‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 28 sur 200 · AssihiANi, B. 0., m, part. I, p · texte numérisé non relu

AssihiANi, B. 0., m, part. I, p

i. On ne trouve pas d'autres traces de celte version de Mar Aba, qui demeure douteuse. L'existence réelle en est admise par M. Baumstark dans Oriens Christianus, II, p. 457, et par M. Martin LEwiy, Die Scholien des Theodor bar Kôni, Berlin, 190."i, p. xxix.

LA MASSORE SYRIENNE.

L'ensemble des travaux concernant la lecture exacte du texte biblique dans les versions syriaques est désigné par les Jacobites sous le nom de La tradition^ liniviNtv^, nom qui répond à celui de La Massoj^e juive; les Nesloriens se servaient de préférence de l'expression Livres des maîtres de lecture, i-Uynv); ^iLii. Nous retenons le terme de Massore qui est consacré par l'usage, et celui de Massorètes pour les auteurs de ces travaux.

La Peschitto était le premier livre mis entre les mains des élèves qvii fréquentaient les écoles; ces élèves commençaient par la lecture du Psautier; ils abordaient ensuite le Nouveau Testament et les autres livres de l'Ancien Testament, puis les œuvres des Pères de l'Eglise syriaque et de l'Église grecque. Les maîtres de lecture apprenaient à leurs disciples à prononcer exactement les mots, dont les voyelles n'étaient pas écrites, à distinguer les propositions des différentes phrases suivant les cinq catégories d'Aristote, à élever et à abaisser la voix en prenant les diverses intonations que le sens exigeait. Les signes^u'ils marquaient, pour cet enseignement, soit sur la ligne, soit au-dessus ou au-dessous des mots, étaient des points ou des groupes de points que l'on appelle des accents et que

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l'on divise en accents logiques eienarcenls rhétoriques.

La massore, dans ses origines, remonte à l'Ecole d'Edesse, au commencement du V*^ siècle; elle fut transmise peu de temps après à l'Ecole de Nisibe par Narsès, que ses opinions nestoriennes avaient fait chasser d'Edesse. Au VI'= siècle, Joseph d'Ahwaz, professeur de cette école, apporta des modifications au système des maîtres de l'École d'Edesse \ et inventa neuf accents, en se servant, pour ses lectures, de la version des commentaires de Théodore de Mopsueste faite par Ibas -.

Le système nestorien des points, des voyelles et de l'accentuation, fut répandu au VIl*^ siècle chez les Monophysites orientaux par Sabrowai, le fondateur d'une école à Beit-Schehak près de Nisibe, et par ses fils, Ramjésu et Gabriel, moines du couvent de Mar Mattai •*.

La massore a produit trois sortes d'ouvrages : l°des exemplaires de la Bible ponctués et annotés de gloses marginales ; 2" des traités des points ou accents ; 3° des traités des mots ambigus [De sequii>ocis).

Les traités sur les accents et les traités sur les mots ambigus font partie de la grammaire et de la lexicographie. Nous les renvoyons au n° xvi; nous parlerons ici des exemplaires de la Bible qui renferment la massore.

1. Bariiedr.eus, Chron. ercL, il, p. 77, dit : « Joseph d'Aliwaz occupa la place (de Narsès) à Nisibe. Il changea la lecture édessénienne en la lecture orientale que suivent les Nestoriens. Ceux-ci, pendant tout le temps de Narsès, lisaient comme nous les Occidentaux. » Cette modification porta non sur les voyelles, mais sur les points qui marquaient les différents membres do la phrase, cf. Merx, HUtoria arlis grammalicœ apud Syros, Leipzig, 1889, p. 28.

2. D'après une note d'un nis. du Musée britannique, \vr.iGUT, Catal. of the syr. ms., col. 107, n° V, 3.

3. Voir la lettre de David, (ils de Paul, publiée par IgnatiisEpiiuaem II llAnMAM dans Studia syriaca, Mont Liban, 1904, chap. x, u° 3, et l'annotation à ce chap., p. G7-fi8. ci'. Noeldeke, Zeitschr.der deut. morgenl. Gesell. ,L\ni, 1904, p. 49o; Wright, Catal. of Ihe syr. ms., col. 103 b.

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La revision de la Peschitto de l'Ancien Testament, faite par Jacques, évêque d'Édesse, en 705, lorsque cet évêque résidait au couvent de Teléda, peut être considérée comme le premier travail systématique de la massore jacobite. Jacques divisa les livres bibliques en chapitres et mit en tête de chaque chapitre un sommaire du contenu. Le texte est accompagné de nombreuses gloses marginales, dont une partie rapporte les leçons des versions grecques et syriaques ; une autre partie donne la prononciation exacte des mots. Quelques-unes des notes sont tirées des œuvres de Sévère d'Antioche. On trouve aussi des gloses insérées dans le texte.

Cette œuvre de Jacques d'Edesse ne nous est pas parvenue dans son entier. La Bibliothèque nationale possède deux ms. contenant le Pentateuque, à l'exception d'un certain nombre de versets, et le livre de Daniel. Le Musée britannique a aussi deux ms. renfermant les deux livres de Samuel avec le commencement des Rois et Isaïe ; le premier livre de Samuel présente quelques lacunes ' . Ces ms. sont datés de 719 et 720, c'est-àdire d'une dizaine d'années à peine après la mort de Jacques d'Édesse.

Jacques avait montré aux Syriens la voie à suivre pour systématiser les travaux de la massore. Il ne tarda pas à trouver de dignes émules parmi les moines qui, dans la retraite, consacraient leur vie à l'étude des Écritures. C'est dans le couvent de Karkaplita [le

1. Des fragments de cette revision ont été imiirimcs par Busatis, Daniel secundum editionem LXX Iiilerprelum, Milan, 1788: et par CePvIam, Monumenta sacra et profana, t. H et V. — M. Ugolisi, dans Oriens christianus, Rome, d902, p. 409, a montré que le ms. Add. 144^29 de Londres et le ms. 21 de Paris étaient deux parties d'un même exemplaire de la revision de Jacques d'Édesse. 11 croit en outre que le ms. V du Vatican, qui renferme des Irayments d'Ézécliiel, forme une troisième partie du môme exemplaire.

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crâné), situé près de la ville de Reschaina. que la massore jacobite atteignit son apogée. Les massorètes jacobites sont désignés sous le nom de Karkaphietis, i:q»Y"i et leur œuvre porte le titre de La tradition Karkaphienne, iLAovi jlqjJqJsjl», dans le commentaire de Barhebrseus intitulé Le magasin des mystères, et dans les ms. de la massore jacobite.

On s'est longtemps mépris sur le sens exact de ce titre. Asséniani traduisait versio Karkaphensis hoc est montana et il ajoutait que c'était la version dont se servaient les habitants des montagnes ^ Le cardinal Wiseman retrouva cette soi-disant version dans le ms. 152 du Vatican •■. C'est l'abbé P. Martin qui le premier aperçut le vrai sens et montra que les mots traduits par version Karkaphienne signifiaient en réalité la tradition Karkaphienne, c'est-à-dire la massore élaborée dans le couvent de Karkaphta^. Mais l'abbé Martin ignorait encore le véritable emplacement de ce r couvent; M, Georg Hoffmann a prouvé qu'il se trou- ' vait à Magdal sur le fleuve Chabor, non loin de la ville de Reschaina^.

Dans les ms. qui renferment la massore jacobite, les gloses marginales relatives à la leçon exacte du texte et à sa prononciation sont souvent indiquées sous la rubrique toubana, \lli4, (ou par abréviation o^). Le cardinal Wiseman croyait que ce mot désignait la Pesclîitto ; l'abbé Martin y voyait une épithète de Rabban Théodose, un auteur syriaque. Nous savons aujourd'hui à quoi nous en tenir, grâce à deux gloses du lexique de Bar Bahloul qui nous apprennent ce qui

\. Bibl. orient., II, p. 283.

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