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Chron.eccl., Il, t

3. Voir la ciironique éditée par Guidi, Un nuovo tcslo siriaco..., traduction de NoELDEKE {Op. cit., ci-dessus, p. ■193, note), p. tG et 18: Thomas DE Marga, livre I, chap. xxv; Elias de Nisibe dans la Citron, ceci. de BARiiEBn.Eus, éd. Abreloos et I.amy, II, p. 108, note 2.

■'t. Histoire de Mar Jab-Alaha, patriarche, et de Raban Sauma, Paris.

de Yaballaha III et de Rabban Sauma intéressa vivement les orientalistes . Yaballaha qui, avant d'être élevé à la dignité patriarcale, s'appelait Marcos, était originaire de la Chine et avait mené la vie religieuse avec son maître Rabban Sauma aux environs de Pékin. Le disciple et le maître, pris du désir de visiter les Lieux saints à Jérusalem, se mettent en route pour l'Occident. Ils arrivèrent dans l'Adherbeidjan où ils séjournèrent deux ans, retenus par les troubles qui agitaient TOrient. Marcos fut alors nommé métropolitain de la Chine, et Sauma visiteur général. A la mort du patriarche Denha, le clergé, afin de s'attirer la faveur des princes mongols, désigna Marcos pour succéder à Denha et le nouvel élu occupa le siège patriarcal, sous le nom de Yaballaha III, de 1281 à 1317. Ce patriarche se trouva mêlé aux événements qui se déroulèrent sous sept rois mongols; il prit part notamment aux négociations que le roi Argoun entama avec les souverains de l'Europe pour former une alliance contre les Arabes, Le récit du voyage de R. Sauma envoyé en mission aux différentes cours de l'Occident est des plus instructifs. La publication de M. Bedjan fut l'objet de plusieurs travaux qui en firent valoir l'importance pour l'historien'.

1888; réimprimée par le P. Bedjan, en 1895, dans rouvrage cité plus haut, Histoire de Mar-Jabalaha, de trois autres patriarches, etc.

1. Nous en avons donné une analyse détaillée dans le Journal asial., 1889, 8"= série, t. XHI, p. 313 et suiv., co:i.p. aussi I.a.my, Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3' sér., XVII, 223; Van Hoonackep., le Muséon, t. VIII, n" 2; Noixdekf., Litterar. Ccntralblatl, 1889, 842-8H. En 189S, M. l'abbé Ciiauot a, publié une traduction française dans la Revue de l'Orient latin, t. I et II, avec de nombreuses notes et deux appendices. M. Heinuich Hh.genff.ld a proposé divers amendements an texte syriaque, TcxtI.ritischc Bemerkungen zur Teschita dinar Jabalaha..., léna, 189*. M. RuDoi.r Hilgexfi.f.d a publié le texte arabe de la vie de Yaballaha III, d'après la recension de Saliba du Livre de la lotir, avec une traduction latine et des notes, Jabalahie III vita ex Siivse Mossulani libro, qui inscribitur Turris, desumi.la, Leipzig, 1890.

•2lz HISTOIRES PARTICULIERES.

M. labbé Chabot a publié, d'après un ms. syr. du couvent des Chaldéens à Séert, une traduction de la Vie de Joseph Bousnaya, écrite par Jean bar Khaldoun '. Bousnaya était un moine du couvent de Rabban Hormizd; il mourut en 079. Ce livre de Bar Khaldoun, très étendu, renferme des anecdotes sur la vie ascétique de Bousnaya et d'autres moines du couvent d'Hormizd ; il se termine par un traité sur la mystique.

Thomas de Marga, dans son Histoire, et Ebedjésu. dans son Catalogue, citent des ouvrages sur la vie monastique qui ne nous sont pas parvenus :

Abraham de Kaschkar- (milieu du VI^ s.; est donné comme l'auteur d'un traité sur la vie monastique, qui fut traduit en persan par son disciple, Jean le moine 2.

Mar Babai, abbé du monastère d'izla (569-628), composa le Liif/e de l'abbé Marc et des discours sur Termite Mathieu, sur Abraham de Nisibe et sur Gabriel de Katar, Ses autres œuvres sont : une histoire du martyr Georges voir ci-dessus, p. 135) ; La cause des Hosaniias; Le livre de l'union sur les deux natures du Christ ' ; un commentaire sur les Centuries d'Évagrius ; une histoire des partisans de Diodore ; un livre sur la fête de la sainte Croix; des hymnes sur les fêtes de

1. Vie du moine Rabban Bousnaya, écrite par son disciple Jean Dar-Kaldoun, traduite du syriaque et annotée //nr J.-D. Chabot dans la nevuejle l'Orient chrétien, 1897-1899. Comp. Assémant, B. 0., UI, part. I, 265; CiUBOT, Bevv.e sémitique, 1896. p. 25-2.

2. Cet Abraham doit être distingué d'Abraham, le fondateur du grand couvent du mont 1/la, qui était également de Kaschkar et qui écrivit des régies pour les moines, voir ci-dessus, p. 168-169.

3. Api)elé à tort Jolj par Mari, éd. Gismo^di, part. I, p. 5-2.

4. Le Livre de l'union est annoncé comme devant paraître dans le Corpus scri2)torurn Christian, oriental, par les soins de J. LAnouRT. Des extraits se trouvent dans la clirestomatliie intitulée Le petit livre des

miettes, )lol-^« po^Co, Ourniia. 18!)8, p. 3-2 et 10-2. Cette chrestomathie donne aussi, p. 316, un extrait de la recension du Livre de l'union, faite par un certain Simon.

l'année ^ ; des règles pour les novices ; des canons pour les moines ; un commentaire des saintes Ecritures (voir ci-dessus, p. 73) ; des lettres adressées à Joseph Hazzaya.

Sahdona, qui vivait au commencement du VIP siècle, écrivit la biographie et l'oraison funèbre de Rabban Jacques, son maître. La vie de Sahdona est conservée dans le Livre de la chasteté, dont nous parlerons sous le n° suivant.

La Vie de Bar Edta, le fondateur du couvent qui porte ce nom, a été écrite par Jean le moine. Originaire de Resapha sur l'Euphrate, Bar Edta étudia à Nisibe et mourut vers 612. Son biographe lui attribue une apologie qu'il composa pour le roi Chosroès. Il ne doit pas être confondu avec un autre Bar Edta, conlemporain de Sahdona"^.

Rabban Sergius (commencement du VIP s.) écrivit une histoire des religieux du Beit-Garmai, à la demande de Rabban Jacques; cette histoire était intitulée Le destructeur des puissants.

Rabban Sabrjésu, surnommé Rostam (vers 650), a laissé des biographies de Mar Jésuzeka du monastère de Gassa, de Mar Jésuyab, de Mar Abraham, abbé du couvent de Beit-Abé, de Rabban Kamjésu, d'Abraham de Nathpar, de Mar Job le Perse, de Ral)ban Sabrjésu l'ancien, le fondateur du couvent de Beit-Koké, de Rabban Joseph, abbé du même couvent, et de son frère Abraham. Ses autres livres sont : un grand ouvrage

1. Une hymne attribuée à Mar Babai a été traduite par Macleax dans Easl Syrian Daily Offices, p. 100 et 226.

2. Voir Heinricu Goussen, Martyrius-Sahdona's Leben und Werke. Leipzig, 1807, |). IS, note 1. M. Goussen signale les erreurs d'Assémani et de Wrislit, qui ont confondu ces deux personnages. La vie en prose par Jean le moine a servi de base à la vie en vers écrite i)ar Abraham et éditée par M. Rldce, que nous avons mentionnée ci-dessus p. 207, note 2. Cf. Addai Sciieu. lievue de l'Orient chrétien, l'J06, p. 13, i\° XIV.

contre les hérétiques et sur différents sujets; un traité en huit livres sur Notre-Seigneur et les missions de ses Apôtres ; un livre sur \sk chasteté et la vie ascétique.

Aphnimaran (vers 660) a écrit lui aussi les vies de Rabban Joseph et de son frère Abraham ; en outre, des Réponses, des traités sur la perfection et d'autres œuvres.

Atken (vers 660) composa, outre des histoires ecclésiastiques (voir ci-dessus, p. 204), une controverse théologique, plusieurs lettres et un traité sur la vie monastique.

Rabban Gabriel, surnommé Taureta, était abbé du couvent de Beit-Abé au temps du patriarche nestorien Henanjésu 1 (686-701); il écrivit, outre le récit des martyrs de la montagne de Berain (voir ci-dessus, p. 120 , riiistoire de Mar Narsai, abbé du môme couvent, et une homélie sur le jour de la Passion.

Jean le moine ou Jean de Beit-Garmai (môme époque) laissa des Vies d'Abraham, le fondateur du Grand couvent de ce nom, de Bar Edta et de Mar Khodawai, le fondateur du couvent de Beit-Halé, près de iNIossoul '. Le moine Salomon bar Garaph (VII'' s.) est l'auteur d'une histoire des anachorètes antérieurs à son époque. David, évêque des Kartewayé (Kurdes), qui vivait au temps du patriarche Timothée (780-823), composa le Petit paradis (voir ci-dessus, p. 145). Dans ce livre se trouvait l'histoire des moines du couvent de Beit- Abé du Vlfc siècle.

V Histoire du moine Behira, dont le texte syriaque a été publié par M. Richard Gottheil dans la ZezV.srcA/-. fiir Assj/riologie, 1899, Xlll, 189-242, se divise en trois parties : la première relate la rencontre de Behira et

I. Des hymnes sont mises sous le nom de Jean le moine. Voir Mac- LEAN, East Syrian Dailij Offices, Londres, 189i, p. 100 el -2iG.

du moine Jésuyab, le soi-disant auteur du livre; la seconde, les entretiens de Mahomet avec Beliira qui fournit au Prophète des renseignements sur la religion chrétienne; la troisième se compose dune série de visions apocalyptiques sur les temps futurs de la domination arabe jusqu'à la seconde venue du Messie. Suivant l'éditeur, cette histoire légendaire a dû voir le jour dans une communauté syriaque de la Perse ; > elle a été composée à la fin du Xl*^ siècle ou au commencement du XIP, sauf la seconde partie qui est plus ancienne.

Ajoutons encore : Histoire de sainte Marine, pu- ])liée par M. F. ^av, Reçue de l'Orient chrétien, Yl, p. 276-290 et 354-378; Une version syriaque inédite de la vie de Schenoudi, par F. N.vu, dans la Revue sémitique, Paris, 1900; le texte syriaque de Vie et récits de l'abbé Daniel le Scétiute, par F. Nau, dans la Revue de l'Orient chrétien, Paris, 1891; Vie de Mar Bischoï dans les Acta martyr, etsanct. de P. Bedjax, III, p. 572, et la Recension de deux récits de cette vie dans la Zeitschr. f. Assyriologie, XV, p. 103; enfin le Texte grec et syriaque de la vie de saint Malchus dans saint Jérôme et la vie du moine Malchus le captif, par P. VAN DEx Yen dans le Muséon, nouvelle série, I, 413; II, 208.

LA LITTERATURE ASCETIQUE.

La revue que nous avons passée sous le n" précédent des histoires monastiques, nous amène à parler des écrits qui ont pour objet la vie religieuse. L'œuvre la plus ancienne de ce genre, qui suivit de près l'établissement du monachisme dans la Mésopotamie, est celle d'Aphraate, surnommé le Sage persan. Les vingt-trois ^ Démonstrations, que cet auteur écrivit entre les années ^f 337 et 345 de notre ère, traitent, il est vrai, autant i des questions théologiques que de la vie monastique ; ■ elles ont pour ol)jet la foi, la charité, le jeûne, la prière, la pénitence, l'humilité, la confiance, etc. La / vie monastique est le sujet de la sixième démonstration ; l la septième est consacrée au clergé ; d'autres, à la circonci^on, à la Pàque, à la résurrection et à la vie future ; quelques-unes des dernières sont dirigées contre I les Juifs ; la vingt-troisième est intitulée Le grain de * raisin, ic^q^, par allusion à Isaïe, xlv, 8. Les vingtdeux premières sont classées suivant l'ordre des vingtdeux lettres de l'alphabet syriaque; la vingt-troisième a été ajoutée après coup par l'auteur qui a divisé son recueil en deux parties : la première partie comprend dix démonstrations écrites en 337, et la seconde les

treize autres écrites en 344 et 345. Aphraate désigne parfois ces traités sous le nom à' homélies, i-po^^o ; les auteurs syriaques les appellent aussi épîtres, parce que c'est sous la forme de lettres adressées à un correspondant qu'ils ont été rédigés. Ils nous sont parvenus dans trois manuscrits anciens (V® et VP s.) du Musée britannique '.

On sait peu de chose de la vie dAphraate ; à en juger par son ouvrage même, il était né dans le paganisme ; il se fit moine après sa conversion et devint évèque; c'est en cette qualité qu'il apparaît dans la lettre encyclique adressée au clergé de Séleucie et de Ctésiphon et qui fait l'objet de sa XIV^ homélie. Dans le paragraphe xxv de cette homélie, Aphraate parle de liniposition des mains que plusieurs ont reçue de lui. On ignore dans quel endroit de la Perse l'auteur écrivait; c'était dans le couvent de ÏNIar Mattai au nord de Mossoul, si l'on en croit un ms. de date récente (1364), mais il est douteux que ce couvent existât déjà à son époque. Aphraate semble avoir pris le nom de Jacques en entrant dans les ordres ecclésiastiques ; ce nom se

11. C'est d'après ces ms. que Wright a publié Veditio jyrinceps sous le titre de The homilies of Aphraates, Londres, 1869. M. Bickeli. a traduit en allemand huit de ces traités dans la Bibliothek der Kirchenweeler de Talluofek, Kempten, 187 4; M. Bidge a traduit en anglais le premier dans son édition des Discours de Pliiloxène, The discourses of PItiloxenvs, Londres, l89i, t. II, p. clxw. Une traduction allemande de tout l'ouvrage a été imprimée par M. Bert dans les Texte und Unlersochungen i de Gebhardt et Harnack, III, Leipzig, 1888. M. Graffix réédite Aphraate j dans sa Patrolorjia syriaca; le premier volume de cette patrologie, le I seul paru jusqu'ici, renferme ces traités à l'exception du dernier; la \ traduction latine et l'introduction sont de Doni Paiusot. Patrologia syriaca, I, Paris, I89i. Cf. Forget, De vita et scriptis Aphraatis, Louvain, 1882; Sal. Fcnk, Die haggadischen Elemente in de» Homelien des Aphraates, Vienne, 1891.

Il existe de dix-neuf des homélies d'Aphraate une version arménienne qui a été publiée avec une traduction latine par A?;to^£li.i, Sancti Patris nostri Jacobi, episcopi Nisibcni, Se7-mones, etc. Rome, 1756; 2'^ éd., Vienne, 1765. La traduction latine a été réimprimée par André Galland dans S2i Bibliothcca veterum Prt?n(î?i, V, Venise, 1788.

trouve dans une clausule dums. du Musée britannique daté de 512 ; il a sans doute été la cause de la confusion que Gennadius et la version arménienne ont faite de cet auteur avec Jacques, évêque de Nisibe, qui mourut en 338, antérieurement par conséquent à la rédaction des dernières homélies.

En tête de ses homélies, Aphraate a reproduit la lettre de son correspondant, mais le commencement de cette lettre manque dans les manuscrits syriaques '.

Aphraate possédait à fond les Ecritures et était au courant de l'exégèse juive et chrétienne de l'Ancien Testament, comme on le voit par ses dernières homélies dirigées contre les Juifs, Il vivait au milieu de la persécution de Sapor II, et il nous a transmis des dates certaines pour l'histoire de ces temps. Son style n'a pas la grâce et l'élégance des homélies de Philoxène ; la phi^ase est trop souvent coupée par des citations bibliques qui nuisent à l'effet des périodes. Les longueurs et les redites sont fatigantes sans que la pensée de l'auteur en soit plus claire. On sent, quand il parle des durs temps dans lesquels il vivait, une certaine gène et la crainte de compromettre ses coreligionnaires. Cependant son ouvrage se recommande à plusieurs titres ; c'est le type le plus ancien de l'homélie syriaque ^, libre de toute influence grecque ; c'est aussi

1. 1)0111 Parisot a comblé cette lacune, d'après la version arménienne, dans la traduction latine de la Patrologia syriaca. Dans la version arménienne, ce correspondant est Grégoire l'illuininateur, évêque d'Arménie; notice évidemment Inexacte, mais on peut en inférer que Grégoire était le nom du correspondant d'Aphraate.

2. L'homélie syriaque est désignée sous le nom de memra, « discours », et n'a pas le même sens que l'Iiomélie grecque ou latiue; c'est une composition ou un petit traité sur un sujet particulier; on donnait aussi ce nom aux divisions d'un ouvrage étendu ; dans ce cas, il correspond à notre mot livre ou chapitre. L'Iiomélie métrique formait un genre difierent (voir ci-dessus, p. l.'i et suiv.> Jlalgré son nom de discours, l'Iiomélie syriaque, soit en prose, soit en vers, n'appartient pas au genre oratoire, qui paraît a\oir été peu cultivé chez les Syriens.

un guide sûr pour Tétude de la syntaxe araméenne. [ D'un autre côté, il nous met au courant des controver- 1 ses du commencement du IV siècle sur la métaphysique, la question pascale, le comput des années depuis la création, etc., des dissensions qui agitaient l'Eglise orientale, des prévarications et de la simonie du haut clergé.

Sous l'influence des idées platoniciennes relatives à la distinction de l'âme animale ou végétative et de l'âme spirituelle ou intellectuelle, Aphraate croyait que l'Esprit-Saint qui habitait chez l'homme après le baptême y demeurait jusqu'au péché du coupable ou jusqu'à la mort de l'innocent, puis retournait vers la divinité dont il émanait, tandis que l'esprit animal était enterré avec le corps. Le célèbre ascète Isaac de Ninive admettait aussi la distinction de l'âme et de l'esprit chez l'homme ' ; mais Georges, évéque jacobite des Arabes, s'élève contre la doctrine d'Aphraate, qu'il traite de grossière et d'inepte, dans la lettre qu'il écrivit, en 714, en réponse à diverses questions que le prêtre reclus Jésu lui avait adressées au sujet de ces homélies -.

Selon l'ancienne tradition fondée sur le Psaume xc, 4, Aphraate admettait que la durée du monde serait de six mille années répondant aux six jours de la création. Ses calculs des années écoulées depuis la création jusqu'à son époque sont renfermés dans les

•1. Voir J.-B. CiiAiiDT, De S. Isaaci Ninivitœ vila, Louvain, 189-2, p. 76; Braun, Moses barKcpha, Fribourg en 15., 18'Jl, p. 42.

2. Cette lettre de Georges a été imprimée par Paul de Lagarde dans ses Analecta syriaca, p. do8, et a été rééditée en partie par Wright, The homilies of Aphraates, p. 19 et suiv. Elle a été traduite en allemand par Ryssel, Ein BriefGeorgs, Bisc/wfs der Araber, Gotha, 1883, et par Geoug Bert, en tête de sa traduction des homélies d'Apliraate, dans les Texte und Untersuchiingen de Gebuardt et Harnack, III, Leipzig, 1888. Traduction partielle en anglais par Cowper, Syriac Misrellanies, Londres, 1831. Cf. aussi Ryssel, Georg's des Araberbischof Gedichle und Briefe, Leipzig, 1891.

homélies II, XXI et XXIII. Les chiffres de la IP homélie ne concordent pas toujours avec ceux de la XX l^, sans doute par suite d'erreurs de copiste; M. Sasse a proposé les meilleures corrections pour concilier ces textes ^ Dans sa lettre que nous avons citée plus haut, | Georges des Arabes, qui était jacobite, rejette avec dé-| dain les calculs d'Aphraate, basés sur la Peschitto, et| préfère les données des Septante qui, pour l'époqud des patriarches bibliques, s'écarte du texte hébreu.' Elias de Nisibe, qui était nestorien et ne reconnaissait t / que la Peschitto, accepte la chronologie de la XXIIPl ^^ homélie d'Aphraate^. Georges comptait 4901 ans depuis * Adam jusqu'à l'ère des Séleucides. Elias de Nisibe. conformément à Aphraate, admet seulement 3468 ans; il ajoute : « Ce nombre ne concorde avec aucun des calculs faits précédemment, mais il se rapproche de celui des Juifs, parce qu'il est tiré du livre qu'ils possèdent (l'Ancien Testament) ; mais le livre des Juifs n'est pas exact (c'est-à-dire a été altéré), comme je l'ai montré dans un autre endroit. »

A la différence des homélies d'Aphraate, les treize homélies de Philoxène de Mabboug ont uniquement pour objet la vie du parfait chrétien ; elles forment un traité de morale religieuse et aussi un corps de règles sur l'ascétisme. On n'y trouve aucune allusion aux controverses dogmatiques, auxquelles cet évêque prit part avec tant d'ardeur. Le titre actuel de l'ouvrage est ainsi conçu : « Traités sur la rectitude des mœurs, composés par le bienheureux Mar Philoxène, évêque de Mabboug, qui y enseigna le cours entier de la discipline ; comment on commence à devenir le disciple

i. Prolegomena in Aphr. Sermones homelilicos, Leipzig, 1879. -2. Voirie passage de la Chronique de cet auteur imprimé dans Wright, The hornilies of Aphraates, p. 38.

222 LA LITTÉRATURE ASCETIQUE.

du Christ ; par quelles règles et conduites on se forme pour arriver à lamour spirituel; comment naît la perfection qui nous rend semblables au Christ selon la parole del'apùtre Paul. » ]M. Budge, à qui l'on doit la publication de ces homélies *. a remarqué que les citations bibliques sont faites d'après la Peschitto; il en conclut que Philoxène a dû composer cet ouvrage avant l'édition de la version Philoxénienne (508) et peu de temps après son élévation au siège épiscopal de Mabboug (485).

La première homélie sert de prologue au livre ; les douze autres traitent de la foi, de la simplicité, de la crainte de Dieu, de la pauvreté, des désirs de la chair. ^ I de l'abstinence et de la fornication. En écrivant ces traités, l'auteur s'est certainement inspiré des homélies d'Aphraate. Comme Aphraate, il disserte en premier lieu sur la foi, « le fondement de la religion » ; mais, c'est un point digne de remarque, il omet de parler de la prière, qui fait le sujet de la quatrième homélie d'Aphraate.

C'est surtout dans ce livre que Philoxène a déployé ses qualités de styliste que Jacques d'Edesse appréciait tant; ses périodes sont longues et harmonieuses, trop longues à notre goût, mais notre goût littéraire n'est pas celui des Orientaux,

Jésudenah, dans le Lwre de la chasteté dont nous avons parlé sous le n° précédent, p. 205, nous a transmis quelques notices sur les auteurs ascétiques de la Mésopotamie. Nous résumons ici ces notices en suivant l'ordre dans lequel elles se trouvent dans ce livre :

Mar Grégoire, le Directeur, qui fit un livre sur la vie monasticjue. Ce Grégoire était persan d'origine; il

I -1. The Discourses of Philoxenus Bishop of Mabbogh. vol. I. The sy- \ riac text; voL H, Introduction, translation, etc. ,ho\iAves,\9S!i.

embrassa la vie monastique à la suite de visions ; il étudia à Edesse sous la direction du docteur Moïse ; il se rendit ensuite au mont Izla où il vécut dans la solitude. Plus tard, Grégoire alla se fixer en Chypre; mais, sur la fin de ses jours, il revint au mont Izla où il mourut. Nous savons par Assémani * que ce moine vivait dans la seconde moitié du IV° siècle; il était en relations avec Epiphane, évêque de Salamis en Chypre, et avec le moine Théodore ; il adressa à ceux-ci plusieurs traités et des lettres. Ces traités étaient vraisemblablement des chapitres de son ouvrage sur la vie monastique, qui ne nous est pas parvenu^.

Ma/- Abraham le Grand, le prince des moines, qui fonda un couvent sur le mont Izla dans le voisinage de Nisibe. Il établit des règles pour les moines (voir ci-dessus, p. 168-169).

Mar Babai le Grand, qui fonda une école et un monastère célèbre dans le Beil-Zabdai. 11 écrivit beaucoup de livres et de commentaires (voir ci-dessus, p. 212).

Mar Yahb, l'anachorète, qui écrivit sur Dieu et ses créatures. Il est indiqué comme l'auteur de nombreux livres ; il vivait à la fin du VP siècle ou au commencement du VIP, carjl est placé aussitôt après Mar Babai.

Mar Abraham de Nathpar^, qui écrivit sur la vie

monastique. Il vivait vers le milieu du VP siècle. Ebedjésu mentionne ses œuvres dans son catalogue;

1. B. 0., III, part. I, 170. Le récit d' Assémani diffère sur quelques points de celui de Jésudenah.

^2. Cet ouvrage est mentionné dans le Catalogue d'ÉbedJesu, B. 0., III, part. I, 191.

3. Ce nom est écrit aussi Naphtar, Assémani. B. 0., I, 4(i3; III, part. I, 191; iGNATius Epur.em h Rahmam, Sluclia syriaca. Mont Liban, 1904, chap. VIII, n° 4, et adnolalio in cap. viir, p. GO. Dcil-Nathpera ou Naphteria est donné comme le nom d'une ville de l'Adiabène prés d'Arbèles.

Assémani donne les titres de liuit petits traités conservés au Vatican ^ Jean le moine avait traduit en persan les livres d'Abraham de Nathpar; il en existe une traduction arabe.

Grégoire, métropolitain de T^isihe, qui a écrit sur les devoirs de la vie monastique. Ce Grégoire était originaire de Kaschkar; il professa à Arbèles, puis dans sa ville natale o\x il fonda une école. Le Patriarche Sabrjésu (596-604) le nomma métropolitain de Nisibe, mais il dut quitter cette ville parce qu'il avait excommunié Hannana d'Adiabène, et il revint mourir à Kaschkar. Il fit des livres, ajoute Jésudenah. et une histoire ecclésiastique.

Mar Georges, moine et martyr, qui fonda une école à Babijlone et écrivit sur la vie monastique et contre les hérétiques. Sur la vie de ce martyr nestorien, voir ci-dessus, p. 135.

Mar Schoubhalmaran, métropolitain de Kaika de Beit-Slok, qui fit des livres sur la vie monastique. « Ce bienheureux vivait au temps de l'hérétique Gabriel, médecin du roi Chosroès (11)^, et était métropolitain de Karka de Beit-Slok. A cette époque il n'y avait pas de patriarche ^. Il écrivit de nombreux ouvrages sur la vie monastique. A cause des difficultés qu'il eut avec les habitants de Singar, le roi Chosroès le condamna à l'exil jusqu'à sa mort. »

Aba Zinai qui fit des livres sur la vie monastique et fonda un monastère clans la montagne d'Adiabène.

1. B. 0., I, ^^64: comp. Mai, ScrijJt. veter. nova coUectio, V, 63. Une hymne attribuée à Abraham de Nathpar est traduite dans Maclean, East Syriaii Daily Offices, p. 100.

2. Gabriel était monophysite et excita le roi de Perse contre les Nestoriens.

3. C'est à partir de 608 ou 600 que Chosroès n défendit aux Nestoriens d'élire un patriarche, Barhedu.eus, Chron. eccl., II, p. 109; Noeldeke, Tabari, p. 358, note; Hoffmann, Auszûge ans syr. Akten, 116.

Il vivait au temps de Babai bar Nesibnayé (commencement du VIP s.).

Mar Babai, le scribe, qui fit des livres sur la çie monastique (VP s.) sur Babai, le scribe des grottes, voir Addaï Scher dans la Revue de V Orient chrétien, 1906, p. 19, n" XVIII.

Mar Isaac, évêque de Ninive, qui abdiqua l'épiscopat et fit des livres sur la vie monastique. « Il fut créé évêque de Ninive par le patriarche Mar Georges, dans le monastère de Beit-Abé. Après avoir gouverné pendant cinq mois le diocèse de Ninive, comme successeur de l'évêque Moïse, il abdiqua pour des raisons que Dieu connaît, et alla habiter dans la montagne. Le siège épiscopal demeura vacant pendant quelque temps ; puis Isaac eut pour successeur Mar Sabrjésu, qui lui-même abdiqiia, vécut en anachorète au temps du catholicos Henanjésu, et mourut dans le monastère de Mar Schahin. dans le pays de Kardou. Isaac, après avoir quitté le siège de Ninive, s'en alla dans la montagne de Matout qui entoure le pays de Beit-Houzayé, et habita dans la solitude avec les anachorètes qui se trouvaient là. Il vint ensuite au couvent de Rabban Schabour. Il était très appliqué à l'étude des livres saints, au point qu'il perdit la vue par suite de son ardeur pour la lecture et de son abstinence. Isaac était suffisamment versé dans la connaissance des divins mystères ; il fit des ouvrages sur la vie spirituelle des moines. Il écrivit trois propositions qui ne furent pas acceptées par beaucoup de gens. Daniel bar Toubanita, évêque de Beit-Garmai, s'éleva contre lui à cause de ces propositions. Isaac quitta la vie temporelle dans une profonde vieillesse et son corps fut déposé dans le monastère de Schabour. 11 était de Beit-Katarayé, et je pense que la jalousie excita contre lui les moines.

22G LA LITTÉRATURE ASCETIQUE.

comme elle les excita contre Joseph Hazzaya. Jean d'Apamée et Jean de Dalyata ^ ».

Cette notice si précise sur le célèbre écrivain ascétique nous permet de rectifier, comme INI. Chabot Va déjà fait^, la biographie^ impudemment fausse qu'un auteur monophysite a misé en tête de la version arabe des œuvres d'isaac de Ninive. Cet auteur fixe l'époque d'Isaac au commencement du septième mille du monde, c'est-à-dire au commencement du VP siècle ; Jésudenah nous apprend qu'lsaac vivait à la fin du VIP siècle ; il a été nommé évèque parle patriarche Georges (660-680). Au lieu du couvent nestorien de Beit-Abé, où Isaac était moine, le rédacteur de la biographie arabe indique le couvent jacobite de Mar Mattai, et au lieu de la montagne de Matout et du couvent de Rabban Scliabour, il indique, pour la retraite d'Isaac, le désert de Scété en Egypte et le monastère jacobite de Notre-Dame des / Syriens. Isaac de Ninive était nestorien. Les trois . propositions dont parle Jésudenah et qui soulevèrent de nombreuses contradictions, étaient sans doute conformes à la doctrine de Hannana d'Adiabène qui se rapprochait du catholicisme. Les œuvres que l'on attribue à cet ascète forment tout un catalogue: selon Ébedjésu, elles comprenaient sept volumes ''. La ver-

1. Cf. une notice analogue dans Ignatii:s EpnR;E.M H Kaiimam, Sludia syriaca, chap. viii, n° 1.

2. Noies s^(r la littérature syriaque dans la Revue sémitique, 1801!, p. 23i.

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