‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 24 sur 200 · DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT

11° Deux feuillets contenant des fragments d'œuvres \ patristiques traduites du grec, qui se trouvent à Saint- Pétersbourg'.

Quelques-uns de ces fragments dénotent un texte \ continu et prouvent qu'il existait une version complète j | ^ j"^. de l'Ancien et du Nouveau Testament dans le dialecte r^palestinien. C'est de cette version qu'ont été tirés les j ^ .-, lectionnaires qu'on croyait autrefois avoir été traduits l ^'^' directement du grec. La version et les lectionnaires présentent dans les diiférents textes d'importantes variantes. Ils ont certainement eu un champ d'extension beau- ' 'J , coup plus vaste que ne le suppose M. Burkitt : a Le seul endroit, dit-iP, où cette littérature semble avoir été la langue ecclésiastique du peuple, est Aboud, une place non éloignée de la frontière entre la Judée et la Samarie. Tout cela rappelle l'époque de Justinien et d'Héraclius I et les efforts résolus de ces empereurs pour extirper/ du territoire chrétien le judaïsme et d'autres anciennes! confessions... Sans aucun doute, le succès, dans une } certaine mesure, servit momentanément le zèle perse- .

cuteur des empereurs byzantins, et c'est ainsi que des ^*^l communautés de chrétiens parlant araméen furent fon- iPv*.'' dées en Palestine. Les prosélytes et leurs descendants J C^-^* avaient besoin d'une instruction religieuse dans leur <''^^' propre langue, et la Bible (ou une grande partie de la Bible) fut traduite en même temps que des homélies et d'autres documents ecclésiastiques, dont la plus grande partie a péri. »

M. Burkitt ajoute que cet exposé de la question est

1905. Cf. les fragments pul)!iés par Scuulthess clans la Zeitschr. der deut. j[ morgenl. Gesellschaft, I.VI, p. 249. " 1. Publiés par P. Kokowzoff, Nouveaux frarjments syro-palcstinicns,

Saint-Pétersl)oursi, 1906.

2. Dans l'article cite plus haut du Journal of Iheoloi/ical Studios,

■18 LA VERSION SYROPALESTIXIENNE.

purement hypothétique : « J'ai surtout voulu, conclutil, faire ressortir qu'il n'y a pas, dans la littérature chrétienne-palestinienne, de réels signes d'une haute antiquité, ni d'un rapport spécial avec des formes plus anciennes de la chrétienté. Nous pouvons fixer son existence presque au temps de Justinien, mais une date plus ancienne n'est sug-gérée ni par le cours général de l'histoire, ni par le caractère des documents

■ qui ont survécu. »

jXous remarquerons seulement que l'époque de Justinien, pendant laquelle le monophysisme eut une si grande extension en Syrie, n'est pas favorable à la thèse de M. Burkitt. En outre, on ne s'explique pas comment les chrétiens de la Palestine, complètement hellénisés au temps de Justinien, se seraient formé une

\ littérature ecclésiastique dans un dialecte araméen. Il

f.est plus vraisemblable que cette ancienne littérature

■( ne nous est parvenue que dans des manuscrits relati-

\1 vement récents.

Les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament sont traduits du grec. Ceux de rx\ncien Testament représentent généralement une forme des Septante postérieure aux Hexaples dOrigène. Le fragment de Job (ch. xxii) est compris dans la partie qui manquait primitivement dans les Septante et qui a été ajoutée par Origène d'après Théodotion. Rien ne permet de rechercher des rapprochements avec la recension de Lucien, mais la Peschitto syriaque a été mise à contribution dans quelques cas, notamment pour la béné-

I diction du Nil. Du reste, le dialecte palestinien que ces textes nous révèlent a subi l'influence du syriaque mésopotamien, et c'est principalement par cette in-

; tluence qu'il s'est différencié du judéo-araméen de la Palestine.

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