GoTTBEiL, A Christian Bahira Legend, New-Vork
mont des OlUners, et un Testament de Notre-Seigneur adresse à saint Pierre ^ .
Le Testament de Notre-Seigneur, mis en tête des Constitutions apostoliques, dont l'édition de Lagarde (voir ci-après, p. 94) ne contient que des extraits, a été publié en entier par M. Rahmani d'après un ms. de Mossoul et un ms. du Musée Borgia-. Suivant ces ms., la version syriaque a été faite par Jacques (d'Edesse) en 998 des Séleucides (087 de .J.-C).
\JE<^angile de Thomas l'hébreu ou YEnfance de Notre-Seigneur existe dans une recension syriaque qui diffère des recensions grecque et latine. Lems. syriaque du Musée britannique qui la renferme •' omet le premier chapitre du texte grec. La Bibliothèque nationale possède une version arabe dans deux ms. écrits en caractères syriaques ''.
M. Budge a publié : 1° UHistoi/e de la Vierge Marie et de la vie de Notre-Seigneur sur la terre, un apocryphe qui donne un résumé suffisamment complet du Protévangile de saint Jacques, de V Evangile de pseudo-Matthieu, de V Evangile de Thomas l'hébreu.
1. Cal. Vat., t. ni, p. 506 ct.'iO-; Catal. Zot., n" 19'*, 20'^ ; n° 232, 3°.
2. iGNATius Epuraf.m n Kaiimani, Teslamentum D. N. Jesn Christi nunc primum erlidil, latine reddidil et iUustravit, Mayence, -1899. Cette édition provoqua de nombreuses études critiques, dont nous ne pouvons mentionner que (|uelques-unes : Flnk, Bas Testament unseres Herrn und die verivandten Schriflen, Mayence, VM\\^kv, Fragment inédit d'une tradition jusqu'ici inconnue du Testamentum D. N. Jesu Christi, Journ. Asiatique, mars-avril 1901, p. 233; Bvumstark, Ueberlieferumj und Bezeugung der ôiaO^xT], Rdmische Quartalschr., XIV, p. 1; Arend- ZEN, A new syriac Text of the apocalyptic part of the Test, of our Lord, Journ. of theol. Studies, n, 401 ; Cooper et Maclean, The Test, of our Lord translaled..,, Londres, 1902; Guerrier, Le Test, de N.-S., essai sur la partie apocalyptique, Lyon, 1903.
3. Publié par Wright, Contributions lo the apocryphal Lilerature of the N. T., Londres, IHC.j; comp. TisciiENDoRr. Apocalypses apocryphe; Leipzig, 18(iC, p. i.iii; Cowper, The apocryphal Gospels, Londres, 1867, p. Lxxv et ex.
'«. Catal. Zotcnùerg, n° 238, 7"; n" 273, 3».
deVIù'angile de la Natinté de la Vierge et du Transi^ tus; 2'^' h'Histoire du portrait de Jésus que les Juifs de Tibériade firent pour s'en moquer. En appendice, M. Budge a réimprimé les fragments syriaques du Protèvangile de saint Jacques et de V Evangile de Thomas l'hébreu que Wright avait édités '.
La version syriaque, en six livres, du Transitas Beatae Mariae existe au Musée britannique, et a été publiée par Wright avec une traduction anglaise-. Du même genre est un autre apocryphe intitulé : Les obsèques de Notre-Dame Marie, également publié par W'right^.
Une prière est attribuée à saint Jean-Baptiste '•.
h' Apocalypse de saint Paul est conservée dans deux ms. syriaques du Vatican "*.
U'Evangile des douze Apôtres, avec les révélations qui leur furent faites, appartient au YIll'' siècle. Il a été publié par M. Harris*.
I \. K. Wallis Bldge, The History of Ihe Blessed Virgin Mary and thc I History of the Likeness of Christ, I, the syriac texts; II. English Iransj lations, Londres, 1899. Cl. AVright, Contributions la the apocryphal Lilerature of the N. T., Londres, 18C5. Le Protèvangile de S. Jacques et le Transitus Beatae Mariae ont été rciniprimés d'après un palimpseste du couvent de Sainte-Catlierine au mont Sinai par M»'» Lewis dans Sludia sinai tica, n" XI, Londres, 1902. Sur les ms. du Protèvangile de saint Jacqv.cs se trouvant à Paris, voir Zotenberg, Catal., n" 232, S: n" 238, 170.
2. WitiGHT, Journal of sacred Liter.,'t^ série, vol. VI et VIT, 186S. Cf. . Ci'RF.TON, Ancient syriac Documents, Londres, 1864, p. dlO, n" 6 ; Bickell, Thcol. Quartalschr., 1860, p. 465.
t3. Dans Contributions to the apocr. Liter. of the N. T., Londres, 1805- 4. Catal. Zotenberg, n» 12, 20°.
. .■;. Catal. Vat., 374 et 472. La version syriaque a été traduite en allemand par ZiNGERLE, Vierteljahrschrift, IV, p. 139; éditée par Perkins, Journal of American or. Society, \UÏ, 182; et réimprimée dans le Journ. of sacred Literature, 1805, p. .372. Sur l'Apocalypse de saint Pierre, un apocryphe arabe du VHP siècle, voir E. Bratke, Handscr. Ueberlieferung und Bruchstùcke des arab.-âthiop. Petrus-Apokr. dans la Zeitschr. f. ïvissensch. Théologie, 1893, p. 434-493.
6. Rendel Harris, The Gospel of the tivelvc Apostles wilh the apocalypses of each one of them, Camhridj^e, 1900.
DU X. TESTAJIENT. 8îi
La bibliothèque du couvent de Sainte-Catherine au mont Sinaï possède le texte syriaque et le texte arabe de VAnaphora Pilatiei de la Paradosis PilatiK
On doit encore à Wright la connaissance des Actes apocryphes des Apôlr es, qu'il a recueillis dans plusieurs ms. syriaques et réunis en une collection-. Cette collection comprend : 1° \ Histoire de saint Jean à Ephèse, histoire qui, dit le titre, fut composée par Eusèbe de Césarée, d'après un livre grec, et traduite ensuite en syriaque. C'est une composition postérieure à l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe. Le texte syriaque a l'avantage de reproduire un original grec perdu ou inédit; 2" le Décès de saint Jean, traduction de la dernière partie (à partir du ch." xv) du texte publié par Tischendorf; 3° une portion des Tlsçioéoi de saint Philippe, qui n'existe pas dans le texte grec et qui contient le récit de la conversion du juif Ananias et de la ville de Carthage; 4'^ les Actes'de saint Matthieu et de saint André, traduits du grec ^; 5° V Histoire de sainte Thècle, disciple de l'Apôtre Paul, traduite du grec'*; G° les Actes de saint Thomas ■'.
\. Ces textes ont été publiés par Mrs. Gibson, Apocrypha sinaitica dans Studia sinaitica, n" V. Londres, 189G. Le texte syriaque comprend en outre les lettres de Pilate et d'Hérode que Wright a éditées, d'après le ms. Add. 14(309 du Musée britannique, dans ses Contributions to the apocryphal Literalurc of tlie N. T.
2. Apocryphal Acts of the Apostles, Londres, 1871 ; vol. I, le texte sy- y riaque;vol. Il, la traduction anglaise.
3. Une rédaction syriaque diflférenle existe à la Bibliothèque nationale, Catal. Zotenberg, n" 234, 40.
4. Cette histoire est comprise dans Le livre des femmes avec les histoires de Rutii, d'Estiier, de Judith et de Suzanne; comp. Calai. l('ri{/hl, p. î»8, (>5i, 104"2 et 1123. M""^^ Lewis a coUationné celte édition de Y Histoire de Thècle aL\ec un palimpseste du Sinaï, Studia sinaitica, n" IX, Londres, 1900, Append.ix II; dans l'Appendix I, elle a publié l'Histoire de Suzanne.
5. Dans le III« vol. de ses Acta martyrum et sanctorum, Paris, 1892. le P. Bedjan a donné une édition amplifiée des Actes syria((ues de Thomas. Cette réédition reproduit le texte de Wright avec les variantes et les nombreuses additions du ms. de Berlin. Le texte de Wiïight est
Comme le remarque Wright, les Actes de saint Thomas sont la pièce capitale de sa collection. Au moment où cette collection paraissait, on ne connaissait pas encore, dans sa totalité, la rédaction grecque de ces actes, dont l'édition complète a été faite par M. Max Bonnet [Acta Thomie, Leipzig, 1883). L'édition Bonnet concorde entièrement avec la rédaction syriaque^. Mais le caractère gnostique, dont ces actes portent une empreinte plus marquée que les autres apocryphes du même genre, est moins sensilile dans le texte syriaque qui a été retravaillé au point de vue orthodoxe, h' Hymne sur la sagesse^ par exemple, que saint Thomas chante dans le premier de ses actes, devient en syriaque une hymne sur FEglise. Mais, par un heureux hasard, le syriaque a conservé une hymne gnostique sur l'àme que les autres recensions ne possèdent pas-.
L'origine syriaque de Ihymne sur l'àme n'est pas
divisé en huit actes [nqâ^eiç) comme le rpcc (éd. Bonnet); l'édition de Bedjan comprend seize actes, mais elle n'a pas l'hymne sur l'àme i|ui manque dans le ms. de Berlin et dans celui de Cambridge, voir Calai, of the syriac ms. of Cambridge, p. 70:2. Des fragments des Actes de saint Thomas ont été publiés par M. Buiikitt d'après un ms. du Sinaï dans Studia sinaitica, n" IX, Londres, 1900; d'autres (ragments ont été édités d'après un palimpseste du Sinaï par 51°"° Lewis. Ac/a mylhologica Apostolorum dans Horae semiticae, in (ti-ad., IV), Londres, -1904.
1. LiPSiLs, Die apokryphen Apostelgeschichten nnd Apostellegenden. Brunswick, d883, t. I, p. 232. Cf. Bonnet, Acta Apostolorum apocr.. vol. II, pars I, Leipzig, 1898 ; vol. II. pars 2, Leipzig. 1903.
■2., M. NœLDEKE a le premier, dans son compte rendu de la publication de Wp.ir.HT, Zeitschr. der dent. morg. Gesell., 1870. t. XXV, p. 070, reconnu le caractère gnostique de ce morceau. Les critiques se sont rangés à son avis, savoir : M. Kafil Macke, qui a traduit cette hymne dans la Theologische Quartalschrift de Tubingue, 187'f, p. 3-70 ; M. Lipsics, qui en a donné également une traduction allemande, Die apokr. Apostelg., 1. 1, p. "292-300; et M. Bevan qui a réédité le texte de l'hymne avec une traduction anglaise dans les Te.vis and Studies de M. Armitage Hor.iNSON, vol. V, n" 3, Cambridge, 1897. M. Bonnet en a retrouvé une version grecque, Acta Apostolorum apocr., vol. II. pars 2, Leipzig, 1903, p. 109. M. G. Hoffmann a réimprimé, traduit et commenté les deux hymnes, Zwei Hymnen der Thomasaklcn dans la Zeitschr. f. die neutest. Wissenschafl, 1903, p. 273-309. Cf. Prel'sciien, Zwei gnostische Hymnen ausgelegt, mit Text itnd Ueberseizung, Giessen, 190i.
DU N. TESTAJIENT. 91
contestée, et il y a de grandes probabilités pour que les actes aient été entièrement composés en syriaque en Orient, puis aient passé en Occident dans une version grecque. M, Macke ^ s'est prononcé dans ce sens, et son avis a été confirmé par M. Nœldeke après un examen comparé de l'édition de Wright et de l'édition de M. Bonnet 2. Wright avait déjà signalé le style archaïque de la rédaction syriaque. On a remarqué depuis que les diflerentes hymnes contenues dans cette rédaction sont composées en vers de six syllabes, dont les irrégularités de mesure (dans quelques-uns de ces vers) s'expliquent par les retouches d'un copiste orthodoxe. L'auteur avait un souvenir précis des temps et des lieux où il place les événements qu'il raconte ; la route suivie par l'apôtre se rendant aux Indes est bien celle que prenaient les marchands au commencement de l'ère chrétienne; les rois Gondophar etMazdai, mis en scène dans cette histoire, régnaient effectivement à cette époque 3. M. Nœldeke concluait que ces actes ont été . écrits à Edesse, et sont de l'école de Bardesane. L'époque de leur composition, ajoute M. Lipsius, est l'année 232, date de la victoire d'Alexandre Sévère sur Artaxerxès et du transfert des reliques de l'apôtre à Edesse. C'est ce transfert qui a été l'occasion de la i l rédaction des actes de saint Thomas. Nous aurions '*" ainsi un document certain de l'influence que les idées
•1. Voir noie précédente.
2. Dans Lipsius, Die apocr. Apostelgesch., t. \\. '2.'^ partie, p. 423-4-25; comp. HAnNACK, Die Chronologie der altchrisl. Lilteralur bis Eusebius, Leipzis, 18'J3, I, .'i',5-riW; et Burkitt, The original lanyuage of thc Acls iif Judas Thomas dans Journal of theological studies,l, 2, 1900, p. 280- 290. Suivant M. BiiiiKUT, cette liymne a été composée par Bardesane lui- • même au commencement du Ùv siècle.
3. VoN GUTsciiMiD, Die Kœnigsnamen in den apocryphen Apostehjeschichlen dans le Rlieinisches Muséum fur Philologie, 1864, lCl-183, et 380- '(01, ou KleineSchrif.en, IT, 332-394; Sylvain Lévi, Journal asiatique, janv.-fév. 1897, p. 27.
m LES APOCRYPHES
gnostiques exerçaient encore sur TEglise d'Édesse dans la première moitié du troisième siècle de l'ère chrétienne.
La popularité dont les Actes de saint Thomas joui- ;rent en Syrie s'explique autant par la vénération qu'inspirait le tombeau de l'apôtre à Edesse que par l'origine syriaque des actes. Jacques de Saroug composa une homélie métrique sur le palais que l'apôtre Thomas construisit pour le roi des Indes ^ Les différents actes de la mission de l'apôtre ont été mis en vers par Giwargis d'Alkosch, un auteur nestorien du XVIII« siècle 2.
L'Histoire de saint Pierre et \ Histoire de saint Paul ont été publiées en syriaque par M. Bedjan dans le premier volume des Acta martyriun et sanctorum •'. Le deuxième volume de cette collection renferme le 60^loque de saint Pierre avec l'empereur J^èr on.
La lésrende de Y Invention de la tête de saint Paul est reproduite dans plusieurs documents syriaques ; elle est quelquefois insérée dans la lettre apocryphe de Denys l'Aréopagite à Timothée sur le martyre de saint Pierre et de saint Paul '. On la trouve encore dans le Livre de V abeille et dans une chronique syriaque '"'.
\. Éditée par ScunoETF.iî. Zcilschr. '1er deut. morg. GeselL. t. \XV. p. 321, et t. xxvni, p. 584.
-2. Ce petit poème a été i)ublié par le P. Cvrdahi, Liber Ihesauri de arte poetica Syrorum, p. 130. Barhebra'us a résumé les actes de saint Thomas au commencement de la seconde partie de sa chronique ecclésiastique. Dans le Livre de l'abeille, éd. Bldge, p. 119 (trad., p. 105), c'est le marchand Hablian qui ramène à Édesse le corps de l'apôtre.
3. Cf. GuiDi, Zeilschr. der deut. morgenl. GeseUschafl, XLVI, p. 744; B AUM STAR K, Die Petrus und Paulusacteti, Leipzig, 190-2; EpiraAEM II Raii- MAXi, Studiasyriaca, Mont Liban, 1904, chap. n, n":^; Luici de Stepiiam, Storia del beato apostolo S. Paolo, Iraduzione del sirtaco, Giornale délia Soc. asial., t. XIX, p. 201.
4. Publiée en sjTJaque par l'abbé Paulis Martin dans les Analecla sacra du card. Pilra, t. IV, p. 241-249.
5. The book of the bee, éd. Budge, Oxford, 1886, p. 122 (trad., p. 108) ; cf.
M. l'abbé Nau a publié dans la Revue de l'Orient chrétien, 1898, une traduction française de la version syriaque des martyres de saint Pierre, de saint Paul et de saint Luc, contenus dans les ms.Add. 12172 et 14732 du Musée britannique, et, en outre, le texte du martyre de saint Luc. M. Nau a établi les rapports qui existent entre le syriaque et les recensions grecques pour saint Pierre et saint Paul. Le martyre de saint Luc n'existe pas en grec, mais seulement en copte et en éthiopien; il semble d'origine copte; M. Nau est cependant porté à croire à un original grec.
Le Sermon de Simon Képha dans la ville de Rome, existant dans des ms. du Musée britannique, a été publié par Cureton ^ .
Le Sermon de saint Pierre, le Martyre de saint Jacques, le Sermon de Simon fils de Cléophas et le Martyre de Simon fils de Cléophas qui existent dans des ms. arabes du couvent de Sainte-Catherine, sont probablement l'œuvre de moines du moyen âge"-.
La version syriaque dune partie des Homélies et des Récognitions de pseudo-Clément a été publiée par Paul de Lagarde, Clementis romani Recognitiones syriace, Leipzig, 1861 3.
l'abbé Nac, Revue de l'Orient chrétien, 1896, p. 396 et suiv.; Raiimaxi, Sludia syriaca, cités ci-dessus, chap. ii, n° 1. ,
l. Cureton, Ancient syriac documents, p. 3')-4l. I,e contenu historique \ de ce documenta été brièvement analysé par Lipsics, Die apocr. Apo- \ stetgeschichten, II, 206. Cf. Bavmstxrk. Die Petr us und Paulusacten, cités i ci-dessus, p. 38.
•2. Ces apocrypiies ont été publiés avec une version anglaise par M"° GiP.soN, Apocrypha sinaitica dans le n' 5 des Studia sinaitica, Londres, 1896.
3. Comparer P. Batiffol, La littérature grecque dans celte collection des Anciennes littératures chrétiennes, p. 47. M"'= GinsoN a édité dans les Apocrypha sinaitica, n° V des Studia sinaitica, deux versions arabes abrégées des Récognitions : l'une d'après un ms. du Sinaï, l'autre d'après le ms. Add. 996."> du Musée britannique. La seconde version est suivie du récit fabuleux du martvre de saint Clément.
On possède en syriaque la plupart des documents contenant les constitutions et les canons attribués aux Apôtres '. La Didascalia apostoloriun, perdue en grec, s'est heureusement conservée en syriaque et a été publiée d'après le ms. syr. 02 de la Bibliothèque nationale par Paul de Lagarde, Didascalia apostolorum syriace (sans le nom de l'éditeur), Leipzig, 18Ô4 2.
Le manuscrit de la Bibliothèque nationale qui renferme la Didascalia apostoloruni, contient des extraits des livres I à YII et le livre VIII des Constitutions apostoliques allribuces à saint Clément, Ces textes ont été également publiés par Paul de Lagarde ^.
La Doctrine des Apôtres a été publiée en syriaque par Paul de Lagarde '• et Cureton •"'•. Ce dernier a donné
\. Dans le catalogue des œuvres de Den>s bar Salibi, il est fait mention d'un Compendium Canonum Aposlolicorum qui ne s'est pas rc trouvé; AssÉMANi. B. O.,n,210.
2. L'édition de Lagarde a servi de hase à l'étude de M. Fuxk, Die apostolischen Konstitutioncn, ViOiitnhnrg, d89l, et à la traduction française de M. >'AL- : La Didascalie traduite du syriaque, Paris, l'i0-2. 'SI"'" Gii;son a édité de nouveau le texte syriaque avec une traduction anglaise : The Didascalia Apostoloruni dans Ilorae Semilicae, I et II, Londres, I903. Cf. Wf.i.i.hvlsf.n, Gôllingische Gelehrte Anzcigen, 1903, p. 2-'>8; Hoi-ziiEY, Die Abhiingigkeil der syr. Didascalia von der Didache dans Compte rendu- du IV" congri's scient, internat, des Catholiques, Fribourg, 1898; du même, Dionysiusvon Alexandrien und die Didascalia dans Zeitschr.f. neutest. Wissenscliaft, II, p. Mil; Funk, La date de la Didascalie des Apôtres dans Revue d'histoire ecclcs., II, p. 798; A(.[ielis et Flemming, Die ûltesten Quellen des oriental. Kirclicnrechts, II Bucli, Die syrische Didascalia ûbersetzt und eriddrt, Leipzig', 1904.
3. Reliqux juris ecclesiastiri antiquissimœ syriace, Leipzig, 18;W, p. 2-3-2 et H-60; l'édition grecque par Paul de Lagarde a paru la même année, sous le même titre. Il existe également un Recueil de tous les canons des saints Apôtres et des synodes des saints Pères, comprenant cent cinquante-un titres. Calai. Vat., III, n" CXXVII, p. 178; Catal. Zotenbcrg, n" 62, 4"; cf. Baim'^tarr, Die aichtgriechischen Parallellexte zum achlen Bûche der apostolischen Konstitution dans Oriens Chris(taa«s, 1901, p. 98.
4. Reliquiœ, etc., p. 32-i4. d'après le même ms. de la Bibl. nat., dans lequel cet apocryphe porte le titre de Doctrine d'Addai.
5. Ancient syriac documents, Londres, 180't, p. 2i-3a, d'après le ms. du Musée britannique, Add. IWti.
iy
DL N. TESTAMExNT. 95
à la suite de cet apocryphe la Doctrine de saint Pierre ' .
Les apocryphes syriaques que nous avons mentionnés jusqu'ici sont pour la plupart des traductions d'originaux grecs. La Doctrine d'Addai est, au contraire, un document original de la littérature syriaque ; elle mérite plus qu'une simple mention et vaut la peine qu'on s'y arrête. Cet apocryphe est en effet intimement 5 '*^ lié à l'histoire des premières églises de la Syrie orien- / taie et jette quelque lumière sur cette histoire.
Le roi d'Edesse, Abgar Oukâmâ, souffrant d'une maladie invétérée et incurable, apprend les miracles et les cures merveilleuses que Jésus fait en Palestine. Il mande par écrit au Sauveur de venir le guérir à Edesse et partager avec lui sa royauté; Jésus sera ainsi à l'abri des complots des Juifs qui cherchent à le faire périr. Le Seigneur répond qu'il a une mission à remplir ici-bas et qu'il ne peut se rendre à l'invitation d'Abgar; mais, avant de remonter au ciel, il désignera un de ses apôtres qui rendra au roi la santé.
C'est à l'apôtre Addai qu'échoit la mission d'évangéliser la Mésopotamie. Cet apôtre se rend, après la Pentecôte, à Edesse, où il guérit le roi Abgar et un des personnages de sa cour en proie, lui aussi, à un mal incurable; puis il fait rassembler tous les habitants sur la grande place de la ville et, à sa voix, tous, païens et juifs, se convertissent avec un empressement égal. Addai fait détruire les temples des idoles ; il construit la première église d'Edesse qu'il administre jusqu'à la fin de sa vie. Au moment de mourir, il désigne pour son successeur Aggai, qu'il avait fait prêtre ; après sa mort, il est enterré avec pompe, au milieu du deuil général, dans le somptueux mausolée des rois d'Edesse.
\.Anc.syr. doc, p. 35-41, d'après deux ms. du Musée brilannique.
' Tel est, en quelques mots, le fond de cet apocryh phe. Le caractère légendaire de la Doctrine d'Addai ^ est admis par les critiques '. Il est établi aujourd'hui que le premier roi chrétien d'Edesse fut Abgar IX, fils de Manou, qui régna de 179 à 214, et non pas Abgar V, ou Abgar Oukàmà, également fds de Manou, et qui régnait au commencement de notre ère. Les- princes qui précédèrent Abgar IX à Edesse étaient païens; la tiare qui surmonte la figure de ces princes sur les monnaies qu'ils nous ont laissées, porte les emblèmes de l'ancien culte sidéral, le croissant lunaire et trois étoiles. En outre, la Chronique d'Edesse nous a conservé un document des archives d'Edesse sur l'inondation de l'an 201, dans lequel il est parlé de l'église des chrétiens en termes qui montrent que le christianisme n'était pas encore^ à cette époque, la religion de l'Etat. Ce n'est qu'après son retour de Rome, vers 206, qu' Abgar IX devint chrétien. La similitude de nom et de filiation explique facilement la confusion qui s'est faite entre les deux Abgar, mais cette confusion n'a pas été le fait du hasard; elle a été voulue. Edesse, devenue le centre religieux et littéraire de la Syrie orientale, a rattaché directement aux Apôtres les origines de son Eglise; le même phénomène historique s'est produit dans beaucoup d'Eglises.
La légende qui s'est formée autour du nom d'Abgar V, a du naître assez longtemps après la conversion d'Abgar IX pour qu'elle trouvât du crédit à Edesse
, \. .M. R.vuMAM dans Acla s. Confessorum Guriae et Schamonae, Rome. , 1899, a, après plusieurs savants, cherché à établir l'historicité de l'évaii- \ gélisation de la Mésopotamie au temps des Apôtres, en s'appuyant sur ; une liste d'évcques donnée par l& Chronique de Michel le Syrien (éd. \ CiniiOT, p. HO; trad., 1, p. 184), mais M. Balmstark dans Oriens chrislia-
.nus, 1901, p. 190. a montré que cette liste est fausse; pour l'Église
/d'Edesse, Michel dépend de la Chronique d'Edesse.
même. En tout cas, elle devait déjà circuler comme une tradition acceptée au commencement du IV" s. puisque Eusèbe la rapporte comme un fait historique.
Le chapitre xiii du P'" livre de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe et la rédaction syriaque de la Doctrine \ s^ d'Addai ^oniles&enx textes qui servent à la critique \ ^ de cette légende ; tous les autres documents, syriaques, grecs, latins, arméniens, coptes, arabes, etc., dérivent de ces deux sources ' . Le récit qu'en donne Eusèbe était tiré, comme cet auteur nous le déclare, d'un écrit syriaque dont il possédait une copie ; avant de transcrire en grec la lettre d'Abgar et la réponse de Jésus, il dit : '( Tu as encore le témoignage écrit de ces faits, déposé dans les archives de la ville d'Edesse qui avait alors des rois. 11 se trouve en effet dans les documents publics qui renferment les anciens événements et les faits relatifs à Abgar, et qui sont conservés jusqu'à ce jour. Il n'est rien de tel que d'entendre ces lettres elles-mêmes extraites par nous (ou pour nous, fjiùv dyalrjrfidsioôiv] et traduites littéralement du syriaque de la manière suivante. » La notice des archives de la ville d'Edesse est tirée de la clausule qui se trouvait à la fin de l'apocryphe syriaque et dont nous parlerons plus loin.
La Doctrine d'Addai reproduit l'ancien document d'Eusèbe, mais dans une rédaction amplifiée et grossie de plusieurs légendes qui ne se trouvaient pas dans le texte primitif. Dans sa forme actuelle, elle doit dater de la fin du IV'' siècle ou du commencement du Y*^. Cureton en découvrit des fragments importants dans deux ms. du V° ou VP siècle, conservés au Musée britan-
d. M. TixERONT a donné une liste des principaux de ces documents . dans son ouvrage : Les origines de l'Église d'Edesse et la légende d'Ab- | gar, Paris, 1888; comparer aussi JIatthes, Die Edessenisc/ie Abgarsage auf ilire Fortbildung untersucht, Leipzig, i8S2. i
nique \ M. Philipps a retrouvé le texte entier dans un ms. de Saint-Pétersbourg, probablement du VP siècle, et il la publié à Londres en 1876 sous le titre de The doctrine ofAcldai, the Aposlle.
Le syriaque indique, pour le départ des députés envoyés par Abo-ar en Palestine, le mois d'octobre de l'année 343 de l'ère des Séleucides. ou 31 de notre ère. Cette donnée est conforme à la chronologie qui a prévalu et qui fixe la Passion du Christ en l'année 32. L'original suivi par Eusèbe avait au contraire Tannée 340, selon l'ancien comput qui plaçait la Passion en l'an 29 de notre ère -. Eusèbe a remplacé le nom de l'apôtre Addai, que son exemplaire portait certainement, par Thaddée [Quôduïoqr. il pensait que le nom syriaque Addai répondait au nom grec de l'apôtre Jacques Thaddée. Enfin Hannan (en grec Ananias), le député du roi Abgar, a dans Eusèbe le titre de courrier (t«yvâQ()f.ioç ), et dans la Doctrine celui de secrétaire (tabularius). Cette variante s'explique parce qu'Eusèbe a lu tabellarius au lieu de tabularius, confusion à laquelle prêtait la transcription du mot en lettres syriaques "'.
Dans nos deux documents, le texte de la lettre d'Abgar et de la réponse de Jésus olfrent quelques variantes dues à la rédaction syriaque, qui manifeste une tendance à préciser ou expliquer les faits par de courtes additions. La réponse que Jésus fait à la lettre d'Abgar est écrite dans Eusèbe, mais elle est orale dans le syriaque, qui évite de cette manière l'objection qu'une
i. Pul)liés dans Ancient sxjriac documents, éd. Clreton, Londres, 1864, OÙ ils sont, précédés de la version syriaque du passage de l'Histoire eccl. d'Eusèbe relatif .i la légende d'Abgar.
2. Un ms. grec, le Medicœus, ajoute à la marge devant le nombre Sio le mot TçtTw pour conformer le récit à la nouvelle chronologie.