renferme le Peulateuque, à l'exception du Lévitique;et un autre ms., daté de 53-2, contenant le Livre de Daniel.

prise '. M. Barnes a publié récemment une édition de l ce genre pour le Psautier^. '

§ 2. — Les anciennes versions du Nouveau Testament.

Les Evangiles étaient représentés en syriaque par trois anciennes versions : 1° V Harmonie composée par Tatien sous le titre de Diatessaron et désignée parfois par le nom ()îE<^angile des [textes) mêlés l^\ ..-an; ^g^^s^o; ; 2° h' EvaTigUe des [textes] sé/7«»-es^a..X^o/ piïSLio; ; o" et la Peschitto du Nouveau Testament. On a beaucoup discuté sur la date respective de ces trois documents et les rapports qu'ils ont entre eux; on n'est pas encore arrivé à une conclusion définitive. Nous résumons ici les hypothèses proposées récemment par M. Burkitt dans son livre intitulé : Evanselion da-Mepharreshê^, Evangile des [textes] séparées.

h'Ei'angile des [textes] séparés est conservé dans f deux ms., C et S, qu'on croyait autrefois renfermer chacun une version différente : C était la version éditée par Cureton ', et S, la version retrouvée par Mrs. Lewis, en 1892, dans un palimpseste du couvent de Sainte-Catherine au mont Sinaï. j\L Burkitt, qui fut

I.Une liste des éditions de livres particuliers delà Pescliilto a f^ic donnée par M. Nestlé, Syrische Uebersetzungen, dans la Real-Encyklojtedif fur protestantische Théologie und Kirche, 3" éd.; voir aussi sa Syrische Grammatik, 2- éd., Berlin, 1888, Litteratura, p. 17 et suiv.

'1. W. E. Barnes, The Peshitla Psalter according ta the West syrian ) (' Textwith an Apparitus criticus, Cambridge, 190i. I \^'

3. F. Cr AWFORD BuBKiTT, Euang'eZion drt-Mep/iarresAè. The Curelonian Version of tite four Gospels luith the readings ofthe Sinai palimpsest ^' and early syriac patrislic évidence, cdiled, collecled and arrauged,

2 vol., Cambridge, I90i.

4. CLtiETox, Remaias of a very anrieat recension of Ihe jour Gosjiels in syriac, I-ondres, 1838 ; Witicnr, Fragments of Ihe Curctonian Gospels (for private circulation), Londres, 1872.

l'un des éditeurs de cette dernière version \ a reconnu depuis que ces deux textes n'étaient que des recensions d'une même version. Il a réédité cette version avec une traduction anglaise dans le premier volume de son Evangelion da-Mepharreshê en prenant pour base le texte de Cureton (C) et en rejetant en noies les variantes de la Sinaïtique (S) avec les passages du Diatessaron pris de côté et d'autre. Le second volume de Y E^> an gel ion expose les recherches de M. Burkitt sur les anciennes versions du Nouveau Testament et les résultats auxquels il est arrivé et qu'il formule ainsi :

« (1) La Peschitto est une revision de V Ei>angelion da-Mepharreshé, ayant surtout pour but de conformer davantage la traduction au texte grec lu, à Antioche', au commencement du V'^ siècle. Elle a été préparée par Rabboula, évèque d'Edesse (411-435), et elle a été publiée par son autorité comme substitut du Diatessaron .

« ^2) Le Diatessaron est la forme la plus ancienne de l'Évangile syriaque. Il a été fait primitivement en grec, probablement à Rome, par Tatien, le disciple de Justin le Martyr, et traduit en syriaque pendant la vie de Tatien, vers 170 de notre ère. Comme on peut l'attendre d'un document qui est géographiquement d'origine occidentale, le texte évangéliaire du Diatessaron est très proche parent du codex Bezae (D) et

\. The Four Gospelu inSyriactranscribed from the sinailic Palimpsest by the lafe Rdbert L. Bensi.v, Rf.ndei. Hafîris and Crawford Burkitt ivith an Introduction by XcyES Symu Lewis, Cambridge, 1894; Agnes Smith Lewis, Sorties jiafjes of the four Gospels re Ira nscribed from the sinaitic Palimpsest, Londres, -1896. M. Merx a traduit en allemand le texte syriaque, et il a fait suivre sa traduction d'un commentaire critique qui n'est pas encore achevé : Adalbert Merx, Die vier Kanonischen Evangelien nach ihrem ultesten bekannten Texte, Uebersetzung und Erh'iuterung der syrischen im Sinaikloster gefundenen Palimpseslhandschrift; erslcr Tc-il : Uebeberselzung, Berlin, 1897; zweiter Tcil : Erlâv.terung; erste Hiilfte, Das Evangelium Matlhaeus. Berlin, 1902; zu'eile Hàlfte, Das Evangelium Markus und Lukas, Berlin, 1903.

des différentes formes de l'ancienne version latine. ^

« (3) VEvangelion da-Mepharreshê date environ de l'an 200 de notre ère. C'était la première version syriaque des quatre Évangiles séparés. Le traducteur était familiarisé avec le Diatessaron dont il adopta souvent la phraséologie. Il est très probable que \Evangelion da-Mepharreshê fut préparé sous les auspices de Sérapion, l'évèque d'Antioche qui est mentionné, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, comme ayant supprimé l'Évangile apocryphe de Pierre, et il y a quelque raison d'identifier le traducteur avec ' Palout. le troisième évêque (connu) d'Édesse.

« (4) Le texte de V Ei>angelion da-Mepharreshê, en tant que traduction directe du grec, reproduit pour nous le texte qui était en usage à Antioche, à la fin du ' second siècle, un texte d'une grande valeur critique, très médiocrement représenté dans les manuscrits grecs existants. L'emploi du Diatessaron par le traducteur a introduit des leçons qui, en réalité, appartiennent aux textes ayant cours dans les pays occidentaux. S et C, les deux ms. de \ Evangelion da- Mepharreshê, contiennent tous deux des leçons qui ont été conformées au Diatessaron par les copistes; C représente, en outre, un texte qui a été en partie revisé sur des ms. grecs postérieurs. »

Il est difficile d'admettre sans réserve que Palout fut l'auteur de Y Evangelion da-Mepharreshê qu'il aurait traduit à l'instigation de Sérapion sur le texte grec en usage à Antioche à la fin du second siècle. Plus vraisemblable est l'hypothèse que la version du Nouveau Testament attribuée à Rabboula par le biographe de cet évêque d'Edesse * est la Peschitto du Nouveau

1. OvERDECK, Ephraemi syri..... opéra selecta, Oxford, 1865, p. 220.

Testament, devenue la Vulgate des Syriens. Cette thèse avait déjà été exposée précédemment par M. Burkitt * .

C et S diffèrent entre eux par de notables variantes. Tous deux, remarque M. Burkitt, ont subi une revision d'après le Diatessaron, mais on ne doit pas conclure que, là où ils s'écartent du Diatessaron, ils ont conservé le texte primitif. La divergence peut provevir d'une revision postérieure faite sur les ms. \ grecs. C'est le cas pour C qui renferme des leçons ou • interpolations occidentales. Le texte de S est, au contraire, presque toujours le texte de V Ei>angelioji da- Mepharreshê ou celui du Diatessaron -.

L'original du Diatessaron est aujourd'hui perdu. Le commentaire que saint Ephrem en fit s'est conservé dans une traduction arménienne que Mœsinger reproduisit en latin en 1876. A l'aide du travail de Mœsinger et des citations d'Aphraate et d'Ephrem, M. Zahn tenta en 1881 de reconstituer le Diatessaron ^. La traduction

\. s. Ephraim's Quolations froin the Gospel collecled and arrangea by F. Crawford Blukitt, Texts and Studies, Vil, n° 2, Camhriflge, 1901.

2. Nous donnons ici une brève liste des publications relatives aux anciennes versions du N. T., parues antérieurement au livre de M. Burkitt : Bickell, Cons/^ec/ «s rei Syrorinn lilterariae, '^lunaier, i871, p. 8 ; WiLDEBOER, De Waardc de syr. Ecuiu/elicn door Cureton onldekt en uitgegeven, Leide, 1880; Haunack, Die Ueberlieferung dcr griechischen Apologeten, Leipzig. 188-2; Zahn, Forschungen zur Geschichle des neutest. Kanons, I Teil, Leipzig, i881 ; Geschichle des neul. Kanons, I Teil, i, Leipzig, 1888, p. 405; Evangelien Harmonie dans la Real- Encykl., 3" éd., V, p. 637 ; Baethgen, Evangelien Fragmente. Der griech. Text des Cureton, Introd., Leipzig, 1885; Hii.GENFEi.n, Zeitschr. /'. wissenschaft. Théologie, 1889, p. 119; Woods, Sludia biblica, III, p. lOo, Oxlord, 1891 ; Parisot, Patrologia syriaca {Graffin), t. I, p. xi.vi, Paris, 1894: Harris, dans la Contemporary Review, novembre 1894; Cvrl Holz- IIEY, Der neuenldeckle Codex Syrus sinaiticus. Municli, 1890; Albert Bonus, C'o^/aZ^o codicis Lewisiani rescripli, Ûxl'ord, 1896 ; Bewer, The history of the New Testament canon in the syrian Church, Chicago, 1900; Hjelt, Die altsyrische Evangelienûberselzung und Tatians Diatessaron, Leipzig, 1901 ; Adalbert Merx, Die vier Kanonischen Evangelien; II Teil, Das Evangelium Matthaeus, p. xvi, Berlin, 1902; "W. Bauer, Der Apostolos der Syrer , Giessen, 1903.

f3. ZAïm, Forschungen zur Geschichle des neulest. Kanons, I Teil, Tatians Diatessaron, Lei|)zig, 1881.

arabe du Diatessaron attribuée à Aboul-Faradj ibn at- Tayib, a été publiée et traduite en latin par A. Ciasca ' . Les passages du Diatessaron cités dans les commentaires de saint Ephrem ont été réunis et traduits en anglais par Hill et Robinson ^. Harris et Goussen ont publié des extraits qu'ils ont tirés des commentaires de Jésudad et d'autres auteurs ^.

Le Diatessaron demeura en vigueur chez les Syriens jusqu'à Rabboula, évoque d'Édesse (-f- 435), qui en interdit l'usage dans les églises et les couvents de son diocèse. Le biographe de cet évêque nous informe que ■ i» Rabboula ordonna aux prêtres et aux diacres de veiller à ce qu'il y eût dans chaque église ui;i exemplaire des Evangiles séparés ^. A la même époque, Théodoret, évêque de Cyr, fit détruire plus de deux cents \ exemplaires du Diatessaron.

Le texte de la Peschitto du Nouveau Testament était, comme celui de la Peschitto de l'Ancien Testament, définitivement constitué à la fin du V° siècle, au moment de la scission qui se produisit entre les Syriens occidentaux et les Syriens orientaux. On ne ; trouve pas de différence entre les textes reçus dans les deux communautés ■'.

\. AuGusïiNUS Ciasca, Taliani Evanaeliorum, Ilarmoniae arabice, Rome, 1888. La traduction arabe ne reproduit pas le texte original, cl'. E. Selmn, Der Text des von Ciasca lœrausg. arab. Diatessaron untersucht dans Forschungen zur Geschichle des neutest. Kanons, IV, p. 22.'i; Zaun, Geschichte des neulest. Kanons, It, 2, p. 530. Suivant le P. CuEiKHo [Journ. asiat., sept.-oct., 189", p. 301), la traduction arabe est antérieure au XP siècle et par conséquent à Ujn at-ïayib, à en juger par des l'ragments trouves en orient.

-2. Hamly Uill et Armitage Rouinson, A dissertation on the Gospel, \ ■^\ commenlnr ies of S. Ephrem the Syrian, Edimbourg:, 1895.

3. Hauius, Fragments of the commentary of S. Ephrem Syrus upon tlie Diatessaron, Londres, 1835; Gousse?), Apocalypsis S.Joh. versio Sahidica, Leipzij,', 1895. Cf. G. Diettricu, Ischodnd's Stellung in der Anslegungsgcschichle des A. T..., Giessen, 190:2, p. %i.

4. OvEKHECK, Ephraemi syri opéra selecla, Oxford, 18ti5, p. 220.

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