Ibid., V
't. Ibid.. V, iili.
5. Sur l'institution monastique en Mésopotamie et en Perse, et sur les ' Actes de S. Eugène, nous renvoyons le lecteur à J. Laboirt, Le Chvi.^- \ tianisme dans l'empire perse, cliap. xi, p. 392 et suiv.
ET DES ASCETES. Itô
de Scété et de la Thébaïde, dont ils lisaient les vies | dans des traductions syriaques ; ils visitaient les lieux sanctifiés par les ascètes et s'y établissaient, s'ils en avaient le moyen. Les Syriens fondèrent dans le désert de Scété un couvent célèbre sous le nom de Notre- Dame Marie, mère de Dieu. 11 a dû exister de très bonne heure une traduction syriaque de Y Histoire lausiaque de Palladius et de YHistoria monachoriim de llufm. Dadjésu de Katar, qui vivait à la fin du VII«^ siècle, fit une traduction du Paradis des moines oclidentaux, nom sous lequel est vraisemblablement ^ <lésignée l'histoire lausiaque ^ La recension syriaque ([ue nous possédons du livre de Palladius est l'œuvre d Enanjésu, que ce moine entreprit dans le couvent de Beit-Abé à la demande du patriarche Georges (661- ' 680).
L'histoire monastique de Thomas de Marga^ nous donne d'utiles informations sur ce travail d'Enanjésu, qui comprenait deux volumes. Le premier volume renfermait les vies des saints Pères écrites par Palladius ou attribuées à S. Jérôme, et le second les questions et les récits des Pères. L'ouvrage était intitulé Le Paradis; il se répandit et fut accepté dans tous les couventsj de l'Orient. Le second volume contenait six cent quinze articles numérotés, répartis dans quatorze chapitres; en oulre, Enanjésu y avait réuni quatre cent trente articles sur toutes sortes de vertus, et aussi beaucoup d autres qui n'étaient pas classés et ne portaient pas de
1. AssÉMANi, B. 0., t. in, i>art. I, p. 08-99, croyait que l'auteur de celte liatktction était Dadjésu, le disciple d'Ahraham, qui vivait un siècle plus tôt. ^oir Notice sur la vie et lesœvvres de Dadischo Qatraya, par M -' Addai Sciifk, dans le Journal asiatiqve, janvier-février 1900, p. 103. (A'ile traductiiiu est citée dans le Livre de l'abeille, éd. Bldce, p. 37, 1. 3 (trad., p. 3i>, 1.1).
•1. Livre II,chap. xv; ôJ.Bldge, The bookof governors, Ihehisloriamonnstica of Thomas of'Marfja. Londres, 1893, t. H, p. 189.
M4 VIES DES SALNTS.
numéros d'ordre. Ce compilateur avait ajouté le discours ou Encomium de saint Jean Chrysostome sur les moines dÉgypte (VIII" homélie sur saint Matthieu); les questions d'Abraham de Nathpar (ou Naphtar? et des démonstrations et récits qu'il avait tirés des Lwres des Pères.
Le P. Bedjan a publié récemment une édition du Paradis d'Enanjésu, basée sur un ancien et excellent ms. du Vatican et sur d'autres manuscrits de Londres, de Berlin et de Paris '. Cette édition, qui était vivement attendue, contient : i" les vies des Itères en trois parties (les vies écrites par Palladius dans les deux premières parties, et les vies écrites par saint Jérôme dans la troisième) ; 2" les apophteg-mes des Pères formant les quatorze premiers chapitres de la troisième partie, mise à tort sous le nom de Palladius et comprenant six cent vingt-sept numéros; 3° les questions et réponses sur toutes sortes de vertus, chapitre xv, ayant chacune un numéro d'ordre ; 4'' les démonstrations pour les indilTérents qui n'ont pas souci de leur salut, chap.xvi à xxiii; suitun chap. xxiv. En appendice, le P. Bedjan a publié, daprèsle ms. du Musée britannique, Add. 17174, qui renferme la recension d'Enan-
1. Paradisus Patrum, t. VU des Acla mari, et sanct., Paris, 1897. Deux élèves de TuUbers, Markstrœm et Lagerstrœm, ont public, comme
hcses, à Upsal. en 1851, quelques vies extraites de ce Paradis; comparer aussi BiDGE, Tlic book of çiover)iors,\.. Il, p. !92.
2. Ou, pour mieux dire, VHistoria monachorum de Rlfin attribuée ici à saint Jérôme, voir J.-B. Chabot, Revue critique, 19-26 se|)tembre 1898, p. 168: Bedjan, /. c, p. v; Dom Cutiibert Bitler, The lausiac history of Palladius, Cambridge, 1808, distingue deux traductions syriaques utilisées par Enanjésu pour sa receusion. La traduction la plus étendue comprenait l'Histoire des moines dont Hulin a fait une traduction latine. Il y a au Musée Britannique des ms. de trois traductions syriaques de l'Histoire monachorum et des fragments d'une quatrième version; Cf. PnEiscnEN, Palladius und Hu/inus, Giessen, 1897. La recension d'Enanjésu a été rééditée forprivatc circulation p&t A.Wallis BUDGE, The book of Paradise. Londres, I90't, vol. 1, texte syriaque; vol. n, traduction anglaise.