Voir ci-dessus, p
3. Bœthgen croyait qu'il s'agissait du patriarclie nestorien Pétliion, mort en 740; mais, comme le remarque AYrigiit, les notices mises sous le nom de Péthion se rapportent aux années "G'i et 708.
Bassora (fin du VIII'' s. '); Henanjésu, évèque de Hira (vers 900); Aaron même époque); Elias d'Anbar (vers 922); Siméon, diacre jacobite (vers 950); et des chroniques anonymes des patriarches jacobites, des patriarches nestoriens et des métropolitains de Nisibe. Ébedjésu, dans son catalogue-, mentionne encore parmi les Nestoriens : Barhadbeschaba, disciple de Hannana à l'École de Nisibe et ensuite évêque de Holvan (VIP s.)^; Jésuzeka appelé aussi Zekajésu ou Meschihazeka même époque)''; Daniel bar Maryam (vers 050)^; Jean de Beit-Garmai (vers 660); Elias de Merv (même époquel ; Atken, moine du couvent d'Apnimaran (même, époque) "^ ; Théodore bar Koni (commencement du VIP siècle) ; Siméon de Kaschkar (vers 754); Salomon de lladitha(vcrs 700); Georges de Schouster l'vers 770) ; Siméon de Karka (vers 800)".
Le Livre de la chasteté dont nous parlerons sous le paragraphe suivant, mentionne Thistoire ecclésiastique
\. Voirie paragraphe suivant. Histoires parliculurcs. •2. AssKJlAM. n. 0., Hl, part. I, 148-23).
3. A. MiNGANA, Narsai dorloris sijri Ilomiiiœ et Carmina, I, p. 32-39, Mossoul, IttOo, a publié, d'après un ms. en sa possession à Mossoul et un ms. lie Seert, des passages de la Chronique de Bailiadbescliaba concernant les Écoles d'Édesse, de .Nisibe et de Scleucie. Cl. J.-B. Chabot, Journal asiatique, juillet-août, lOOri, p. 157.
4. La chronique de Meschihazecha, que M. Mingana place au M" siècle, un peu avant celle de Barhadbeschaba, était adressée à un certain l'inhès et se bornait à l'histoire de l'Adiabène. M. Mingana a eu sous les yeux un ms. de cette chronique : A. Mingana, Repense à M. l'abbé Chabot à propos de la Chronique de Barhadbeschaba (brochure fjui n'est pas dans le commerce).
3. Suivant Amr, éd. Cismondi. pars u. p. 2G (Irad. p. 15), l'histoire ecclésiastique de Daniel bar Maryam renfermait les Actes des martyrs de la Perse. Cet auteur ne peut être la même personne que Rabban ■Gabriel, dont il est question ci-dessus, p. 120.
6. Voir sur cet historien VHisloire monastique de Thomas de Marga, éd. BUDGE, II, p. 186, 207 et 231.
7. AssÉMANi, B. 0., III, part. I, 230. Mais Wright, Syriac hier., 2» éd., p. 132, rapproche un Siméon Barkaya, auteur d'une chronique, selon Elias de Nisibe, et qui écrivait à la lin du VI"= siècle. U s'agit sans doute du même Siméon.
de Grégoire, métropolitain de Nisibe (fin du VP s.). Barhebrseus, dans son Histoire des dynasties, cite riiistoire de Théophile d'Edessc, qui était maronite [•\- 785). BarBahloul, dans son lexique syriaque, se réfère à plusieurs reprises à la chronique de Honein (f 873). Le biographe de Moïse bar Képha (f 903) attribue à cet auteur une histoire ecclésiastique ' .
§ 2. — Histoires particulières.
Les écrits syriaques qui traitent d'un point particulier de l'histoire ont presque tous un caractère religieux. Les Actes des martyrs et les Vies des saints ont fait l'objet du no IX ci-dessus; nous avons parlé aussi sous ce n'j de VHistoire de la ville de Beit-Slok; nous n'y reviendrons pas ici. Un certain nombre de récits his- \ toriques concernent les couvents nestoriens les plus ' célèbres; les auteurs jacobites semblent s'être moins préoccupés de l'histoire de leurs couvents. Mais la malechance des manuscrits nestoriens nous fait regretter la perte de plusieurs histoires monastiques. Celles de Jésudenah et de Thomas de Marga ont seules vu le jour jusqu'ici.
On doit à M. l'abbé Chabot l'édition du Livre de la * chasteté^ de Jésudenah, évêque deBassora, qui vivait à lafinduVlIPsiècle.Celivrese compose de cent quarante notices sur les fondateurs des monastères orientaux ;
1. AssÉMANi, B. 0., II, 218. Sur une histoire ecclésiastique attribuée au patriarche nestorien Sabrjésu I, voir Guidi, Zeitschr. der dent, tnort/. GeselL, t. XL, 539.
2. Le livre de la Chasteté composé par Jésudenah, évêque de Baçrah, publié et traduit par J.-B. Chabot, Rome, 1896, Il a été réédité par P. Bedjan sous le titre de Historia fnndalorum monastcrioruiii à la suite du Liber superiorum seu historia monastica auctore Thoma, episcopo Margensi, Paris et Leipzig, 1901, p. -137 et suiv.
20(5 HISTOIRES l'AUTICULlERES.
nous y reviendrons sous le n° suivant consacré à La littérature ascétique. Ces notices étaient tirées du Paradis des Orientaux de Joseph liazzaya voir ci-dessus, p. 145), à en juger par un passage de BarBahloul sur Sahdona ^ : elles forment un recueil utile à consulter pour l'histoire de l'Eglise nestorienne et la géographie de la Mésopotamie et la Babylonic.
L'histoire monastique de Thomas de Marga, beaucoup plus développée, porte le titre de Livre des supérieurs. Elle était connue par la Bibliotheca nrientalis d'Assémani qui en contient une analyse^; M. Budge l'a publiée avec une traduction anglaise et une introduction très documentée qui ajoute à la valeur de son édition ^. Thomas était entré en 832 comme moine dans le couvent de Beit-Abé (près de Marga), dont il devint bientôt le directeur. Mar Abraham, qui fut patriarche des Nestoriens de 837 à 850, le prit pour son secrétaire; il le nomma ensuite évêque de Marga et, quelques années après, métropolitain de la province de Beit-Garmai. C'est à la demande du moine Ebedjésu et d'autres moines du couvent de Beit-Abé que Thomas écrivit en 840 l'histoire de ce couvent. Cette histoire n'est pas seulement celle du couvent de Beit- Abé; Thomas y a inséré le récit de la vie de Maranammeh, évêque d'Adiabène 'avec une longue homélie métrique qu'il avait composée en l'iionneur de cet évêque).
\. Comme le remarque M. H. Goissen, MarlyriusSahdona's Leben und irer/ce, Leipzig, 18it7, p. 13, note 1.
"2. T. ni, part. I, 46i-301.
3. The bool; of f/overnors : The hisloria monastica of Thomas bishop uf Marga A. D. SW, Londres, 1893; voL I, texte syriaque et introduction; vol. n, traduction anglaise. I/introduction contient des extraits des lettres du patriarche nestorien .lésujab IH, intéressantes pour l'histoire de l'Église nestorienne au VU'' siècle. Elle a été rééditée par P. Bedjan, sous le titre de Liber superioriini sen hisloria monastica auctore Thoma episcbpo Margensi. Paris et Leipzig, 1001.
HISTOIRES l'ARTICLLIEKES. id?
de Babai et de plusieurs moines célèbres du Grand Couvent du mont Izla. « Cette œuvre, dit M. Budge', est une histoire du monachisme et de l'ascétisme des Nestoriens des contrées orientales du Tigre pendant près de trois siècles; elle fournit un précieux supplément à l'histoire de l'Eglise nestorienne pendant une période de son existence qui est peu connue. Elle fait connaître avec quelque longueur à quelles occasions l'Église nestorienne entra en contact ou en conflit avec les rois de Perse, et jette quelque nouveau jour sur les événements contempoi*ains. La dispersion des moines du mont Izla, la députation du patriarche nestorien à Héraclius, l'apostasie de Sahdona, la stagnation de l'Eglise nestorienne au VII*^ siècle, la fondation de soixante écoles et l'introduction de la musique ecclésiastique à Marga, la conversion au christianisme des peuples des régions orientales et méridionales de la mer Caspienne, les missions de la propagande nestorienne dans l'Arabie du sud, en Perse et en Chine, la décadence de l'empire perse et la grandeur de la puissance arabe, etc., y sont exposées avec beaucoup de clarté. »
Un des couvents nestoriens les plus célèbres, c'était le monastère de Rabban Hormizd qui existe encore aujourd'hui à Alkosch, au nord de Mossoul. La bibliothèque de ce couvent renferme une histoire en prose de sa fondation, rédigée par Simon, qui était le disciple de Mar Yozadak, un ami de Rabban Hormizd^, Rab-
i. Préface de son éd., t. I, p. xi.
2. Celte histoire a été publiée par A. Wallis Budge avec l'histoire en vers de sept syllabes de Rabban Bar-Edta dans Luiacs aemilic texl and translation séries, vol. IX-XI, Londres, 1002 : The Historiés of Rabban Hormizd Ihe persian and Rabban Bar-Edta, llie syriac lexls; II, pari H, cnglish translations. Ibid., U.part H, M. liudge a donné une traduction anglaise de la vie en vers d'Hormizd qu'il avait publiée dans les Semilische Studicn : A. Wallis Budge. The life of Rabban Hormizd, Berlin,
-208 HISTOIRES PARTICLLIERES.
ban Hormizd, le fondateur du monastère qui porte son nom, était né dans la première moitié du YIP siècle.
La même bibliothèque possède encore un poème, tiré de l'histoire en prose, et dont nous avons parlé plus haut, p. 22. Une autre poésie a été composée en Ihonneur de Uabban Ilormizd par Immanuel, évêque de Beit-Garmai [j- 1080) ; elle a été publiée par le P. Cardahi [Liber thesauri de arte poetica Syrorum, p. 1421 et traduite en allemand par JNI. Hoffmann [Auszûge ans .syr. Aklen pers. Murtyrer,^. 19). C'est une grossière falsification de l'histoire de la fondation du couvent de Rabban Hormizd (Hoffmann, l. c, p. 180). Un panégyrique de Rabban Hormizd, de basse époque et insignifiant, a pour auteur un certain Adam d'Akra. Il est en vers rimes; il a été édité par le P. Cardahi (/. c, p. 102).
Nous mentionnerons ici les Statuts de l'Ecole de Nisibe qui ont été publiés par M. Guidi ^ et qui ont permis à M. Chabot décrire un très intéressant chapitre de l'histoire de la culture intellectuelle et de la vie monastique chez les Nestoriens au V^ et au YP siècles de notre ère 2.
Un récit fabuleux de la vie de Nestorius, écrit par un jacobite, a été publié par M. Emile Goeller dans Oriens rhristiaiuts, 1901, p. 276-287.
M. l'abbé Nau a puljlié et traduit en français, dans le Journal asiatique, ii\n\ .-iéw . 1903, p. 5 (texte syriaque ,
1894. cr.BAUMsTAUK, Ro/n/sc/(e Quartalschrift, 1901, p. ll.ï; Giamil, Oriens christ ianii.s,i'JOi, p. 02.
i. Guidi, Gli slaluti dclla scitola di Nisibi dans le Giornale délia Societa asiatica iUiliana, vol. IV, p. 163-193; Trailuction allemande par Nestlé, Zeitschr. f. Kircliengeschic/ite, 1897, p. '2\\. Traduction anglaise par Fr,A>xi.s Aldert, CatltoUc Universily Bulletin, avril 1900, p. 160 et suiv.
2. J.-B. CuAROT, L'école de Nisibe, son histoire, ses statuts, dans le Journal de la Société asiatique, juillet-août 1896, 9= série, t. VIII, p. 43 et suiv.
et mars-avril 1903, p. 241 (traduction). l'Histoire de Dioscore, patriarche d'Alexandrie, écrite par son disciple Théopiste. Cette histoire a probablement été traduite du grec en syriaque ; elle semble rentrer dans le groupe des publications sur les saints de l'Eglise monophysite dont nous avons parlé ci-dessus, p. 150.
Les vies des patriarches nestoriens Mar Aba I, Sabrjésu, Denha et Yaballaha III, ont été publiées par iNI. Bedjan [Histoire de Mar-Jahalaha, de trois autres patriarches, etc., Paris, 1895).
Le patriarche Mar Aba I (540-552 1 était né dans la religion de Zoroastre; il reçut le baptême à Hira, étudia à l'école de Nisibe, puis se rendit à Edesse. où son élève Thomas lui enseigna le grec. Après avoir visité Constantinople, Mar Aba retourna à Nisibe, où il se fit connaître comme un professeur distingué. Élu patriarche en 540, il ouvrit une école à Séleucie. Ses con- ' troverses avec les mages lui attirèrent des persécutions; il passa plusieurs années de sa vie en prison et il fut exilé dans l'Adherbeidjan par Chosroès Anoschirwan. Selon ses Actes publiés par M. Bedjan {Op. cit., p. 206), le patriarche recouvra ensuite la liberté et il mourut en paix sur son siège. Barhebraeus ^ au contraire, fait mourir Mar Aba en prison, où il avait été jeté à son retour à Séleucie. On attribue à Mar Aba une version de l'Ancien Testament (ci-dessus, p. 53); il écrivit des commentaires (ci-dessus, p. 72); des canons ecclésiastiques et des lettres synodales (cidessus, p. 165; ; un traité sur les empêchements au mariage (ci-dessus, p. 175); des hymnes et des homé-
1. Chron. eccL, 1 93. Cf. J. Ladourt, Le christianisme dans l'empire perse, Paris, dOOi p. 190 et note v> de la page 190.
lies '. Il traduisit en syriaque la liturgie de Nestorius. Sabrjésu, dont les Actes ont été écrits par le moine Patros (Pierre), était évéque de Laschom en 596, quand il fut nommé patriarche à l'instigation de Chosroès II, ou Chosroès Parvez, dont les sympathies lui étaient acquises. La narration de Patros met en relief les hautes vertus de ce patriarche qui avait mené d'abord la vie ascétique et qui jouissait d'un grand crédit auprès des Romains et des Perses en raison de ses cures mer- 'veilleuses ; elle signale la part importante que Sabrjésu, étant évêque de Laschom, prit à la conversion de No- ; man ibn al-lMondhir, roi des Arabes, à Ilira. Selon Barhebrœus-, Sabrjésu accompagna Chosrocs au siège de Dara et mourut dans cet endroit; les Actes sont muets sur ce point. En fait, le patriarche alla avec Chosroès au siège de Dara, mais il revint à Nisibe où il mourut •'.
L'histoire du patriarche Denha (1265-1281) a été écrite en vers rimes par un de ses contemporains nommé Jean; mais l'auteur a passé sous silence plusieurs événements de sa vie qui n'étaient pas à la louange du patriarche. Ce petit poème a été publié pour la première fois par M. l'abbé Chabot [Journal asiatique, 9*^ série, t. V, p. llOetsuiv.); il a été réimprimé par le P. Bedjan dans l'ouvrage cité plus haut [Histoire de Mar-Jahalaha, etc., p. 332 et suiv.).
La publication par M. Bedjan '', en 1888, de l'histoire
-1. AssÉMAM, D. 0., m, part. I, 73. Une hymne est éditée dans le Breviarium Chaldaicum de Mossoul, p. '(6, voir Bickf.ll, Conspectus rei Syrorinn litt., p. 37, note 8; une autre existe au Musée britannique, Add. t721«), fol. 165 6; conip. Macleax, East Syrian Daily Offices, p. 98 et dO:;.