Livre VllI, ch. m, Des martyrs Jiomérites (voir cidessus, p
Livre X, ch. iv, Lettre de Habboula à Gémelianiis, évêque de Perrhin, sur le mésusage du-pain eucharistique. Cette lettre, qui se trouve également dans la chronique de pseudo-Denys de Tellmahré Assémani, B. O., I, 400) d'après .lean d'Asie, a été éditée à part par Overbeck dans A. Ephiœmi si/ri et Rabhulœ.... opéra sélect a, p. 231.
Livre X, ch. xvi. Description des édifices et des décorations de la ville de Rome. Ce chapitre fait suite au chapitre qui raconle la prise de Rome par le roi des Ostrogoths, Totila. En publiant cette Description, M. Guidi a signalé l'intérêt qu'elle offre pour l'archéologie de la capitale de lltalie^.
1. L'abbé Duchesxr, Liber Pontificalis, Paris, I88i-1885; Fr.OTiiixciiAM, L'omclia di Giacomo di Sarug svl battcsimo di Coslanlino impcrator, Rome. 1882, dans les mënioires île la Reale Accademia dei Lincei, 1881-188:2. La légende est aussi rapportée dans la chronique de pseudo- Denys de Tellmaliré, Dionysii Tchnahharensis chronici liber primus, éd. TLi.Lr.EUG, Upsal, 1848. Une traduction allemande, basée sur l'édition de Land avec les variantes du nis. Add. 12174 du Musée britannique, a été faite par Ryssfx, Archic f. das studiuni dur ncueren Sprachen und Litter., 1805, l-y*. Certains critiques croient à l'origine syriaque de la légende, cf. Uyssel, ibid. et Tfieol. Zeitschr. aits dcr Sclnvciz, 1806, p. 63.
2. Le texte syriaque a été publié, d'après un ms. de Herlin. |iar P. Bedjan, Aeta mart. et sanct., III. 188. Il a été traduit en allemand par Ryssel, Zeitschr. f. Kirchengeschirhte, 1894, 233.
3. La publication de M. GiiDi {Il testa siriaco délia dcscrizione di Borna nella storia attributa à Zaccaria Retore, Rome, 1883, extrait du Du/-
Livre XII, ch. vu, La description de l'univers par Ptolâmée '. L'auteur a inséré dans ce chapitre un récit sur l'extension du christianisme au delà des Portes caspiennes et sur l'écriture adaptée à la langue des Huns, fait qui avait eu lieu, dit-il, il y a vingt ans et plus.
Les livres qui renferment l'histoire de Zacharie et les livres suivants relatent les événements qui agitèrent les Eglises monophysites de l'Egypte et de la Syrie au V° et au VP siècle. iV ce point de vue. la compilation syriaque de Zacharie est un utile complément de l'histoire de Jean d'Asie.
A la fin de son troisième volume, p. 341 et suiv., M. Land a imprimé, d'après le ms. Add. 12174 du Musée britannique, le récit de la mort de Théodose, évêque de Jérusalem, et l'histoire de l'ascète Isaïe -.
Le ms. syriaque 145 du Vatican renferme un certain nombre d'extraits de la compilation de Zacharie, qui sont donnés comme la continuation des histoires de Socrate et de Théodoret, reproduites en grande partie dans ce manuscrit. Assémani [B. 0., t. II, p. 54) a le premier fait connaître ces extraits, que le card. Mai a publiés dans le tome X de sa Smpt. veter. nova colleclio, p. 332-338. On y lit, entre autres documents.
leiino délia Commtssione archeologica di Roma, 1884) est basée sur le ms. Vat. syr. 143, et les ms. Add. 17202 et Add. '121.'>4. Mai avait déjà donné le texte syriaque avec une version latine dans son édition du ms. Vat. -145 dont nous parlerons plus loin; et Sachai; avait traduit le texte pul)lio par Land dans la Topograph. drr Sladt Rom de Joudan, H, :»"3. Dans le Bullelino, 1891, M. (liioi a réédité la Description, avec plusieurs variantes, d'après l'histoire de Michel le Syrien, cd. Ciiarot, 309. Cf. Baumstariv. Oriens christianus, 1901, 382.
d. Cette Description se trouve aussi dans le ms. Add. 14620 du Musée britannique, du IX" s., voir Wright, Catat, p. 803, col. 1.
2. Le récit de la mort de Théodose n'est pas de Zacharie, comme le pensait Wright, voir Krukger, Dïc sogenannle Kirchengeschichle von Zacharias IVietor, p. xvj, et Iîrooks, The syriac clironiclc known as tliat of Znchariah. p. 2, note 4. II est douteux que le compilateur ait utilisé l'Histoire de Jean d'Asie, Krueger, ibid., p. xli; Brooks, p. ■>.
la lettre de Siméon de Beit-Arscliam et la description de Rome mentionnée plus haut.
Les auteurs syriaques du XI" siècle qui traitèrent de l'histoire de l'Eglise possédaient déjà des versions des histoires grecques dEusèbe, de Socrate et de Théodore!; mais Sozomène était à peine connu des Syriens.
La version de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe est conservée, avec des lacunes, dans deux ms. principaux provenant du couvent des Syriens dans le désert de Nitrie : l'un d'eux, actuellement à Saint-Pétersbourg, est daté de 462 ; il contient les dix livres d'Eusèbe, à l'exception du VP; en outre, des V"^ et Vll^ il ne reste que des fragments. L'autre ms., du VI' siècle, est au Musée britannique, Add. 1403!) ; il ne renferme que les cinq premiers livres, et le premier livre présente des lacunes: il manque des parties de l'index des chapitres I, II et III. Divers fragments se trouvent encore dans plusieurs manuscrits du Musée Jiritannique ; les plus importants (chap. xvi, xvn et xxv du livre VI) sont ceux du ms. Add. 14620.
De la version syriaque dérive la version arménienne qui a été imprimée en 1876 d'après des ms. de la bibliothèque des Méchitaristes à Venise. La version arménienne, qui joint à l'avantage d'être ancienne celui d'être exacte et presque complète , est d'une grande utilité pour la critique de la version syriaque ^. Pseudo-Moïse, dans son histoire arménienne, rapporte que la traduction d'Eusèbe avait été faite à linstigation de Mesrop {-- 441 ; on était porté à croire que la version syriaque devait exister depuis environ un siècle
i. Merx, De Eusebianse hist. ceci, versionibus syriaca et armeniaca dans les actes du IV" Congrès des Orientalistes. Florence, 1880. 1, 199 et suiv., et Préface de l'édition citée ci-aprcs de Norman Mac Lean, p. xin-xvii.
lorsqu'elle passa en arménien ; elle aurait été faite du \ vivant même d'Eusèbe ou peu de temps après la mort ' de celui-ci. Aujourd'hui qu'il est démontré que l'histoire attribuée à Moïse de Khoréne est une compilation de beaucoup postérieure, où la légende tient autant de place que l'histoire, la même certitude n'existe plus. Cependant on peut encore, avec ÎNI. Merx, s'en tenir à la tradition dont pseudo-Moïse s'est fait l'écho, concernant l'âge de la version arménienne.
La version syriaque a été faite sur un original grec qui, comparé avec le texte grec actuel, présentait des variantes nombreuses et parfois préférables. Elle se distingue par son exactitude et, malgré les fautes et les omissions qu'elle contient, elle fournit un document de valeur pour une nouvelle édition critique de l'Histoire d'Eusèbe.
Wright avait entrepris de cette version syriaque, une édition que la mort de ce regretté orientaliste vint interrompre. Elle a été reprise par M. Norman Mac Lean avec le concours, pour l'arménien, de M. Merx, et elle a paru en i898 à Cambridge'. L'année précédente, M. Bedjan en avait donné à Leipzig une première édition qui reproduit le texte du ms. de Saint-Pétersbourg et du ms. Add. 14639 du Musée britannique-. La publication de M. Mac Lean, plus complète, est basée sur les mêmes ms. ; elle ajoute en appendice les cha-
^. The ecclesinslical hhlory of Eusebius in si/riac bij the laie Jf'illiam Wrig/il and Norman M. Lean, wilh a coUalion of the ancient armenian version by D' Adalbert Merx. M. Euerh. Nestlé en a fait une traduction allemande, Des Eusebius Kircliengeschichtc aus dem Syrischen ûberselzl, Leipzig, \'Mi , dans les Texte und Untersuch., neue Folge, VI, 2; cf. Zeitschr. der dent, morgenl. Gesellscliafl, 190'2, p. 559.
2. Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de C'ésarée. Quelques passages de la version syriaque avaient été |)ul)liés précédemment par Ciheton, Ancient syriar. dorumenls, p. 1 et suiv. ; et pa Paul di; Lagaude, Prœtcrmissorum libri duo, p. 2'»9.
pitres conservés dans le ms. Add. 14620 ; elle donne, en outre, les variantes de la version arménienne.
Ebedjésu mentionne dans son catalogue ^ une version syriaque de la Chronique d'Eusèbe ayant pouiauteur Siméon de Beit-Garmai qui vivait au commencement du VIP siècle. Cette version est perdue.
Jacques d'Edesse revisa la Chronique d'Eusèbe et la continua à partir de la vingtième année de Constantin, où elle s'arrêtait, jusqu'à 692, époque où Jacques d'Edesse l'écrivit -. Michel le Syrien a utilisé pour sa Chronique cette œuvre de Jacques d'Edesse qu'il cite souvent, et dont des fragments se trouvent dans le ms. Add. 14685 du ^lusée britannique 3.
La première partie de la compilation de pseudo-Denys de Tellmahré (voir plus loin) contient un épitomé de la Chronique dEusèbe ^
Le ms. Add. 14643 du Musée britannique, du VHP siècle, contient une chronique complète, sauf une lacune de dix feuillets disparus. C'est une compilation divisée en quatre parties : la première partie, la plus développée, va jusqu'à l'année 641; la seconde, jus-
\. AssÉMAM, B. 0., ni, part. I, 108.
•2. Voir sur ce sujet une notice de Théodose d'Edesse dans Michel le Syrien, éd. Chabot, p. 12-2. A la page 452, Micliel dit que la Chronique de Jacques allait jusqu'en 1021 des Scleucides ou "10 de notre ère. H se peut que les années écoulées entre 092 (date de la rédaction) et 710 aient été ajoutées par un disciple de Jacques d'Edesse.
3. Catal. Wright, p. 1002. Les fragments ont été publiés avec une traduction latine par E. \v. BnooKs dans le Corpus script. Christian, orientalititn; sév. HI, t. l\, Chronica minora, Paris, 1905. M. Brooks avait édité précédemment les canons chronologiques avec une traduction anglaise dans la Zeitschr. der dcitt. morgenl. Gcscll., t. J.IH, I89!t, p. 261 et 5o0.
4. Publié par Tdllbf.rg, Dionysii Telmahharensis Chronici liber primus, Upsal, 1851 ; une traduction latine en a été faite par Sieofuied et GELZEn, Eiisebii Canonum epitome ex Dionysii Telmaharensis C/ironico petita, Leipzig, 1884. Alfred von Gutscumid, dans sa recensiou de cette traduction, Unlersuchuncjen ilber die syrische Epitome der Ekscbischcn canoncn, Stuttgart, 1886, a apporté d'importants matériaux pour l'étude de la Clironique d'Eusèbe et de l'Épitomé syriaque.
qu'à Tannée 570; la troisième, jusqu'à l'année 636; et la quatrième, jusqu'à l'année 529. Suit : une brève histoire des conciles jusqu'au concile de Chalcédoine. et un catalogue des califes. La Chronique dEusèbe y a été utilisée '.
Le premier feuillet du ms. Add. 14461 du Musée britannique contient un passage à demi effacé d'un texte historique, que Wright a reproduit dans son catalogue des ms. syr. de ce Musée, p. 65, n" 94. M. Nœldeke a réédité ce passage dans la Zeilschr. der dent, morgenl. Gescîl., 1875, t. XXIX, p. 76 et suiv., et il en a signalé l'importance pour l'histoire de la conquête de la Syrie par les Arabes ; on y lit la date du 20 août 636 pour la bataille de Yarmouk, après laquelle les Romains abandonnèrent la Syrie ^.
Le ms. Add. 17216 du Musée britannique contient des fragments d'une petite chronique syriaque, écrite en Palestine par un Maronite vers le VHP, siècle. La première partie n'offre aucun intérêt. Les fragments de la seconde partie renferment des dates et des récits de l'époque de Moawia, qui se retrouvent avec des variantes chez Théophane et chez les historiographes syriaques postérieurs '^
1. Cette chronique a été éditée par E. W. Brooks, avec une traduction latine par J.-B. Ciiauot, dans le Corpus script. Christian, orientalium: sér. m, l. IV, Chronica minora, Paris, 190't. E. Roediger en avait donné (les extraits dans la 2" édition de sa Clirestoniatiiie, p. 405, et il en a imprimé la traduction latine à la suite de l'édition Sciiœne de la Chronique d'Euscbe : A. Sciioene, Eusebii rhronicon, Berlin, 1875- 1876. Land, qui croyait que l'auteur de cette chronique était le prêtre jacohile Thomas, en a publié la troisième partie sous le titre de Liber Chalipharum dans ses Anccdola syriaca, t. I (texte, p. 103-12:2; traduction latine, p. 2-24). B. H. Compeu, Notes and Qucries, Londres, 1856. a traduit en anglais le catalogue des califes.
2. Réimprimé par Brooks, avec une traduction latine par Chabot, dans le Corpus script. Christian, orienlnlium : Clironica minora, Paris,
3. Elle a été éditée par Brooks, avec une traduction latine par Cha- )iOT, dans le Corpus script. Christian, orient. : Chronica minora,
Une chronique s'arrêtant à Tannée 846 a été rédigée par un moine du couvent de Qartemin. Jusqu'à l'année 795, le récit est beaucoup plus bref que dans la partie suivante qui paraît avoir été ajoutée. Cette chronique se trouve dans le ms. Add. 14642 du Musée britannique * .
Le même manuscrit renferme des fragments dune chronique anonyme s'étendant de 754 à 813 , que M. Brooks a publiés avec une traduction latine dans le Corpus script, chrisliaii. orientaliiim : Chronica minora, Paris, 1903 -. On trouve encore dans ce volume des Chronica minora : les fragments de la chronique de Jacques d'Édesse, dont il a été parlé ci-dessus; trois récits du ms. de Berlin Sachait 315, édités par M. Brooks avec une traduction latine; une courte chronique, contenue dans le ms. Add. 14683 du Musée britannique et publiée aussi par M. Brooks; une description des peuples et des pays, publiée également par M. Brooks d'après le ms. Add. 25875 du Musée britannique; un opuscule sur les familles de langues, édité par M. Brooks d'après le ms. Add. 14541 du même Musée ; un fragment de pseudo-Dioclès que Lagarde avait déjà fait connaître dans ses Analecta syriaca, p. 201. et qui a été réimprimé avec une traduction latine par M. Guidi. d'après le ms. Add. 12152 du Musée britannique et un ms. appartenant à M. Nœl-
Paris, 1904. Cf. Noei.deke, Zeilschr. der dent, morgenl. Gesellschaft, XXIX, p. 8^; Nai-, Opuscules Maronites, extrait de la Revue de {'Orient Chrétien, Paris. 1899 et 1900.
1. E. W. BiïooKs l'a publiée avec une traduction latiue de M. Chabot dans le Corpus, cité ci-dessus, t. IV, Chronica minora. 11 eu avait déjà édité la dernière partie en 1897 dans la Zeitschr. der deut. morgenl. Gesellschaft, l.I, '■>&). Ci. Nau, Revue de l'Orient chrétien , 1890, p. 396, cl 1903, p. 630.
2. M. Brooks les avait édités précédemment avec une traduction anglaise dans la Zeilschr. der deut. morgenl. Gesellsch., t. I.IV, p. 195.
deke; et un document nestorien que M. Gœllep. avait déjà fait connaître dans Oriens christianns, 1901, p. 80, et que M. Chabot a réédité avec une traduction latine.
Beaucoup plus importante que ces divers documents est la petite chronique nestorienne qu'a éditée M. Guidi et qu'a traduite en allemand M. Nœldeke avec des notes critiques '. Cette chronique, si pré- ; cieuse par les nouvelles informations dont elle enrichit notre connaissance des derniers temps des Sassanides, a été écrite, selon M. Nœldeke, dans l'Irak ou le Khouzistan, vers l'année 680, à laquelle elle s'arrête. Elle est intitulée : « Récits divers des histoires ecclésiastiques et profanes depuis la mort d'Hormizd, fils de Chosroès, jusqu'à la fin du royaume des Perses. » Elle comprend en effet l'histoire ecclésiastique de cette période dans les premiers chapitres ; les chapitres suivants se composent de différentes notices que l'auteur semble avoir puisées à plusieurs sources. On peut douter si cette histoire forme un tout complet, ou si elle n'est que la dernière partie d'une chronique plus étendue.
Denys de Tellmahré, patriarche d'Antioche (-]- 845), composa, sous le titre û.' Annales, une histoire dédiée à Jean de Dara, qui ne s'est pas retrouvée jusqu'à ce jour; il n'en existe qu'un fragment dans le ms. syr. 164 du Vatican, qu'Assémani a publié dans sa Bihliotheca orientalis, II, 72-77.
Il vaut la peine de rapporter ici ce que dit Michel le Syrien de cette histoire qu'il a utilisée pour sa chro-
1. Guidi, IJn nv.ovo leslo siriaco sulla storia degli ultimi Sassanidi, Leide, 1891 ; Nocldeke, Die von Guidi herausyegeben syrische Chronik ûbersetzt und commentirt, Vienne, 18(t3. M. Ciiidi a roimprimt! celte £. chronique avec une triduclion latine flans le Corpus script, christ ian.\^\^ nrienlalium; Chroaica minora, scr. III, t. IV, Paris, lt)U3. / ^y
nique ' : « Le sage Denys, palriarche, surnommé de Toll jNIaliré, termina ici sa Chronique. Il la composa en deux parties et en seize livres : chaque partie contient huit livres divisés en chapitres. Il l'écrivit à la demande de Jean, métropolitain de Dara. Dans cette Chronique sont renfermés les temps, c'est-à-dire un cycle de 260 ans, depuis le commencement du règne de ^Maurice, ou depuis Tan 894 des Grecs, jusqu'à l'année 1154, en laquelle mourut Théophile, empereur des Romains, et Abou Isliaq, roi des Arabes; et en laquelle commença à régner sur les Arabes Haroun, fils d'Abou Ishaq, et sur les Romains, Michel, un jeune enfant dont la mère gouvernait l'empire. » On trouve des extraits très étendus de la Chronique de Denys dans la Chronique de Michel le Syrien , et quelques passages (tirés de Michel) dans la Chronique ecclésiastique de Barhebraîus.
Assémani, qui retrouva une chronique syriaque dans un autre ms. du Vatican, n" 162, crut que cette composition était aussi une œuvre du patriarche Denys, une chronique abrégée de ses Annales. C'est une compilation historique, divisée en quatre parties, qui va depuis l'origine du monde jusqu'à l'année 775.
La première partie s'arrête à Constantin le Grand. La principale source pour cette époque est la chronique d'Eusèbe, résumée en un épitomé (voir ci-dessus, p. 190). Le compilateur s'est, en outre, servi de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, de la Chronographie de Jules Africain -, d'une chronique d'Edesse qui a permis à Gutschmid d'établir la chronologie des rois
1. Chronique de Michel le Syrien, éd. J.-B. Chahot, p. 554 (trad. t. ni, l'asc. I, p. Jll). Cf. Nau. Journ. asintiqiœ, 1896, 0"= série, t. VHI, p. 526.
2. Von Gutschmid, Die syrische Epitome der EusebiscJicn Canones, p. 42.
de cette ville ^, de la Caverne des trésors (v. ci-dessus, p, 81), du Roman d'Alexandre -, de V Histoire des sept dormants d'Ephèse (voir ci-dessus, p. 135), et du De bello jadairo de Josèphe. Cette première partie a été éditée par Tullberg^.
La seconde partie, qui comprend la période de Constantin à Tliéodose le Jeune, est tirée presque entièrement de l'histoire de Socrate ; l'auteur a ajouté quelques notices empruntées à des documents syriaques. Elle est inédite, mais jM. l'abbé Nau en a donné une analyse '*.
La troisième partie, qui s'arrête à Justin II, reproduit la deuxième partie de l'histoire de Jean d'Asie (voir ci-dessus, p. 182). Elle renferme notamment la chronique attribuée à Josué le stylite (voir p. 177) et la lettre de Siméon de Beit-Arscham (voir p. 136).
La quatrième et dernière partie est l'œuvre originale de l'auteur. Assémani en a donné d'abondants extraits dans sa Bibliotheca orient., II, p. 98-116; M. l'abbé Chabot a publié le texte complet avec une traduction française [Chronique de Denys de Tell Mahré, quatrième partie, Paris, 1895). Rédigée sous la forme d'une chronique concise pour l'époque antérieure au VHP siècle, cette partie a, pour ce siècle, l'étendue d'une histoire développée; elle renferme de nombreuses notices historiques, surtout pour les temps de la domination arabe. INIalheureusement, l'auteur manque de méthode et de sens historique ; il confond les dates
1. Von Cutscumid, UntersKchungcn ucbcr die Gcschichlc des Kcenigreic/is Osriwène, ISS?, dans les Mémoires de l'Académie de Sainl-Pélersbourg;, t. XXXV, n° 1.
2. Édité par BiDGE, The hislory of Ale.randcr llie Grcal, Cambridge,
3. Dionysii Tclmalihai "iisis chroiuci liber primus, Ipsal, 1851.
4. Analyse des parties inédites de la ehronique allrihucc à Denys de Tellmahrc, dans la Revue de l'Orient chrilien, 1897.
et les événements et rapporte des faits qui appartiennent aux siècles précédents. C'est un document de valeur pour l'historien à la condition de s'en servir avec circonspection: les récits des dernières années méritent cependant plus de créance. Cet auteur était, en outre, un mauvais styliste ; il était plus préoccupé de faire des sermons à ses lecteurs, que de donner une tournure élégante à sa pensée. « Il serait difficile, dit M. Chabot (p. iv de la préface du texte syriaque), de trouver un écrivain d'un style plus incorrect et plus bizarre. »
L'édition de M. Chabot a permis à MM. Nau et Nœldeke de constater l'erreur d'Assémani qui voyait dans cet ouvrage une chronique abrégée de Denys de Tellmahré. MM. Nau et Nœldeke ont reconnu en même temps, et chacun de son côté \ que l'auteur de cette œuvre, dédiée à Georges, chorévèque d'Amid, à Euthélius, archimandrite (du couvent de Zoukenin), et au périodeute Lazare, était un moine du couvent de Zoukenin, qui écrivait vers 775, antérieurement à l'époque de Denys. M. Nau croit que ce moine était Josué le stylite (voir ci-dessus, p. 178).
La Chronique de Michel le Syrien, patriarche des Jacobites à Antioche, a été retrouvée dans un ms. syriaque de la bibliothèque de l'église jacobite d'Orfa (Édesse), et elle est actuellement en cours de publication par les soins de M. l'abbé Chabot ^. C'est une histoire générale s'étendant des origines du monde à
1. Nau, Bulletin critique, n° du 15 juin 1896; JoMrna/ asiatique, iS96, 9" série, t. VIII, p. 346 et suiv. Noeldeke, Wiener Zeitschrift, juillet
2. Chronique de Michel le Syrien, patriarche jacobite d' Antioche, 1166-1199, éditée pour la première fois et traduite en français, pflr J.-B. CuAiiOT, Paris, t. I, 1899-1900; t. Il, 1901-190i; t. III, fascicule 1; il reste encore à paraître les fascicules 2 et 3 du t. III. On ne connaissait, auparavant celte chronique que par une version arménienne abrégée,
l'époque de l'auteur. Elle a été rédigée en 1196, mais elle s'arrête en 1193 par suite d'une lacune de la fin; elle comprend vingt et un livres divisés en chapitres. La plupart des chapitres sont sur trois colonnes : la co- ' lonne du milieu donne l'histoire civile ; une autre contient l'histoire ecclésiastique; une troisième rapporte, sous forme de synchronismes, divers récits qui ne figurent pas dans la colonne du milieu. La perte d'un feuillet a fait disparaître le titre elle commencement; d'autres lacunes, plus ou moins importantes, existent dans le manuscrit.
La partie antérieure à l'époque de Michel n'est qu'une compilation, mais une compilation précieuse qui renferme des citations et des extraits d'ouvrages disparus. La partie qui relate les faits contemporains I de l'auteur, fournit une importante contribution à l'histoire des croisades. Michel cite ses sources et nous transmet des notices sur des auteurs syriens qui ne nous sont pas connus par ailleurs ^ : Kouré (Cyrus), prêtre de Saroug, qui écrivit une chronique allant de
qui a été traduite en français par Laxglois : Chronique de Michel le Grand, patriarche des Jacobiles, Venise, 18G8, et dont le texte arménien a été édité à Jérusalem, une première fois en dSTO et une seconde fois en 1871. Il existe une traduction arabe de la Chronique de Michel dans le nis. du Musée britannique, Orient. 4402. La version arabe semble avoir été faite sur le manuscrit sjTiaque d'Orfa, car elle renferme les mêmes lacunes et les mêmes fautes que ce manuscrit.
1. Le titre syriaque, mis en tête de la version arabe dans le ms. Orient. 440-2 du Musée britannique, indique, comme premier auteur, un Maribas inconnu, voir Nau, Journal asiatique, <)« série, l. VIII, p. 523 et suiv. Ce titre est apocryphe suivant M. Chabot, La Chronique de Michel le Syrien dans les Comptea rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, séance du 28 juillet 1891), p. 479. Le ms. de la Bibliothèque nationale, Syr. 306, contient des extraits d'une chronique en carschouni de Maribas le ChaldéeniM. Frédéric Macler qui les a publiés dans \c Journal asiatique, mai-juin 1903, p. 491, y voyait des fragments d'une ancienne chronique, mais M. Ciial)Ot a montré dans le même Journal, mars-avril 1905, p. -251, que ces extraits avalent été tirés par un compilateur moderne du ms. en carschouni de Londres, Orient. 4102.
Justin II à Tibère (565-588) ; Jean le Stylite, moine du couvent de Litarba (VIP siècle), qui rédigea un comput des années; Gouria, auteur d'une chronique s'étendant de Justinien à Iléraclius; Ignace de Mélitène, mort en 1094, qui composa une chronique abrégée, commençant à Constantin; Jean de Kaisoum, mort en 1171, dont Michel cite la Chronique.
Barhebrœus (f 1286) est l'auteur de deux chroniques : le Chronicon syriacum et le Chronicon ecclesîasti'cum, dans lesquels il a résumé l'histoire universelle depuis la Création jusqu'à son époque.
La première chronique est consacrée à l'histoire profane. L'auteur nous avertit, dans sa préface, qu'il a comblé les lacunes des livres antérieurs, personne n'ayant écrit sur ce sujet depuis le patriarche Michel qui rédigea sa chronique quatre-vingts ans avant lui. En réalité, le Chronicon syriacum est un abrégé de la Chronique de Michel le Syrien ; pour la partie postérieure à Michel, Barhebrœus a compulsé les documents syriaques, arabes et persans, réunis dans la bibliothèque de Maraga, ville de l'Adherbaidjan. En J789, Bruns et Kirsch ont imprimé une première édition du Chronicon syriacum avec une traduction latine; le texte et la traduction sont également incorrects '. En 1890, M. Bedjan a donné du texte syriaque une seconde édition beaucoup meilleure ^. Pendant les derniers temps de sa vie, Barhebrœus fit une recension arabe de sa première chronique sous le titre d'Histoire
1. Bar-Hebraci Chronicon syriacum, Leipzig, 1789 (texte s>Tiaque), et Gregorii sive Bar-Hcbrœi Chronicon syriacum, Leipzig, 1789 (traduction).
2. Gregorii Barhebrœi Chronicon syriacum, Paris, 1890. M. Bedjan a utilisé les travaux que LonsiiAcn, Arxold, Mayeu et Berxstein ont publiés au sujet de l'édition deBuLNset Kinscii. Bernstein avait collationné les nis. du Vatican et de la Bodléienne eu vue d'une nouvelle édition.
abrégée des dynasties, qu'il enrichit de nouvelles notices empruntées à la littérature musulmane. Cette recension a été publiée une première fois par Pocock. en 1663, à Oxford, avec une traduction latine, et une seconde fois par le P. Salliani, en 1890, à Beyrouth, sans traduction, mais avec un index des noms propres et une concordance des années de IHégire et de l'ère chrétienne.
Le ms. 167 de la Bodléienne d'Oxford, qui a la première partie du Chronicon sijrîacum, ajoute, comme complément de cet ouvrage, trois autres textes historiques : le premier, intitulé Expédition des Huns, des Persans et des Mongols dans la province de Diarbékir, va de 1394 à 1402]; le second, intitulé Rai>ages de Timouv-Khan dans le Tour-Abdin, comprend les années 1395-1403 ; et le troisième, un fragment de chronique, renferme des récits concernant les années 1394-1493. Bruns les a édités, sous le titre ù.'Appendix ad Chr. Bar-Hebrœi dans le Repertorium finbibl. und morg. Litteratur de Paulus, léna, 1790, 1, p. 1-116. Behnsch a réédité le troisième texte en 1838 ^ .
Le Chronicon ecclesiasticwn est divisé en deux parties. La première partie, commençant à Aaron, est très concise jusqu'à l'ère chrétienne. L'histoire de l'Eglise syrienne occidentale et des patriarches d'Antioche y est traitée par Barhebrœus jusqu'en 1285 ; un auteur anonyme l'a continuée jusqu'en 1495. La seconde partie, consacrée à l'Eglise syrienne orientale, renferme l'histoire des maphriens jacobites - et des patriarches nestoriens. Barhebrœus l'avait achevée Tannée même
1. Rcrum sœculo quinto decimo in Mesopolamia gestarum librum e codice bibliothecœ Bodieianee syriaceedidit et interprétât ione lalina illustravil D' Otlomar Pehnsch, Breslau, 1838.
2. On appelait maphriens les évêques qui avaient cure des intcrcts «les .Tacobilcs établis clans les provinces orientales, l.es maphriens
:iOO HISTOIRE GENERALE.
de sa mort, 1286; elle a été continuée jusqu'en 1288 par Barsauma, le frère de Barhebrœus, et jusqu'en 1496 par un anonyme. Le Chronicon ecclesiasticum, auquel Assémani s'est souvent référé dans sa Bibliothecn orientalis, a été édité avec une traduction latine par MM. Abbeloos et Lamy '. Les éditeurs ont contrôlé les données de Barhebra3us à l'aide de la Chronique d'Elias de Nisibe, que nous citerons plus loin.
Une des sources de Barhebrœus pour la seconde partie du Chronicon ecclesiasticum, c'était le Livre de la tour, écrit par Mari ibn Soleiman, un auteur nestorien du XII^ siècle, et dont nous devons parler ici quoiqu'il soit écrit en arabe. Le Livre de la tour de Mari est conservé dans deux manuscrits arabes du Vatican, 108 et 109, et dans un ms. de la Bibliothèque nationale, arabe 190. Il est divisé en deux parties : l'une est théologique et dogmatique ; Tautre, théologique et historique, renferme une histoire concise des patriarches nestoriens, qui finit avec Ebedjésu bar Mouki de Mossoul (f 1147), mais qui a été continuée jusqu'en 1317. Saliba ibn Yohannade Mossoul et Amr ibn Matta de Tirhan, qui vivaient dans la première moitié du XIV'' siècle, firent, chacun de son côté, une recension abrégée du Livre de la tour qui présente le même texte, avec cette différence que Saliba donne des additions qui manquent à Amr. On ne sait pas encore quel est celui des deux qui a copié l'autre; il est possible que ce soit Amr, lequel aura supprimé les addi-
lurent installés d'abord à Tagrit, au sud de Mossoul, et ensuite au nord de cette ville, dans le couvent de Mar Maltai. Barliebifeus était lui-même maplirien de l'Orient.
1. Gregorii Barhcbrsei Chronicon ecclesiasticum, I-Ill, Louvain, 187'2- 1877. OvF.RBECK avait imprimé le commencement de la seconde partie ôans S. Ej^lirsemi syri... opéra selccta, Oxford, 18().s, p. 414-4:23.
lions de Saliba. La recension de Saliba est contenue dans le ms. du Vatican 41 (provenant de la Bibliothèque des Néophytes) et, incomplète, dans le ms. K. VI, vol. 14, du Musée Borgia (aujourd'hui au Vatican '. Celle d'Amr nous est parvenue dans le ms. arabe 110 du Vatican, qui semble être un autographe '. Le P. Gismondi a publié, en 1896-1899, la section du Livre de la tour relative aux patriarches nestoriens. La recension d'Amr et de Sliba, qui est parfois plus développée que l'œuvre originale et présente une rédaction différente, a été publiée in extenso -.
La chronique qu'Elias bar Schinaya, métropolitain de Nisibe, écrivit en 1008, ne nous est parvenue que dans le ms. Add. 7197 du Musée britannique ^. Ce manuscrit, décrit dans le catalogue de Rosen, p. 86-90, est contemporain de l'auteur, mais ce n'est pas, comme on l'avait pensé, un autographe d'Elias; de la main de celui-ci il n'y a probablement que la partie ancienne du texte arabe ^. Les pages sont divisées en deux colonnes, dont la première contient le texte syriaque, et la seconde, en regard, la version arabe faite en grande partie par Elias lui-même. Cet ouvrage commence par plusieurs tables chronologiques, suivies de la liste des papes jusqu'au concile de Chalcédoine •', de la liste des patriarches d'Alexandrie jusqu'à la même époque, des
\. Le ms. 087 du Vat. contient une partie du texte, analogue au ms. HO. Sur les ras. de la Bibliothèque nationale de Paris, voir Calai, de Slane, n"' 100, 191, 192; sur un ms. incomplet ù Berlin, voir Catal. Sachau, n" 116, p. 407; sur un ms. également incomplet à Cambridge, voir Catal. Wright and Cook, Add. 3!2i)3, p. 965.
2. Maris Amri et Slibae de Patriarchis Nestoriaiiorum commentaria, Rome; pars prior, Maris textus et versio latina, 1899; pars altéra, Amri et SI i/jte textus, 189S; versio latina, 1897.
3. Le ms. de Berlin i0-2 (Sachau 108), fol. 144147, renferme un extrait de cette chronique, voir Catal. Sachait, p. 359.