LA VERSION SYROPALESTINIENNE DE L ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT
Une communauté chrétienne de la Palestine possé- ' dait une littérature ecclésiastique conforme au rite ^ melkite et écrite dans un dialecte très voisin du judéoaraméen qui nous est connu par les Targoums palestiniens et le Talmud de Jérusalem. Les documents qui * nous en sont parvenus proviennent d'une version et de lectionnaires de l'Ancien et du Nouveau Testament, ( d'homélies, d'hymnes et de vies de saints. Les lection- 1 naires et quelques fragments de l'Ancien Testament sont assez bien conservés, mais le reste est malheureusement très mutilé.
On ne connaît ni l'origine de cette communauté, ni l'étendue du territoire qu'elle occupait. Les textes que nous possédons ne remontent pas très haut : les plus anciens peuvent être du YI'- ou du VIP siècle ; les plus modernes sont du XP ou descendent encore plus bas. Le lectionnaire des quatre Evangiles, daté de 1030, a été écrit par le prêtre Elias d'Aboud dans le monastère de Moïse, à Antioche des Arabes. Les autres ms. ou fragments se trouvent dans le couvent de Sainte-Catherine au mont Sinaï ou ont été apportés d'Egypte ou de Damas.
11 LA VERSION SYROPALESÏINIENNE
> M. Burkitt^ a établi quAntioche des Arabes doit
• s'entendre d'Antioche de Syrie, et qu Aboud était un gros village à moitié chemin entre Jafîa et Césarée. 11 en conclut qu'une partie de cette communauté chrétienne était fixée, au XP siècle, à Antioche et sur les
\ confins de la Judée et de la Samarie. Des moines orthodoxes, originaires de la Palestine, ont habité le couvent de Sainte-Catherine au Sinaï, à en juger par le
] nombre des ms. et fragments syropalestiniens que ce couvent renferme. En outre, il y a eu des chrétiens de la même nationalité en Egypte puisqu'un ms. provenant d'Egypte contient le rite de la bénédiction annuelle du Nil. Là se bornent nos connaissances actuelles sur les dates et les lieux d'habitation de cette comm\mauté.
Voici la liste des ms. et fragments syropalestiniens connus jusquà ce jour :
1° Un lectionnaire des quatre Evangiles dans le ms. du Vatican, syr. n° 19, daté d'août 1341 des Séleucides (1030 après .I.-C.)-.
2" Des fragments acquis par Tischendorff et conservés à Saint-Pétersbourg, et des fragments provenant du désert de Nitrie et déposés au Musée britannique-^; ils contiennent des portions du Deutéronome, d'Isaïe, des Psaumes, des Proverbes, de Job, des quatre Evan-
1. Dans Clirislian Palcstinian Literalurc, Journal of theolcxjical StMdies, II, p. 174-183; cf. Actes du XII« Congn-s des Orientalistes, Rome, 1890, t. III, I" partie, p. dI!)-l-2G. Le travail de M. Burkitt nous a servi
* de guide pour la rédaction de ce numéro. Nous n'avons pas mentionné les anciennes hypothèses qui, après l'étude de M. Burkitt, se trouvent sans objet.
2. Son existence fut révélée par le catalogue d'AssÉJi.vxi : Adler l'analysa dans ses Novi Testamenti versiones syriacae, Co|)enliague, ITSi). Édité d'abord par le comte Mi.mscalchi Er.izzo, Evangcliarium Hierosolymitanum..., 2 vol., Vérone, l8r.l-1864, il lut réédité d'une manière plus critique par P. de Lagaude dans BiblioUiccae a Pav.lo de Lagarde collectae, Gœttingue, 1892, p. 257-404.
I 3. Publiés par Land. Anccdota sijriaca. IV, p. 103-224, Leide, 1875.