Voir ci-dessus, p
2. D'après Georges, évèque des Arabes; voir Cureton, Spicilegium syriacum, Londres, 1853, p. -21 ; Wright, The homélies of Aphraales, Londres, 18G9, p. 2", 1. 11; Lagarde, Ana?efto syriaca, Leipzig, 1830, p. lU, 1. 18.
3. Dans l'édition romaine de saint Éplirem, t. II, p. 333 et suiv.
4. Voir Nau, Une biographie inédite de Bardesane l'astrologue, Paris,
5. Voir HoRT, article Bardesanes dans le Dictionary of Christian biography.
des Récognitions de pseudo-Clément, où il a été interpolé ; la version syriaque des Récognitions publiée par Paul de Lagarde ne l'a pas. Le second dos dialogues attribués à Césaire, le frère de saint Grégoire de Nazianze, contient aussi une grande partie de cet extrait relatif aux lois des contrées.
1 Cureton a retrouvé l'original syriaque du livre sur le ; destin dans un manuscrit du Musée britannique, duVP '■ ou VIP siècle, et l'a publié avec une traduction anglaise, dans son Spicilegiuni syriacum, Londres, 1855. 11 a reproduit dans son édition les passages d'Eusèbe, des Récognitions et de Césaire, 'concernant ce livre ^ Le livre sur le destin est rédigé sous la forme d'un dialogue entre Bardesane et ses disciples, à l'imitation des dialogues de Socrate. Ce dialogue a été mis par écrit par un des disciples du maître, nommé Philippe, qui a placé en tête une introduction et qui y parle à la première personne. Il n'est guère douteux que le texte syriaque ne soit un original. Les noms propres, comme Schamschegeram et Avida, sont non seulement syriaques, mais appartiennent aux anciens noms édesséniens et nous sont connus par d'autres documents. Quelques notices trahissent une origine mésopotamienne, notamment celle relative au décret d'Abgar, interdisant la castration des prêtres de la déesse Targata, et à la suite duquel cet usage disparut d'Edesse ; celle aussi qui parle de la conquête de l'Arabie comme d'un événement tout récent [qui eut lieu hier, dit le texte); il s'agit très vraisemblablement de la con-
i. Traduction allemande par Merx, Dardesanes von Edessa, Halle, 1863. Nouvelle édition par N.tu, Bardesane l'astrologue. Le livre des lois des pays, texte syriaque et traduction française avec une introduction et de nombreuses notes, Paris, 1899; en appendice, traduction de deux extraits relatifs à Bardesane, l'un de Georges, évèque des Arabes, et l'autre de Moïse bar Képha.
quête de l'Arabie par Septime Sévère en 195-196.
Bardesane démontre que l'homme jouit du libre arbitre et est responsable de ses actes. Il étudie, à cette fin, l'organisation du monde céleste et du monde terrestre, mais on chercherait en vain, dans les idées qu'il exprime — et on a eu tort d'y chercher — des théories gnostiques. Il y a un Dieu, professe-t-il, créateur de l'univers, unique et indivisible, non créé. Les autres êtres [itijé] ou éléments [estouksé = oroi/sTa] ont reçu une détermination spéciale et sont subordonnés; envisagés à ce point de vue, ils sont soumis à des lois fixes auxquelles ils ne peuvent se soustraire et ils ne sont pas responsables de leurs actions. Mais certains de ces êtres, comme l'homme, jouissent, en dehors des nécessités inhérentes à leur nature, d'une liberté d'action qui leur permet de faire le bien ou le mal ; sous ce rapport, ils sont justiciables de leurs actes.
Bardesane rejette le système fataliste des Chaldéens ou astrologues et le système contraire de certains, philosophes, suivant lesquels l'homme est complètement son maître, les afflictions et les maladies étant des accidents ou des châtiments de Dieu. Selon Bardesane, l'homme est sous l'influence de trois agents : la nature, le destin et la volonté. Le destin est le pouvoir que Dieu a donné aux astres de modifier les conditions dans lesquelles nous vivons, d'après la marche et la direction qu'il leur a imprimées. L'influence du destin se produit au moment de la naissance; à ce moment-là l'àme intellectuelle descend dans l'âme végétative qui elle-même descend dans le corps ; c'est alors que se produisent les chances de bonheur ou de malheur, de santé ou de maladie, suivant les rapports dans lesquels les astres et les éléments se trouvent entre eux.
Cette philosophie de Bardesane ne laisse rien transpirer du ■nlriQWj.m^ de la pluralité des principes créateurs mâles et femelles, dessyzygies,des éons, et autres idées gnostiques. Dans le livre sur le destin, Bardesane apparaît comme un chrétien, dont l'orthodoxie est d'aussi bon aloi que celle d'autres Syriens postérieurs, Aphraate, par exemple. Il croyait, il est vrai, aux génies sidéraux, mais Barhebra'us, au XIIP siècle, croyait encore à l'influence des astres sur le monde terrestre. Il est donc impossible de savoir avec quelque certitude en quoi consistait l'hérésie, de Bardesane. Il est cependant dilTicile de la nier, en présence du témoignage unanime des anciens Pères de l'Eglise et des réfutations auxquelles elle donna lieu ' .
Deux dialogues grecs anonymes ont été rédigés, dans les dernières années de Constantin, contre Marcion, Valentin et Bardesane. Le principal interlocuteur dans le premier de ces dialogues est un nommé Adamantins que l'on confondit d'abord avec Origène. Dans le second, c'est un certain Macrinus qui représente la doctrine de Bardesane.
Les partisans de Bardesane formaient à Edesse une secte importante et appartenaient à la classe riche et éclairée. Malgré les efforts de saint Ephrem, cette secte se maintint jusque sous Rabboula (f 435), qui ramena les égarés dans le giron de l'Eglise orthodoxe^.
\. M. Nau, Une biographie inédile de Bardesane l'astrologue, voit dans Bardesane un astronome dont le système cosmograjjhique a été mal interprété ou dénaturé par saint Éphrem, qui a traité de gnostique cet auteur. Les autres écrivains, ajoute-t-il, p. 12, qui ont parlé de Bardesane, empruntent à saint Éphrem. M. Nau a développé cette idée dans deux autres mémoires : Bardesane l'astrologue, dans le Journal asiatique, juillet-août 1899, p. 12-19; et Bardesane l'astrologue. Le livre des lois des pays, texte syriaque et traduction française, Paris, 1899.
2. Voir la biographie de cet évêque dans Overbeck, S. Ephrsemi syri... opéra selecta, Oxford, 1805, p. 192,
Le SpicilegLum syriacum de Gureton renferme, outre le traité sur le destin, une lettre adressée par le philosophe Mara, fils de Sérapion, à son jeune fils Sérapion. Ce philosophe était stoïcien ' ; il conseille à son fils de dominer ses passions, de demeurer indifférent aux richesses et aux honneurs de ce monde, qui ne sont que des biens passagers, et de ne pas s'émouvoir des vicissitudes du sort. La sagesse seule mérite d'être recherchée et cultivée. Mara écrit sa lettre de la prison où les Romains le tiennent enfermé. Si les Romains lui rendent la liberté et sa patrie, ils agiront avec justice; au cas contraire, il attend la mort avec tranquillité. Il était de Samosate à en juger par le passage suivant : « Tu as appris au sujet de nos compagnons, que, lorsqu'ils sortaient de Samosate, ils s'affligeaient et se plaignaient de leur sort : « Nous sommes éloi- « gnés de nos familles, disaient-ils, et nous ne revien- « drons plus à notre ville voir nos parents et célébrer « nos dieux... » Lorsque la nouvelle du départ de nos anciens compagnons pour Séleucie nous arriva, nous allâmes en secret à leur rencontre, et à leur malheur nous joignîmes le nôtre... » Ce renseignement est trop vague pour permettre de déterminer de quelle calamité il s'agit et à quelle époque elle eut lieu. Ewald - rappelait la prise de Samosate par les Romains en l'an 72 (Josèphe. De hello judaico, VII, vu, 1-3). M. Schulthess repousse avec quelque raison ce rapprochement; on remarquera aussi que la lettre parle de la dispersion des Juifs qui eut lieu postérieurement et suivit la prise de Jérusalem par Titus. D'un autre côté, on ne peut
1. La doctrine stoïcienne de rauteur de celte belle lettre a été mise en évidence par M. Sciiultliess qui a donné une traduction allemande du texte et en a fait une étude dans la Zeilschr. der deut. morgeal. GeselL, t. LI, p. 3G3 et suiv.